Ceinture alimentaire

Une ceinture alimentaire est un projet d'organisation territoriale développant des rapports de production, transformation, distribution et consommation en circuit court, de sorte que la population locale concernée atteigne progressivement la souveraineté alimentaire.

Le terme « ceinture » tient au fait que ces projets s'élaborent autour de métropoles, lesquelles construisent de la sorte, une solidarité entre ville et campagne environnante. Il ne faudrait pourtant pas comprendre que cette dernière, rurale, est mise au service de la population citadine. C'est ensemble que sont imaginés et supportés les projets nourriciers de tous, ruraux et citadins.

Description

Caractéristiques des projets de ceintures alimentaires

Chaque projet s'adapte en fonction des particularités et des enjeux des territoires concernés. Il n'y a pas d’actions précises à absolument développer pour décliner le concept. La démarche relève surtout d’un état d’esprit soucieux de coopération, de durabilité et d’équité.

Des caractéristiques sont toutefois récurrentes aux ceintures alimentaires :

  • Rassembler les initiatives déjà existantes. Les ceintures alimentaires s'initient sur des territoires qui ont souvent déjà entamé une démarche de transition écologique dans le secteur de la production alimentaire. Elles commencent donc par réunir ce qui existe déjà en fait d'acteurs et de projets. Si ces derniers peuvent être par nature très différents, l'essentiel c'est la convergence des intentions et la visée ultime : la souveraineté alimentaire.
  • Interconnecter tous les acteurs des différentes filières. Conscient du caractère écosystémique du secteur de la production alimentaire, une ceinture alimentaire travaille à l'interconnexion de tous acteurs locaux concernés, de la graine au pain ou de la fourche à la fourchette -pour reprendre des locutions devenues caractéristiques de la présentation de ces mouvements. En effet, si on ne peut nier des intérêts économiques divers, variés et donc parfois économiquement concurrents, il est clair que « le manque de mise en réseau et de professionnalisation tend à faire péricliter ces mouvements[1] ». C'est la raison pour laquelle on peut constater la mise en place assez fréquente d'une approche par filière, de sorte à identifier tous les échelons et tous les intervenants de la chaîne, par type de produits. L'idéal est bien de n'en écarter aucun.
  • Favoriser les circuits courts. Il semble bien qu'il s'agisse d'un incontournable des ceintures alimentaires. En effet, si l'on peut aussi légitimement vouloir réduire au maximum les intermédiaires pour des raisons d'économie des coûts, cette option pour la chaîne d’approvisionnement local, et donc de saison, vise avant tout la plus-value écologique et sociale. On ne peut en effet garantir le caractère pérenne des facilités de transports que nous connaissons actuellement. Survienne un accident qui menace l'approvisionnement des magasins de la grande distribution, l'on devra se rendre à l'évidence que le modèle fonctionne "à flux tendu" et que les métropoles ne disposent de réserves alimentaires que pour quelques jours tout au plus. Le circuit court, choix d'une économie locale solidaire, relève donc aussi d'une volonté de réalisme en matière énergétique et écologique

Projet à la fois social et environnemental

Si l'adage populaire bien connu rappelle "qu'en cas de disette, tout le monde se souvient qu'il a des cousins à la campagne...", la ceinture alimentaire, elle, prévient cette situation de disette et organise la solidarité ville-campagne y compris pour des citoyens qui n'ont pas de famille établie en zone périphérique et dont le quotidien serait celui de la production alimentaire.

De l'autonomie à la souveraineté alimentaire

Cette solidarité organisée qui vise à l'autonomie sur le plan local, se donne également l'ambition plus aboutie de souveraineté alimentaire. C'est ensemble que producteurs et consomm'acteurs définissent leurs besoins et envies alimentaires de sorte à orienter la production sans subir pour autant les choix d'un marché mondialisé. Tant que faire se peut, les orientations de la production nourricière sont décidées ensemble, de façon locale. Une liberté qui peut plus facilement opter pour la diversité alimentaire, garante d'une plus grande richesse nutritionnelle et gustative.

En Belgique

Les projets de ceintures alimentaires sont déjà nombreux. On peut citer :

  • la Ceinture Alimen-Terre de Liège (CATL)[2],
  • le Réseau Aliment-terre de l'arrondissement de Verviers (RATav)[3],
  • la Ceinture alimentaire de Charleroi Métropole[4],
  • la Ceinture alimentaire du Tournaisis[5],
  • la Ceinture AlimenTerre Hutoise[6],
  • et celle de Namur[7].

Notes et références

  1. Antonia D. Bousbaine et Christopher Bryant, « Les systèmes innovants alimentaires, cas d’étude : la Ceinture Aliment Terre de Liège », Belgeo, no 4, (ISSN 1377-2368 et 2294-9135, DOI 10.4000/belgeo.19507, lire en ligne, consulté le 18 novembre 2019)
  2. « Accueil », sur Ceinture Aliment-Terre Liégeoise (consulté le 18 novembre 2019)
  3. « RATav - Accueil », sur Réseau Aliment-Terre de l'arrondissement de Verviers (consulté le 18 novembre 2019)
  4. « Ceinture alimentaire Charleroi Métropole » (consulté le 18 novembre 2019)
  5. Elisabeth Gruie, « Une nouvelle ceinture alimentaire se structure à Tournai », sur Ceinture Aliment-Terre Liégeoise, (consulté le 18 novembre 2019)
  6. « Ceinture AlimenTerre hutoise », sur Prod'Huy-Waremme (consulté le 18 novembre 2019)
  7. « Première visite - Ceinture alimentaire de Namur », sur canamuroise.canalblog.com, (consulté le 18 novembre 2019)

Articles connexes

Auteurs de référence

Vidéos-reportages

  • Portail de l’agriculture et l’agronomie
  • Portail de l’écologie
  • Portail de l’environnement
Cet article est issu de Wikipedia. Le texte est sous licence Creative Commons - Attribution - Sharealike. Des conditions supplémentaires peuvent s'appliquer aux fichiers multimédias.