Auvergnat

L’auvergnat ou occitan auvergnat (endonyme auvernhat[alpha 1]) est un dialecte de l'occitan[alpha 2]'[2] parlé dans une partie du Massif central et, en particulier, dans la majeure partie de l’Auvergne, province qui lui donne son nom[3],[4].

Cet article concerne le dialecte occitan auvergnat. Pour le dialecte de l'occitan moyen parlé en Auvergne, voir Dialecte aurillacois. Pour les autres parlers d'Auvergne, voir Langues d'Auvergne.

Auvergnat
Auvernhat (oc)

L'Auvergne et noms de ses régions en occitan auvergnat.
Pays France
Région Auvergne-Rhône-Alpes, Nouvelle-Aquitaine, Occitanie
Nom des locuteurs Arvernophones (occitanophones)
Typologie SVO syllabique
Classification par famille
Codes de langue
ISO 639-1 oc[1]
ISO 639-2 oci[1]
ISO 639-3 auv
IETF oc[1]
Linguasphere 51-AAA-gi
Échantillon
Article premier de la Déclaration universelle des droits de l'homme (voir le texte en français)
  • Norme classique :
    • Totas las personas naisson lieuras e egalas en dignitat e en drèit. Son dotadas de razon e de consciéncia mas lor chau agir entre guessas dinc un eime de frairessa.
  • Écriture auvergnate unifiée :
    • Ta la proussouna neisson lieura moé parira pà dïnessà mai dret. Son charjada de razou moé de cousiensà ma lhu fau arjî entremeî lha bei n'eime de freiressà.
  • Norme mistralienne :
    • Toutos las persounos naissou lieuros e egalos en dinhitat e en drèit. Sou doutados de razou e de counsciéncio, mas lour chau agi entre guessos dinc un eime de frairesso.

On considère généralement que cet idiome est un dialecte de l'occitan[5],[6]'[7]. Les organismes officiels de l'État (région[8], départements[9] et académie[10],[11]) et le monde de la recherche[12] (ex. département d'occitan de l'université Clermont-Auvergne[13]) l'enregistre comme tel. Un groupe d'érudition local[alpha 3], marginal[14], promeut un sécessionnisme linguistique[15] afin d'en faire une langue à part entière[16],[17]

Avec environ 80 000 locuteurs en région Auvergne[18] au début du XXIe siècle, l'auvergnat apparaît gravement menacé.

Le terme « langue d'Auvergne » est par ailleurs utilisé au Moyen Âge par l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem pour désigner l’une des huit premières « provinces » de l’Ordre située au centre de la France comprenant entre autres l’Auvergne.

Classification

Dialectes et sous-dialectes dans l'Atlas linguistique et ethnographique du Massif Central selon Henri Guiter[19]

Le monde de la recherche et la plus grande partie des spécialistes classent l'auvergnat dans les dialectes occitans et, plus précisément, dans le groupe nord-occitan[20]'[21]'[22]. Le Cercle Terre d'Auvergne, association régionaliste, défend un point de vue minoritaire qui veut faire de l'auvergnat une langue romane distincte[23].

Les différents dialectes de l’occitan ou langue d’oc.
La partie auvergnate est celle présentant l'étendue géographique qui fait consensus parmi les spécialistes.

L'auvergnat, un dialecte de langue occitane

L’idée que l’auvergnat est un dialecte de l’occitan est partagée par les principales personnalités littéraires depuis des siècles. Peuvent être cités lors de la renaissance d’oc Frédéric Mistral[24] ou Jules Ronjat[25]. En Auvergne même des personnalités du XIXe siècle, comme le militant républicain Charles-Antoine Ravel, reconnaissent l'existence d'une langue unique, ce dernier conversant avec son homologue poète Jasmin, qui écrivait en gascon.

La très grande majorité des linguistes[26],[27], notamment Albert Dauzat[28],[29], Anthony Lodge[30], Pierre Bec[31] ou Jean-Pierre Chambon[32] enregistrent l'auvergnat comme dialecte occitan. Cette taxonomie s’appuie notamment sur la toponymie[33], plusieurs états chronologiques de la langue, tels que les comptes des consuls de Montferrand (XIIIe-XIVe s.[26])[34], les écrits du Cantal (XIVe-XVIe s.[27]), un dictionnaire du XVIIe s.[32] et la dialectométrie [35],[36].

Les classifications supradialectales l’incluent généralement dans un ensemble nord-occitan[37] : il partage en effet avec le limousin et le vivaro-alpin la caractéristique de palataliser les sons latin ca/ en cha/ et de ga/ en ja. Certains linguistes[38],[39], comme Jacques Allières[40] ou Henri Guiter[35] regroupent l'auvergnat et le limousin dans un groupe dialectal arverno-limousin.

Les dernières recherches, à la suite de Pierre Bec repris par le linguiste Domergue Sumien, en font un des dialectes du groupe arverno-méditerranéen[41]'[42]. Les différentes recherches menées par le laboratoire clermontois Centre Histoire Espaces et Cultures (UCA), notamment en géohistoire reprennent également ce classement[43].

Le président Pompidou qui parlait auvergnat avec ses électeurs cantaliens a déclaré qu'il était « auvergnat donc occitan[44] ». L'administration officielle - l'Etat comme ses ministères[45] avec l'éducation nationale - reconnaît l'auvergnat comme un dialecte occitan.

Sécessionisme linguistique

Un groupe minoritaire sécessionniste vis-à-vis de l'occitan et qui s'oppose aux recherches universitaires actuelles[46]'[47]'[48] autour de l'association régionaliste Cercle Terre d'Auvergne, dont fait partie Karl-Heinz Reichel, promeut l’idée selon laquelle l’auvergnat serait une langue romane distincte.

Henriette Walter qui a parfois défendu l'idée de langues d'oc au pluriel, est revenue en arrière, dans le sens inverse de Pierre Bonnaud[49], pour proposer l'idée d'une langue occitane unie. L'auvergnat est un dialecte nord-occitan selon sa classification[50].

Le géographe Pierre Bonnaud appuie a créé ce point de vue, après avoir été partisan du premier[51]. Pierre Bonnaud est à l’origine du Cercle Terre d'Auvergne[52],[53], qui relaie cette idée dans ses publications. Il considère que « l’auvergnat n’est pas une variante de l’occitan mais une langue à part entière, porteuse d’une vision du monde particulière et originale ». Pierre Bonnaud a développé dans les années 1970 une orthographe spécifique, « l'écriture auvergnate unifiée »[54],[55] mais nommée par les autres linguistes et administrations comme « norme bonnaudienne »[56]'[57]'[58].

Extension et variation internes

Définitions de l’auvergnat.
Selon P. Bonnaud, entre lignes rouge et orange.
Selon R. Teulat, entre lignes rouge et vertes (y compris pointillés).
Selon J. Roux, extension au Sud jusqu’à la ligne verte continue.
L'auvergnat tel que défini par Frédéric Mistral correspond à l’Auvergne historique.
L'auvergnat groupé avec le limousin dans la classification de Jules Ronjat.
Aires géographiques simplifiées des nuances dialectales de l’auvergnat d'après P. Bonnaud et Karl-Heinz Reichel.
L'auvergnat groupé avec le limousin dans la classification de Jacques Allières.
Variation dialectrométrique du domaine d'oc selon Hans Goebl : l'auvergnat est associé à une partie du vivaro-alpin (partie en jaune vif au nord et nord-est du domaine).
Ensemble supra-dialectaux des langues occitano-romanes (occitan, catalan) dont arverno-méditerranéen (Bec, Phalip, Sumien).

Les limites de l'auvergnat ne coïncident pas exactement avec celles de l'ancienne région Auvergne, ni avec celles de la province traditionnelle d'Auvergne (c'est-à-dire le diocèse primitif). En effet, d'une part elles débordent à l'Ouest sur le Limousin (Mercœur, Ussel) et au Sud-Est sur le Velay (Brivadois, Margeride qui appartenaient aux ducs et comtes d'Auvergne). Selon certains auteurs, le Velay et la Lozère (sauf le canton de Florac) sont arvernophones, de même que l’ouest de l'Ardèche avec Saint-Cirgues-en-Montagne et La Louvesc.

Si la frontière linguistique avec les parlers d'oïl au nord, et le francoprovençal, à l'est, a été clairement délimitée[59],[60],[61], celle avec les autres dialectes ou variations du diasystème d'oc varie selon les auteurs :

  • Jules Ronjat[62] groupe l'auvergnat avec le limousin (il est suivi dans ce domaine par Jacques Allières[40]), pour redécouper immédiatement cet ensemble en trois sous-groupes : bas auvergnat, haut auvergnat et limousin. Ce regroupement entre auvergnat et limousin peut être questionné, notamment en termes de dialectrométrie : les études de Hans Goebl séparent nettement le limousin d'un ensemble regroupant auvergnat et une partie du vivaro-alpin[63] ;
  • Karl-Heinz Reichel[64] suite le sécessionniste linguistique de Bonnaud[65]. Il découpe comme lui l'auvergnat en trois sous-dialectes : l'Auvergnat septentrional parlé dans les trois quart nord du Puy-de-dôme, le sud de l'Allier, la moitié est de la Creuse, les franges occidentales du département de la Loire et l'Yssingelais en Haute-Loire; l'auvergnat médian dans un quart sud du Puy-de-dôme et le Brivadois et l'auvergnat méridional dans les deux tiers du Cantal, le sud de la Haute-Loire mais également dans des petites portions de l'Ardèche et de la Lozère[66]
  • Roger Teulat[67] insiste sur le fait que l'appellation auvergnat entretient la confusion avec le nom de l'ancienne province, et tente de délimiter un « occitan du centre-nord » selon des isoglosses (zones 1 et 2 sur la carte) ;
  • Pierre Bonnaud s'appuie en partie sur la géographie mais non exclusivement, pour définir un auvergnat plus étendu (ligne orange sur la carte)[68]. Il avance notamment la notion de « croissant à l'envers »[69], à l'instar des parlers du Croissant du Bourbonnais, où se retrouvent des traits linguistiques de l'auvergnat dans un ensemble de parlers pouvant être classés dans le languedocien (essentiel du gévaudanais)[38],[70]'[71]. Il intègre aussi à l'auvergnat le parler de la région d'Yssingeaux (Haute-Loire) et la région limitrophe de la Loire (plateau de Saint-Bonnet) qui selon lui ne sont pas du domaine du vivaro-alpin mais bien de l'auvergnat. Les traits distinctifs des parlers de l’Yssingelais se retrouvent aussi en arverno-bourbonnais et sont marqués par une influence de l’arpitan[72]. Après avoir présenté l'auvergnat comme une mosaïque de parlers, il les divise, dans ses dernières publications[73], en trois sous-dialectes : auvergnat septentrional[74], auvergnat médian[75] et auvergnat méridional[76].
  • Jean Roux[77] pour sa part revient sur la bipartition entre bas et haut auvergnat[78]. Sa délimitation, qui est également celle d'Étienne Coudert[79], reprend celle de R. Teulat en l'étendant vers le Sud (zones 1, 2 et 2a de la carte) ;
  • Le Linguasphere Observatory/Observatoire linguistique, qui considère l'auvergnat comme dialecte occitan, propose également la bipartition entre auvergnat méridional et septentrional[80]. Les deux ensembles en question sont eux-mêmes subdivisés en dialectes. Ainsi l'auvergnat méridional comprend le Cantalés, les vellaves septentrional et méridional, et l'yssingelais, ce dernier étant de transition avec le francoprovençal. L'auvergnat du nord quant à lui est composé du forézien, du livradois, du clermontois, de l'issoirien, du brivadois, du dialecte des monts-dômes ainsi que du combraillais[81].

La délimitation avec le limousin fait aussi débat. Alors que la plupart des publications incluent dans l'auvergnat un tiers sud-est variable de la Creuse[82].

Il y a donc consensus sur l'inclusion dans l'auvergnat des zones suivantes :

  • tout le département du Puy-de-Dôme ;
  • les deux tiers du Cantal, l’aurillacois étant rattaché au languedocien ou au « guyennais »[83] ;
  • les deux tiers de la Haute-Loire (l'Yssingelais étant classé dans le vivaro-alpin ;
  • le nord-ouest du département de l'Ardèche ;
  • une bande de vingt kilomètres de large au sud de l'Allier ;
  • le tiers sud-est de la Creuse (Aubusson)[84] ;
  • le nord-est de la Corrèze (Ussel, Bort-les-Orgues).

Pierre Bonnaud inclut aussi dans l'auvergnat :

Arsène Vermenouze qui écrit en languedocien aurillacois, célèbre parallèlement « la langue auvergnate » dans certains de ses poèmes[87], mais parle de son « volume languedocien » dans sa correspondance[88].

L’ancienne région Auvergne couvre donc globalement un territoire historiquement de langue occitane, hormis la moitié nord du département de l’Allier autour de Moulins, Souvigny et Bourbon (correspondant grosso modo au Bourbonnais) qui est de langue d'oïl[89].

Variation

Quelques isoglosses utilisés pour la délimitation de l'auvergnat :
Variation interne : 1 bas-auvergnat 2 auvergnat médian selon Bonnaud 2a sud auvergnat selon Bonnaud 2+2a haut-auvergnat.
Abréviations : fr français frp francoprovençal lg languedocien lm limousin m marchois va vivaro-alpin.

Jean Roux, à la suite de R. Teulat, de J. Ronjat, de J. Allières, considère deux variétés principales d'auvergnat :

  • le nord-auvergnat dans le Puy-de-Dôme et le sud de l'Allier (Bourbonnais) et la Haute-Loire au nord de Brioude. Le sud de l'Allier (Bourbonnais méridional) constitue la partie orientale du Croissant, zone interférentielle qui a reçu des influences particulièrement fortes du français. Hormis l'accentuation tonique, la syntaxe et la phonétique, les traits linguistiques auvergnats y restent dominants. Le Croissant englobe aussi la frange nord du domaine limousin. Voir aussi l'article Bourbonnais.
  • le sud-auvergnat dans le Cantal , la Haute-Loire (avec une partie de l'Ardèche et la plus grande partie de la Lozère).

Le géographe Pierre Bonnaud et le philologue Karl-Heinz Reichel, proposent une tripartition de l'auvergnat entre auvergnat septentrional, médian et méridional[73].

Traits distinctifs

Oc et Oïl dans l’Allier : Enquête linguistique de 1977 + enquête de Simone Escoffier pour la partie Est du département. Rouge : Bourbonnais d'Oc (Arverno-Bourbonnais4, 5); Bleu : Bourbonnais d’Oïl.

Caractéristiques communes de l’auvergnat avec les autres parlers du nord du domaine d'oc (en opposition au sud-occitan) :

Présence de deux graphies. Dans l'ordre de lecture graphie classique et écriture auvergnate.

  • Palatalisation des groupes ca- et ga- en cha- et ja- : lou jal chanto /lo jau chanta.

Caractéristiques communes de l’auvergnat avec le nord-occitan et le provençal (en opposition au languedocien et au gascon) :

  • Chute des consonnes finales : a chantat avec -t final muet pour la norme « classique » et -d final muet, annonçant le féminin, pour l'écriture auvergnate unifiée.

Vocalisme :

  • Comme en niçard et en montpelliérain, l’a atone final se prononce [a] dans certaines zones, notamment en Basse-Auvergne où il marque le pluriel[90] et dans ce cas le singulier est en o, où ce dernier s'écrit à en e.a.u.

Caractéristiques intrinsèques de l’auvergnat :

  • Utilisation du z- euphonique devant voyelle dans le Puy de Dôme z-ai pas solaçat bei te.
  • Palatalisation des consonnes devant i et u : libre [jibrə], nud [njy].
  • Les groupes qu et cu se réalisent parfois [ty] et deviennent en e.a.u.
  • Le groupe gl se réalise [ʎ]/[j], la glèisa ; [la ˈʎejza] dans le Puy-de-Dôme.
  • Le groupe gu se réalise [dj] dans les participes passés : vengut [bindjü]
  • Le s devant i et u aboutit toujours à [ʃ], à [ʒ] en intervocalique.
  • Le groupe ch aboutit à [ts] ou [tʃ] selon les endroits. [tʃ] à Clermont, [ts] en Combraille, [tʃ] dans le tiers nord du Cantal, [ts] majoritairement dans l'arrondissement de Saint-Flour.
Carte linguistique du Limousin, avec le limousin, le marchois et l'auvergnat.

Caractéristiques des parlers nord-auvergnats :

  • Le groupe cl donne [kj] ou [klj] en norme classique ; Clarmont [kjaʀˈmuŋ] ou [kljaRˈmuŋ] (se retrouve en limousin et cisalpin) ; en norme bonnaudienne le-dit radical donne clh ; Clharmou [kjaʀˈmu].
  • Passage, dans certains parlers, du groupe e ouvert/r à [ˈjaʀ] est orthographié ar en e.a.u.; ivèrn/eiviar [iˈvjaʀ], fèr-fèrre/fïà-fiar [ˈfjaʀ], Auvèrnhe/Euvarnhà [œˈvjaʀɲə].
  • Parfois, comme en vivaro-alpin, on peut constater une chute de s intervocalique ; la chamisa/là chamià [la tsaˈmjɔ].
  • Le groupe és/eî tonique final donne [ɛj] ou [ij] ; lo Barbonés/le Barbouneî [lø baɾbuˈnɛj] ou [lø baɾbuˈnij] (norme classique) ; en position post-tonique il devient plus simplement [e] ou [i] (par exemple pour exprimer un pluriel masculin, [luˈzɔme/luˈzɔmi]).
  • Le groupe es/ei en début de mot se prononce en général [ɛj] ou [i] comme dans escòla/eicolà qui donne [ɛjˈkɔlɔ], ou estrangèir/eitranjeir qui donne [ɛj.tɾanˈd͡zɛj]. En revanche il devient [s] dans les mots cultes (ou « mots savants »), comme : espòrt/spor qui donnera [ˈspɔʁ], estacion/setasieu [staˈsju] ou encore estilò/stïlo [stʝiˈlo].

Caractéristiques des parlers sud-auvergnats :

  • Prononciation variale de l’l intervocalique ([g], [w], [v])[91].
  • Le groupe an/anh en position tonique se réalisent [ɔ/ɔɲ] et s'écrit an/anh en orthographe classique et on/onh en orthographe mistralienne

Histoire

Les premières traces écrites en auvergnat apparaissent au milieu du IXe siècle[92]. Le premier texte en auvergnat avéré traite de la Passion du Christ et est nommé La Passion de Clermont daté aux alentours de 950[93] voire de l'an Mil[94]. Ce texte possède des traits d'oc mais aussi d'oïl démontrant ainsi les liens déjà existants entre bas-auvergnat et langue d'oïl[95]. C'est également dans la seconde moitié du IXe siècle que se trouve un des tous premiers textes en occitan auvergnat à travers un bref de cens issu du monastère de Sauxillanges[96].

Évolution géohistorique

L'ancien occitan est la langue vernaculaire d'Auvergne au Moyen Âge, et est parfois même la langue utilisée pour les textes officiels[97]. Pour la plupart des chercheurs l'auvergnat est issu de l'ancien occitan et serait devenu à l'époque moderne un de ses dialectes le composant. L'auvergnat médiéval a été étudié par un groupe important de linguistes et universitaires spécialisés dans ce domaine comme Jean-Pierre Chambon (Université Paris La-Sorbonne)[98]'[99], Bernard Clémençon (UBP)[100], Emmanuel Grélois[101] (Université Rennes 2), Philippe Olivier (Université Paris 4)[102] ou encore Johan Picot (Université Bordeaux-Montaigne)[103]. Ces spécialistes de l'ancien occitan qui s'appuient avant tout sur les textes médiévaux[104] d'époque qui ont permis de comprendre l'évolution linguistique de l'Auvergne'[105]'[106]'[107]. Parallèlement les études d'histoires médiévales centrées sur l'Auvergne ne peuvent pas se faire sans aborder la langue occitane qui y est alors utilisée[108]'[109]

En effet, les populations médiévales se reconnaissaient déjà comme appartenant à l'aire linguistique de l'occitan[110]. Le troubadour Albertet rangeait ainsi les auvergnats avec les autres « catalans » :

« Monges, causetz, segon vostra sciensa qual valon mais : Catalan o Franses ? e met de sai Guascuenha e Proensa e Limozin, Alvernhe e Vianés. »

 Albertet de Sisteron, Partiment (vers 1194-1221)

L'actuel dialecte auvergnat est donc issu de la fragmentation dialectale de l'occitan médiéval qui était alors beaucoup plus uni qu'il ne l'est actuellement[111]'[112]. Il devait exister aux alentours du XIIe siècle un grand dialecte « arverno-limousin » qui regroupait de manière très homogène les actuels parlers auvergnats et limousins. Cette thèse est reconnue partout et ce y compris par Pierre Bonnaud. Son aire linguistique était également plus vaste et montait jusqu'au sud du Berry avant la poussée linguistique du français/langue d'oïl en direction du sud[113]. L'auvergnat a ainsi disparu de la moitié nord de l'Allier[114] où il était alors parlé[115]'[116].

Aire linguistique de l'ancien occitan à la fin du XIIe siècle.


Vitalité et conscience linguistiques

L’Atlas des langues en danger de Christopher Moseley le classe « sérieusement en danger »[117].

Situation au milieu des années 2000

On peut se faire une idée du degré de vitalité de l’auvergnat d’après un sondage de 2006, réalisé dans la région Auvergne[118].

Dans cette enquête, la dénomination la plus répandue pour l’une ou l’autre des deux langues parlées en région Auvergne est le terme patois (78 % des personnes interrogées) au côté de termes plus régionalisés. Parmi l'intégralité des langues maîtrisées par la population locale, comprenant les langues étrangères, une certaine conscience des identités culturelles émerge au travers de dénominations telles que auvergnat (15 %), occitan (13 %), bourbonnais (5 %).

En assisté, c'est-à-dire en se référant uniquement à la langue régionale, la désignation la plus fréquemment citée pour la langue est patois à 67 % mais non loin derrière plus de six personnes sur dix mentionnent auvergnat, à 63 %.

La langue régionale, qu’elle soit occitane (dans la majorité de la région Auvergne) ou d'oïl (moitié nord de l'Allier), représente une forte réalité de la région :

  • 61 % déclarent comprendre plus ou moins bien leur langue régionale dont 22 % facilement ou parfaitement ;
  • 42 % déclarent savoir la parler plus ou moins bien dont 12 % facilement ;
  • 29 % déclarent la lire plus ou moins bien dont 10 % assez facilement ;
  • 17 % déclarent l’écrire plus ou moins bien dont 4 % facilement.

Une bonne partie de la population qui comprend ou parle un peu ou couramment, ne sait pas lire et encore moins écrire.

La transmission de la langue se fait pour l’essentiel dans le cadre familial (grands-parents à 61 %, ou encore l’entourage à 50 %) avec une part très faible par le réseau institutionnalisé qu'est l'école (10 %). Ici se pose le problème du rôle de l'État dans celle-ci puisque 40 % des gens qui n’ont pas appris la langue à leurs enfants regrettent maintenant de ne l'avoir pas fait. Ce regret est encore plus fort chez les générations montantes (58 % chez les moins de 35 ans). De plus le souhait d'apprendre est très présent. Il est le plus fort chez les moins de 35 ans (23 %). Le désir de voir la langue être proposée à l'école est le plus fort dans les départements suivants : Haute-Loire (53 %), Puy-de-Dôme (51 %) et Cantal (74 %). Le souhait que ses propres enfants apprennent la langue est très fort (41 %) et se renforce chez les jeunes générations (58 % chez les moins de 35 ans). 71 % des habitants de la région se déclarent favorables au maintien et au développement de la langue et de la culture régionales, encore davantage chez les moins de 35 ans (76 %). Pour ce faire, ils souhaitent voir différentes institutions jouer leur rôle :

  • France 3 Auvergne devrait proposer des émissions en langue régionale à 54 % ; la région (54 %), l'Éducation nationale (43 %), le ministère de la Culture (42 %) et les communes sont vus par les habitants de l'Auvergne comme étant les acteurs légitimement en devoir de transmettre et de développer leur langue et leur culture.

Situation actuelle

L'université Clermont-Auvergne possède un département et fournit des cours d'occitan auvergnat. La recherche sur l'occitan y est à-travers les recherches d'universitaires de deux laboratoire, le Centre d'Histoire Espaces et Cultures (CHEC) et l'Institut d'Histoire des Représentations et Idées dans les Modernités (IHRIM)[119].

Le nombre de locuteurs de l’occitan en Auvergne était donc autour de 80 000 selon le sondage de l’IFOP de 2012[18]. Les dernières générations semblent néanmoins développer une envie d'apprendre la langue occitane du territoire et la valorisation de la langue va en augmentant[120].

Orthographes

L’auvergnat possède diverses écritures[121] :

  • La norme classique, est celle majoritaire dans tout le domaine linguistique de la langue occitane. Elle est celle utilisée à l'université et dans les institutions officielles dont les établissements d'enseignements du secondaires (collège, lycée). D'abord localement apparue à la fin du XIXe siècle en Limousin (Joseph Roux) et en Languedoc (Prosper Estieu), mise au point par Louis Alibert, propose un système graphique (orthographe) pour le languedocien, qui a été adapté postérieurement à tous les dialectes occitans. Pour l’auvergnat, l’adaptation a été réalisée par Pierre Bonnaud[122], André Ramel[123] et Roger Teulat[124]. C'est une graphie englobante (un graphème correspond à plusieurs prononciations possibles) qui ne note donc pas forcément toutes les variantes de prononciation. Elle est directement issue de la scripta médiévale et en assure la continuité.
  • La norme bonnaudienne qui s'auto-définit comme « écriture auvergnate unifiée » est mise au point en 1973 par Pierre Bonnaud. C’est une rupture volontaire avec la norme classique. Ce système est centré sur l’espace linguistique de l'auvergnat.[125]. Les traits intrinsèques de l'auvergnat sont également préservés par une transcription visant à écrire le plus phonétiquement possible la langue parlée dans sa variété géographique[126]'[127].

Apprentissage et éducation

L'auvergnat et plus généralement l'occitan sont encore appris tant dans le milieu scolaire et universitaire malgré une baisse du nombre de cours et de postes dans le secteur[129]'[130]

Des associations mènent parallèlement des cours afin d'apprendre ou protéger la langue comme l'Institut d'Estudis Occitans - Auvèrnha[131] ou encore de nombreuses autres associations de préservation de l'occitan. Sont dans de nombreuses localités organisées des dictées - dictadas - en occitan.

Sur internet Wikimedia, et plus particulièrement Wikipédia, enregistrent dans son système l'auvergnat dans l'occitan[132]. Pour ce, la Wikipédia en occitan fait usage de l'intégralité des sept dialectes occitans, dont l'auvergnat. Se retrouve donc sur Wikipédia des articles en occitan auvergnat.

Revues

Logotype de la revue Bïzà Neirà.

La revue la plus ancienne à encore paraître en auvergnat et en languedocien est La Cabreta (anciennement Lo Cobreto) qui paraît tous les deux mois à Aurillac. Elle mêle norme classique et norme félibréenne.

En Basse-Auvergne paraît la revue Bïzà Neirà publiée par le Cercle Terre d'Auvergne. Elle sort trois fois par an : en mars, juin et novembre[133]. La revue est bilingue français-auvergnat, la partie auvergnate est actuellement en écriture auvergnate unifiée.

L'autre revue de Basse-Auvergne est Parlem !, éditée par l’Institut d'études occitanes, en orthographe classique. Elle paraît quatre fois par an à Thiers[134].

Littérature

Peire d'Alvernhe, grande figure des troubadours auvergnats.

Époque médiévale

La littérature médiévale en occitan est riche en Auvergne[4], avec des troubadours tels que Peire d'Alvernhe, Lo monge de Montaudo qui n'est autre que Peire Rogier, Guilhem de Bezaudu et de nombreux autres. Robert IV Dauphin d'Auvergne, connu pour échanger des vers, notamment érotiques, avec le roi d'Angleterre Richard Cœur de Lion fonda également à Vodable une assemblée poétique d'expression occitane présidée par lui-même[135]. Na Castelloza fait partie de ces femmes troubadours que l'on nomme trobairitz. Pierre de Vic, aussi nommé Monge de Montaudon fut un des plus grands poètes européens du début du XIIIe siècle. Gui d'Ussel vient de la ville du même nom, où l'auvergnat est parlé bien quelle se situe en Limousin ; chanoine à Brioude et Montferrand il écrit à de nombreuses dames malgré son statut de clerc ce qui lui vaut de la part de l'Église l'interdit de composer.

Il y a aussi des écrits administratifs (chartes comme celle de Montferrand, textes religieux, contrats privés notamment les très nombreux contrats de mariage passés devant notaire).

Première page de Noëls nouveaux et chant pastoral des bergers auvergnats composés en auvergnat (1653).

Dès le XIVe siècle, les classes dirigeantes abandonnent l'auvergnat au profit du français. Lorsqu'en 1539 l'ordonnance de Villers-Cotterêts établit l'usage du français comme seule langue officielle, il est déjà largement utilisé en Basse-Auvergne alors que, dans leurs registres, les Consuls de Saint-Flour (Haute-Auvergne) n'abandonneront totalement la langue qu'en 1543.

Époque moderne

Après une littérature médiévale florissante, l'Auvergne reste à l'écart de la renaissance d'oc du XVIe siècle. Néanmoins, ce début de période voit l'émergence de la seconde grande phase linguistique de l'auvergnat, l'auvergnat moderne. Ce dernier diffère fortement de l'auvergnat dit médiéval et fait son apparition, avec notamment une nouvelle graphie que l'on retrouve dans les écrits, et qui se verra donner à l'auvergnat une littérature importante[136].

La littérature qui se développe à partir du XVIIe siècle est essentiellement urbaine, et religieuse : la mode des noëls est à son apogée, avec des auteurs comme François Pezant (seconde moitié du XVIe siècle) ou Natalis Cordat, dans le Velay[137]. Le Noël le plus connu est le nadau dous grands jorns (Noël des Grands Jours) du chanoine Laborieux ; il fait allusion à la justice d'exception qui fut mise en place à Clermont sous le règne de Louis XIV. D'autres thèmes sont néanmoins abordés, mais tous en vers: les vendanges (las vendenhas) de Laborieux l'Aîné, des pièces de théâtre en vers par Antoine Clet (Antoni Clet en occitan)[138], du Puy (le Sermon manqué, Monsieur Lambert).

Au XVIIe siècle, certains de ces écrivains locaux, issus de la bourgeoisie, forment une confrérie nommée Lau companhou do tour, signifiant littéralement Les compagnons du robinet. De même que le fait François Pezant, Chaduc écrit des noëls dignes d’intérêt. Ceux des frères Pasturel, Patürê[139] en auvergnat, sont religieux et ceux des frères Laborieux sont satiriques. Ces derniers décrivent la vie du vigneron alors que les frères Pasturel écrivent des chansons et des poèmes lyriques. Ils transcrivent l'Énéide de Virgile en vers burlesques auvergnat[140].

Jean-Baptiste-Claude Abraham (1768-1815) publie en 1799 La grando joyo do père Duchêne de parla un pitit à quo poreis bougreis de paysans soubre la chosa que liur faron diablomin plasai, une traduction du journal du Père Duchêne[141].

Au XVIIIe siècle le Cantalien François de Murat publie de nombreux poèmes et surtout des pièces de théâtre majoritairement en français mais où les bergers parlent et surtout chantent en auvergnat.

Maison et imprimerie de l'auteur ponot Antoine Clet (22 rue du Collège). La plaque indique: Oustau ounte nasqué Antoni Clet qui signifie Maison où naquit Antoine Clet).

Au début du XIXe siècle, les auteurs les plus connus sont Jean Roy (1773-1853), de Gelles, Charles Antoine Ravel, de Clermont et Jacques Jarsaillon d'Aubignat près d'Ambert. Jean Roy, ancien juge de paix du canton de Rochefort, expert-géomètre, maire de Gelles, est un royaliste qui publie des pièces sur les débats d'idée de cette période troublée. Ravel est connu pour sa Lètra d'un poëta d'Auvèrnha au poëta de la Gasconha, envoyée à Jasmin, dans laquelle il montre sa conscience d'appartenir à une culture plus large que l'Auvergne. La traduction de sa lettre (« lettre patoise d'un poète d'Auvergne à un poète patois de Gascogne ») reflète la situation diglossique de l'occitan au XIXe siècle.

Jarsaillon, bien que précédé par Clet, est un grand auteur de théâtre auvergnat. Prêtre à Chabreloche (Est du Puy-de-Dôme) il a écrit cinq pièces célèbres, dont la plus connue est La Claudina.

Parmi les autres auteurs on peut citer Alexandre Bigay (qui chante les couteliers de Thiers) ou Antoine Giband, originaire du Velay (L'ivronhassa, les habitants du Puy en guerre avec les habitants d'Espaly).

Le Félibrige arrive en Auvergne à la fin du XIXe siècle avec la création de l’Escolo Auvernhato. Cette école se fonde sur l'Auvergne géographique et inclut de nomberux auteurs écrivant en languedocien : Auguste Bancharel (1832-1889), Arsène Vermenouze, major du Félibrige, ainsi que le duc de La Salle de Rochemaure.

Pierre Biron dit Norib, originaire de Mauriac, est rémunéré pour des articles et des poèmes en auvergnat dans Le Courrier d'Auvergne.

Amable Faucon, poète riomois du XVIIIe siècle.

Autre auteur de Basse-Auvergne, Régis Michalias, écrit des nouvelles comme Margoutou ou Èrs d'un païsan[142]. Après la Première Guerre mondiale, de nouveaux auteurs apparaissent comme Henri Gilbert (Chilhac, Haute-Loire). Benezet Vidal (Pontgibaud) utilise quant à lui une variante de la graphie classique.

Dans le Velay, Albert Boudon-Lashermes fut un écrivain important, auteur du recueil de poèmes Ouros de guerro, souvenirs de sa guerre de 14; mais il fait le choix d'écrire aussi en provençal. Paul-Louis Grenier, du Chambon-sur-Voueize, illustre les parlers de Combrailles avec la Chansó de Combralha (« Chanson de Combraille »)[143]'[144] ou encore La Dama a l'unicorn (« La Dame à la licorne »)[145]. Les textes de ce dernier sont toujours repris notamment par le chanteur Jan dau Melhau[146].

Dans la même période, la littérature patoisante se poursuit, et de nombreuses publications utilisent l'orthographe française. Antoine Bertrand, de Brioude, publie en 1920 ses Countes del Brivadés.

Daniel Brugès à la foire du Livre de Brive.

Époque contemporaine

L’occitanisme débuta en Auvergne avec le Cercle Occitan d'Auvergne. L'adaptation de la graphie classique fut d'abord menée par Pierre Bonnaud, un géographe de l'Université de Clermont. De nouveaux auteurs apparaissent (poésies, notamment de Bonnaud, chansons). L'identitarisme amène Pierre Bonnaud à adopter un point de vue différent des recherches universitaires et tente d'élaborer l'auvergnat comme une langue séparée. Le Cercle occitan d'Auvergne devient Cercle Auvernhà Tara d'Òc puis Cercle Terre d'Auvergne. Des grammaires et manuels scolaires sont publiés. La revue Bizà Neira fait son apparition. Les plus célèbres auteurs utilisant l'actuelle norme bonnaudienne mise au point par Pierre Bonnaud sont Bonnaud lui-même et Andrée Homette.

Depuis 1970, l'association Cercle Terre d'Auvergne et sa revue Bïzà Neirà - « la bise noire » - ont permis à ses membres d'illustrer leurs parlers. Tous les genres littéraires sont représentés : le roman (Albert Massebeuf, Émile Brun, Karl-Heinz Reichel, Danièle Sala, Pierre Dessalces), les nouvelles (Henri Devedeux, Andrée Homette) ou la poésie (Pierre Bonnaud).

J. Mallouet a quant à lui contribué à la fois dans la revue précédemment citée mais aussi dans Lo Convise ou encore La Cabreta tout en travaillant pour le principal quotidien auvergnat, La Montagne où il valorise la graphie classique de l'occitan depuis les années 1970[147].

Le courant majoritaire, en écriture classique de l'occitan quant à lui a longtemps était animé par Roger Teulat, un spécialiste en littérature de l’Université Blaise-Pascal de Clermont, et par l’association Piaron Pinha de Thiers, conduite par Étienne Coudert. Teulat publie un temps les Quasèrns de linguistica occitana, une revue technique sur la linguistique et la codification de l'occitan, avec des articles importants sur le nord-occitan. Coudert publie le trimestriel Parlem !, qui fusionne ensuite avec la revue de Haute-Auvergne Vai-i qu'as paur! Après une collecte importante de contes populaires (Cherchapaïs), la plupart des auteurs modernes sont présentés dans l'anthologie A fonts mescladas (Antoine Chapus, Étienne Coudert, Daniel Brugès, François Cognéras). Les publications les plus récentes sont l'œuvre de Jean Roux (nouvelles, roman, traduction de La Ferme des animaux de George Orwell et du Petit Nicolas[148]), Josiane Guillot (nouvelles), Daniel Brugès (contes et dictons), Roger Teulat (anthologie des troubadours d'Auvergne).

Anthologies

  • A fònts mescladas : novèlas e cronicas d'Auvernha e sas marchas limosinas e de Velai d'una esquipa d'escrivèires dau païs "de los puèis e de las fonts". Aurillac: Institut d'Études Occitanes et Ostal del Libre. 1991. [couvre tous les dialectes parlés en Auvergne et dans ses marches].
  • Pierre Bonnaud, Anthologie du théâtre auvergnat, Centre régional de documentation pédagogique de Clermont-Ferrand, Clermont-Ferrand 1981.
  • Pierre Bonnaud, Textes populaires clermontois du XIXe siècle en auvergnat, Université Blaise-Pascal L.L.S.H., Centre d'études régionales ; diff. CTA, Clermont-Ferrand 1976.
  • Noel Lafon, Écrits occitans cantalien : dix siècles d'écrit occitans XI°-XX° siècles, éditions Lo Convise, Aurillac 2008.
  • Jean Roux, Huit siècles de littérature occitane en Auvergne et Velay. Morceaux choisis. Lyon : EMCC, 2015. [couvre tous les dialectes parlés dans l'ancienne région Auvergne].

Textes anciens

  • Chanoine J.B.J. Tailhandier, Essai d’un discours à prononcer, 1730. Réédition avec préface et analyse de Pierre Bonnaud, Clermont-Ferrand, Auvernhà tarà d'Oc ;
  • Abbé Caldaguès, Recueil de Poésies auvergnates, Clermont, 1733 ;
  • Joseph Pasturel, Poésies auvergnates, Riom, 1733 ; réédition in Bïzà Neirà, 1987.
  • François Pesant, Noëls, Clermont, 1739 ;
  • François de Murat : Le berger de l'Averne, Lou Ber e lou darreir (plus de 400 vers contre la Justice d'Ancien Régime), Dictionnaire du patois de la Haute-Auvergne
  • Abbé Jean Labouderie, La Parabole de l'enfant prodigue, en patois auvergnat, Paris, 1825 ; Le libre de Ruth en auvergnat sur l'original hébreu Paris 181

Littérature orale

  • Albert Dauzat, Contribution à la littérature orale de la Basse-Auvergne, Étude divisée en 4 parties : contes et légendes, chansons et bourrées, noëls et prières, proverbes, dictons et formulettes. Airs notés, paroles en patois avec la traduction française, 1938, in-8°, 120 p.
  • Cherchapaïs, Contes d'Auvernha e de Velai. Parlem! et Institut d'Études Occitanes, 1978.
  • Jean-Baptiste Martin, Trésor des fables d'Auvergne-Rhône-Alpes en occitan. Quand nos fabulistes rivalisent avec La Fontaine EMCC Lyon 2017.
  • Jean Roux, A l'abrò de z-alaier. Contes facétieux et merveilleux du Val d'Allier. Langeac: Archives et mémoires du Jacquemart largeadois, 1983.

Poètes

  • Pierre Biron « Norib » (1861-1941), La moustiara, Garba de pouemos, Noubèlo garbo de pouemos (nombreux poèmes éparpillés notamment dans le journal Le Courrier d'Auvergne) ;
  • François de Murat (1766-1838) Le berger de l'Averne (avec dialogues, poèmes et chansons en auvergnat, Lou Ber e lou Darreir.
  • Amable Faucon, La Henriade de Voltaire, mise en vers burlesques par Faucon, Riom ; 1798; Le Conte des deux perdrix par le même.
  • Jean-Marie Gaston (1912-)[149], Vielhs moulets e bielhos cansous, Miounelo, Lo consou de Piorrounèl, Cur d'Oubernhat/
  • Antoine Roy dit Gelles, Le Tirage, poème, Clermont, 1836; Le Maire compétent, par le même; Clermont, 1841 ;
  • Charles Antoine Ravel, La Paysade, poème héroïque.
  • Alphonse Boncompain a publié des poèmes en parler « d'au-delà des bois », c'est-à-dire du canton d'Yssingeaux. Ses poèmes Lou Linhou et Lou Mezinc sont ses plus connus ;
  • Louis Chambonnet « Louis Cham », du même canton, un moine, moins prolifique que Boncompain a publié des poèmes dans la presse ;
  • Le père Jean-Marie Pontvianne a peu écrit mais comme il a écrit Païs de Biaou , une adaptation du Bèt cèu de Pau béarnais, il reste connu par cette chanson ;
  • Josí Guilhòt, Un jorn: poesias, 1977-1982, Thiers, 2010 (ISBN 978-2-9538335-0-8)

Prosateurs

  • Benezet Vidal, La serva (1926)[150], Un amor
  • Mile Touènabrus (Émile Brun; 1905-2000)[151], Cauques dous clapas e d'alentour (1978), L'Adiéusiat (1980), Puta de vida! (1987), Moundes, legisset me et creset me! (2000)
  • Andrée Homette (1921-2008), nouvelles parues dans la revue Bïzà Neirà
  • Henri Devedeux (1923-2004), nouvelles parues dans la revue Bïzà Neirà
  • Étienne Coudert (1930-2015), nouvelles et récits parus dans la revue Parlem!
  • Georges-Maurice Maury (1930)
  • Joan Ros (1950)[152], Champeiradas (2005), Ciutats (2008)
  • Josí Guilhòt (1954)[153], Femnas: femnas dins lo silenci del temps (2009)

Traductions

Notes et références

Notes

  1. Auvèrnhat est la forme retenue depuis l'époque médiévale en occitan auvergnat et se retrouve dans les deux principales graphie du parler en question.
  2. La charte entre Wikimédia et le ministère de la Culture de juillet 2014 définit les langues de France et leurs places sur les projets du groupe. Conformément à l'enregistrement des langues de France par la République française, l'occitan y est défini par ses sept dialectes. L'auvergnat y est explicitement cité et officiellement enregistré par Wikipédia comme un dialecte occitan. Rapport officiel de Wikimedia au ministère de la Culture (enregistrements, protection et utilisation des langues de France sur Wikimedia) L'auvergnat est parallèlement une composante officielle de la rédaction de Wikipédia en occitan.
  3. Il s'agit du groupe Cercle Terre d'Auvergne qui ne possède qu'un statut associatif dont Pierre Bonnaud est le président. Le seul linguiste en accord avec la thèse bonnaudienne est Karl-Heinz Reichel. Néanmoins aucun des deux ne font partie du monde universitaire ou de la recherche, ce dernier écrit bénévolement auprès du Cercle et n'est rattaché à aucun laboratoire, et n'a donc pas le statut de chercheur. Cette thèse sécessionniste est rejetée dans l'intégralité du monde académique et aucun chercheur n'y adhère.

Références

  1. code générique
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  13. « Occitan à l'université Clermont-Auvergne », sur lettres.uca.fr, université Clermont-Auvergne.
  14. Philippe Martel, « Histoires d'Occitanie », Revue d'Alsace, Fédération des sociétés d'histoire et d'archéologie d'Alsace, no 133, , p. 217-243 (ISSN 0181-0448, lire en ligne) :
    « Tous deux s’emparent avec volupté des travaux controversés du géographe auvergnat Pierre Bonnaud, qui arrache son Auvergne à l’ensemble occitan pour en faire la composante centrale d’une « médioromanie » linguistique à laquelle aucun romaniste sérieux ne croit. »
  15. (oc) Domergue Sumien, « Los secessionismes lingüistics: la diferéncia auvernhata », Jornalet, Barcelone, Associacion entara Difusion d’Occitània en Catalonha, (ISSN 2385-4510, lire en ligne)
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    Revue reproduite sur le site lodiari.com.
    « « La maîtrise de la langue n’est quant à elle le fait que d’une part très marginale des habitants de la Région Auvergne interrogés, 3 % estimant la parler bien et 3 % parfaitement ». Ce qui représenterait en fait 80 152 personnes sur les 1 335 938 habitants que compte cette région. »
  19. Henri Guiter. "Sur l'Atlas Linguistique de l'Auvergne et du Limousin". Revue de Linguistique Romane n°55, 1991, pp. 101-118.
  20. (oc) Domergue Sumien, « Lo nòrd-occitan: mites e realitats (II) », Jornalet, (ISSN 2385-4510, lire en ligne)
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  22. « L'occitan, une langue », sur https://www.univ-montp3.fr/ ; site de l'université Paul-Valéry de Montpellier (consulté le 9 novembre 2019)
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  24. Article "dialèite" du Trésor du Félibrige
  25. Jules Ronjat. Essai de syntaxe des parlers provençaux odernes. Mâcon : Protat Frères, 1913
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  28. « Nous nous proposons d’étudier la phonétique du patois de Vinzelles, dans la Basse Auvergne (Puy-de-Dôme). On sait que cette région rentre, d’une façon générale, dans le domaine de la langue d’oc : il sera facile de se rendre compte, dans le courant de ce travail, que le patois de Vinzelles, en particulier, se rattache très nettement aux patois du Midi de la France. » Albert Dauzat (préf. du philologue Antoine Thomas, 1857-1935), Études linguistiques sur la Basse-Auvergne : Phonétique historique du patois de Vinzelles (Puy-de-Dôme), Paris, F. Alcan, coll. « Université de Paris. Bibliothèque de la Faculté des lettres » (no 4), .
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  31. Pierre Bec, La langue occitane, Paris, PUF, .
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  47. Jean-Claude Lugan, « Pour un débat à propos de l'étude de Pierre Bonnaud: quelques remarques générales », Ethnologia. Revue d'Ethnologie et d'Ethnoécologie des Pays Occitans et études limousines, Limoges, Société d'ethnographie du Limousin, de la Marche et des régions voisines, no 16, , p. 275-278 (ISSN 0398-5555)
  48. Hervé Lieutard, « Les systèmes graphiques de l’occitan. Un kaléidoscope des représentations et des changements linguistiques », Lengas - revue de sociolinguistique, Montpellier, Presses universitaires de la Méditerranée, vol. 86 « Minuscules et capitales. Systèmes graphiques des langues de France et d'ailleurs », (ISSN 2271-5703, lire en ligne) :
    « Cette tendance au repli localiste identitaire peut être le fait d’anciens occitanistes convaincus. C’est par exemple la conception que défend Pierre Bonnaud qui propose une eicritürà euvarnhatà vunefiadà pour mieux souligner le caractère distinct de l’auvergnat »
  49. Pierre Bonnaud, Terres et langages : peuples et régions ; Thèse de géographie humaine et géohistoire à l’Université Blaise-Pascal, Clermont-Ferrand, CTA, , 2 volumes (volume I : 678 pages ; volume II : 474 pages) p.
  50. Henriette Walter, L'aventure des langues en Occident: Leur origine, leur histoire, leur géographie, Paris, Éditions Robert Laffont (ISBN 9782724290554, lire en ligne) :
    « Nord-occitan (limousin, auvergnat, provençal alpin) »
  51. Il publie notamment en 1969 Pour écrire à lire et écrire le nord-occitan.
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    Édition identique de la même année : coll. « Publications de l’Institut de Linguistique Romane de Lyon », vol.  11, Paris : Les Belles Lettres.
  61. Dany Hadjadj, Parlers en contact aux confins de l'Auvergne et du Forez, Clermont-Ferrand, Presses universitaires Blaise Pascal, (ISBN 978-2-87741-023-6).
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Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

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  • Karl-Heinz Reichel, Dictionnaire général auvergnat-français, Nonette, Éditions Créer, , 878 p. (ISBN 2-84819-021-3, présentation en ligne) (aperçu limité en ligne)
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  • Karl-Heinz Reichel, Les parlers du Puy-de-Dôme et parlers voisins au Nord-Ouest et à l’Est, Thèse de philologie romane à l'Université Friedrich-Alexander d'Erlangen-Nuremberg, Chamalières, CTA, 1991.
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  • Philippe Olivier, L’ancien occitan auvergnat (Mauriacois et Sanflorain), 1340-1540. Description lexicographique thèse en linguistique à l'université Paris 4 (dir. J.-P. Chambon, Alain Lemaréchal), soutenue en 2009.

Liens externes

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