Élections législatives slovènes de 2011

Les élections législatives slovènes de 2011 (en slovène Državnozborske volitve v Sloveniji 2011) se tiennent de manière anticipée le dimanche , afin d'élire les 90 députés de la 6e législature de l'Assemblée nationale pour un mandat de quatre ans.

Élections législatives slovènes de 2011
90 sièges de l'Assemblée nationale
(Majorité absolue : 46 sièges)
Type d’élection Élection législative
Corps électoral et résultats
Inscrits 1 709 692
Votants 1 121 573
65,60%  +2,5
Votes exprimés 1 102 354
Votes blancs et nuls 19 219
LZJ-PS  Zoran Janković
Voix 314 273
28,51%
Députés élus 28  +28
SDS  Janez Janša
Voix 288 719
26,19%
 −3,1
Députés élus 26  −2
SD  Borut Pahor
Voix 115 952
10,52%
 −19,9
Députés élus 10  −19
DLGV  Gregor Virant
Voix 92 282
8,37%
Députés élus 8  +8
Président du gouvernement
Sortant Élu
Borut Pahor
SD
Janez Janša
SDS
dvk-rs.si

Ce scrutin est convoqué après l'échec du vote de confiance sollicité par le président du gouvernement social-démocrate Borut Pahor. Il voit la victoire du nouveau parti Slovénie positive (PS) du maire de Ljubljana Zoran Janković et l'effondrement des Sociaux-démocrates. Il faudra un peu plus de deux mois au pays pour se doter d'un gouvernement de coalition, soutenu par cinq partis du centre et du centre droit et dirigé par Janez Janša.

Contexte

Lors des élections législatives de 2008, les Sociaux-démocrates (SD) de Borut Pahor remportent plus de 30 % des voix, un bon de 20 points en quatre ans. Ils s'imposent de justesse face au Parti démocratique slovène (SDS) du président du gouvernement Janez Janša. Pahor est alors perçu comme le plus à même de réunir une majorité[1].

Ayant constitué une coalition avec Réel - Nouvelle politique (Zares), le Parti démocrate des retraités slovènes (DeSUS) et la Démocratie libérale slovène (LDS), Pahor peut former un gouvernement de 18 ministres et recevoir l'investiture de l'Assemblée nationale environ deux mois après le scrutin[2].

Le DeSUS se retire de l'alliance au pouvoir, lui faisant perdre sa majorité absolue, le [3]. Il est suivi deux mois plus tard par Zares, après le rejet par référendum d'une série de projets gouvernementaux concernant notamment les retraites et le marché du travail[4]. Voulant remanier son gouvernement pour acter cette nouvelle donne politique, Pahor sollicite la confiance des députés le suivant, mais ceux-ci la lui refusent par 51 voix contre[5]. Une semaine plus tard, le président de la République Danilo Türk annonce la convocation d'élections anticipées[6].

Mode de scrutin

L'Assemblée nationale (Državni zbor) se compose de 90 députés élus au scrutin proportionnel plurinominal avec vote préférentiel.

Pour le scrutin, la Slovénie est divisée en huit circonscriptions électorales, elles-mêmes divisées en 11 districts électoraux. Chaque circonscription élit 11 députés, bien qu'un district puisse avoir plusieurs ou aucun élu. Le seuil électoral pour accéder à la représentation parlementaire est de 4 % des suffrages exprimés au niveau national. Ces 88 députés sont répartis dans leurs circonscriptions par division du nombre total de suffrages exprimés par le nombre de sièges à pourvoir augmenté de un. Les sièges non-pourvus à l'issue de cette répartition le sont au niveau national selon la méthode d'Hondt. Les mandats sont ensuite attribués en fonction du nombre de voix de préférence reçues par les candidats[7].

Les deux autres sièges sont réservés aux minorités italienne et hongroise à raison d'un député chacune, élus en un seul tour à l'aide d'un système de vote pondéré : la méthode Borda. Les électeurs concernés classent les candidats sur le bulletin de vote en leur attribuant des chiffres en partant de 1 pour leur candidat favori. Le candidat classé en premier reçoit autant de voix que de candidats dans la liste, celui classé deuxième une de moins, et ainsi de suite. Le candidat ayant recueillit le plus de voix est déclaré élu. Les slovènes votant pour les représentants des minorités peuvent aussi participer à l'élection des 88 autres sièges[8].

La loi électorale que chaque liste présente au moins 25 % de candidats de l'un et l'autre sexe. Les listes ne comportant que trois noms doivent ainsi compter au moins un homme et une femme.

Principales forces politiques

Parti Idéologie Chef de file Résultat en 2008
Sociaux-démocrates
Socialni demokrati (SD)
Centre gauche
Social-démocratie
Borut Pahor
(Président du gouvernement)
30,5 % des voix
29 sièges
Parti démocratique slovène
Slovenska demokratska stranka (SDS)
Centre droit
Conservatisme
Janez Janša 29,3 % des voix
28 sièges
Réel - Les sociaux-libéraux
Zares - socialni liberali (Zares)
Centre
Social-libéralisme
Gregor Golobič 9,4 % des voix
9 sièges
Parti démocrate des retraités slovènes
Demokratična stranka upokojencev Slovenije (DeSUS)
Centre
Social-libéralisme, défense des retraités
Karl Erjavec 7,5 % des voix
7 sièges
Parti national slovène
Slovenska nacionalna stranka (SNS)
Droite à extrême droite
Nationalisme, conservatisme, euroscepticisme
Zmago Jelinčič Plemeniti (sl) 5,4 % des voix
5 sièges
Parti populaire slovène
Slovenska ljudska stranka (SLS)
Centre droit
Conservatisme, démocratie chrétienne
Radovan Žerjav 5,2 % des voix
5 sièges
Démocratie libérale slovène
Liberalna demokracija Slovenije (LDS)
Centre
Social-libéralisme
Katarina Kresal 5,2 % des voix
5 sièges
Nouvelle Slovénie - Parti chrétien populaire
Nova Slovenija – Kršcanska ljudska stranka (NSi)
Centre droit
Démocratie chrétienne, conservatisme
Ljudmila Novak 3,4 % des voix
0 siège
Liste civique de Gregor Virant
Državljanska lista Gregorja Viranta (DLGV)
Centre
Libéralisme
Gregor Virant Inexistant
Liste Zoran Janković - Slovénie positive
Lista Zorana Jankovića - Pozitivna Slovenija (LZJ-PS)
Centre gauche
Social-libéralisme
Zoran Janković
(Maire de Ljubljana)
Inexistant

Résultats

Résultats des élections législatives slovènes de 2011[9]
Parti Voix % +/- Sièges +/-
Liste Zoran Janković - Slovénie positive (LZJ-PS) 314 273 28,51 Nv 28 28
Parti démocratique slovène (SDS) 288 719 26,19 3,07 26 2
Sociaux-démocrates (SD) 115 952 10,52 19,93 10 19
Liste civique de Gregor Virant (DLGV) 92 282 8,37 Nv 8 8
Parti démocrate des retraités slovènes (DeSUS) 76 853 6,97 0,48 6 3
Parti populaire slovène (SLS) 75 311 6,83 1,62 6 1
Nouvelle Slovénie - Parti chrétien populaire (NSi) 53 758 4,88 1,48 4 4
Parti national slovène (SNS) 19 786 1,80 3,60 0 5
Démocratie libérale slovène (LDS) 16 268 1,48 3,73 0 5
Parti pour le développement durable de la Slovénie (sl) (TRS) 13 477 1,22 Nv 0
Autres[alpha 1] 35 671 3,23 0 9[alpha 2]
Minorités hongroise et italienne 2
Suffrages exprimés 1 102 354 98,29
Votes blancs et invalides 19 219 1,71
Total 1 121 573 100 - 90
Abstentions 588 119 34,40
Inscrits / participation 1 709 692 65,60

Analyse

À la surprise générale, le parti de centre gauche Slovénie positive (PS), créé deux mois auparavant par le maire de Ljubljana Zoran Janković, arrive en tête du scrutin avec 28,53 % des suffrages. Il devance ainsi le Parti démocratique slovène (SDS) de centre droit de l'ancien président du gouvernement Janez Janša, pourtant favori des sondages. Les Sociaux-démocrates (SD) du chef de l'exécutif sortant Borut Pahor s'effondrent en perdant près de 20 points, tandis que ses alliés ou anciens alliés de la Démocratie libérale slovène (LDS) et de Réel - Les sociaux-libéraux (Zares) sont exclus de l'Assemblée nationale faut d'avoir franchi le seuil des 4 %[10].

La constitution d'une majorité s'annonce néanmoins complexe, les résultats étant très serrés et le prochain exécutif appelé à mener des réformes douloureuses pour assainir les finances publiques. Au soir de l'élection, une association entre PS, les SD et la Liste civique (DLGV) de l'ancien ministre Gregor Virant, en rupture de ban avec Janša, semble être une option envisagée. Si Janša juge que « ces résultats ne sont pas ceux que nous avions espérés », Janković estime que « les résultats montrent que les citoyens veulent un Etat différent, ils ont eu Jansa, Pahor, maintenant ils veulent un Etat démocratique mais aussi efficace »[10].

Conséquences

Le , le président de la République Danilo Türk propose la candidature de Zoran Janković au poste de président du gouvernement, expliquant avoir porté son choix  « comme le veut l'usage » , sur le « chef du parti ayant rassemblé le plus de votes »[11]. Quatre jours plus tard, alors qu'il négocie une alliance à quatre avec les Sociaux-démocrates, le Parti des retraités et la Liste civique, cette dernière oppose une fin de non-recevoir, faisant état de divergences trop profondes. Aussi le , l'Assemblée nationale rejette la nomination du maire de la capitale par 42 voix favorables, quatre de moins que la majorité requise, une première dans l'histoire démocratique slovène[12].

Le chef de l'État confie, une semaine plus tard, la mission de former le nouvel exécutif à Marko Voljč, cadre dirigeant du groupe financier belge KBC. Türk souligne qu'il « aura naturellement besoin d'un large soutien des partis politiques » car, selon lui, « la Slovénie a besoin d'un Premier ministre disposant d'une crédibilité et d'une bonne réputation pour sortir le pays de la crise »[13]. Le cependant, les partis SDS, DLGV, DeSUS, SLS et NSi  qui totalisent 50 députés sur 90  annoncent avoir signé un accord de coalition et vouloir proposer la candidature de Janez Janša pour diriger l'exécutif, Danilo Türk réagissant en considérant Janša comme « pas complètement légitime » puisqu'il est mis en cause dans une affaire de corruption[14].

Conformément à la Constitution, la candidature de Janša est soumis aux députés par les groupes parlementaires qui le soutiennent. Il reçoit ainsi l'investiture de l'Assemblée le par 51 suffrages favorables et 39 défavorables[15]. Son gouvernement de 12 ministres reçoit la confiance des parlementaires le suivant, recueillant par 50 voix pour, 10 contre et 22 abstentions[16].

Notes

  1. Dix partis ayant reçu moins de 1 % des voix.
  2. Tous issus de Zares (0,65 %).

Références

  1. « Slovénie : l'opposition de gauche remporte de peu les législatives », Le Monde, (lire en ligne, consulté le 28 mars 2020).
  2. (en) « Slovenia Parliament Approves Cabinet », Balkan Insight, (lire en ligne, consulté le 28 mars 2020).
  3. « Slovénie: le PM sans majorité », Le Figaro, (lire en ligne, consulté le 28 mars 2020).
  4. (en) « Coalition party expected to resign », The Irish Times, (lire en ligne, consulté le 28 mars 2020).
  5. « Slovénie : le gouvernement de centre-gauche perd un vote de confiance », Le Point, (lire en ligne, consulté le 28 mars 2020).
  6. « Élections anticipées en Slovénie », Le Figaro, (lire en ligne, consulté le 29 mars 2020).
  7. « IPU PARLINE database: SLOVENIE (Drzavni Zbor), Texte intégral », sur archive.ipu.org (consulté le 29 mars 2020).
  8. (en) Commission électorale d'État, « National Assembly of the Republic of Slovenia », sur dvk-rs.si (consulté le 29 mars 2020).
  9. (en) European Election Database, « Slovenia: Parliamentary Election 2011 », sur eed.nsd.uib.no (consulté le 29 mars 2020).
  10. « Le centre-gauche remporte les élections législatives en Slovénie », Le Monde, (lire en ligne, consulté le 29 mars 2020).
  11. « Le maire de Ljubljana proposé au poste de premier ministre de Slovénie », Le Monde, (lire en ligne, consulté le 29 mars 2020).
  12. « Le Parlement slovène refuse Zoran Jankovic comme Premier ministre », 24 heures, (lire en ligne, consulté le 29 mars 2020).
  13. « Un responsable de KBC devient Premier ministre slovène », RTBF, (lire en ligne, consulté le 29 mars 2020).
  14. « Slovénie: Janez Jansa (centre-droit) en voie de devenir Premier ministre », RTL, (lire en ligne, consulté le 29 mars 2020).
  15. « Slovénie: Janez Jansa premier ministre », Le Figaro, (lire en ligne, consulté le 29 mars 2020).
  16. « Slovénie : le nouveau gouvernement intronisé », Europe 1, (lire en ligne, consulté le 27 mars 2020).

Voir aussi

Articles connexes

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