Académie des inscriptions et belles-lettres

L’Académie des inscriptions et belles-lettres a été fondée par Colbert en 1663 en France sous le nom La Petite Académie. C'est en 1816 que son appellation actuelle apparaît. Au début, elle devait établir les inscriptions et devises des monuments et médailles en l'honneur de Louis XIV. Par la suite, elle s'est tournée vers l'histoire et l'archéologie. Intégrée à l'Institut de France depuis 1795, elle poursuit cette mission.

Pour les articles homonymes, voir Belles-lettres.
Académie des inscriptions et belles-lettres
L'Institut de France, où siège l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.
Histoire
Fondation
1663
Cadre
Type
Domaine d'activité
Siège social
Pays
Langue
Organisation
Membres
55 membres élus par leurs pairs
Fondateur
Président
Secrétaire général
Branches
Affiliation
Site web
Identifiants
SIREN
OpenCorporates

Histoire et attributions

L'égyptologue Gaston Maspero est mort à son banc à l'Académie, alors qu'il allait prendre la parole.

Connue sous le nom de « Petite Académie » avant sa création officielle, elle s'est appelée successivement « Académie royale des inscriptions et médailles », « Académie royale des Inscriptions et Belles-Lettres », « Institut national des sciences et des arts, classe de littérature et beaux-arts » et « Institut national des sciences et des arts, classe d'histoire et littérature anciennes » avant de trouver le son appellation actuelle.

La mission de l'Académie était initialement d'établir les inscriptions et devises des monuments et médailles en l'honneur du roi Louis XIV. Elle devait, pour cela, étudier les médailles et autres raretés, anciennes et modernes, du cabinet du roi ainsi que les anciens monuments de la France.

Très rapidement, l'Académie s'est occupé d'archéologie et d'histoire au sens le plus large. L’ordonnance du , sous l'impulsion de Jérôme Phélypeaux, secrétaire d'État à la Maison du Roi, la transforme en une véritable institution d'État. Son existence est confirmée par des lettres patentes de février 1713 données par Louis XIV au château de Marly.

De 1717, date de parution du premier volume, à 1793, date de sa dissolution, elle publie 317 mémoires historiques, la plupart consacrés à la Gaule et au Moyen Âge : études de géographie ancienne, de littérature, de sciences auxiliaires de l'histoire (épigraphie, numismatique, sigillographie, etc.), d'histoire des institutions, des mœurs et des coutumes.

Les travaux de l'Académie s'appuient dès le départ sur des documents archéologiques et sur des sources, et acquièrent ainsi une réputation de qualité et de sérieux. Plusieurs académiciens sont considérés parmi les fondateurs de la science historique en France : l'abbé Jean Lebeuf, Jean-Baptiste de La Curne de Sainte-Palaye, Louis-Georges de Bréquigny, le comte de Caylus ou Nicolas Fréret par exemple. L'Académie acquiert ainsi un très grand prestige tout au long du XVIIIe siècle.

Le règlement du en tire la conclusion en faisant de la recherche historique en tant que telle le but principal de l'institution : « L'objet principal et direct de l'Académie étant l'histoire, elle s'attachera principalement 1) à l'étude des langues, particulièrement des langues orientales et des langues grecque et latine 2) à celle des monuments de tout espèce, médailles, inscriptions, etc., concernant l'histoire ancienne et l'histoire du Moyen Âge [...] 5) à l'étude des sciences, arts et métiers des anciens, en les comparant avec ceux des modernes... »

Sous la Révolution française, le décret du interdit aux Académies royales de pourvoir au remplacement des académiciens décédés, puis le décret du ordonne la suppression de « toutes les académies et sociétés littéraires patentées ou dotées par la Nation ». L'Académie royale des Inscriptions et Belles-Lettres devient ainsi la 3e classe (d'abord « littérature et beaux-arts », puis « histoire et littérature anciennes ») de l'Institut de France établie par la Constitution de l'an III (1795).

L'ordonnance du 21 mars 1816 lui restitue l'appellation d'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.

L'académie des sciences et belles-lettres est à l'origine de la création de l'Union académique internationale.

Aujourd'hui, les missions de l'Académie sont devenues plus larges, avec une prédilection pour l'histoire de France et des Gaules, la linguistique, l'archéologie et les études orientalistes.

Statut et organisation

De quelques membres sous Colbert, l'institution a rapidement grandi. Le règlement de 1701, longtemps en vigueur, fixe le nombre de ses membres à 40 : 10 honoraires, 10 pensionnaires, 10 associés libres et 10 élèves. En 1715, on leur adjoint 6 associés étrangers.

Les séances se tenaient primitivement au palais du Louvre, dans une salle du rez-de-chaussée au-delà du pavillon de l'Horloge. En 1805, elle fut transférée au palais de l'Institut, avec les autres académies.

L'Académie est une personne morale de droit public à statut particulier.

Publications

L'Académie assure la publication de plusieurs revues notamment les Comptes rendus de l'Académie des inscriptions et belles-lettres et le Journal des Savants. Elle publie également l'Histoire littéraire de la France, ouvrage commencé en 1733 par les Bénédictins de la Congrégation de Saint-Maur. En 1814, le travail est poursuivi par l'Institut de France puis par l'Académie des inscriptions et belles-lettres, qui continue aujourd'hui la publication des volumes à un rythme qui paraît s'accélérer. Au nombre des nombreuses collections de l'Académie, notons les Mémoires de l'Académie (nouvelle série)[1], qui comptent près de 50 volumes à la date du ; cette série au format in-4° remplace depuis 1975 les séries publiées auparavant sous les titres de Mémoires de l’Institut « Académie des Inscriptions et Belles-Lettres » et de Mémoires des Divers Savants. Elle accueille des travaux scientifiques de premier plan méritant d’être publiés chacun dans un volume.

Membres

Bureau pour 2020 : président : Nicolas Grimal ; vice-président : Yves-Marie Bercé ; secrétaire perpétuel : Michel Zink (élu lors du comité secret du ).

L'académie comporte 55 fauteuils et 40 d'associés étrangers. Trois fauteuils sont vacants au 29 mars 2020, ceux précédemment occupés par Véronique Schiltz (1942-2019), Jean Delumeau (1923-2020) et Francis Rapp (1926-2020).

Organisation

Présidents

Secrétaires perpétuels

16631682Charles Perrault[2]
16821683Jean Gallois
16831691Henri de Bessé de la Chapelle
16911706Paul Tallemant le Jeune
17061742Claude Gros de Boze
17421749Nicolas Fréret
17491755Jean-Pierre de Bougainville
17551772Charles Le Beau
17721782Louis Dupuy
17821793Joseph Dacier
18031833Joseph Dacier
18331838Antoine-Isaac Silvestre de Sacy
18381840Pierre-Claude-François Daunou
18401852Charles Athanase Walckenaer
18521852Eugène Burnouf
18521860Joseph Naudet
18601873Joseph Guigniaut
18731904Henri Wallon
19041914Georges Perrot
19141916Gaston Maspero
19161937René Cagnat
19371948René Dussaud
19481964Alfred Merlin
19641968Georges Tessier
19681983André Dupont-Sommer
19832011Jean Leclant
2011-Michel Zink

Références

Annexes

Bibliographie

Articles connexes

Liens externes

  • Portail de l’histoire
  • Portail du royaume de France
  • Portail de la France
Cet article est issu de Wikipedia. Le texte est sous licence Creative Commons - Attribution - Sharealike. Des conditions supplémentaires peuvent s'appliquer aux fichiers multimédias.