Église Saint-Pierre-des-Arcis

L'église Saint-Pierre-des-Arcis est un ancien lieu de culte catholique situé sur l'île de la Cité à Paris. Construite au XVe siècle, l'église est détruite à la fin du XVIIIe siècle.

Église Saint-Pierre-des-Arcis
Présentation
Type
Localisation
Adresse
Coordonnées
48° 51′ 19″ N, 2° 20′ 47″ E

Situation

Le parvis de l'église formait une petite place qui s'ouvrait sur la rue de la Vieille-Draperie. Le bâtiment était longé, à l'est par la rue Saint-Pierre-des-Arcis, à l'ouest par une ruelle menant au chevet de l'église Saint-Barthélemy[1],[2].

Histoire

L'église est fondée en 926, par Theudon, vicomte de Paris, sur le terrain d'une chapelle en ruine qui portait déjà le nom de Saint-Pierre[3] et qui dépendait du monastère de Saint-Éloi[4]. L'origine du nom de l'église est mal connue. Arcis viendrait du latin Arcisterium, signifiant monastère[4]. Une bulle d'Innocent II la désigne sous le nom d'Ecclesia Sancti Petri de Arsionibus[3]. Au XVe siècle, le curé était encore nommé par le prieur de Saint-Éloi

En 1130, elle est érigée en paroisse de taille modeste, comme la plupart de celles de la Cité, comportant des maisons à l'est de la rue de la Barillerie et l'ouest de la rue de la Vieille-Draperie et comprenant environ 1000 habitants. La paroisse fusionna avec celle de Saint-Martial en 1722[5]

En 1789, lors de la confiscation des biens du clergé, l'église Saint-Pierre-des-Arcis est toujours le siège de l'une des 52 paroisses urbaines du diocèse de Paris. Son curé d'alors, l'abbé Roch-Damien Dubertrand, nommé en 1774[6], refuse de prêter serment à la Constitution civile du clergé[7],[8]. Il est automatiquement destitué en janvier 1791 tandis que l'église devenue bien national se trouve désaffectée.

En effet, en février 1791, par une suite de décrets de l'Assemblée Constituante pris sur une proposition de la mairie de Paris, l'église Saint-Pierre-des-Arcis, comme les neuf autres églises de l'ile de la Cité[9], perd son statut de siège de paroisse au bénéfice de la Cathédrale Notre-Dame de Paris[10]. Le bâtiment devient ensuite un dépôt de cloches destiné à la fabrication de la monnaie de cuivre[3].

Le 13 ventôse an V, l'État vend le bâtiment, à charge pour l'acquéreur de percer une rue projetée entre la rue de la Vieille-Draperie et les quais de Seine. L'église est démolie et la rue du Marché-aux-Fleurs est percée en 1812[3].

Description

Église Saint-Pierre des Arcis vers 1786

Elle comportait à l'origine un vaisseau de 13,5 mètres sur 6 terminé par une abside semi-circulaire et flanqué d'un collatéral au sud et fut reconstruite vers 1424 avec un vaisseau central de quatre travées flanqué de deux collatéraux, celui du sud étant plus long.

La place Saint-Pierre sur laquelle donnait l'église fut remplacée après 1522 par deux chapelles et le portail fut reconstruit en 1702 par l'architecte Jean-François Lanchenu[11].

Références

  1. Jean Junié, Plan des paroisses de Paris avec la distinction des parties éparses qui en dépendent dressé par J. Junié, ingénieur géographe de Monseigneur l’Archevêque et géomètre des Eaux et forêts de France en 1786 , Service des Travaux historiques de la Ville de Paris, 1904 [lire en ligne]
  2. Albert Lenoir et Adolphe Berty, Plan archéologique de Paris : feuille X, Paris, Martin et Fontet [lire en ligne]
  3. Félix et Louis Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, édition de 1844, p. 221-222 [lire en ligne].
  4. Data.bnf.fr
  5. Adrien Friedmann, Paris, ses rues, ses paroisses du Moyen Âge à la Révolution, Plon, , p. 376-378
  6. Debure, gendre de feu d'Houry, Almanach Royal pour l'année 1789, Paris, Imp. Veuve d'Houry, s. d., p. 103). Consulter en ligne.
  7. Abbé Delarc, L'Église de Paris pendant la Révolution Française, 1789-1801, Paris, Desclées de Brouwer, s. d. (ca 1900), t. 1, chapitre VII, p. 298-299. Consulter en ligne.
  8. M*** (Abbé Clément Bossard), Histoire du serment à Paris, suivi de la liste de ceux qui ne l'ont pas prêté..., Paris, Chez tous les marchands de nouveautés, 1791, 215 p. Consulter sur Google books.
  9. Ces dix églises sont St Barthélemy, St Germain-le-Vieux-en-la-Cité, St Jean-Baptiste-St Denis, St Landry, St Pierre-aux-Arcis, St Pierre-aux-Bœufs, Ste Croix-en-la-Cité, Ste Madeleine-en-la-Cité, Ste Marine, Ste Chapelle-Basse (Abbé Delarc, Id.).
  10. P. Pisani, L'Église de Paris et la Révolution, Paris, Al. Picard, 1908-1911, t. 1 (1789-1792), p. 202-205. Consulter sur Gallica.
  11. Agnès Bos, Autour de Notre-Dame de Paris. Chapitre Saint-Pierre des Arcis, Action artistique de la Ville de Paris, (ISBN 2 913246 47 8), p. 131

Articles connexes

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