Château de Beaumont-sur-Sarthe

Le château de Beaumont-sur-Sarthe est localisé sur la commune de Beaumont-sur-Sarthe, dans le département de la Sarthe, en région Pays de la Loire.

Pour les articles homonymes, voir Château de Beaumont.
Château de Beaumont-sur-Sarthe
Ici : Vue des vestiges fortifiées de l'enceinte et du donjon de Château à Beaumont-sur-Sarthe.
Présentation
Type
Destination initiale
Style
Construction
XIe et XIIe siècle
Commanditaire
Propriétaire
Vicomtes de Beaumont
Commune de Beaumont-le-Vicomte (puis Beaumont-sur-Sarthe)
Statut patrimonial
Site web
Château d'agglomération secondaire
Localisation
Pays
Région
Département
Arrondissement
Communes
Adresse
« Rue du Château »[2]
« Rue du Mans » (route départementale 338)[3]
Coordonnées
48° 13′ 26″ N, 0° 07′ 40″ E
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Localisation sur la carte de France
Localisation sur la carte des Pays de la Loire
Localisation sur la carte de la Sarthe

Cette forteresse est construite entre le XIe et le XIIe siècle[4]. La date exacte de sa fondation n'a pas été déterminée avec plus de précision et demeure, en l'état actuel, débattue[4]. Le château belmontais, au cours de cette période, le Moyen Âge « classique », érigé à la demande des seigneurs locaux : issus les vicomtes du Mans et de Beaumont[4]. La demeure seigneuriale est conçue en pierre maçonnée et présente un style architectural roman[4].

Depuis sa fondation, le château a tour à tour fait l'objet de conflits, d'invasions et de destruction partielle, notamment pendant la guerre de Cent Ans.

Le , un arrêté ministériel attribue au château médiéval de Beaumont-sur-Sarthe, ancienne demeure des Vicomtes du Maine, une inscription sur la liste des monuments historiques de France[5].

Du château belmontais, il ne demeure actuellement que certaines parties encore intactes, d'autres se présentant sous forme de ruines[2].

Localisation

Le château est situé à proximité du cœur de ville de Beaumont-sur-Sarthe, au sein du canton de Sillé-le-Guillaume, dans l'arrondissement de Mamers, département de la Sarthe, en région des Pays de la Loire[3].

Par ailleurs, et de manière plus précise, il se dresse en surplomb du cours de la Sarthe. Enfin, il est en outre longé par la « rue du Mans » (route départementale 338), à l'Ouest, et la « Rue du Château »[2], au Nord-Est[3].

Histoire

Cette forteresse est construite entre le XIe et le XIIe siècle[4]. La date exacte de sa fondation n'a pas été déterminée avec plus de précision et demeure, en l'état actuel, débattue[4]. Elle est, à cette époque (le Moyen Âge « classique »), commanditée par les seigneurs locaux issus de la dynastie des vicomtes du Mans et de Beaumont[4].

Depuis sa fondation et celle de la cité auquel il est rattaché, l'édifice a successivement connu plusieurs guerres et changements de domaniaux et notamment induits par les conflits de la seconde moitié du XIe siècle opposant les Comtes du Maine et les Ducs de Normandie, dont, entre autres, Guillaume le Conquérant (dit « le Bâtard ») et Hubert de Beaumont, entre 1062 et 1064[4].

En 1073, le château est investi par les troupes anglaises de Guillaume le Conquérant[4]. Une décennie plus tard, en 1083, le souverain anglo-saxon restitue la demeure seigneuriale à son propriétaire par droit de sang[4].

Un peu plus d'un demi-siècle plus tard, en 1135, alors que le domaine de Beaumont et de son château sont sous la gestion seigneuriale de Roscelin Ier, fils de Raoul VII et petit-fils d'Hubert II, la cité sarthoise et son édifice font à nouveau l'objet de pillages et d'incendies par les Anglais[4].

Au cours de la Guerre de Cent Ans, en 1417, le château est pris par le souverain d'Angleterre Henri V (1386-1422)[4]. Entre 1418-1443, l'édifice se retrouve tour à tour aux mains des seigneurs locaux et des anglo-saxons, jusqu'à ce que, en 1449, les troupes d'outre-Manche, alors sous le commandement militaire d'Osbern Mundeford, en soient définitivement expulsées[4].

Au terme du XVe siècle, une ordonnance effectuée par Louis XI et visant à pérenniser une paix durable entre les seigneuries locales, entraîne la démolition de leurs anciennes places fortes[4]. Le château belmontais, à l'instar de la plupart des forteresses appartenant au territoire territoire royal, font l'objet d'un démontage[4]. Toutefois, seul l'étage supérieur du donjon est démantelé et les structures maçonnées de l'enceinte subissent une coupe au niveau de leur point d'arase afin de transformer celle-ci en cour intérieure[4]. De la demeure des vicomtes de Beaumont, il ne reste dès lors plus que son assise et sa tour d'angle[4]. Ultérieurement, le château ayant perdu son principal statut de défense de la cité, plus aucune garnison n'y fut abritée[4].

Bien que la forteresse demeure partiellement détruite, elle bénéficie, à la fin des années 1920, en date du , d'une inscription sur la liste des monuments historiques de France par arrêté ministériel[5].

Description

Le château est bâti dans un style architectural roman et se classe dans le groupe des premiers donjons conçus en pierre taillée et ayant un plan au sol de forme rectangulaire ou carrée, à l'instar des châteaux des Carmes, à Beaugency, de Loches, de Courmenant, à Rouez-en-Champagne, ou encore celui de Saint-Jean, à Nogent-le-Rotrou[4],[6].

Bien qu'il n'en demeure que des vestiges, il est possible d'en restituer son aspect d'origine. Le château belmontais se présentait sous la forme globale d’un rectangle, mais irrégulier[4],[6]. Il possédait une longueur moyenne d'environ 33 mètres et une largeur de 22 mètres[4],[6]. La facade Nord se développait sur espace supplémentaire de 2 mètres par rapport à celle du Sud. Situées en surplomb de la Sarthe, les structures maçonnées de l'édifice se développaient sur une hauteur approximative estimée à 30 mètres[Note 1], et leur épaisseur variait entre 2.50 et 3,30 mètres, selon leur orientation, les sections les plus épaisses se présentant face aux chemins d'accès du site[4],[6].

L'essentiel du logis, c'est-à-dire les lieux d'habitations privatifs des seigneurs de Beaumont et de leur famille, se situaient au sein de la section supérieure du château[4],[6]. Le corps de logis était muni, sur son angle Nord, d'une tour fortifiée de 6 mètres de diamètre et de forme circulaire[4],[6]. Cet ouvrage de fortification avait pour objectif de guetter la cité belmontaise et ses alentours. Par ailleurs, les murs de la demeure seigneuriale étaient doublés par de puissants contreforts évouluant sur les angles Sud-Est et Nord-Ouest[4],[6]. Ces contreforts sont constitués de grès « roussard » (pierre locale) et se développent sur une largeur d'environ 2 mètres pour une saillie avoisinant 0,80 mètres[6].

Située sur son côté oriental, une bayle (ou « baille ») se déployait[4],[6]. Cette extension, qui faisait également office d'avant-poste, abritait l'ensemble des dépendances du château, telles que les communs et les écuries[4],[6].

Galerie

Notes et références

Notes

  1. Soit environ 10 mètres de plus que ce qu'il en demeure actuellement[4],[6].

Références

  1. « Notice Mérimée : Château de Beaumont-sur-Sarthe », sur Base Mérimée, (consulté le 8 décembre 2016).
  2. collectif - Cabinet Guillerminet – Coulaines (72), « Patrimoines architectural, socioculturel, et archéologique », dans Cabinet Guillerminet – Coulaines (72), PLU Beaumont-sur-Sarthe : Rapport de Présentation (pièce numéro 1), (lire en ligne [PDF]), p. 9, 16 et 17.
  3. « Pont Romain : Chemin : Rue Albert Maignan », sur openstreetmap.org, (consulté le 10 décembre 2016).
  4. Jean-Marie Foussard, « Un peu d'histoire : Patrimoine », sur Site officiel de la commune de Beaumont-sur-Sarthe, (consulté le 12 décembre 2016).
  5. « Notice Mérimée : Château (restes) de Beaumont-sur-Sarthe », sur Base Mérimée, (consulté le 8 décembre 2016).
  6. Robert Tiger, « Les fortifications de Beaumont », dans Robert Triger, Le Château et la ville de Beaumont-le-Vicomte pendant l'occupation Anglaise : 1417-1450, Mamers - Le Mans, Librairie-éditeur A. de Saint-Denis, (lire en ligne), p. 9 à 26.

Bibliographie

  • Alphonse-Victor Angot, « Les vicomtes du Maine », Bulletin de la Commission historique et archéologique de la Mayenne, no 30, , p. 180 à 232, 320-342, 404-424. (lire en ligne [PDF], consulté le 13 décembre 2016).
  • collectif - Cabinet Guillerminet – Coulaines (72), « Patrimoines architectural, socioculturel, et archéologique », dans Cabinet Guillerminet – Coulaines (72), PLU Beaumont-sur-Sarthe : Rapport de Présentation (pièce numéro 1), (lire en ligne [PDF]), p. 9, 16 et 17.
  • Collectif - Département de la Sarthe, Inventaire-Sommaire des archives départementales de la Sarthe : Série E (Féodalité, communes, bourgeoisie et famille. — Titres féodaux, titres de famille, Notaires et Tabellions, Communes et Municipalités, Corporations d'arts et métiers, Confréries et Sociétés laïques), , 132 p. (lire en ligne [PDF]).
  • Henri Renault Du Motey, Origines de la Normandie et du duché d'Alençon : Histoire des quatre premiers ducs de Normandie et des Talvas, princes de Bellême, seigneurs d'Alençon, de Sées, de Domfront, du Passais et du Saosnois ; précédée d'une Etude sur le diocèse de Sées au IXe siècle - de l'an 850 à l'an 1085., Paris, A. Picard, (lire en ligne).
  • Robert Tiger, « Les fortifications de Beaumont », dans Robert Triger, Le Château et la ville de Beaumont-le-Vicomte pendant l'occupation Anglaise : 1417-1450, Mamers - Le Mans, Librairie-éditeur A. de Saint-Denis, (lire en ligne), p. 9 à 26.
  • Robert Tiger, « Les invasions anglaises et la résistance : 1417-1430 », dans Robert Triger, Le Château et la ville de Beaumont-le-Vicomte pendant l'occupation Anglaise : 1417-1450, Mamers - Le Mans, Librairie-éditeur A. de Saint-Denis, (lire en ligne), p. 27 à.
  • R. Allen Brown, « Les châteaux féodaux. », dans R. Allen Brown, Y a-t-il une civilisation du monde plantagenêt ? : Actes du Colloque d'Histoire Médiévale. Fontevraud, 26-28 avril 1984., vol. 29e année (n°113-114), Cahiers de civilisation médiévale, (DOI 10.3406/ccmed.1986.2312, lire en ligne), p. 37 à 39.
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  • Jacqueline Soyer, « Cadastres romains et terroirs circulaires. », Dialogues d'histoire ancienne, vol. 10, , p. 330 et 331 (DOI 10.3406/dha.1984.1631, lire en ligne, consulté le 16 novembre 2016).
  • Querrien Armelle, « Parcellaires antiques et médiévaux du Berry. », Journal des savants, no 2, , p. 235 à 366. (DOI 10.3406/jds.1994.1580, lire en ligne, consulté le 16 novembre 2016).
  • J. N. Morellet, S. B. Barat et E. Bussière, Le Nivernois : Album historique et pittoresque, la bibliothèque de l'État de Bavière, (lire en ligne), p. 190 à 200.

Voir aussi

Liens externes

Articles connexes

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