André Verchuren

André Edmond Verschuere, dit André Verchuren, né le à Neuilly-sous-Clermont, dans l'Oise, et mort le à Chantilly est un accordéoniste français. En 1936, à seize ans, il remporte le concours internationale d'accordéon de Soignies, en jouant l'ouverture des Saltimbanques debout, contre les codes de l'époque. Il fait partie avec Aimable, Roland Zaninetti, Joss Baselli et André Lips de la génération d'accordéoniste de l'entre-deux-guerres, originaire du Nord de la France. Il est l’accordéoniste ayant vendu le plus de disques, avec plus de 70 millions d'unités vendues [1].

André Verchuren
Surnom Verchu[1]
Le roi du musette
Nom de naissance André Edmond Verschuere
Naissance
Neuilly-sous-Clermont
Décès (à 92 ans)
Chantilly
Activité principale Accordéoniste, compositeur, comédien
Genre musical Valse, musette, chanson française
Années actives de 1926 à 2013
Labels Decca - Festival
Musidisc - Sun Records
WH Production

Biographie

Origines familiales

André Verchuren est issu d'une famille originaire de Knesselare en Belgique, son grand-père est Petrus Verschuere (1865-1909), accordéoniste et vendeur de bijoux, venu travailler dans les mines. Ce dernier est venu en France avec sa femme et ses enfants dont Raymond Verschuere, père d'André Verchuren. Petrus s'installe ensuite dans le Pas-de-Calais à Pont-à-Vendin. Raymond Verschuere, accordéoniste (1894-1975), est venu à Neuilly-sous-Clermont pour rendre visite à un oncle, et il fit la connaissance de Marie-Clémence Massez, couturière (1899-1993), originaire d'Uny-Saint-Georges, ancien village rattaché à la commune de Rantigny. Il se fixe alors dans la région et se marie avec cette dernière.

Premier cachet

Le jeune André commence l'accordéon à quatre ans et suit les cours de son père, Raymond qui est musicien professionnel et touche son premier cachet à six ans en animant un bal à Ponchon, accompagné de sa mère, Marie-Clémence, à la batterie et dispense des cours dans l'école d'accordéon de son père. Il est embauché dans une usine de tréfilage, devient garçon de café, jardinier.

Concours de Soignies

En 1936, à seize ans, il remporte le concours internationale d'accordéon de Soignies, en jouant l'ouverture des Saltimbanques debout, contre les codes de l'époque. La coupe est remise des mains du roi Léopold III de Belgique[1]. Cette compétition serait considéré comme un championnat du monde par certains mais la première coupe du monde est disputée le 11 juin 1938 au Moulin de la galette à Paris et dont le vainqueur est Freddy Balta, devant Yvette Horner et André Lips[2],[3],[4].

Seconde Guerre mondiale

Alors qu'il peut opter pour la nationalité française, le 03 janvier 1940, il décline cette nationalité[5]. Il sera naturalisé français le 5 avril 1957[6].

Pendant la Seconde Guerre mondiale, André Verchuren entre dans la Résistance en aidant les parachutistes alliés à se cacher. En juin 1944, il est dénoncé, arrêté par la Gestapo, torturé et envoyé au camp de Dachau dans le « train de la mort », convoi no 7909, le . Il en ressortira 13 mois plus tard, en août 1945. Durant sa détention à Dachau, il sera notamment affecté au personnel travaillant aux fours crématoires[7]. Le , il provoque les SS en faisant, au péril de sa vie, chanter La Marseillaise à tous ses camarades détenus du block[1]. C'est un déporté-résistant. À la sortie des camps, il lui faut plusieurs années pour que ses doigts retrouvent leur agilité.

Il reçoit le diplôme de reconnaissance des États-Unis envoyé par le Président Dwight D. Eisenhower[8].

Carrière artistique

À partir de 1950, Verchuren voit sa carrière décoller à la suite de sa participation à l'émission populaire de Radio Luxembourg Swing contre musette (il a été inscrit à l'émission par son collègue Tony Murena). Il habite en 1951, au 45 rue Boursier à Creil, et cette année là, il fait une demande à la sacem pour être inscrit comme compositeur[9]. Il y devient un membre définitif le 16 décembre 1951 et il change à cette occasion provisoirement son nom pour Verschueren puis définitivement pour Verchuren.

Sélectionné pour un match organisé sur la scène du Moulin rouge auquel assistent en direct 10 millions d'auditeurs, il emporte les suffrages. Grâce à Louis Merlin qui était présent dans la salle, il entre ensuite chez Decca, sa première maison de disques, avant d'intégrer la maison Festival. En 1956, il est le premier accordéoniste à se produire à l'Olympia à Paris pendant trois semaines[1]. Le succès populaire est immédiat. Parallèlement à ses émissions à la radio (17 ans sur RTL, puis 13 ans sur Europe 1), « Verchu » va à la rencontre de ses auditeurs. Il sillonne la France entière, donnant 150 galas par an. Il affirmait : « Les bals, la musique, la route : autant de drogues pour moi[1]. » Il a inventé la formule du « bal-music-hall ».

En 1968, André Verchuren publie ses mémoires sous le titre Mon accordéon et moi.

Il a joué lors du plus grand bal de France devant 125 000 spectateurs[10]. Le , il a fêté ses 80 ans de carrière lors d'un concert à l'Elispace de Beauvais.

Il vends plus de 70 millions d'albums vendus[1], André Verchuren a enregistré durant sa carrière 777 albums tous supports confondus (deux par semaine). En 1992, il avoue avoir parcouru 7 millions de km en voiture, un million en avion[1]. Il a participé à plus de 10 000 galas devant 40 millions de spectateurs.

Décès et sépulture

Il habite rue du Parc Maillet à Creil pour ensuite vivre une retraite tranquille dans sa demeure de Gouvieux à deux pas de Chantilly et meurt à l'âge de 92 ans d'un arrêt cardiaque alors qu'il dînait dans la pizzeria Le Napoli[11], à Chantilly[12]. Ses obsèques ont lieu le mercredi , en l'église Notre-Dame-de-l'Assomption de Chantilly, dans l'Oise. Il est inhumé avec sa première femme et ses parents aux cimetière Bourillon à Chantilly

Famille

André Verchuren a deux fils : l’aîné Harry Williams, en hommage à un parachutiste que son père a aidé pendant la guerre[13], est aujourd'hui producteur de musique ; le plus jeune se nomme André Verchuren junior.

Son épouse Micheline Butot décède en 1974 sur une route près de Vire dans un accident de la voiture que conduit André. Il est lui-même légèrement blessé, et condamné pour homicide involontaire à trois ans d'emprisonnement avec sursis. Il est divorcé de Mireille Rouxen[14].

Distinctions

  • En tant qu'ancien déporté-résistant, André Verchuren reçoit les insignes de chevalier de la Légion d'honneur le . Il est promu officier le [15].
  • Il reçoit un diplôme du président Eisenhower, lui signifiant la reconnaissance des États-Unis.
  • Il est élevé au rang de commandeur de l'ordre national du Mérite au titre de sa carrière musicale le [16]
  • Médaille du département de l'Oise des mains de Monsieur Jean-François Mancel, Président du Conseil Général de l'Oise[17]
  • Croix du combattant volontaire de la Résistance
  • Chevalier des Palmes académiques

Prix

  • Prix de l’académie Charles Cros
  • prix SNCF du Lampiste
  • Prix de Deauville catégorie Compositeurs
  • Premier prix à Bruxelles
  • Premier prix à Paris
  • Grand Prix de la Popularité des Jukes Boxes
  • Prix Francis Carco pour son album Parade des Succès 1960
  • Grand Prix SACEM de la musique instrumentale de variétés
  • Grand prix de l’Académie du disque français

Discographie partielle

  • Le Petit Chapeau tyrolien
  • Ah! si j'étais resté célibataire
  • Le Tango nous invite
  • Ce soir, on va faire la java
  • Le Chouchou de mon cœur
  • Les Fiancés d'Auvergne (son plus grand tube)
  • Style musette (valse)
  • Quand tu reviendras (avec Aimable)
  • En amateur (valse)
  • Le Plus Grand Bal du samedi soir
  • Charleston à Paris
  • Le chatouilleur de boutons
  • La Valse des pompiers
  • Les Routiers
  • Accordéon rusticana
  • Le Réveil de la volière
  • Le Roi de l'arène (paso doble)
  • Bonjour les amis (marche officielle de Radio Luxembourg)
  • La Valse de la fête foraine (avec Jo Moutet)
  • Le top de l'accordéon (album 2 disques)

Cinéma

Radio et télévision

Notes et références

  1. « Mort d'André Verchuren, le roi du bal musette », sur lemonde.fr, 11 juillet 2013.
  2. Le Petit Journal 10 juin 1938 (retronews.fr)
  3. Le Petit Parisien 12 juin 1938 (retronews.fr)
  4. L'égalité de Roubaix-Tourcoing du 14/06/1938 (bn-r.fr)
  5. André Vershuere (filae.com)
  6. André Vershuere (filae.com)
  7. Meddeh Belkanichi, "André Verchuren, un Vouzinois de cœur", sur L'Union, lundi 15 juillet 2013.
  8. Biographie d'André Verchuren (andre-verchuren.com)
  9. André Verschuere-SACEM, andre-verchuren.com, consulté le 10 juillet 2013
  10. Le 10 000e gala d'André Verchuren (leparisien.fr)
  11. Ils regretteront tous André Verchuren (leparisien.fr)
  12. AFP, « André Verchuren est mort », Le Figaro, mis en ligne le 10 juillet 2013, consulté le 10 juillet 2013.
  13. Stars illustrated Magazine. Édition Française, Avril 2018 (books.google.fr)
  14. Les gens du cinema.com (lesgensducinema.com)
  15. Annonce du décès, sur metronews.fr.
  16. « André Verchuren en 10 chiffres », sur lefigaro.fr.
  17. André Verchuren (accordeon-esch.lu).
  18. Biographie sur le site de l'Olympia

Voir aussi

Article connexe

Liens externes

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