Épitomé de Caesaribus

L'Épitomé de Caesaribus (Abrégé des Césars) ou Pseudo-Aurelius Victor est une œuvre anonyme écrite au début du Ve siècle.

L'ouvrage n'a aucun titre authentique. Selon un de ses titres, Libellus de vita et moribus imperatorum breviatus ex libris Sexti Aureli Victoris, (« livret abrégé sur la vie et les mœurs des empereurs, ex-libris de Sextus Aurelius Victor »), elle s'inspire du Livre des Césars d'Aurelius Victor (et lui a longtemps été attribuée) tout en s'en différenciant par la suite et en le continuant, jusqu'en 395, avec les biographies des empereurs romains de Julien (361-363) à la mort de Théodose Ier.

L'oeuvre a vraisemblablement été rédigée vers 406-408, par un auteur anonyme lettré, probablement un romain au service d'une personnalité politique importante. Il s'agit probablement d'un païen, ignorant du christianisme, exaltant l'histoire romaine et les empereurs Auguste, Trajan, Titus, Vespasien, les Antonins et particulièrement Théodose, tout en affichant des sympathies prosénatoriales et dynastiques contre les barbares[1].

L'Épitomé de Caesaribus compte 48 biographies, contre 42 dans le Livre des Césars. Seuls les 11 premiers chapitres sont en rapport avec le Livre des Césars d'Aurelius Victor, les suivants s'inspirent plutôt de l'Abrégé de l'histoire romaine d'Eutrope[2].

Les sources ont vraiment divisés mais on repéra quatre périodes d'utilisations différentes. Les conjectures et rapprochements font principalement état de l'Histoire impériale d'Enmann (Enmanns Kaisergeschichte, abrégée EKG), un recueil de biographies impériales et les Annales de Nicomaque Flavien[3]. Il y a des conjectures avec la tradition de l'EKG, soit les auteurs l'ayant utilisé : Aurelius Victor, Eutrope, Festus, la Chronique de Saint Jérôme et peut être la première partie de l'Anonyme de Valois[4].

Les vies 1 à 11 (Auguste à Domitien), il utilise l'EKG et le livre des Césars d'Aurelius Victor. L'EKG s'insipira grandement de Dion Cassius et de Suétone[5]. Des vies 12 à 23 (Nerva à Elagabal), c'est Marius Maximus et la tradition de l'EKG[6]. Pour les vies 24 à 38 (Sévère Alexandre à Carus et fils), il utilise Nicomaque Flavien, que l'on connait par l'Histoire Auguste, Eunape, Zosime et la Leoquelle, la source de Léon le Grammairien. Mais Nicomaque connaît l'EKG et sa tradition[7]. Pour les vies 39 à 47 (Dioclétien à Gratien), il utilise les mêmes sources, ainsi que la tradition de l'EKG et Ammien Marcellin[4]. La 48e et dernière vie, celle de Théodose, est spéciale : elle est plus longue, le vocabulaire diffère, ce n'est pas l'auteur qui le rédigea. Les panégyriques présents sont de Symmaque, on ne connait pas sa source[8].

Éditions

  • Édition de F. Pichlmayr, Leipzig, Teubner, 1911.
  • Deuxième édition de P. Gründel, Leipzig, Teubner, 1961.
  • (la + fr) Pseudo-Aurelius Victor (trad. Michel Festy), Abrégé des Césars, Les Belles Lettres, , CIX-302 p. (ISBN 2251014101, présentation en ligne).

Notes et références

  1. Raymond Chevallier, « Pseudo-Aurelius Victor. Abrégé des Césars », Revue belge de Philologie et d'Histoire, vol. 78, no 1, , p. 221–222 (lire en ligne, consulté le 11 novembre 2019)
  2. Hellegouarc'h 1999, p. XVIII
  3. C.U.F., p. XIII, XX.
  4. C.U.F., p. XXXII-XXXV.
  5. C.U.F., p. XX-XXIII.
  6. C.U.F., p. XXV-XXVI.
  7. C.U.F., p. XXVIII-XXXI.
  8. C.U.F., p. XXXVI-XXXVIII.

Bibliographie

  • (la + fr) Eutrope (trad. Joseph Hellegouarc'h, préf. Joseph Hellegouarc'h), Abrégé d'histoire romaine, Les Belles-Lettres, coll. « CUF Latin », , LXXXV-274 p. (ISBN 978-2-251-01414-2).
  • Portail de la Rome antique
  • Portail de l’historiographie
Cet article est issu de Wikipedia. Le texte est sous licence Creative Commons - Attribution - Sharealike. Des conditions supplémentaires peuvent s'appliquer aux fichiers multimédias.