Armée ottomane de 1826 à 1922

Pendant la période du déclin de l'Empire ottoman, le gouvernement des sultans mène, à partir de 1826, une série de réformes pour renforcer et moderniser l'armée ottomane (turc : Osmanlı ordusu) afin de faire face aux révoltes intérieures et aux ambitions des puissances étrangères. Les réformes des Tanzimat établissent une armée permanente basée sur la conscription mais ne peuvent empêcher une série de défaites dans les guerres russo-turques et les guerres balkaniques. Allié de l'Allemagne pendant la Première guerre mondiale en Orient, il est entraîné dans sa défaite en 1918. Le refus de la capitulation entraîne la constitution d'une nouvelle armée nationale, autour de Mustafa Kemal, qui sort victorieuse de la guerre d'indépendance turque en 1922.

Armée ottomane

Uniformes et drapeaux de l'armée ottomane, Larousse illustré, 1902

Création 1826
Dissolution 1922
Pays Empire ottoman
Allégeance Empire ottoman
Type Armée de terre
Effectif 150 000 (1 839 - 1 869)[1]
2 600 000 (1 914 - 1 918)[2],
Commandant Sultan ottoman

Les Tanzimat et la nouvelle armée (1826-1869)

Le temps des réformes

L'armée russe (premier plan, à droite) donnant l'assaut à la forteresse d’Akhaltsikhé défendue par les troupes ottomanes et des irréguliers en 1829, toile de Janvier Suchodolski, 1839.
Soldats ottomans vêtus à l'européenne, gravure allemande, Die Gartenlaube, 1854

L'armée ottomane du XIXe siècle est issue des réformes du sultan Mahmoud II (1808-1839) : en 1826, celui-ci abolit les corps de troupe traditionnels, janissaires (infanterie) et sipahis (cavalerie), indisciplinés et inefficaces, au bénéfice de la « nouvelle organisation militaire » (nizâm-i djedîd), recrutée en partie parmi les éléments loyaux des janissaires et entraînée à l'européenne par des instructeurs étrangers[3]. Mahmoud II se méfie des Français, alliés du pacha d'Égypte Méhémet Ali, fait de préférence appel à des Britanniques, des Russes et des Prussiens, dont le jeune lieutenant von Moltke. La marine ottomane est réorganisée, en même temps que l'école navale et celle des ingénieurs ; une école de médecine militaire, premier établissement d'enseignement laïc en Turquie, est créée en 1827. L'armée, sous le commandement unique du serasker, porte un uniforme bleu de modèle prussien assorti d'un fez. Ce programme de réformes (Tanzimat), touchant aussi bien le domaine civil que militaire, est parachevé par le Khatt-i cherif, rédigé peu avant la mort de Mahmoud II en 1839 et promulgué par son successeur Abdülmecid Ier (1839-1861). Les sujets musulmans de l'Empire sont astreints au service militaire, par tirage au sort, pour cinq ans, suivis d'une période de réserve (redif) de sept ans[4]. L'effectif de l'armée atteint alors 150 000 hommes[1].  

Mahmoud II crée en 1834 une école de guerre pour la formation des officiers. Malgré les protestations des milieux religieux, de 1834 à 1840, il aligne progressivement son programme sur celui des établissements similaires en Occident, particulièrement l'école française de Saint-Cyr, en réduisant la part de l'arabe, du persan et des matières religieuses au profit des matières militaires et scientifiques et des langues européennes[5].

Un firman (édit) de 1843 instaure des commandements provinciaux avec cinq armées permanentes chargées de défendre Constantinople, la Thrace orientale (pachalik de Silistra), la Roumélie, l'Anatolie et les provinces arabes ; une sixième armée est créée en 1848 pour défendre la Mésopotamie (eyalet de Bagdad). En 1869, le service militaire est réorganisé en trois périodes : 4 ans de service actif (nizâmiye), 6 ans de réserve (redif) et 8 ans de garde territoriale (mustahfiz). Les sujets non musulmans en sont exemptés moyennant le paiement d'une taxe (bedel)[6].

Armée ottomane en 1828

Pendant la guerre russo-turque de 1828-1829, les forces ottomanes se répartissent ainsi :

  • Armée du Danube
  • Armée du Caucase
    • Batoumi : 2 000 hommes
    • Poti : 2 000 hommes
    • Anapa : 5 000 hommes
    • Akhaltsikhé : 4 000 hommes de troupes régulières et 6 000 irréguliers
    • Erzurum et Kars : 30 000 hommes de troupes régulières et 10 000 irréguliers[7]

Le temps des désillusions

Plan de la forteresse de Kars par Henry Atwell Lake, 1857.

Les réformes sont pourtant loin d'avoir la portée espérée. Sous Abdülmecid Ier (1839-1861), l'organisation militaire n'est souvent que de façade. Au début de la guerre de Crimée, l'armée n'a qu'un petit nombre d'officiers instruits, généralement affectés aux meilleurs régiments nizâmiye de Roumélie et d'Anatolie occidentale, auxquels s'ajoutent des exilés hongrois et polonais chassés par la contre-révolution de 1848, et une poignée de conseillers britanniques. Dans les troupes de redif et les provinces éloignées, les officiers sont le plus souvent très ignorants et mal formés tandis que leurs recrues, d'origine paysanne, manquent largement de discipline, de ponctualité et d'hygiène. En outre, les officiers parlant le turc ont le plus grand mal à se faire comprendre de leurs recrues arabes de Syrie et Irak[8]. Sur la frontière du Caucase, lors des différentes guerres russo-turques, plus de la moitié de l'armée se compose d'irréguliers d'origines diverses, Géorgiens (Imérétiens, Mingréliens, Gouriens, Adjars, Lazes, Abkhazes), Tcherkesses, Daghestanais (Tchétchènes, Andis, Avars), Kurdes, Arméniens, Turkmènes et Azéris[9].

La forteresse de Beyazit assiégée par les Russes en 1854, gravure russe, 1855.
Bachi-bouzouks revenant d'une expédition de pillage sur le Danube, gravure russe de 1877.

Au début de la guerre de Crimée, les deux principales armées ottomanes sont commandées par deux officiers de formation occidentale : Omer Pacha, d'origine serbe, ancien officier (certains disent sous-officier) de l'Empire d'Autriche, chef de l'armée du Danube, et Abdülkerim Nadir Pacha, ancien officier de l'Académie militaire thérésienne à Vienne, qui commande l'armée d'Asie. L'armée du Danube est largement la mieux entraînée et équipée, avec un certain nombre d'officiers instruits, alors que celle d'Asie consiste pour deux tiers en volontaires irréguliers (bachi-bouzouks) et levées tribales[10].

Les historiens modernes estiment qu'en 1853, l'armée ottomane peut compter 480 000 hommes sur le papier, y compris les forces vassales du Khédivat d'Égypte, de la régence de Tripoli et de la régence de Tunis. Les meilleures troupes sont les nizâmiye, au nombre de 123 000, parmi lesquels 12 bataillons d'élite, les Şişhaneci (tr), sont équipés du fusil français Minié à canon rayé[8]. L'organisation est très approximative et les observateurs européens ont souvent du mal à identifier les unités présentes sur le terrain. Les officiers respectent l'amour-propre des soldats et évitent de les réprimander et de les insulter mais ils se montrent souvent négligents et corrompus. Le colonel britannique Williams, présent au siège de Kars en 1855, raconte que le Müşir (maréchal) pouvait déclarer 33 000 hommes alors qu'il n'en avait que 17 500 sous ses ordres, et empocher la solde et les vivres destinés aux absents. La fraude est encore plus massive pour les bachi-bouzouks, soldats improvisés qui ne font pas l'objet de contrôles rigoureux : un chef peut déclarer 3 500 hommes alors qu'il n'en a que 800. Les troupes mal payées pratiquent couramment le pillage du bois et des récoltes[11].

Les défaites ottomanes face à Méhémet Ali pendant la première (1831-1832) et la deuxième Guerre égypto-ottomane (1839-1841)[12] et face à l'armée russe pendant la guerre de Crimée (1853-1856) montrent la vulnérabilité de l'Empire, qui n'est sauvé du désastre que par l'intervention franco-britannique et doit accepter l'autonomie de la principauté de Serbie et des principautés roumaines de Valachie et Moldavie[13].

La démobilisation qui suit la guerre de Crimée, mal conduite, ne permet pas à l'armée ottomane de tirer profit de l'expérience acquise. Les ministres réformateurs se désintéressent des questions militaires pour se consacrer aux affaires civiles : beaucoup d'officiers instruits à l'école de guerre (mektebli) quittent l'armée pour des postes administratifs ; ils sont remplacés par des officiers non instruits (alaylı). La plupart des exilés et conseillers occidentaux quittent aussi les rangs ottomans. L'organisation de l'armée en brigades et divisions, qui n'avait jamais été réellement fonctionnelle, perd toute consistance faute d'un encadrement compétent. Les soldats sont licenciés sans se soucier de conserver un corps de sous-officiers expérimentés. Enfin, les milices tribales irrégulières conservent les armes qui leur avaient été distribuées pendant la guerre et constituent un facteur de désordre[14].

Conflits

L'armée des guerres balkaniques (1870-1913)

Le désastre de 93

Infanterie ottomane et irréguliers en 1854, gravure d'Auguste Raffet.
Lanciers de la Garde impériale, v. 1850-1896, gravure allemande.
Sous-officier et soldats de l'artillerie de campagne, v. 1850-1896, gravure allemande.

Vers 1870, l'armée ottomane compte 210 000 hommes de nizâmiye, 190 000 de redif et 300 000 de mustahfiz, dotés d'un matériel relativement moderne, dont le fusil d'infanterie Martini-Henry, et la marine reçoit ses premiers cuirassés[15].

En temps de paix, l'armée de terre comprend 7 corps d'armée :

  1. Garde impériale à Constantinople
  2. Danube à Choumen
  3. Roumélie à Monastir (Bitola)
  4. Anatolie à Erzurum
  5. Syrie à Damas
  6. Irak à Bagdad
  7. Arabie au Yémen[16].

En 1875, une révolte paysanne éclate en Herzégovine. Elle s'étend rapidement à la Bosnie, au Monténégro, à la Serbie et aux provinces bulgares. Alors que les finances de l'Empire sont en banqueroute, le général Ahmed Muhtar Pacha confie la répression aux Tcherkesses et bachi-bouzouks : leurs massacres de villageois chrétiens provoquent l'indignation des puissances européennes qui menacent d'intervenir. Au contraire, à Constantinople, la population musulmane, excitée par les étudiants religieux des softas, réagit aux massacres de civils musulmans en appelant à la guerre contre les puissances chrétiennes. Le sultan Abdülaziz, dépensier et sans autorité, est renversé par un coup d’État militaire à l'instigation du ministre de la guerre Hüseyin Avni Pacha (en) () et meurt peu après dans des conditions suspectes[17].

L'organisation militaire fixée par Hüseyin Avni Pacha, lui-même assassiné quelques jours après Abdülaziz, comporte un service militaire en plusieurs périodes : service actif (nizâm) de 4 ans pour les fantassins, 5 ans pour les cavaliers et artilleurs ; 2 ans de disponibilité (ichtiat), deux bans de redif de 3 ans chacun et 8 ans de mustahfiz. En temps de paix, l'armée compte environ 100 000 hommes, plus un effectif important de zaptiye (gendarmes) : le contingent annuel, qui était de 37 000 hommes, a été réduit à 11 000 en raison des difficultés budgétaires. En temps de guerre, en faisant appel aux réserves, l'armée peut rassembler entre 350 000 et 400 000 hommes, y compris les irréguliers (bachi-bouzouk) connus pour leur indiscipline et leurs exactions[18]. Elle se répartit entre 41 régiments turcs, 2 régiments bosniaques, 41 bataillons de chasseurs, 8 bataillons de garde-frontières, 26 régiments de cavalerie, 8 régiments d'artillerie de campagne (à 16 batteries de 6 pièces), 8 d'artillerie de forteresse, 2 du génie et 2 d'ouvriers d'administration[19].

Bien que l'Empire ottoman soit disposé à faire des réformes et démobiliser son armée, la Russie lui adresse un ultimatum et, le , lui déclare la guerre. Deux armées russes marchent sur les frontières ottomanes, l'une par le Danube, l'autre par le Caucase[20]. Le journal turc Musavat écrit avec beaucoup d'exagération : « Avec tout cela, il ne faut pas oublier qu'en dehors des 800 000 hommes sous les armes, des 400 000 hommes de la garde territoriale et des 400 000 volontaires qui sollicitent l'ordre du sultan pour se jeter sur les Russes, il y a encore tous les musulmans de Roumélie, d'Anatolie, d’Égypte, de Tunisie, de l'Asie centrale, jusqu'aux musulmans de la Russie qui n'attendent qu'un petit signe de tête du sultan pour se mettre en marche. Tous ces avantages qui découlent du pouvoir du khalife sont le signe particulier de la protection spirituelle de notre Prophète »[21]. Selon un auteur anonyme français contemporain, la plus grande partie de ces troupes n'existe qu'en imagination ou sur le papier. Alors qu'un tabor (bataillon) compte théoriquement 1 000 hommes, leur effectif moyen, dans le meilleur cas, est de 800 ou 850. Un escadron de cavalerie de 750 chevaux sur le papier n'en a guère que 70 ou 75. Seule l'artillerie est à peu près à effectif complet[22].

Le même auteur anonyme fait pourtant l'éloge du soldat turc, capable de continuer le combat dans les conditions les plus difficiles :

« Quand il est bien exercé (...) le Turc est un soldat incomparable, le premier soldat du monde. Il marche à la mort avec joie puisque, sur le champ de bataille, elle est un martyre qui lui vaut le paradis [Note : Les bulletins officiels ottomans ne disent pas : "Nous avons tant de tués" mais 'Nous avons tant de martyrs".] ; il est d'une inébranlable ténacité et sa religion même lui fait une loi de la sobriété. (...) Aorès la guerre de Serbie, on voyait les régiments revenir à Constantinople, le teint hâve, les yeux creux, n'ayant sur le dos souvent que des lambeaux d'uniforme, les pieds chaussés de mauvaises sandales, les jambes guêtrées de chiffons bariolés qui suppléaient aux pantalons en charpie. Eh bien ! ces soldats avaient des armes étincelantes et la mine fière sous leurs haillons, tant il est vrai qu'ils sont nés pour la guerre ; et, sans qu'on leur accordât le temps de se refaire, ils repartaient avec la même ardeur pour aller sur le Danube ou en Asie faire tête à un nouvel ennemi[23]. »

Armée ottomane en 1877

Il est difficile de connaître l'effectif exact des troupes ottomanes. Un observateur français, se disant « officier supérieur », écrit que « l'incertitude la plus grande régnait, au début des hostilités, sur les effectifs, le nombre des unités, le groupement et les emplacements des troupes turques en Asie[24] ». Il en donne l'état suivant, avant le début de la guerre contre la Russie :

En Europe :

  • Armée du Danube (Abdülkerim Nadir Pacha) : 5 corps d'armée à Vidin, Roussé, Tutrakan, Silistra et Tulcea
    • 120 bataillons d'infanterie dont 30 de chasseurs à pied, 64 escadrons de cavalerie régulière, 68 batteries d'artillerie (à 6 pièces chacune), soit 100 000 hommes de troupes régulières avec 10 000 chevaux et 400 pièces d'artillerie de campagne, plus 20 000 en réserve à Choumen
    • 50 000 bachi-bouzouks et sipahis
  • Corps d'armée de Bosnie et Herzégovine (Suleiman Pacha)
    • 20 000 hommes et 30 canons
  • Corps d'armée d'Albanie (Dervich Pacha) : 10 000 hommes et 30 canons
  • Contingents des pays vassaux débarqués à Varna :
    • 9 000 Égyptiens, devant être portés à 20 000
    • 4 000 Tunisiens et Tripolitains
  • Réserve de mustahfiz destinés à l'armée du Danube :
    • 90 bataillons de 600 hommes, soit 54 000 hommes
    • Une levée de volontaires qui pourrait atteindre 150 000 hommes[25].
« Ahmed Muhtar Pacha, le vainqueur d'Asie mineure », gravure allemande. Die Gartenlaube, 1877.
Osman Pacha, blessé, capturé par les Roumains alliés des Russes au siège de Plevna en 1877.

En Asie :

  • Armée d'Arménie (Ahmed Muhtar Pacha)
    • 90 bataillons d'infanterie dont 20 de chasseurs à pied
    • 18 escadrons de cavalerie
    • 23 batteries d'artillerie à 6 pièces, soit , soit 70 000 hommes, 5 000 chevaux et 138 canons
    • 5 grandes forteresses : Kars, Trébizonde, Batoumi, Erzurum et Beyazit
    • 20 000 bachi-bouzouks et sipahis[26].

En fait, pour des raisons financières, l'Égypte renonce à envoyer les renforts prévus ; la régence de Tunis n'envoie que quelques volontaires ; celle de Tripoli, un régiment d'infanterie, un de cavalerie et un bataillon de chasseurs ; et le chérif de la Mecque, 4 000 volontaires[27].

Un autre auteur anonyme français évalue les forces ottomanes aux effectifs suivants :

  • Armée du Danube (Osman Pacha), QG à Choumen : 231 bataillons d'infanterie et 96 escadrons de cavalerie (210 000 hommes, 8 000 chevaux, 318 pièces d'artillerie)
    • Ier corps d'armée à Roussé
    • IIe corps d'armée à Choumen
    • IIIe corps d'armée à Vidin et Niš
  • Armées des Balkans :
  • Armée d'Asie (Ahmed Muhtar Pacha), QG à Erzurum, très mal structurée en-dehors de quelques forteresses (213 000 hommes sur le papier mais plutôt 75 000 à 80 000 en fait, 3 000 hommes de cavalerie régulière, 100 pièces d'artillerie de campagne et 574 d'artillerie de position)
    • 4 grandes forteresses : Batoumi, Ardahan, Kars et Erzurum
  • Cavalerie irrégulière : 100 000 à 120 000 bachi-bouzouks[22]

La « guerre de 93 » (1877 correspond à l'année 1293 dans le calendrier administratif ottoman) amène l'Empire au bord de sa perte[28]. L'armée ottomane subit une nouvelle série de défaites sur les deux fronts des Balkans et du Caucase. Elle résiste pendant 9 mois mais, le , le sultan doit se résoudre à signer l'armistice d'Edirne et accepter les exigences russes : une fois de plus, l'intervention des puissances occidentales sauve l'Empire ottoman en obligeant le tsar à arrêter ses troupes. Le Parlement ottoman, récemment créé par la Constitution de 1876, est convoqué le . Les députés commencent à critiquer le gouvernement et la conduite des opérations militaires : le sultan Abdülhamid II réplique par la dissolution de l'assemblée, mettant fin à la première période constitutionnelle ottomane et à une tentative sans précédent de contrôle civil sur les forces armées[29].

D'une guerre à l'autre

Pour reconstruire son armée, Abdülhamid II fait appel à l'Empire allemand qui, après sa victoire dans la guerre franco-allemande de 1870, fait figure de première puissance militaire du continent. Helmuth von Moltke, devenu entre-temps chef d'état-major général de l'armée allemande, envoie une mission militaire allemande commandée par le major-général Otto Kähler (de) puis, après sa mort, par le colonel Colmar von der Goltz. Celui-ci réorganise l'école d'état-major sur le modèle de l'Académie de guerre de Prusse, et envoie les élèves-officiers pour des séjours en Allemagne. Son ouvrage, La Nation en armes, publié en 1883, recommande une intense préparation militaire et un statut social prestigieux pour les officiers : il devient « une sorte de bible » pour les militaires ottomans[30],[31].

En 1891, sur une proposition du général (futur maréchal) Zeki Pacha (en), Abdülhamid II crée un corps de cavalerie irrégulière recrutée principalement parmi les tribus kurdes, sur le modèle des cosaques de l’armée russe. Ces régiments, baptisés Hamidiés en l’honneur du sultan, doivent monter la garde sur les frontières du Caucase mais aussi réprimer les revendications des Arméniens[32].

Cependant, à partir de 1889, le despotisme d'Abdülhamid donne lieu au mouvement d'opposition des Jeunes-Turcs qui se manifeste d'abord dans le milieu militaire, parmi les élèves de l'École de médecine militaire puis ceux de l'École de guerre et de l'École navale (en), ceux des écoles supérieures civiles et chez les jeunes officiers gagnés par les idées modernes. En 1897, la police du sultan découvre un complot parmi les élèves de l'École de guerre : une centaine d'entre eux sont relégués en Tripolitaine[33].

La guerre gréco-turque de 1897 marque une revanche provisoire pour l'Empire ottoman qui récupère une partie de la Thessalie. Mais le despotisme d'Abdülhamid suscite une opposition croissante chez les jeunes officiers attirés par le mouvement nationaliste des Jeunes-Turcs. La révolution de 1908, partie des garnisons de Monastir et de Salonique, met fin à l'autocratie et rétablit la constitution de 1876. En 1909, c'est encore l'armée de Salonique qui marche sur Constantinople et met en échec le soulèvement contre-révolutionnaire hostile à la Constitution.

Si la guerre contre la Grèce opposait des armées de niveau comparable, la guerre italo-turque de 1911-1912 est une guerre asymétrique : la petite armée turque d'Enver Pacha qui défend la régence de Tripoli, dernière possession ottomane en Afrique du Nord, est très éloignée de ses bases et dispose de peu de moyens face à l'armée italienne dotée d'un éventail complet de moyens terrestres, maritimes et, pour la première fois, aériens. Les Ottomans, soutenus par les tribus arabes et berbères autochtones, ne peuvent prendre d'assaut les périmètres fortifiés sur la côte, tenus par les Italiens, et recourent à des tactiques de guérilla[34].

Armée ottomane en 1908

Conflits

L'armée de la Grande Guerre (1914-1918)

Les armées sont les suivantes :

Campagnes

L'armée de la guerre d'indépendance

Officiers de la 6e armée avec leurs collègues britanniques à Mossoul au lendemain de l'armistice, .
Yörük Ali Efe (en turban, au centre) et autres chefs de la guérilla turque en Ionie, 19 juin 1919.
Mustafa Kemal (en manteau blanc, au centre) et son état-major avec les miliciens tcherkesses de Çerkez Ethem (en) près de Yozgat, juin 1920.

Aux termes de l'armistice de Moudros, l'armée ottomane doit être démobilisée et les Alliés sont autorisés à débarquer des troupes en n'importe quel point du territoire pour défendre leurs intérêts. Les forces britanniques et françaises prennent possession des provinces du Levant où les Hachémites tentent de proclamer un grand royaume arabe tandis que les dernières principautés fidèles aux Ottomans, le Yémen au sud et l'émirat de Haïl au nord, font leurs propres arrangements avec les vainqueurs. La garnison ottomane de Médine, commandée par Fahreddin Pacha (en), refuse de se rendre aux Hachémites et résiste jusqu'en [36],[37]. La 6e armée ottomane abandonne aux Britanniques le vilayet de Mossoul mais des irréguliers Turkmènes, Kurdes et arabes mènent une guérilla contre les forces indo-britanniques[38],[39]. Sur les confins syro-anatoliens, l'armée française du Levant combat pour imposer le mandat français : elle se heurte à une résistance acharnée des irréguliers turcs ralliés à la cause nationaliste (tchetés), comprenant beaucoup d'anciens soldats ottomans démobilisés, commandés par des officiers qui mettent à profit leur expérience de la guérilla ou de la contre-guérilla acquise en Libye et en Macédoine. La campagne de Cilicie s'achève par le retrait des Français qui abandonnent la région par le traité de Lausanne (1922)[40].

En , Mustafa Kemal est nommé inspecteur de la 3e armée, officiellement pour veiller à la dissolution des troupes et mettre fin à l'agitation des nationalistes turcs qui s'opposent à l'armistice, officieusement pour conserver le plus possible d'hommes et d'armes et s'opposer, au besoin, à l'occupation de la région par les puissances étrangères. Il se joint aux nationalistes et démissionne de l'armée puis préside le congrès d'Erzurum (en) (juillet-) qui proclame le refus du démembrement de l'Empire. C'est le début de la guerre d'indépendance turque[41].

Le , l'armée grecque débarque à Izmir avec l'intention de s'emparer de l'Ionie où vit une forte minorité grecque. Des forces de résistance se constituent autour du 172e régiment, commandé par Ali Çetinkaya (en), à Ayvalık, et de la 57e division, commandée par Şefik Aker (en), à Nazilli, appuyés par une milice musulmane locale, les Zeybeks (en), commandés par des chefs de brigands tels que Yörük Ali Efe et Çakırcalı Mehmet Efe (en). Ces forces hétérogènes se rallieront plus tard à l'armée nationale de Mustafa Kemal dans la guerre gréco-turque de 1919-1922[42],[43].

Il n'est pas possible d'organiser une résistance partir de Constantinople, soumise à l'occupation alliée. Le congrès de Sivas (en) (4-) , présidé par Mustafa Kemal, décide de défendre tous les territoires peuplés de musulmans qui n'étaient pas sous occupation alliée au moment de l'armistice de Moudros. Les Britanniques ayant occupé Constantinople et exilé à Malte les partisans de l'indépendance turque dans la capitale, la Grande Assemblée nationale, réunie à Ankara le , se donne tous les pouvoirs civils et militaires pour lutter contre l'occupant[44]. Mustafa Kemal obtient l'aide de la Russie soviétique à qui, à partir d', il demande de l'argent, des armes et du matériel en promettant, en échange, de lui laisser les mains libres en Transcaucasie. Le , Halil Pacha, représentant d'Ankara en Russie, obtient la promesse de 2 millions de livres-or, 60 000 fusils, une centaine de canons et une quantité de munitions : les livraisons commencent en août mais sont provisoirement interrompues par la guerre arméno-turque puis l'invasion soviétique de la Géorgie. Les deux régimes, unis dans la lutte contre l'impérialisme, finissent par signer le traité de Moscou ()[45]. Les nationalistes turcs trouvent aussi un soutien financier et moral parmi les mouvements anticolonialistes et panislamistes, de l'Inde britannique à l'Égypte, qui considèrent la Turquie comme le dernier refuge du califat musulman[46].

Arslan Bey (en), chef de milice à Antep pendant la campagne de Cilicie, 1920
Fantassins turcs pendant la guerre gréco-turque, v. 1922

Le gouvernement du sultan proclame, sans succès, la dissolution de l'Assemblée d'Ankara et du gouvernement kémaliste. Il tente de lever contre eux sa propre armée formée de deux régiments (environ 2 000 hommes) dans la région d'Izmit, plus quelques bandes irrégulières comme celle d'Ahmet Anzavur (en) qui seront bientôt dispersées. Jusqu'au début de 1921, le gouvernement d'Ankara ne dispose en Anatolie occidentale que de quelques bandes comme celles de Çerkes Ethem (en), ses principales forces étant engagées dans la guerre arméno-turque ( - ). Cependant, il instaure des « tribunaux de l'indépendance (en) » (turc : İstiklâl Mahkemesi) pour juger les traîtres et les déserteurs[47]. Les milices irrégulières turques contribuent à lutte nationale en menant une guérilla contre l'armée grecque et contre les partisans du sultan mais se rendent insupportables par leur indiscipline et leurs pillages : Mustafa Kemal finit par les dissoudre[48]. Le traité de paix de Cilicie () suivi du traité d'Ankara () mettent fin à la guerre frontalière contre les Français en Cilicie : ceux-ci, en échange d'une normalisation des relations franco-turques, se retirent en abandonnant 10 avions et promettent de vendre des armes à la Turquie[48].

Les Grecs reprennent l'offensive en Anatolie en juillet- et avancent jusqu'au fleuve Sakarya, à 80 km d'Ankara. Mustafa Kemal prend le commandement de l'armée. Les Turcs parviennent à rassembler 96 000 hommes, 96 canons et 2 avions contre 220 000 hommes, 450 canons et 18 avions pour les Grecs. La bataille de la Sakarya ( - ), très meurtrière pour les deux camps (80% des officiers turcs sont tués), s'achève par le repli des Grecs : seul l'épuisement des troupes turques les empêche de poursuivre l'adversaire. Le , les Grecs ayant renoncé à reprendre le combat, Mustafa Kemal se présente en costume civil devant la Grande Assemblée : sur proposition de ses deux commandants de corps d'armée, Ismet et Fevzi Pacha, les députés lui décernent les titres de maréchal et Gazi (« vainqueur »)[49].

Dans l'année suivante, Mustafa Kemal réorganise l'armée et décrète la mobilisation générale. Les deux armées restent sur leurs positions jusqu'en , date à laquelle les Turcs reprennent l'offensive, chassent les Grecs de Smyrne et de l'Anatolie occidentale et, le , obtiennent un armistice qui leur restitue l'Ionie et la Thrace orientale. Entretemps, la Grande Assemblée turque a proclamé l'abolition du sultanat ottoman le  : l'armée ottomane devient l'armée de la république de Turquie[50]

Conflits

Grades

Après 1826, le titre d'agha des janissaires est aboli et le commandement de l'armée est transféré au sérasker. Par la suite, les attributions de celui-ci évoluent vers celles de ministre de la guerre. Les officiers supérieurs peuvent porter le titre honorifique de pacha ou bey. Voir Grades militaires de l'armée ottomane (en)

Uniformes d'officiers en 1826.
Officiers et soldats, 1850-1896.
Grade militaire
Grade ottoman Équivalent français
Officiers
Müşîr Maréchal
Birinci Ferik (Serdar) Général d'armée
Ferik Général de corps d'armée
Mirliva Général de division
Miralay Général de brigade
Kaymakam Colonel
Binbaşı Lieutenant-colonel
Kolağası Commandant ou Major
Yüzbaşı Capitaine
Mülâzım-ı Evvel Lieutenant
Mülâzım-ı Sani Sous-lieutenant
Sous-officiers
Çavuş Sergent
Onbaşı Caporal
Soldat
Nefer Soldat

Sources et bibliographie

  • (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Ottoman Army (1861–1922) » (voir la liste des auteurs) dans sa version du .
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Références

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