Aquitaine (frégate)

L’Aquitaine est la première frégate anti-sous-marine de la classe Aquitaine, anciennement programme FREMM, lancé par la France et l'Italie. Mise sur cale en 2007 aux chantiers DCNS de Lorient, à flot en 2010, elle a commencé ses essais en 2011. Réceptionnée par la marine nationale française en elle a été admise au service actif le [1]. La frégate est parrainée par la ville de Bayonne depuis le [2].

Pour les articles homonymes, voir Aquitaine.

Aquitaine

L'Aquitaine pavoisée à Brest en 2016.
Type Frégate
Classe Aquitaine
Histoire
Commanditaire  Marine nationale
Chantier naval DCNS, Lorient
Quille posée
Lancement
Armé
Statut En service
Équipage
Équipage 108 marins (22 officiers, 70 officiers mariniers, 16 quartiers-maîtres et matelots
Caractéristiques techniques
Longueur 142 m
Tirant d'eau m
Déplacement 6 000 t
Vitesse 27 nœuds, 30 nœuds avec Turbines a gaz
Caractéristiques militaires
Armement 1 canon de 76mm OTO-Melara compact SR
8 missiles MM 40 Exocet Block III
16 missiles ASTER 15
16 missiles de croisière naval (MdCN)
4 tubes lance torpille avec 19 torpille MU90 Impact.
Électronique 1 centrale de navigation inertielle SIGMA 40 (Safran Electronics & Defense)
SETIS
Liaison 11
Liaison 22
Embarcations 1 embarcation ECUME NG
1 embarcation EDO NG
Aéronefs 1 hélicoptère NH90
Carrière
Port d'attache Brest
Indicatif D650

Études

Le concept des frégates multimissions est né d’un besoin de rationaliser les coûts de production et d’exploitation de ces bâtiments de guerre, qui comptent parmi les plus importants de la Marine nationale. Dès le départ la conception des FREMM a pris un certain nombre de contraintes de la construction navale traditionnelle et du nombre d’hommes d’équipage en compte, de manière à réduire structurellement tous les facteurs de coût.

Ainsi, le plan des frégates de la classe Aquitaine est conçu de telle façon à ce qu’il soit pratiquement identique à celui d’un bâtiment de commerce de taille équivalente, et l’équipage réduit au strict minimum, quitte à lui imposer des rotations en fonction des besoins tactiques et opérationnels. C’est l’exemple des chalutiers modernes de haute mer dont les équipages changent par rotation, qui a présidé à la conception de ce type de navires de guerre[3]. Cent-huit marins suffisent ainsi à la conduite opérationnelle de la frégate Aquitaine, contre le double pour les frégates anti-sous-marine de la génération précédente (classe Georges Leygues). Cependant, après plusieurs années de navigation sous ce format, il est décidé de pourvoir l'Aquitaine d'un équipage B – incluant également un commandement en alternance – effectif à partir de septembre 2019 faisant de cette frégate la première à passer à un double équipage[4].

À l’intérieur des frégates FREMM, tous les locaux techniques et tactiques sont modulaires[5], de sorte que le concept de multi-missions s’applique de façon naturelle. Un haut niveau d’automatisation permet la mise en œuvre de tous les équipements à l’aide d’un équipage réduit au minimum.

Construction

La construction de l’Aquitaine a commencé en aux chantiers DCNS de Lorient. Après l'assemblage des 10 blocs constituant la coque et les 6 blocs des superstructures, le navire a été mis à l'eau le [6] puis officiellement lancé le en présence de Nicolas Sarkozy[7]. Courant 2010, il a alors reçu sa cheminée et son mât. L'Aquitaine a effectué sa première sortie à la mer le [8].

Elle est livrée à la marine française le et le , elle débute sa mise en condition opérationnelle dirigée par la division entraînement de la force d’action navale. Son entrée en service actif est alors prévue pour 2013[9].

Longue de 142 mètres, l'Aquitaine déplace plus de 6 000 tonnes en charge. Ses missions comportent la lutte anti-sous-marine avec des sonars de coque et remorque (Captas 4), des torpilles MU90 et un hélicoptère Caïman Marine (NH90) ; la lutte antinavire avec des missiles Exocet MM40 Block3 et un hélicoptère, qui sera doté d’ici la fin de la décennie du nouveau missile anti-navire léger (ANL) ; la défense aérienne avec des 16 missiles Aster 15 et attaques de cibles terrestres en profondeur (1 000 km) grâce aux nouveaux missiles de croisière naval (MdCN). Le reste de l’armement est constitué d'une tourelle de 76 mm et d’artillerie légère, la dotation en équipements électroniques comprenant un radar multifonction Herakles, deux brouilleurs, deux lance-leurres NGDS et deux lance-leurres anti-torpille[10].

Caractéristiques

La frégate Aquitaine est équipé de deux centrales de navigation inertielle SIGMA 40 créées par Sagem. Grâce à leur technologie Gyrolaser (Ring Laser Gyro), ces centrales inertielles offrent un très haut degré de précision et démultiplient l'efficacité des capteurs, des armements comme des moyens d'autodéfense du bâtiment[11].

D’[12] à [13], la frégate multimissions Aquitaine subit une série de remises à niveau concernant :

  • Le nettoyage de la coque de la frégate ;
  • La visite des 7 500 heures du diesel alternateur ;
  • Le contrôle de ses installations électriques ;
  • Remise à niveau logicielle du système d’armes ;
  • Une modification des installations aviation ;
  • Une réactualisation de son système de combat.

Sister-ships

Carrière opérationnelle

Guerre civile syrienne

La frégate Aquitaine termine son premier déploiement opérationnel le [14]. Le bâtiment était engagé dans l'opération Arromanches 2[15] dans le golfe Persique au sein de la Task Force 473. Durant cette mission la frégate était chargée de la protection du porte-avions Charles de Gaulle qui avec son groupe aérien embarqué mène une opération de bombardement contre l'État islamique dans le cadre de l'opération Chammal.

En , postée en Méditerranée orientale, la frégate est la cible d'une manœuvre d'intimidation de la part d'un bombardier russe Su-24 armé. Ce dernier la survole à distance réduite. C'est un avertissement destiné aux autorités françaises, qui s'interrogent encore sur l'opportunité de frappes contre le régime syrien après l'attaque chimique de Douma attribuée à ce dernier[16].

Le , la frégate participe à l'opération Hamilton, composante française des bombardements de Barzé et de Him Shinshar avec les États-Unis et le Royaume-Uni[17]. N'ayant pu tirer ses missiles MdCN dans le temps imparti, pas plus que sa doublure l'Auvergne, c'est finalement la frégate Languedoc qui effectue son baptême du feu[18].

Notes et références

  1. « La FREMM Aquitaine admise au service actif », Mer et Marine, 3 décembre 2015.
  2. « Cérémonie de parrainage de la FREMM Aquitaine par la ville de Bayonne », Cols bleus, 11 juillet 2015.
  3. À bord de la frégate Aquitaine, autre vision de la vie en mer
  4. Caroline Britz, « Première prise de commandement pour l'équipage B de l'Aquitaine », Mer et Marine, 27 août 2019.
  5. La FREMM Aquitaine : ses systèmes d’armes en vidéo
  6. « L’Aquitaine fait sa première sortie », sur tetelegramme.com
  7. « Inauguration officielle du navire sur tdg.ch »
  8. « Première sortie à la mer de la FREMM Aquitaine », Ministère de la Défense, 18 avril 2011.
  9. « La Marine réceptionne la FREMM Aquitaine », sur Marine nationale, (consulté le 26 novembre 2012)
  10. « L’Aquitaine ouverte au public à l’occasion du 14 juillet », Mer et Marine, 19 juin, 2013.
  11. « Sagem met à disposition des équipements pour l'OPV Gowind », Mer et Marine, (lire en ligne)
  12. Fremm Aquitaine. Arrêt technique à Brest
  13. Un bon « timelapse » de la frégate Aquitaine remise en eau
  14. Digidust Corp, « FREMM Aquitaine : première mission opérationnelle accomplie ! », sur www.colsbleus.fr (consulté le 1er octobre 2017)
  15. « Mission Arromanches 2 : Déploiement du GAN en Méditerranée orientale et dans l’Océan Indien », sur www.defense.gouv.fr (consulté le 1er octobre 2017)
  16. Jean Guisnel, « La frégate « Aquitaine » menacée par un avion russe », sur lepoint.fr, .
  17. Nathalie Guibert, « Le missile de croisière naval, nouvelle arme stratégique pour le chef de l’Etat français », sur lemonde.fr, .
  18. « Syrie. Couacs sur les frégates lors des frappes », sur Le Télégramme,

Annexes

Articles connexes

Liens externes

  • Portail de la Marine française
Cet article est issu de Wikipedia. Le texte est sous licence Creative Commons - Attribution - Sharealike. Des conditions supplémentaires peuvent s'appliquer aux fichiers multimédias.