Château de Wideville

Le château de Wideville est situé en France sur la commune de Crespières dans le département des Yvelines, en région Île-de-France, à 17 km à l'ouest de Saint-Germain-en-Laye.

Château de Wideville
Château de Wideville
Présentation
Type
Construction
Propriétaire
personne privée
Statut patrimonial
Localisation
Pays
Région
Département
Commune
Coordonnées
48° 52′ 19″ N, 1° 56′ 08″ E
Localisation sur la carte de France
Localisation sur la carte d’Île-de-France
Localisation sur la carte des Yvelines

Château de style Louis XIII, il est situé à la limite entre Crespières et Davron.

Le nom de Wideville est obscur, la phonétique correspond à celle de la langue d'oïl septentrionale (conservation du w). La graphie actuelle conservatrice est de type picard ou champenois. Dans la région, on attendrait un [g] initial caractéristique du français central (francien). Il peut s'agir d'une terre acquise à l'origine par un compagnon de Guillaume le Conquérant, Hugues de Wideville (attesté également sous les formes Udeville et Videville en 1366, Guideville en français central). Cette famille a fait souche en Angleterre.

Histoire

Le domaine de Wideville appartient au XVIe siècle à René de Longueil, marquis de Maisons, gouverneur de Saint-Germain. Le domaine est vendu en 1579 par les héritiers de Pierre Picquet, trésorier de la reine de Navarre, à Benoît Milon, premier intendant des finances d'Henri III puis gestionnaire des finances de la Ligue. Il y fait construire le château actuel sur l'emplacement d'un ancien manoir, de 1580 à 1584, selon les plans des « maisons des champs » de Jacques Androuet du Cerceau, issus de son Livre d'Architecture […] pour seigneurs, gentilshommes et autres qui voudront bastir aux champs. Le château est remanié en 1620 par Claude de Bullion, surintendant des finances de Louis XIII, qui fait redessiner et embellir les jardins en les agrémentant de fabriques. Un demi-siècle plus tard, Noël de Bullion agrandit le domaine et fait bâtir le colombier.

Au XVIIIe siècle parmi ses propriétaires célèbres, citons le duc d'Uzès (Jean-Charles de Crussol) (1675-1739) époux d'Anne Marguerite de Bullion, Adrienne Émilie Félicité de La Baume Le Blanc, duchesse de Lavallière et de Châtillon (1717-1797)[1].

Au XIXe siècle, Bonabes VI Louis Victurnien Alexis, marquis de Rougé (1778-1839). En 1870, le château est la propriété du Comte de Galard[2], qui y entreprend de sévères restaurations extérieures (ravalement des maçonneries) et intérieures (suppression de la vis, rénovations des peintures des solivages et faux enduits sur les murs et les voûtes), sous la direction de l'architecte Clément Parent (1823-1884), mais sans que soient modifiées les principales dispositions.

Au XXe siècle, en 1921, plusieurs éléments du mobilier du château sont vendus, notamment le triptyque du château de Pagny, apporté à Wideville par le duc d'Uzès, et acquis en 1945 par le musée de Philadelphie[3]. La baronne Antoinette Léonino (1894-1990) achète le château aux Galard avant 1930[4], fille du baron Emmanuel Leonino et de Berthe Juliette de Rothschild. Elle épousa en 1921 Gérard de Chavagnac (1884-1961), dont elle divorce. Elle doit fuir pendant la guerre, le domaine est occupé par les allemands[5].

Il est actuellement la propriété du couturier italien Valentino Garavani qui l'a racheté à l'homme d'affaires Jacky Setton.

Architecture

Isolé sur une plate-forme ceinte de fossés cantonné de petits bastions en brique qui rendaient inutiles les ailes en retour et le mur de clôture traditionnel, Wideville est composé d'un corps de logis unique animé d'un haut pavillon central et de deux petits pavillons latéraux aux extrémités des deux corps longitudinaux plus bas, formule héritée de Jacques Androuet du Cerceau.

Le plan de l'édifice s'apparente à ceux de Du Cerceau, dans la disposition symétrique des appartements (deux à chaque étage de part et d'autre des vestibules et des salles du pavillon central.

Il s'agit d'une élévation d'une grande simplicité. Les façades sont composées d'un parement en briques et les chambranles harpées des fenêtres sont en pierre blanche de Crespières. Le seul ornement réside dans la façade arrière avec deux travées de niches des tableaux laissés nus entre les baies. Elles avaient été garnies en 1630 des statues des quatre éléments de Jacques Sarrazin.

Les combles sont éclairés d'oculi à bossages chanfreinés, d'un type courant chez Du Cerceau. Ils alternent avec des lucarnes à fronton, à base interrompues et ailerons.

L'entrée se présente sous la forme d'un portique, au dessin proche de celui que Philibert de l'Orme réalisa en 1550 à Saint-Léger-en-Yvelines.

Intérieur

Le logis possède quatre cheminées sculptées, attribuées à Mathieu Jacquet (fin du XVIIe siècle), dont l'une présente une peinture de nature morte à personnage par Louise Moillon (vers 1633).

Les pièces du rez-de-chaussée sont ornées de poutrelles anciennes peintes par Simon Vouet.

Les escaliers à vis et montée droite possèdent des balustrades en bois.

Jardins

Vue des jardins de Wideville depuis le rez-de-chaussée du château.
Vue restituée en se plaçant devant le Nymphée de Wideville.
  • L'ermitage, datant du XVIIIe siècle, est orné de boiseries de style Louis XV.

Il ne reste des bâtiments des jardins anciens plus aucune trace, hormis la grotte, presque intacte, qui est le seul vestige visible. Les autres éléments ont été détruits, notamment en 1733.

  • À l'extérieur des douves était construite une galerie ouverte menant à une petite chapelle élevée pour Benoît Milon, décorée en 1584 de peintures de Toussaint Dubreuil (disparues).
  • Grotte artificielle, l'une des dernières existantes, édifiée entre 1635 et 1636 par l'italien Thomas Francine, intendant général des fontaines du roi, dans un style proche de la grotte du palais du Luxembourg (1630). Son décor intérieur est en mosaïque de pierres et de coquillages, et des sculptures de stuc encadrant un plafond peint par Simon Vouet (Le Parnasse au plafond, Jupiter et Antiope sur les voussures...), restauré de 1970 à 1976. Les sculptures en stuc sont de Jacques Sarrazin et Philippe de Buyster. Les grilles en fer forgé à décor floral en tôle martelée qui en ferment l'entrée et les trois baies d'ouvertures sont l'œuvre du serrurier parisien François Marchand (1636). Les murs sont décorés de coquillages et cristaux polychromes. Elle se présente sous la forme d'un petit bâtiment sur plan carré avec une façade en arc triomphal. Elle est recouverte de congélation. Elle se trouvait à l'origine au fond d'un nymphée qui était composé d'un enclos carré aux murs creusés sur leurs faces internes de niches, dans lesquelles étaient disposées des statues de dieux et de déesses réalisées par Philippe de Buyster. Ce nymphée, probablement construit par l'architecte Lemercier, enfermait en son centre un bassin carré. Détruit en 1819, seules sept statues ont été sauvées. Elles ornent aujourd'hui le tapis vert à l'entrée du château.

Références

  1. TRETON (Jacques) Histoire de Montainville en Pincerais (1998), p. 364.
  2. GRODECKI La construction de Wideville ...Bulletin Monumental (1978), t. 136, n°2, p. 158.
  3. Triptyque de Pagny, Philadelphie, Museum of Art
  4. PANGE (Jean Cte de) Journal 1931-1933 (1964), p. 352.
  5. DAVELUY (Marie Claire) Bibliographie de la Sté N.D. de Montréal … Revue d’histoire de l’Amérique française (1955), t.9(1), p. 147-148.

Voir aussi

Bibliographie

  • Château de Wideville. XVIIe siècle, dans Claude Sauvageot, Palais, châteaux, hôtels et maisons de France du XVe au XVIIIe siècle, A. Morel libraire éditeur, Paris, 1867, tome 3, p. 57-66 et planches
  • Marquis de Galard, Monographie du Château de Wideville, Librairie générale, 1879.
  • Hector de Galard, Wideville : histoire et description, Paris : Impr. de J. Claye, (lire en ligne)
  • Catherine Grodecki, « La construction du Château de Wideville », dans Bulletin monumental, 136, 1978, p.135-175.
  • Édouard-Jacques Ciprut, « La grotte du château de Wideville, sa date et son auteur », dans Bulletin de la Société de l’Histoire de Paris et de l’Ile-de-France, 92e année (1965), 1967, p.47-52.
  • Sous la direction de Jean-Marie Pérouse de Montclos, Guide du patrimoine Île-de-France, Hachette, Paris, 1992, p. 743-744 (ISBN 978-2-01-016811-6)
  • Louis Dimier, « Les fresques de Simon Vouet à Wideville », dans Gazette des Beaux-Arts, 1894, p.497-506. (Consulter en ligne).
  • Pierre Chaleix, « L'équipe de Jacques Sarrazin aux châteaux de Wideville et de Maisons », dans Bulletin de la Société de l'Histoire de l'art français, année 1966, 1967, p.121-126.
  • Marguerite Charageat, « Les châteaux de Wideville et de Maisons », dans Congrès archéologique de France, 103e session, Ile-de-France, Paris, A. Picard, 1944, p.182-200.

Article connexe

Liens externes

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