Casimir Stryjeński

Casimir Stryjeński, né le à Carouge dans le canton de Genève et mort le à Patornay (Jura), est un professeur et homme de lettres franco-polonais[1],[2].

Casimir Stryienski
Biographie
Naissance
Décès
(à 59 ans)
Patornay
Nationalité
Activité
Père
Fratrie

En France, il est connu sous l'orthographe patronymique de Stryienski.

Sa notoriété est liée à la publication de nombreux posthumes de Stendhal qu'il réalisa entre 1888 et 1893, à ses travaux sur le règne de Louis XV et à ses écrits ou éditions sur la Pologne.

Vie de Henry Brulard, édition Stryienski, 1890.

Biographie

Famille

Casimir est le fils d'Alexandre Stryjeński, ingénieur polonais et participant actif à la révolution de 1830 à Varsovie, et de Pauline de Lestocq, d'origine française. Il est le frère de l'architecte Tadeusz Stryjeński. La fratrie comptait six enfants[3],[n 1].

Son père s'était installé en Suisse en 1833. Il s'est marié en 1839 et, à partir de 1846, réside à Carouge où est né Casimir Stryienski[3].

Casimir Stryienski se marie le 13 janvier 1880, à Paris (7e arr.), avec Caroline Anne Marie Januszkiewicz (de nationalité russe)[4]. Tous les deux obtiennent la naturalisation française par le décret du 16 mars 1885[5].

Ils ont eu deux fils, dont l'un est mort prématurément en octobre 1910, et une fille.

Cour de l'école polonaise des Batignolles.
  • Casimir Stryienski avait une sœur prénommée Léocadie (1840-1902) dont il dit, dans une note du texte des Mémoires de la comtesse Potocka, qu'elle fut dame de compagnie de cette comtesse de 1862 à 1867[6]. Il lui a consacrée une brochure, non commercialisée : Ma sœur Léocadie (1903)[n 2].

Formation

À Paris, Casimir Stryienski a fréquenté l'École polonaise des Batignolles[7], qu'il a quittée en 1869[8],[9]. Cette école avait été fondée en 1842 puis s'était installée dans le quartier des Batignolles, au 15 rue Lamandé, en 1844.

Il est, un moment, élève d'une grammar school à Londres[10]. Après une période d'autodidactie, il suit les cours de la faculté des lettres de l'université de la Sorbonne[11].

Activité professionnelle

Grenoble, intérieur de la bibliothèque.

Il a été professeur agrégé d'anglais au lycée de Versailles en 1880, puis au lycée de garçons de Grenoble[12] et à la faculté des lettres de cette ville[13]. En 1890, suite à sa demande de mutation[14], il est nommé à Paris, au lycée Montaigne[15].

Casimir Stryienski termine sa carrière professionnelle comme professeur honoraire au lycée Saint-Louis de Paris[11],[16],[n 3].

Installé à Grenoble, Casimir Stryienski peut accéder régulièrement à la considérable collection des papiers de Stendhal conservés à la bibliothèque municipale : « M. Stryienski habite Grenoble, ou plutôt dans Grenoble il habite la bibliothèque et dans la bibliothèque le fonds Beyle » écrit bonnement Paul Bourget en 1890[17].

Selon Victor Del Litto, son départ de Grenoble fait suite aux premières publications posthumes de Stendhal :

  • «La presse parisienne réserva un accueil chaleureux à ces révélations qui apportaient des preuves tangibles de l'originalité d'un auteur dont on parlait de temps à autre, mais sur lequel on ne savait pas grand-chose. Il n'en fut pas de même à Grenoble où le bruit fait autour de Beyle-Stendhal, comme on disait, parut à la fois choquant et inopportun à cause du mauvais souvenir que l'écrivain avait laissé de lui. La réprobation à l'égard de ce découvreur venu de l'extérieur s'accentua lorsque, en 1890, celui-ci publia un texte considéré d'emblée comme infamant, la Vie de Henry Brulard, tant et si bien que ce stendhalien se sentant de trop demanda et obtint sa mutation à Paris»[14].

En 1937, un chroniqueur au Figaro, Gérard Bauër qui signait Guermantes, a livré un témoignage rétrospectif, mi-plaisant mi-sarcastique, sur l’attitude de Casimir Stryienski pendant ses cours au lycée Montaigne :

Professeurs du lycée Montaigne, 1897-1898.
  • «Mon professeur, rue Auguste-Comte [n 4], n’était pas borgne, mais il était stendhalien, ce qui était peut-être pire sous le rapport de l’anglais. Il se nommait Casimir Stryienski ; il était un homme aimable, cultivé ; mais il avait eu l’imprudence de rencontrer Stendhal, c’est-à-dire de mettre la main, en compagnie de Jean de Mitty, sur des inédits de la bibliothèque de Grenoble. Et il passait son temps à déchiffrer le cher Henri Beyle. Je ne voudrais pas faire à M. Martineau, dernière victime de Stendhal – et victime d’un dévouement sublime – nulle peine, même légère, mais Stendhal n’avait pas précisément une bonne écriture. Casimir Stryienski passait toutes ses classes penché sur Lamiel et Henri Brulard et ne prêtait qu’une attention négligente à nos progrès. Pour que nous lui laissions la paix, il nous avait appris une petite chanson : "Twinkle, Twinkle, little star" qu’il nous faisait chanter constamment, qu’il nous fit même chanter plusieurs années de suite. Il avançait lentement, pendant que nous chantions, dans la connaissance d’un Stendhal inconnu ; et nous, plus lentement encore que lui, dans la connaissance de l’anglais. Cette marche à l’étoile chantée de saison en saison, a fort retardé des connaissances qui n’ont pas besoin d’être aussi célestes et exigent simplement d’être pratiques : je m’en suis bien aperçu la première fois que j’ai été à Londres. La "petite étoile" de la chanson était d’un faible recours»[15].

Mort

Mort de Ladislas Stryienski

École des Chartes.

À l'âge de cinquante-sept ans, Casimir Stryienski eut la douleur de perdre son fils[18], Ladislas-Adrien-Casimir Stryienski, mort le 8 octobre 1910 dans sa vingt-sixième année : il était licencié ès-lettres et ancien élève de l'École des Chartes[19].

Le 10 octobre 1910, à la Société archéologique de Sens, le président de séance salue la mémoire de Ladislas Stryienski :

  • «Ancien élève de l’école de Chartes et sur le point de passer sa thèse d’archiviste paléographe, le courageux licencié se réjouissait d’interrompre ses vacances pour vous apporter le premier tribut d’une science à laquelle il voulait consacrer sa vie. N’était-il pas dans toute la force et l’expansion de ses vingt-cinq ans ? Mais en vain je suspends vos regrets. Cessez de l’attendre, Messieurs, notre jeune collègue n’est plus ! Ce matin même, son père désolé m’informait de cette triste nouvelle, en me conviant à suivre, au château de Foissy, les obsèques de celui dont nous devions entendre, ce soir, la voix et la leçon. Un mal rapide, inexorable, a triomphé de cette jeunesse et de tant d’espérances ; il a fermé soudain le livre d’une vie pleine de promesses»[20].

Mort de Casimir Stryienski

Casimir Stryienski est mort peu après, des suites d'un accident automobile, survenu le 26 juillet 1912, aux environs de Dôle dans le Jura[21]. Les circonstances de ce drame ont été rapportées par une figure des études stendhaliennes, Adolphe Paupe[22] :

Promenade automobile dans le Jura, avant 1914.
Le Petit Journal, 3 août 1912.

« Au mois de juillet dernier, M. Stryienski était, au château de Masse, l’hôte de l’éditeur parisien bien connu, M. Charles Massin, maire de La Chapelle-Saint-Sauveur (Saône-et-Loire), et le 26, une excursion en automobile avait été projetée, pour toute la journée, dans les montagnes du Jura que M. Stryienski admirait beaucoup. Six personnes avaient pris place dans l’auto découverte de M. Massin. Ce dernier tenait le volant, ayant à sa gauche M. Stryienski, et derrière lui Mmes Sryienska et Massin ainsi que leurs filles.

À cinq heures du soir, les touristes rentraient, et l’auto suivait, à une allure modérée, la route sinueuse de Clairvaux à Pont-de-Poitte qui, du haut du Jura, descend à l’Ain, lorsque, à un tournant très brusque, M. Massin aperçut à quelques mètres une grosse automobile doublant un char de foin et barrant ainsi complètement la route. Cette automobile était conduite par M. Maurice Sauvin, maire de Patornay, qui, au lieu de reprendre sa droite, crut plus prudent de bloquer ses freins et de rester à gauche. Voyant le danger, M. Massin bloqua également ses freins, mais la collision était inévitable.

Le choc se produisit, mais pas excessivement violent. Ni les personnes qui occupaient l’autre voiture ni Mmes Stryienska, sa fille et M. Massin ne furent blessés. Mme Massin et sa fille n’eurent que des égratignures ; seul, M. Stryienski prit peur ; il se leva comme s’il voulait sauter et le choc le projeta brutalement à terre.

On le releva râlant ; il fut immédiatement transporté dans un hôtel du village voisin, où il fut entouré des meilleurs soins. Il ne portait aucune blessure apparente, mais était frappé d’une congestion cérébrale que son tempérament sanguin rendait particulièrement dangereuse et dans laquelle la frayeur eut sans doute une forte part. Son cœur était en outre en mauvais état, et dès le premier moment les médecins ne cachèrent pas leur inquiétude. En effet, huit jours après l’accident, le 3 août, M. Stryienski succombait sans avoir repris connaissance.

Il y eut, comme on le voit, tout un concours de circonstances pour dramatiser ainsi un accident qui devait se réduire à fort peu de choses, et duquel, avec un peu de sang froid, M. Stryienski se fût retiré sain et sauf[23]. »

Le découvreur de Stendhal

Stryjeński, sous son nom francisé Stryienski, est un spécialiste reconnu de Stendhal. Il fut le premier[24] à déchiffrer quelques-uns des manuscrits stendhaliens de Grenoble.

Stendhal, 1835.

Découverte des manuscrits de Stendhal

L'exploration des manuscrits stendhaliens par Stryienski est racontée par Victor Del Litto :

  • «Nommé professeur d'anglais au lycée de garçons de Grenoble, il eut la louable curiosité d'explorer les ressources de la Bibliothèque municipale de Grenoble, étant à la recherche de matériaux en vue de préparer un ouvrage d'histoire. Le sort en décida autrement. Grâce aux informations fournies par le meilleur mentor qu'il eût pu souhaiter, le bibliothécaire Édouard Maignien, il apprit l'existence des manuscrits de Stendhal. Autorisé à les feuilleter, il ne tarda pas à se rendre compte de leur intérêt. Les fragments qu'il déchiffra par ci par là le frappèrent à tel point que, après ce premier survol, il se livra à une lecture plus attentive, suivie du déchiffrement, de la transcription et, enfin, de la publication du Journal et de Lamiel, en 1889»[25].

Publication des inédits

Stendhal, Lamiel, édition Stryienski, 1889.

On lui doit notamment la publication du Journal, de Lamiel, de la Vie de Henry Brulard et des Souvenirs d'égotisme. Il est à l'initiative du Stendhal Club, né en 1904[26].

« Ce fut une révélation, comme un coup de lumière projeté sur Henri Beyle et son œuvre, et M. Stryienski recueillit, du jour au lendemain, les témoignages d'une reconnaissance dont les fanatiques du Maître ne lui ménagèrent pas l'expression. Les plus éminents d'entre eux, MM. Barrès, Bélugou, Paul Bourget, lui consacrèrent d'élogieux articles, en lui décernant le titre d'Archiviste de la Famille Beylique. Désormais le nom de M. Stryienski était étroitement lié à celui de Stendhal.

Je puis dire qu'à cette époque, j'avais pour M. Stryienski - que je devais connaître quinze ans plus tard - une vénération attendrie et passionnée : son labeur acharné sur des manuscrits intéressants, mais d'une écriture effroyable, la modestie de ses préfaces, sa philosophie souriante devant des détractions impuissantes à ralentir son zèle, tout cela le rendait cher à mes yeux.

L'année 1892 mit le sceau à sa renommée, par la célébration du Cinquantenaire de Stendhal, au cimetière Montmartre, dont il prit l'initiative de concert avec M. Cheramy. Ce fut une belle journée dans sa vie, mais la plus belle fut, sans doute, celle où M. Auguste Cordier, l'un des rares contemporains survivants d'Henri Beyle, lui apporta toute sa collection de livres, manuscrits et autographes de Stendhal, qu'il avait héritée de Romain Colomb, et que, pour plus de sûreté, il léguait, avant sa mort, au plus méritant des stendhaliens. Ce don inestimable permit à M. Stryienski de continuer ses publications d'inédits, et c'est ainsi qu'il nous gratifia des Soirées du Stendhal Club (1904 et 1908), avec la précieuse collaboration de M. Paul Arbelet[23]. »

En 1892, le critique littéraire Édouard Rod notait à propos des «fanatiques» de Stendhal : «M. Casimir Stryienski a consacré déjà plusieurs années à déchiffrer ses indéchiffrables manuscrits de Grenoble, à les classer et à les publier»[27].

La méthode de Stryienski

L'importance matérielle des manuscrits de Stendhal, qui comptaient 67 volumes et des liasses, en 1889 à la bibliothèque de Grenoble[28], et les difficultés de lecture de la graphie stendhalienne, sont à la source de redoutables défis de transcription et de choix éditoriaux. La méthode de restitution adoptée par Casimir Stryienski est diversement appréciée.

André Monglond (1888-1969), professeur à la faculté des lettres de Grenoble, se montrait assez critique en 1914 au sujet de l'édition de la Vie de Henry Brulard :

  • «Stryienski, croyant sans doute obéir aux intentions de Stendhal, qui recommande maintes fois à son éditeur d'abréger ses bavardages, Stryienski avait beaucoup rogné, mais sans nous en avertir. Le principe de ces coupures paraît d'ailleurs bien incertain, et trop souvent arbitraire. Sans doute Stryienski supprime des redites et des longueurs, mais parfois aussi des passages d'un intérêt essentiel. Il semble que, en avançant dans le fourré inextricable du manuscrit, il se soit fatigué à mesure. Les premiers chapitres sont à peu près complets, les derniers pleins de coupes sombres (sic)»[29].

Le philosophe Henri Delacroix écrit, après la parution du tome 1 du Journal de Stendhal dans l'édition de Henry Debraye en 1923 :

  • «On sait de quelle manière Stryienski avait tronqué le Journal ; sans compter qu’il avait extrait de l’œuvre en préparation et jamais achevée que Stendhal avait appelée "Filosophia nova" tout ce qui pouvait sans trop d’invraisemblance rentrer dans le Journal ; de sorte que dans sa publication il y avait à la fois trop et trop peu. La présente remet tout en place. (…) On s’aperçoit avec stupeur que Stryienski avait laissé de côté certains passages fondamentaux pour la formation des idées essentielles de Stendhal. Par exemple, nous lisons pour la première fois (p. 224) une théorie de l’amour qui a bien son intérêt»[30].

Béatrice Didier, grande spécialiste de l'autobiographie stendhalienne, note à propos du texte de la Vie de Henry Brulard :

  • «On aurait aimé que le déchiffrement de Stryienski soit meilleur, plus exhaustif, mais comme le dit fort justement Victor Del Litto, il a droit à toute notre indulgence, car il fut le premier. (...) la fidélité de Stryienski au manuscrit a des limites que tous les stendhaliens connaissent et déplorent. (...) Mais ce qui est plus regrettable chez Stryienski, c'est cette idée - d'ailleurs fréquente surtout au XIXe siècle - que l'éditeur a le droit de sauter des passages, en particulier lorsqu'il s'agit d'écrits intimes»[31].

Les filles de Louis XV

Concerné par l'origine polonaise de l'épouse du roi Louis XV, Casimir Stryienski est l'auteur d'une étude historique parue en 1910 : Mesdames, filles de Louis XV. La Revue d'histoire moderne et contemporaine en a rendu compte dès sa parution :

Louise-Élisabeth, duchesse de Parme.
Madame Adélaïde, en 1758.

« Si l’on excepte la duchesse de Parme, Louise-Élisabeth et Mme Adélaïde, qui joua pendant un temps un semblant de rôle politique, l’histoire des filles de Louis XV et Marie Leszczynska est faite toute d’effacement. Madame Henriette, jumelle de la duchesse de Parme, mourut à vingt-cinq ans. Madame Louise fut carmélite. Quant à Mesdames Victoire et Sophie, leur vie est si étroitement confondue avec celle de leur sœur Adélaïde que les historiens, curieux de les différencier, éprouvent quelque peine à dégager leur personnalité.

Toutes trois n’apparaissent guère d’ailleurs sur le devant de la scène politique qu’au moment de l’avènement de Louis XVI, pour rentrer presqu’aussitôt dans l’ombre. Le règne de Mesdames, si tant est qu’elles régnèrent jamais, fut court. Elles vieillirent ensuite dans l’isolement, et se seraient sans doute éteintes sans éclat si la Révolution n’était venue soudain bouleverser leur existence et, en les précipitant dans l’exil, leur donner vis-à-vis de l’histoire, la triste chance de finir d’une façon presque tragique[n 5].

On lira avec intérêt dans le livre de M. Stryienski, qui a su compléter ce que nous savions déjà par un certain nombre de documents nouveaux, le récit de la fuite des deux princesses, qui fut comme une sorte de première édition de Varennes et faillit se terminer de la même façon. C’est ensuite la vie d’exil, le séjour à Rome auprès de Bernis, la fuite éperdue de nouveau, à l’approche des armées françaises victorieuses, Madame Victoire succombant, Madame Adélaïde la suivant bientôt. (…)

Si obscure qu’ait été en somme l’existence de ces princesses, elle ne les a pas empêchées cependant de trouver, à diverses reprises, des biographes, séduits apparemment par l’opposition qu’on ne peut s’empêcher d’établir entre leur rang, les espérances qu’il semblait leur ouvrir, et ce que fut en réalité leur vie. L’étude qu’en a donnée M. Stryienski paraît bien avoir épuisé ce que cette vie offre d’intéressant. (…)

L’histoire politique, sans doute, peut, sans grand inconvénient, les ignorer. L’histoire de la Cour et de la famille royale leur doit une place. Dans le détail de leur vie on apprend indirectement à mieux connaître la figure restée malgré tout encore énigmatique de Louis XV, mélange à leur égard d’indifférence et de réelle affection[32]. »

Casimir Stryienski et la Pologne

Par son origine, son éducation familiale et scolaire, Casimir Stryienski a manifesté tout sa vie un tropisme pour la culture polonaise. Dans la nécrologie qu'il lui consacre, Adolphe Paupe a livré un extrait de lettre reçue de Stryienski le 19 décembre 1905 :

  • «... Mon fils (second) s'appelle Ladislas. Nous avons conservé les noms polonais dans notre famille, et c'est ainsi que s'appelait mon frère aîné, mort en Sibérie, victime de la tyrannie russe»[23].

Cracovie

Il a consacré plusieurs ouvrages ou articles à la Pologne.

En 1893-1894, paraît Une capitale d'autrefois, Cracovie. Le 8 mars 1894, Le Journal, dirigé par Fernand Xau, écrit :

Cracovie, château des rois de Pologne.
  • «Il ne faudrait pas croire cependant que tout son temps M. Stryienski le passe à compulser les papiers de Stendhal conservés à la Bibliothèque de Grenoble. je veux pour preuve des loisirs que laisse à M. Stryienski sa dévotion, la petite plaquette sur Cracovie (...). Elle a sa place à côté des villes mortes de Belgique et de Hollande, que M. Rodenbac a pareillement embaumées. En quelques pages, le voyageur attentif aux tableaux conducteurs et aux vieilles architectures chuchoteuses, évoque la capitale d'autrefois, la ville somptueuse des églises et fait surgir en fantômes l'histoire de la Pologne, des tombeaux de Casimir le Grand, de Jagellon, d'Étienne Batory, de Sobieski, de Kosciusko, de Poniatowski, d'Adam Mickiewicz»[33].

Le poète Mickiewicz

Dans la Revue blanche, de juillet 1894, Casimir Stryienski signe une étude importante : «Le mysticisme de Mickiewicz. Napoléon et le messianisme» :

Adam Mickiewicz.
  • «On se souvint vaguement d'avoir entendu parler de ce poète polonais, de ses conférences sur la littérature slave, de ses idées messianiques. On se rappela qu'il avait excité l'enthousiasme des foules à un tel point que ses cours avaient été interdits, comme ceux de ses collègues : Michelet et Quinet (...)[n 6]. Des poètes comme Musset et Victor Hugo avaient chanté et défendu la Pologne, Béranger l'avait popularisée.

Et surtout il y avait dans l'air un souffle de rénovation universelle ; Michelet et Quinet attaquaient l'ultramontanisme et le jésuitisme, les Saint-Simoniens réorganisaient la société, le fouriérisme se formulait, aux États-Unis, Emerson parlait aux hommes de leurs nouveaux devoirs.

La voix de Mickeiwicz s'unissait harmonieusement à toutes ces voix ; en poète chrétien il prêchait une régénération morale et, qu'il l'eût voulu ou non, il faisait, du même coup, leurs procès aux Doctrinaires, il renversait le monde scolastique, il dénonçait le Saint-Siège, il développait toute une théorie fondée sur l'intuition mystique, sur les signes occultes, il mettait au front du grand Empereur[n 7] l'auréole du martyr, il désignait à mots couverts celui qui était appelé à être le Verbe de l'école messianique ; tout cela un peu confusément pour nous qui le lisons, mais sans nul doute avec toute la chaleur, toute l'émotion, tout le génie même des plus grands prédicateurs»[34].

La comtesse Potocka

Comtesse Patocka.
Mémoires de la comtesse Potocka, 1897.

En 1897, Casimir Stryienski publie les Mémoires de la comtesse Potocka, écrits en langue française et qui portent sur la période 1794-1820 de la vie d'Anna Tyszkiewicz, petite-nièce du dernier roi de Pologne, dont le patronyme Potocka est dû à son premier mariage. Il écrit dans son introduction :

  • «Elle nous apparaît jeune fille sémillante, rieuse et enjouée comme dans le portrait de Zator[n 8] ; jeune mariée un peu incomprise, mais heureuse de vivre en un temps qui ressemble à une épopée, ravie d'avoir un rôle à jouer à la cour napoléonienne, fière d'être Polonaise et de récolter sur son chemin les hommages qu'on ne ménageait pas aux femmes enthousiastes, chevaleresques et exquises de cette admirable génération ; jeune mère adorant ses enfants et écrivant pour eux de livre rempli de son amour maternel (...). La lecture de ce livre prouvera qu'Anna Tyszkiewicz voyait dans ce monde autre chose que les plaisirs et les futilités, la moquerie ou le sarcasme»[35].
  • «Plusieurs grands passions dominent la longue existence de la comtesse. D'abord le patriotisme qui se traduit par un amour ardent de la Pologne (...) Ce patriotisme de la comtesse se confond avec l'admiration que lui inspire l'Empereur, sur lequel on fondait tant d'espérances. Dans presque tous les chapitres de ces Mémoires éclate et brille la gloire de Napoléon (...). Ce culte enthousiaste ne se démentit jamais, encore que l'Empereur n'ait pas fait ce qu'on attendait de lui en 1807, lors de son séjour à Varsovie ; on se flattait qu'il rendrait à la Pologne son indépendance et que, tout en se servant de ses fidèles et courageux Polonais, si braves, si admirables à Somo-Sierra et à Leipsick, il n'oublierait pas tout ce qu'il leur devait. Mais le triomphe impérial ne dura pas assez longtemps, et les plus fervents patriotes n'eurent pas le courage de reprocher à l'exilé de Sainte-Hélène de n'avoir pas tenu ses promesses[36]».

Casimir Stryienski livre son propre témoignage : «Quand je vis, en 1863, la comtesse Potocka - alors comtesse Wonsowicz - ravagée par l'âge, étendue sur une chaise longue de damas bleu clair, dans son salon de la rue d'Astorg, où se réunirent tant de gens célèbres de la société du Second Empire, je fus frappé de l'éclat de ses yeux, qui avaient gardé quelque chose de leur jeunesse. En terminant ce travail, je les revois si beaux, si expressifs, et je comprends pourquoi il y a tant de charme et tant de vie dans certaines pages de ce manuscrit jauni par le temps que de pieuses mains m'ont confié»[37].

De la comtesse Potocka, Casimir Stryienski a également publié le Voyage d'Italie (1826-1827) en 1899 :

  • «En 1899, Casimir Stryienski, l’éditeur parisien du récit de voyage de la comtesse Anna Potocka-Wąsowicz, insiste sur la valeur de cet "itinéraire" : le texte d’Anna Potocka-Wąsowicz n’est pas seulement un Voyage d’Italie de l’époque romantique, mais aussi un livre qui montre la profondeur des liens entre la Pologne et l’héritage européen, incarné par la culture, la littérature et l’art italiens. Dans le contexte des autres voyages littéraires du XIXe siècle, le Voyage d’Italie de la comtesse Potocka-Wąsowicz est l’illustration polonaise d’un genre narratif international. Écrit et publié en français, ce Voyage est aussi intéressant en tant qu’œuvre destinée à un vaste milieu de lecteurs appartenant à différentes nations, savants, passionnés par l’Italie et demandeurs de récits bien écrits»[38].

Casimir Stryienski, l'art et la peinture

Charles Landelle

Landelle.

En 1911, est publiée la monographie que Casimir Stryienski a consacrée au peintre Charles Landelle (1821-1908). Landelle avait épousé Alice Letronne dont la sœur, Maria Letronne était la mère de Caroline Januszkiewicz, elle-même épouse de Casimir Stryienski. Ce dernier était donc le neveu[39] par alliance du célèbre artiste qui le qualifiait d’«ami» et qu’il désigna comme légataire universel[40].

Le livre Une carrière d’artiste au dix-neuvième siècle, Charles Landelle (1821-1908), témoignait d’un attachement dû à l’intimité familiale qui liait Stryienski et le peintre, mais révélait nombre des facettes de ce dernier. La Revue hebdomadaire signale immédiatement son intérêt :

Femme fellah, Landelle.

La Chronique des arts et de la curiosité écrit : «...Charles Landelle revit tout entier dans ce livre dicté par l'affectueuse piété d'un neveu qui connut sa vie dans tous ses détails. Pour écrire cette monographie, M. Casimir Stryienski n'a eu qu'à puiser dans le "livre de raison" où l'artiste consignait les événements principaux de son existence, dans les correspondances attachantes et dans mille souvenirs qu'aimait à conter Landelle. Avec ces éléments précieux, il a su composer (...) un livre extrêmement captivant dans sa sérieuse documentation»[42].

Les collections ducales de Parme

Dans L’Action française, le critique d’art et écrivain, Louis Dimier, révèle un autre aspect de l’intérêt que portait Casimir Stryienski à la peinture :

Louis Dimier.
  • «L’amour de Stendhal avait conduit ses recherches d’amateur à Parme ; les miennes l’y rencontrèrent un jour ; depuis lors nous avions vécu dans un voisinage de notes muséographiques que la bonne grâce de Stryienski rendait charmant. Il s’occupait de l’infant Dom Philippe et de Madame Infante, fille de Louis XV, dont les anciennes collections ducales de Parme conservent les portraits avec plusieurs autres des Bourbons-Sicile. Quelques-uns étaient méconnus, égarés sous de fausses attributions ; en commun nous les rectifiâmes. En même temps, nous avions le plaisir de voir se mêler à nos études et les enrichir de sa compétence grandissante, un jeune homme, M. Glauco Lombardi, maintenant commissaire de la Conservation des Monuments de Parme, passionné des antiquités ducales, l’homme d’Italie qui connaît le mieux la question des droits sur le palais Farnèse (…). Au sujet des tableaux du musée, il fallut batailler dans les journaux de Parme, contre la contradiction locale, que soutenaient quelques bureaux de Rome. Cette contradiction était brutale. Appuyés sur place par Lombardi, Stryienski et moi l’emportâmes»[43].

Publications

Auteur

Éditeur scientifique

  • Stendhal, Journal, 1888.
  • Stendhal, Lamiel, 1889.
  • Stendhal, Vie de Henry Brulard, 1890.
  • Stendhal, Souvenirs d'égotisme, 1893.
  • Comtesse Potocka, Mémoires, 1794-1820, 1897.
  • Mérimée, Sept lettres de Mérimée à Stendhal, 1898.
  • Comtesse Potocka, Voyage d'Italie, 1826-1827, 1899.
  • Stendhal, La Chartreuse de Parme, édition augmentée de deux chapitres inédits, 1901.
  • Sénac de Meilhan, L'émigré, avec Frantz Funck-Brentano, 1904.

Traducteur

  • Eleanor Frances Poynter, Hetty (Among the hills), roman anglais, 1883.
  • Dinah Maria Mulock Craik, Une noble femme, roman anglais, 1884.
  • Richard Copley Christie, Étienne Dolet, le martyr de la Renaissance, sa vie et sa mort, trad. de l'anglais, 1886[n 9].

Bibliographie

Articles connexes

Notes et références

Notes

  1. Léocadie Pauline Edmée (1840-1902), Sophie (1842-1842), Jules (1843-1843), Ladislas François Xavier (1844-1864, mort en Sibérie), Caroline (1846-1913), Edmée Félicité (1848-1928), Thadée Louis (1949-1943) et Casimir.
  2. «Notre ami Casimir Stryienski a bien voulu nous communiquer les bonnes feuilles d'une brochure qu'il va publier et qui, tirée à un nombre très restreint d'exemplaires, ne sera pas mise dans le commerce. Ma sœur Léocadie est l'histoire très simple de la vie d'une femme réellement supérieure par les qualités du cœur et de l'esprit. C'est un hommage touchant de piété fraternelle. On y retrouve tout ce qui constitue habituellement le charme et le style de l'auteur : la clarté, la pureté et la sincérité. Les quelques lettres citées de Mlle Léocadie Stryienska dépeignent d'ailleurs mieux que ne sauraient le faire tous les éloges, cette âme faite de tendresse et de dévouement». Bulletin polonais littéraire, scientifique et artistique, Association des anciens élèves de l'école polonaise, 15 février 1903, p. 52.
  3. On trouve parfois mentionnée, par erreur, sa présence comme professeur à la Sorbonne lors de son retour à Paris après 1890. Casimir Stryienski a donné des conférences dans cette université (cf. Le Figaro, 2 décembre 1898) mais n'en jamais été un professeur.
  4. La rue Auguste-Comte désigne le lycée Montaigne qui est situé au n° 17.
  5. En 1911, on ne pouvait pas savoir que la postérité allait associer à Mesdames le nom d'un champ de bataille de la Première Guerre mondiale : le Chemin des Dames. Ce sont Mesdames Adélaïde et Victoire qui donnèrent son nom au parcours qu'elles empruntaient pour se rendre au château de la Bôve, dans l'Aisne.
  6. Après plusieurs suspensions de cours, Michelet, Quinet et Mickiewicz sont révoqués le 12 avril 1851.
  7. Napoléon Ier.
  8. À l'époque, le portrait est conservé au château familial des Tyszkiewicz à Zator, en Pologne méridionale.
  9. Dans la Revue des questions historiques de juillet 1887 (p. 655), Terrier de Loray écrit : «Ce volume, nous dit l’auteur, n’est pas simplement une traduction de l’Étienne Dolet publié en 1880, mais en réalité une nouvelle édition revue et corrigée, et à laquelle ont été faites plusieurs additions importantes (…). La nouvelle édition (...) aura plus de succès encore que la première, une grande part de ce succès devant être attribuée à l’excellente traduction de M. Stryienski, si justement louée par son collaborateur». [c’est-à-dire par l’auteur, Richard Copley Christie].

Références

  1. Si certains de ces frères et sœurs ont choisi la nationalité suisse, Casimir est de ceux qui optèrent pour la France
  2. «L'émigration polonaise en France vers la fin du XIXe et au début du XXe siècle», Wieslaw Sladkowski, Annales de l'académie polonaise des sciences à Paris, vol. 14, 2012, p. 151.
  3. «Alexandre Stryienski (1804-1875) und die freiburgische Schulkartographie», Marino Maggetti, Bulletin de la Société fribourgeoise des Sciences Naturelles, n° 103, 2014.
  4. Archives numérisées de la ville de Paris, état civil.
  5. Geneanum.com, copies des actes numérisées provenant des archives nationales.
  6. Mémoires de la Comtesse Potocka : 1794-1820, publiés par Casimir Stryienski, 1897, p. XIX.
  7. Association des anciens élèves de l'École polonaise, n° 62, procès-verbal de l'assemblée générale du 7 février 1897, 1897, p. 23.
  8. Association des anciens élèves de l'école polonaise. Liste des sociétaires 1893, p. 7.
  9. Nécrologie, Bulletin polonais littéraire, scientifique et artistique, Association des anciens élèves de l'école polonaise, 15 septembre 1912, p. 269.
  10. Kazimierz Stryjeński, biographie, en langue polonaise.
  11. Bulletin de l'association amicale des anciens élèves de la faculté des lettres de Paris, octobre-novembre-décembre 1905, p. 30.
  12. Cf. Henri Cordier, «Comment je suis devenu stendhalien», La Revue critique des idées et des livres, 10 mars 1913, p. 539.
  13. Cf. Anne-Marie Jaton, Charles-Albert Cingria. Verbe de cristal dans les étoiles, Presses polytechniques et universitaires romandes, 2007, p. 16. Charles-Albert Cingria était le neveu, par sa mère, de Casimir Stryienski.
  14. Cf. Victor Del Litto, «Avant-propos, petite histoire du Stendhal-Club», Le temps du Stendhal-Club (1880-1920), textes réunis par Philippe Berthier et Gérald Rannaud, Presses universitaires du Mirail, 1994, p. 14.
  15. «English Lesson's», Guermantes (Gérard Bauër), Le Figaro, 24 juin 1937. Gérard Bauër est né en 1888 et mort en 1967. Il revient sur ce souvenir dans L'Europe sentimentale, 1954.
  16. Bulletin de l'Association amicale des anciens élèves de la Faculté des lettres de Paris, oct-novembre-décembre 1911, p. 57
  17. Paul Bourget dans Le Figaro, 21 août 1890.
  18. Il s'agit de son second fils.
  19. Bulletin polonais littéraire, scientifique et artistique, Association des anciens élèves de l'école polonaise, 15 novembre 1910, p. 346.
  20. Bulletin de la Société archéologique de Sens, 1911, p. XXXI.
  21. Notice nécrologique dans le Gils Blas, 7 août 1912.
  22. Sur Adolphe Paupe, voir l'article d'André Maurel, «Au Stendhal-Club» dans L'Homme libre, journal de Clemenceau, le 12 mars 1914.
  23. Adolphe Paupe, Mercure de France, 1er novembre 1912, p. 210-211.
  24. Mentionné dans la section généalogie de L'âme antique de Pierre-Olivier Walzer, page 21.
  25. Cf. Victor Del Litto, «Avant-propos, petite histoire du Stendhal-Club», Le temps du Stendhal-Club (1880-1920), textes réunis par Philippe Berthier et Gérald Rannaud, Presses universitaires du Mirail, 1994, p. 13-14.
  26. Historique des études stendhaliennes, blog Stendhal.
  27. Édouard Rod, Stendhal, 1892, 3e édition 1911, p. 152.
  28. «Le fonds Stendhal de la bibliothèque municipale de Grenoble», Yves Jocteur-Montrozier, Bulletin des bibliothèques de France (BBF), 1997, n° 2, p. 22-27.
  29. André Monglond, compte rendu, Revue d'histoire littéraire de la France, 1914, p. 209.
  30. Journal de psychologie normale et pathologique, 1925, p. 91.
  31. Béatrice Didier, in Le temps du Stendhal-Club (1880-1920), textes réunis par Philippe Berthier et Gérald Rannaud, Presses universitaires du Mirail, 1994, p. 49.
  32. René Girard, Revue d'histoire moderne et contemporaine, 1911, tome XVI, n° 3, p. 368-369..
  33. Le Journal, 8 mars 1894.
  34. Casimir Stryienski, La Revue blanche, juillet 1894, p. 384-403.
  35. Mémoires de la Comtesse Potocka : 1794-1820, publiés par Casimir Stryienski, 1897, p. VIII-IX.
  36. Mémoires de la Comtesse Potocka : 1794-1820, publiés par Casimir Stryienski, 1897, p. XI et XIII-XIV.
  37. Mémoires de la Comtesse Potocka : 1794-1820, publiés par Casimir Stryienski, 1897, p. XXX-XXXI.
  38. Olga Płaszczewska, «Les "Voyages d’Italie" comme espace de rencontre entre la Pologne littéraire et l’Europe : autour du Voyage d’Italie (1826-1827) de la comtesse Anna Potocka-Wąsowicz», Recherches & Travaux, 89/2016, 19-27.
  39. Le Temps, 4 décembre 1908.
  40. Recueil des actes administratifs de la préfecture du département de la Seine, novembre 1908, p. 784.
  41. La Revue hebdomadaire : romans, histoire, voyages, mars 1911.
  42. La Chronique des arts et de la curiosité : supplément à la Gazette des beaux-arts, 29 avril 1911, p. 135.
  43. Louis Dimier, L'Action française, 18 août 1912.

Liens externes

  • Portail de la littérature
  • Portail de la Pologne
Cet article est issu de Wikipedia. Le texte est sous licence Creative Commons - Attribution - Sharealike. Des conditions supplémentaires peuvent s'appliquer aux fichiers multimédias.