Carlo Gripp

Charles Tronsens, dit Carlo Gripp, né le à Tarbes et mort le à Paris, est un caricaturiste, dessinateur humoristique et illustrateur français.

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Carlo Gripp
Caricature de Carlo Gripp par André Gill (La Lune, 30 décembre 1866).
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Pierre-Charles Tronsens
Pseudonymes
Carlo Gripp
F. Pencil
Paul David
Niello
Grap
Fritz
Sathaniel
Nationalité
Activités
Parentèle
Valère Morland (beau-frère)

Biographie

Fils de Jeanne Saucède et de Jean Tronsens, bottier, Pierre-Charles Tronsens voit le jour le 11 juillet 1826 au domicile de ses parents, place Maubourguet, à Tarbes[1].

Il débute comme secrétaire dans l'étude de l'avoué tarbais Jean Dazet (1797-1864)[2]. Celui-ci sera, à la fin de sa vie, le tuteur de Lautréamont.

Passionné par le dessin, Charles Tronsens fonde en avril 1848 Le Carillonneur, un hebdomadaire satirique tarbais dont il signe les illustrations et les chroniques du pseudonyme « Sathaniel »[2].

Quelques mois plus tard[3], il est remarqué par Charles Philipon, qui le fait venir à Paris pour collaborer au Journal pour rire, en association avec Edmond Morin[4] et aux côtés d'autres jeunes artistes tels que Bertall, Henri de Montaut et Gustave Doré.

En 1857[5], Tronsens cesse de signer ses dessins de son vrai nom et utilise désormais le pseudonyme « Carlo Gripp ». Choisi en allusion à la cascade de Gripp, située à une trentaine de kilomètres au sud de Tarbes, ce nom de plume fait écho à ses origines haut-pyrénéennes[2] tout en rendant hommage au célèbre dessinateur Gavarni, qui avait trouvé son nom d'artiste après une visite du cirque de Gavarnie, également situé dans les Hautes-Pyrénées.

Le dessin n'est cependant pas l'activité professionnelle principale de Tronsens. Il est en effet devenu employé de banque dans la maison Lyon-Allemand, à Paris[6], après avoir travaillé pendant quelques années en tant que commis-greffier au tribunal de Tarbes[7].

Le 29 octobre 1864, Charles Tronsens épouse Émilie-Délia Morland (1841-1903). L'un des témoins de Charles est le photographe Pierre Durat, avec lequel il réalisera en 1867 une série de « Photo-biographies » de célébrités. La mariée est la sœur du jeune Valère Morland, qui suivra bientôt les traces de son beau-frère dans la presse satirique illustrée parisienne[8].

Fin 1865-début 1866, Carlo Gripp et Valère Morland comptent parmi les premiers dessinateurs de La Lune, peu de temps avant qu'André Gill ne devienne l'artiste emblématique du journal[9].

Le 8 septembre 1867, Carlo Gripp succède à Charles-Lucien Huard en tant que directeur de L'Image, un hebdomadaire illustré concurrent du Journal amusant[10]. Ré-intitulé Le Paris-Comique à partir de janvier 1869 et secondé par une édition bon marché intitulée Le Petit Journal comique[11], le journal cesse de paraître le 10 septembre 1870 avant de fusionner l'année suivante avec L'Esprit follet[12].

Après 1871, Tronsens se consacre pleinement à ses activités bancaires et cesse de publier des dessins[4],[2] hormis quelques rares exceptions[13].

Antidreyfusard, Tronsens adhère en janvier 1899 à la Ligue de la patrie française[14]. Un mois plus tôt, il a versé cinq francs pour la souscription de La Libre Parole en faveur de la veuve du colonel Henry (le « monument » Henry), en signant de son ancien nom d'artiste le commentaire suivant : « Souhaite qu'un monsieur, armé d'une trique, débarrasse le sol français des Juifs et des Clemenceau »[15].

À la fin de sa vie, Tronsens vit de ses rentes au no 177 du boulevard Malesherbes. Il y meurt le 27 juin 1900[16].

Collaborations

Notes et références

  1. Archives municipales de Tarbes, état civil, registre des naissances de 1826, acte no 209 (vue 173 sur 361).
  2. Certiat et Raoult, p. 7.
  3. L'Assemblée nationale, 6 février 1849, p. 4.
  4. Grand-Carteret (1888), p. 648-649.
  5. Le Journal amusant, 26 septembre 1857, p. 1.
  6. Bulletin de la Société académique des Hautes-Pyrénées, volume 6, 2e bulletin (1858-1860), Tarbes, 1861, p. 517.
  7. Bulletin de la Société académique des Hautes-Pyrénées, tome 3, Tarbes, 1856, p. 48.
  8. Archives de Paris, état civil du 2e arrondissement, registre des mariages de 1864, acte no 790 (vue 5 sur 31).
  9. Vanier, p. 7-9.
  10. Jones, p. 74.
  11. Jones, p. 96.
  12. Jones, p. 93
  13. Le Figaro, 15 septembre 1880, p. 6.
  14. L'Écho de Paris, 19 janvier 1899, p. 4.
  15. La Libre Parole, 17 décembre 1898, p. 2.
  16. Archives de Paris, état civil du 17e arrondissement, registre des décès de 1900, acte no 1951 (vue 20 sur 31).
  17. Jones, p. 19.
  18. Jones, p. 50.
  19. Jones, p. 56.
  20. Jones, p. 68.
  21. Jones, p. 79.
  22. Jones, p. 82.
  23. Jones, p. 97-98.

Voir aussi

Bibliographie

  • Monique Certiat et Annette Raoult, Laurent Tailhade (1854-1919), archives privées (catalogue d'exposition), Tarbes, Archives municipales, 2008, p. 7 (consultable en ligne sur le site de la mairie de Tarbes).
  • John Grand-Carteret, Les Mœurs et la caricature en France, Paris, Librairie illustrée, 1888, p. 648-649.
  • Justyna Guze, « Bloch’s and Wokulski’s Paris. Drawings by Charles Tronsens in the Collection of the National Museum in Warsaw », Rocznik Muzeum Narodowego w Warszawie (Journal of the National Museum in Warsaw), 2(38), 2013, p. 447-458.
  • Philippe Jones, « La presse satirique illustrée entre 1860 et 1890 », Études de presse, vol. VIII, no 14, 1956, p. 19-98.
  • Le Bibliopole Vanier, La Lune : histoire, description et particularités, Paris, Léon Vanier, 1894, p. 7-16.

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