Blériot 5190

Le Blériot 5190 était un grand hydravion à coque transatlantique de transport postal[1], construit dans les années 1930 en France par Blériot sur commande du gouvernement français pour convoyer le courrier entre la France et l’Amérique du Sud.

Blériot 5190

Hydravion Blériot 5190 « Santos-Dumont »

Rôle Hydravion de transport postal
Constructeur Blériot Aéronautique
Équipage 4
Statut retiré du service
Premier vol
Mise en service 1935
Retrait 1937
Client principal Aéropostale
Production 1 produit, 3 inachevés
Dimensions
Longueur 26,00 m
Envergure 43,00 m
Hauteur 6,90 m
Aire alaire 236,00 m2
Masse et capacité d'emport
Max. à vide 12,750 t
À vide 13,350 t
Max. au décollage 22,000 t
Motorisation
Moteurs 4 moteurs à pistons Hispano-Suiza 12Nbr de 12 cylindres en V
Puissance unitaire 485 kW
(650 ch)
Performances
Vitesse maximale 210 km/h
Autonomie 5 000 km
Plafond 5 100 m

Conception

Peu de temps après la mise à l'écart des avions « Arc-en-Ciel » de René Couzinet en 1934, le ministère de l'Air se tourna vers Blériot pour réaliser un appareil capable d’assurer les vols transatlantiques.

Dessiné par l'ingénieur italien Filippo Zappata, le Blériot 5190, immatriculé « F-ANLE », était un hydravion à coque métallique à deux redents. C’était un monoplan à aile parasol, quadrimoteur. Les quatre moteurs Hispano-Suiza de 650 ch (les mêmes que ceux de l'Arc-en-ciel et de la Croix-du-Sud) étaient disposés de manière peu courante : trois moteurs actionnant une hélice tractive, placés sur le bord d'attaque de l’aile, et le quatrième actionnant une hélice propulsive placé sur le bord de fuite, dans l’axe du fuselage derrière le moteur tractif central, en configuration « push-pull ».

Sa principale originalité était que le pylône supportant l’aile parasol abritait aussi le poste de pilotage. Celui-ci était confortable car l'appareil avait été étudié pour emporter soixante passagers. Les réservoirs contenaient 11 684 litres de carburant. L’avion était laissé de couleur aluminium au naturel pour le fuselage, la voilure et l’empennage, et peint en brun antirouille pour les œuvres vives[2].

Engagements

L’appareil, baptisé « Santos-Dumont » en hommage au pionnier de l’aviation franco-brésilien, effectua son premier vol le , piloté par Lucien Bossoutrot[1]. Ce dernier accomplit à son bord deux voyages probatoires vers l'Amérique du Sud, en novembre et décembre 1934[2] avec Henri Nomy, qui finira Chef d’état-major de la Marine nationale française, comme mécanicien navigant.

L'hydravion fut affecté en 1935 au service postal régulier France-Amérique du Sud. Il était alors le seul appareil disponible pour cette tâche, et fut à l'époque l'objet d'une grande campagne de publicité de la part d'Air France. Du 4 février au , il effectua une traversée de 3 500 km par semaine, avec le franchissement régulier de l'équateur et le passage du Pot-au-Noir. Relayé ensuite par le Farman F.220 « Le Centaure » et le Latécoère 300 « La Croix-du-Sud », il ne reprit le service qu'en juillet 1935. Après la disparition de Jean Mermoz, le , Laurent Guerrero fit faire au « Santos-Dumont » ses derniers voyages[2]. La 38e et dernière traversée de l'Atlantique Sud[1] eut lieu en juin 1937[2].

Le ministère de l'Air avait passé une commande pour trois appareils supplémentaires après les essais concluants effectués en 1935. La société Blériot avait beaucoup investi pour lancer la fabrication en série. La commande fut par la suite annulée, sans explications ni dédommagements. Cela causa la faillite de la société. Louis Blériot lui-même, miné par les soucis, décède d’une crise cardiaque le [2].

Opérateurs

France

Notes et références

  1. Bruno Parmentier, « Blériot Bl-5190 », sur aviafrance, (consulté le 28 mai 2018).
  2. JN Passieux, « Blériot 5190 Santos-Dumont », sur JN Passieux (consulté le 28 mai 2018).

Bibliographie

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