Édouard de Fitz-James (1776-1838)

Édouard de Fitz-James, 6e duc de Fitz-James (1805), né le à Versailles et mort le au château de La Rivière-Bourdet, à Quevillon (Seine-Maritime), dans le château qu'y possédait sa seconde épouse, est un homme politique français de la Restauration et de la Monarchie de Juillet, d'orientation légitimiste.

Édouard de Fitz-James
Jacques Étienne Pannier, Édouard de Fitz-James, gravure d'après Lizinska de Mirbel
Fonctions
Député
Pair de France
Pair de France
Titre de noblesse
Duc
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Activité
Père
Mère
Marie Claudine Silvie de Thiard de Bisey (d)
Enfants
Jacques Marie Emmanuel de Fitz-James (d)
Antoinette Alexandrine Claudine de Fitz-James (d)
Henri Charles Francois de Fitzjames (d)
Autres informations
Distinctions

Biographie

Édouard de Fitz-James est le fils de Jacques Charles, 5e duc de Fitz-James (1743-1805), et de son épouse Marie Claudine Sylvie de Thiard de Bissy (1752-1812), fille d'Henri de Thiard de Bissy.

La Révolution et l'Empire

La famille Fitz-James émigre en Italie dès le début de la Révolution française. Édouard suit d'abord son goût pour les beaux-arts puis s'engage dans l'armée de Condé, où il sert en qualité d'aide-de-camp du maréchal de Castries. Il voyage ensuite en Angleterre où, le 2 mai 1798, il épouse Élisabeth (« Betsy ») Alexandrine Le Vassor de La Touche de Longpré (1775-1816). Trois enfants naissent de ce mariage :

  • Antoinette Alexandrine Claudine de Fitz-James (1799-1837) ;
  • Jacques Marie Emmanuel (1803-1846), 7e duc de Fitz-James ;
  • Charles François Henri de Fitz-James (1805-1883).

Ayant obtenu sa radiation de la liste des émigrés, il rentre en France en 1801 et vit retiré jusqu'à la chute de l'Empire. En 1813, il accepte le grade de caporal dans la première légion de la garde nationale et est envoyé avec ce corps à la barrière de Monceau le 30 mars 1814, où il harangue ses camarades pour les dissuader de prendre part à la défense de la capitale. Le lendemain, jour où est signée la capitulation de Paris, on le voit parcourir la ville avec le vicomte Sosthène de La Rochefoucauld et quelques autres jeunes aristocrates, arborant des cocardes blanches et criant : Vive le roi !

La Restauration

Sous la Première Restauration, il devient aide de camp et premier gentilhomme de la chambre du comte d'Artois, colonel de la garde nationale à cheval et pair de France (4 juin 1814). Il accompagne le frère du roi dans sa tournée dans le Midi de la France et à Lyon. Durant les Cent-Jours (mars-juin 1815), il part à Gand avec Louis XVIII, puis revient à Paris et reprend sa place à la Chambre des pairs où il affiche des opinions ultra-royalistes. Le , il propose de voter des remerciements au duc d'Angoulême.

Il se signale pendant le procès du maréchal Ney, jugé par la Chambre des pairs, par son insistance à réclamer la peine de mort contre lui ; c'est d'ailleurs lui qui apporte le verdict au Palais des Tuileries dans la nuit du .

Il a aussi joué un rôle lors du procès intenté à son beau-frère, le général Bertrand[1] en publiant une lettre dans laquelle il affirme que le général avait prêté serment à Louis XVIII. Sa conduite est sévèrement jugée par l'opinion publique et donne notamment lieu à la publication d'un quatrain :

Fitz-James, de Judas renouvelant le crime,
Vient de vendre son frère et de trahir sa foi :
Fitz-James n'est pourtant que le bâtard d'un roi[2] !
Que serait-ce, grand Dieu ! s'il était légitime ?...

Son épouse étant décédée en 1816, il se remarie le à Paris avec Antoinette Françoise Sidonie de Choiseul-Gouffier (1777-1862), fille de Marie Gabriel Florent Auguste de Choiseul Gouffier et d'Adélaïde de Gouffier. Veuve sans enfant d'Alexandre du Moucel marquis de Torcy (1778-1818). elle hérite de lui le château de La Rivière-Bourdet, près de Rouen, qu'elle apporte à son second époux. Aucun enfant n'est issu de ce second mariage.

En 1817, Edouard de Fitz-James combat les tendances constitutionnelles du ministère, s'élève à la Chambre des pairs contre la loi du 5 février relative aux élections, et pousse l'hostilité à l'égard du duc Decazes jusqu'à se faire le défenseur de la liberté de la presse, qu'il demande comme contrepoids à la suspension de la liberté individuelle. Cette attitude lui vaut des ennemis à la Cour et il est mis à l'écart pendant quelque temps.

Il soutient en revanche de son éloquence incisive le comte de Villèle et le comte de Corbière, appuyant la loi sur le sacrilège et le rétablissement du droit d'aînesse. Il combat le ministère Martignac, plus modéré, et soutient tous les actes du ministère Polignac.

À partir de 1824, il fait partie du comité philhellène de Paris.

La Monarchie de Juillet

Après la Révolution de 1830, il accepte de prêter serment à la monarchie de Juillet et continue à siéger à la Chambre des pairs, où il est un des orateurs les plus notables du parti légitimiste. Il prend une part active à la discussion du projet de loi qui appelle sous les drapeaux 80 000 hommes de la classe de 1830 et, quelques jours plus tard (), à l'occasion des troubles du 14 février dans l'église Saint-Germain-l'Auxerrois, il trace un lugubre tableau de l'état de la France, attribuant le malaise de la nation aux tergiversations des ministres. Il proteste contre la loi relative au bannissement de Charles X et de sa famille, défend l'hérédité de la pairie et, lorsque celle-ci est supprimée, il donne sa démission de pair (il fut suivi par plusieurs autres pairs dont Edgar Clarke de Feltre).

En 1832, accusé d'avoir secondé les tentatives de la duchesse de Berry pour susciter des soulèvements royalistes, il est arrêté, puis relâché faute de preuves.

Le , il est élu député par le 2e collège de la Haute-Garonne (Toulouse)[3] en remplacement de Berryer qui avait opté pour la circonscrdiption d'Yssingeaux. Il siége dans les rangs de la droite et prononce à la tribune plusieurs discours retentissants[4], notamment contre l'alliance avec le Royaume-Uni (1837), au sujet de la quadruple alliance et de l'intervention en Espagne.

Réélu le [5], il meurt l'année suivante, pendant la législature.

Notes et références

  1. La femme du général Bertrand, Fanny Dillon, était la demi-sœur de la duchesse de Fitz-James : elles avaient la même mère, Laure Girardin de Montgerald (cousine de l'impératrice Joséphine).
  2. La maison de Fitz-James descend d'un fils naturel de Jacques II d'Angleterre.
  3. 247 voix sur 456 votants et 557 inscrits contre 176 voix à M. de Malaret et 33 au général Bertrand. La ville de Toulouse était alors un des fiefs du légitimisme.
  4. Selon Cormenin : « M. de Fitz-James est le second orateur du parti légitimiste. Sa stature est haute, et sa physionomie mobile et expressive. Il a le laisser-aller, le sans-gêne, le déboutonné d'un grand seigneur qui parle devant des bourgeois. Il ne fait pas tant de façons avec eux et cause tout comme s'il était en robe de chambre. Il prend du tabac, il se mouche, il crache, il éternue, va, vient, se promène à la tribune, d'une estrade à l'autre. Il a des expressions familières, qu'il jette avec bonheur, et qui délassent la Chambre des superbes ennuis de l'étiquette oratoire. On dirait qu'il veut bien recevoir la législature à son petit-lever. » (cité par le Dictionnaire des parlementaires français)
  5. 245 voix sur 448 votants et 559 inscrits

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes

Liens externes

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