Chapelle royale de Dreux

La chapelle royale de Dreux ou chapelle royale Saint-Louis de Dreux est la nécropole de la famille d'Orléans. Elle est située dans l'enceinte du château de Dreux, dans le département français d'Eure-et-Loir.

Chapelle royale de Dreux
La chapelle royale Saint-Louis de Dreux.
Présentation
Type
Chapelle funéraire (d)
Diocèse
Style
Architectes
Construction
Religion
Statut patrimonial
Site web
Localisation
Adresse
Rue de Penthièvre, 28100 Dreux
Dreux, Eure-et-Loir
 France
Coordonnées
48° 44′ 18″ N, 1° 21′ 48″ E
Pour un article plus général, voir château de Dreux.

La chapelle royale fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [1].

Histoire

La collégiale Saint-Étienne du château de Dreux

À l'origine, Louis-Jean-Marie de Bourbon, duc de Penthièvre, contraint de laisser Rambouillet à Louis XVI, son cousin, qui lui a cédé le comté de Dreux en 1775, fait transférer de l'église de Rambouillet, le , les neuf cercueils renfermant les corps de ses parents, le comte Louis-Alexandre de Bourbon et son épouse Marie-Victoire de Noailles, de sa femme Marie-Thérèse-Félicité d'Este, princesse de Modène, de leur fils le prince de Lamballe, et de leurs cinq autres enfants morts en bas âge. Il choisit comme sépulture pour sa famille la collégiale Saint-Étienne du château de Dreux[2].

Révolution française et Empire

Le 3 septembre 1792, la princesse de Lamballe, belle-fille du duc de Penthièvre et grande amie de la reine Marie-Antoinette, est massacrée et mutilée par la foule parisienne et inhumée dans une fosse anonyme du cimetière des Enfants-Trouvés. Le duc de Penthièvre dépêche son valet Fortaire pour retrouver la dépouille de la princesse afin de la faire réinhumer en secret à Dreux, auprès des siens, mais en vain : les restes mortels ne sont pas retrouvés.

Dans la nuit du 6 au , le corps du duc, mort à Bizy le , est transporté et inhumé clandestinement à Dreux, entre le comte de Toulouse et sa femme. Le , afin de récupérer le plomb des cercueils, le caveau est violé, les corps en sont extraits et « jetés dans une fosse profonde de six pieds » dans le cimetière des chanoines, dont l'emplacement sera plus tard reconnu par Lefebvre et Cholet, anciens serviteurs des Bourbon-Penthièvre.

En , quatre ans après avoir été incarcérée à la prison du Luxembourg, Marie-Adélaïde de Bourbon, duchesse d'Orléans, dernière fille du duc, est expulsée de France ; le château et la collégiale, biens séquestrés depuis la mort de son père, sont confisqués au profit de la Nation et vendus, le , à un marchand de bois chartrain qui démolit le toit de l'église pour en récupérer les matériaux et, en 1801, revend le domaine à François Belois, maçon à Dreux, qui y demeure jusqu'en 1816.

Restauration

Le , la duchesse lui rachète le terrain, fait construire une chapelle par Claude-Philippe Cramail, architecte parisien, chargé dès de ce projet. Il ouvre le chantier début à l'emplacement de la fosse commune et la première pierre est posée le . Certains matériaux proviennent de la démolition de l'ancienne abbaye bénédictine de Coulombs, près de Nogent-le-Roi, et des ruines du château de la Ferté-Vidame. La duchesse fait de Saint-Louis de Dreux la sépulture de sa famille.

Louis-Philippe, roi des Français

Intérieur de la chapelle royale côté entrée.

À partir du printemps 1839, cette chapelle de style néogothique est agrandie par son fils, devenu le roi des Français Louis-Philippe Ier (en lieu et place de son cousin Charles X), qui y fixe la nécropole dynastique, d'où le surnom « Saint-Denis des Orléans », en référence à la nécropole historique des rois de France[3]. Victor Hugo narre la translation des restes des ancêtres de la famille le , à laquelle le roi lui-même a contribué.

La chapelle primitive de 1816 est alors complétée par des ajouts de style néo-gothique par l'architecte Pierre-Bernard Lefranc[1]. La sculpture prend une place importante dans ces travaux, qui participent à la fois de l'agrandissement et d'un changement de style[4]. Les sculpteurs Charles-François Nanteuil et Charles Émile Seurre donnent les moyen-reliefs représentant saint Ferdinand, saint Arnoult, sainte Adélaïde et sainte Amélie, sous la coupole, ainsi que les statues de saint Louis et saint Philippe au-dessus des autels latéraux. Louis Léopold Chambard et Jean-Marie Bonnassieux sculptent les tympans du transept avec l'Adoration des mages et la Résurrection, livrés en 1845. Chambard sculpte également les statues de saint Ferdinand et de sainte Adélaïde, à l'entrée de la chapelle de la Vierge. L'atelier de Michel Liénard et Émile Knecht produit toute la sculpture décorative, intérieure et extérieure, et le reste des bas-reliefs, ainsi que la nouvelle porte en chêne[5].

De 1843 à 1845, ses nombreuses fenêtres sont garnies de somptueux vitraux exécutés à la manufacture nationale de Sèvres, selon la technique de fabrication des verres teints dans la masse.

Les douze grandes fenêtres ogivales du transept sont ornées de vitraux représentant des saints sur fond « bleu de Sèvres », dont les cartons sont dessinés par Ingres, qui reproduisent à cette occasion quatre des vitraux qu'il avait exécuté pour l'ancienne chapelle funéraire de Neuilly, aujourd'hui église Notre-Dame-de-Compassion de Paris, en mémoire du prince Ferdinand, fils aîné de Louis-Philippe mort dans un accident en 1842[Note 1].

C'est Viollet-le-Duc qui dessine les pinacles gothiques encadrant chacun des douze personnages.

Huit autres vitraux illustrant la vie de Saint-Louis ornent la chapelle de la Vierge, dont trois devaient être détruits durant la Seconde Guerre mondiale. Les dessins sont d'Eugène Delacroix, Hippolyte Flandrin, Georges Rouget, Claudius Jacquand, Horace Vernet, Charles-Marie Bouton et Wattier.

Un orgue de tribune du facteur Aristide Cavaillé-Coll est installé en 1845 dans un buffet de 1614. La partie instrumentale est classée monument historique au titre d'objet en 1880[6],[7].

Seconde moitié du XIXe siècle

Durant la guerre franco-allemande de 1870, le lieutenant-colonel Henri de Beaurepaire-Louvagny chute du dôme, devenu poste d'observation de l'ennemi, et se tue[8].

La flèche de la chapelle de la Vierge, qui abrite une cloche, est détruite par la foudre en , et jamais reconstruite. La même année, Cavaillé-Coll modifie l'orgue installé en 1845 : il transforme certains jeux et répare la soufflerie[7].

XXe siècle

Le , lors de la libération de la ville par les Américains, des obus allemands endommagent le déambulatoire, détruisent trois des huit verrières sur la vie de Saint-Louis placées en 1843, ainsi que des sculptures et gisants.

Tout comme le château de Dreux, la chapelle appartient aujourd'hui à la Fondation Saint-Louis, suite à la donation faite par Henri d'Orléans (1908-1999), comte de Paris, descendant de Louis-Philippe, aîné des Orléans et prétendant au trône de France[9].

Dans la chapelle sont fréquemment célébrés de grands événements touchant à la famille d'Orléans, dont c'est toujours la nécropole. Récemment, par exemple, y ont lieu les obsèques d'Henri d'Orléans (1933-2019), comte de Paris, duc de France, ancien chef de famille, en présence de nombreux membres du Gotha, notamment la reine Sofia d'Espagne ou le prince souverain Albert II de Monaco, et présidées par le fils du défunt, Jean d'Orléans (1965), devenu l'actuel comte de Paris.

Vitraux

La chapelle

La totalité des vitraux est issue de la manufacture de Sèvres.

L'entrée

Quatre vitraux ornent l'entrée de la chapelle. La plupart ont pour origine des cartons de Charles-Philippe Larivière et d'Antoine Béranger. Sont représentées les scènes suivantes :

  • Sainte Adélaïde reine de Lombardie distribuant des aumônes aux pauvres, signé de Larivière et Béranger, au nord ;
  • La Vierge au pied de la Croix, au nord-ouest ;
  • Jésus au Jardin des Oliviers, au sud-ouest ;
  • Saint Arnoult évêque de Metz lavant les pieds des pèlerins de retour de Terre Sainte, au sud.

Le transept

Les cartons des vitraux du transept sont une réalisation de Jean-Auguste-Dominique Ingres :

Le déambulatoire

Au milieu du déambulatoire, la chapelle axiale de la Vierge présente, devant le groupe sculpté représentant Louis-Philippe debout et Marie-Amélie en orant, cinq vitraux illustrant la vie de saint Louis.

La crypte

Sépultures de la famille d'Orléans

En dehors du caveau inférieur (des Bourbon-Penthièvre), les sépultures des Orléans (numérotées de 1 à 64) se répartissent sur deux niveaux : le déambulatoire et la crypte.

Quelques vingt-cinq gisants ou statues ornent les plus anciennes de ces sépultures, réalisés par une quinzaine d'artistes dont les plus renommés ont obtenu plusieurs commandes : James Pradier (1792-1852), Aimé Millet (1819-1891), Antonin Mercié (1845-1916), Charles-Albert Walhain (1877-1936).

Déambulatoire (niveau -1)

Tout autour du tombeau du roi et de la reine des Français, les sépultures des membres de leur famille, sculptées sur un même modèle et disposées, à l'origine, dans le seul déambulatoire et selon la volonté du souverain.

Chapelle de la Vierge

1 et 2 - Au centre, tombeau double et monumental du couple royal, sculpté par Antonin Mercié en 1886, où reposent :

  • Marie-Amélie de Bourbon-Siciles (1782-1866), duchesse d'Orléans puis reine des Français, son épouse. Inhumée dans la chapelle Saint-Charles Borromée à Weybridge au Royaume-Uni, également transférée le dans la nécropole des Orléans. La reine est figurée en priante.

3 et 4 :

  • Hélène de Mecklembourg-Schwerin (1814-1858), duchesse d'Orléans, son épouse. Inhumée dans la chapelle Saint-Charles Borromée à Weybridge au Royaume-Uni, transférée le dans la nécropole des Orléans. Étant de religion réformée, elle ne repose pas dans l'enceinte de la chapelle principale (rite catholique) mais dans la minuscule chapelle annexe, voisine du bâtiment principal et affectée au culte protestant. Une ouverture a été pratiquée dans le mur de la chapelle de la Vierge de manière à faire communiquer sa sépulture, ainsi rendue visible, avec celle de son mari. Tombeau orné d'une sculpture d'Henri Chapu, qui la figure le bras dirigé vers le gisant de son époux.

5 - Marie-Clémentine de Habsbourg (1798-1881), princesse de Salerne, épouse de Léopold de Bourbon-Siciles, mère de Marie-Caroline de Bourbon-Siciles, duchesse d'Aumale (belle-fille de Louis-Philippe, numéro 16, qui suit). Inhumée dans la basilique Santa Chiara de Naples en Italie, réinhumée des années plus tard dans la nécropole des Orléans (auxquels elle est restée très liée sa vie durant), bien que n'appartenant pas directement à la maison d'Orléans. Gisant de Charles Joseph Lenoir.

6 - Adélaïde d'Orléans (1777-1847), mademoiselle de Chartres, sœur cadette de Louis-Philippe. Gisant d'Aimé Millet.

7 - Marie-Adélaïde de Bourbon (1753-1821), duchesse d'Orléans, fille de Louis-Jean-Marie de Bourbon et de Marie-Thérèse-Félicité d'Este, épouse (séparée) de Louis-Philippe d'Orléans, dit Philippe Égalité[10], et mère de Louis-Philippe Ier. Gisant de Jean-Auguste Barre. Son tombeau contient également les restes mortels de sa famille, les Bourbon-Penthièvre (voir plus bas).

Déambulatoire Nord

8 - Bathilde d'Orléans (1750-1822), princesse de Condé, duchesse de Bourbon, dite « citoyenne Vérité » sous la Révolution, sœur de Philippe Égalité et tante de Louis-Philippe Ier. Inhumée, non avec son époux, le prince de Condé (dont elle était séparée et qui repose à Saint-Denis), mais dans la nécropole des Orléans.

9 et 10 :

  • Philippe d'Orléans (1838-1894), comte de Paris, petit-fils aîné de Louis-Philippe Ier. Contraint à un nouvel exil à partir de 1886, inhumé dans la chapelle Saint-Charles Borromée à Weybridge, transféré en 1958.
  • Marie-Isabelle d'Orléans (1848-1919), comtesse de Paris, sa femme. Inhumée dans la chapelle Saint-Charles Borromée à Weybridge, transférée en 1958.

11 - Philippe d'Orléans (1869-1926), duc d'Orléans, fils aîné des précédents. Contraint à l'exil, mort à Palerme en Italie, transféré dans la chapelle royale de Dreux en 1931. Gisant de Maxime Real del Sarte.

12 - Tombeau resté vide, destiné par les Orléans à la duchesse d'Orléans (épouse du précédent), qui attend toujours la dépouille de cette princesse[11].

13 - Ferdinand d'Orléans (1884-1924), duc de Montpensier, fils de Philippe d'Orléans, comte de Paris (numéro 9). Il repose ici sans sa veuve (remariée).

14 - Victoire de Saxe-Cobourg-Kohary (1822-1857), duchesse de Nemours, belle-fille de Louis-Philippe Ier. Inhumée dans la chapelle Saint-Charles Borromée à Weybridge, transférée en 1979. La sépulture de son époux n'est pas immédiatement voisine puisque le duc de Nemours repose dans le déambulatoire Sud (tombeau 26).

15 et 16 :

17 - François d'Orléans (1854-1872), duc de Guise, fils du duc d'Aumale (qui précède). Inhumé dans la chapelle Saint-Charles Borromée à Weybridge, transféré en 1876.

18 - Louis d'Orléans (1845-1866), prince de Condé, fils du duc d'Aumale (numéro 15). Inhumé dans la chapelle Saint-Charles Borromée à Weybridge, transféré en 1876[12].

19 et 20 - Dans un tombeau double, les corps de cinq enfants du duc d'Aumale (numéro 15) : Henri (1847-1847), une fille (1849-1849), deux enfants morts-nés en 1861 et 1864, et François-Paul (1852-1852). Inhumés dans la chapelle Saint-Charles Borromée à Weybridge, transférés en 1876.

21 - Ferdinand d'Orléans (1859-1873) et son frère Louis d'Orléans (1867-1874), infants d'Espagne, fils du duc de Montpensier (devenu infant d'Espagne par mariage et auteur de la branche espagnole de la famille d'Orléans) et petits-fils de Louis-Philippe Ier. Décédés et inhumés en France pendant l'exil de leur père de son pays d'adoption. Sur la sépulture commune, gisant (de Ferdinand) d'Aimé Millet.

22 - Petit tombeau commun à Charles d'Orléans (1875-1875) et à Jacques d'Orléans (1880-1881), enfants de Philippe d'Orléans, comte de Paris (numéro 9). Statue les représentant tels des angelots au pied de la Croix de Louis Julien, marbre par Franceschi.

23 - Devant le tombeau 22, sur un socle, le cénotaphe de Louis d'Orléans (1867-1874), enterré avec son frère (numéro 21). Il a inspiré à Aimé Millet la figure célèbre de l'Enfant voilé.

24 - Charles d'Orléans (1820-1828), duc de Penthièvre, fils de Louis-Philippe Ier. Gisant de James Pradier.

Déambulatoire Sud

25 - Françoise d'Orléans (1816-1818), mademoiselle de Montpensier, fille de Louis-Philippe Ier. Petit gisant de James Pradier.

26 - Louis d'Orléans (1814-1896), duc de Nemours, fils de Louis-Philippe Ier. Gisant de Daniel Campagne. La sépulture de son épouse (transférée à Dreux en 1979 seulement) n'est pas immédiatement voisine puisque la duchesse de Nemours repose dans le déambulatoire Nord (tombeau 14).

27 et 28 :

29 et 30 :

31 - Petit tombeau commun à un fils mort en bas-âge du prince et de la princesse de Joinville (qui précèdent) et à un fils mort en bas-âge du duc et de la duchesse de Chartres (numéros 40 et 41).

32 et 33 - Dans un tombeau double :

34 - Pierre d'Orléans (1845-1919), duc de Penthièvre, petit-fils de Louis-Philippe Ier.

35 - Sophie d'Orléans (1898-1928), fille du duc de Vendôme (qui suit). Gisant de Charles-Albert Walhain.

36 et 37 - Dans un tombeau double :

38 - Robert d'Orléans (1866-1885), fils cadet du duc et de la duchesse de Chartres (numéros 40 et 41).

39 - Henri d'Orléans (1867-1901), troisième fils du duc et de la duchesse de Chartres (qui suivent). Gisant d'Antonin Mercié.

40 et 41 :

42 - Marie d'Orléans (1813-1839), duchesse de Wurtemberg, fille de Louis-Philippe Ier. Morte à Pise et enterrée, non auprès de son mari, le duc de Wurtemberg, mais dans la nécropole des Orléans. Gisant d'Hector Lemaire. Elle a sculpté l'Ange de la résignation qui surplombe son tombeau.

Crypte (niveau -2)

En raison de la saturation du déambulatoire de la chapelle royale, c'est désormais dans la crypte exclusivement que sont inhumés les membres de la famille d'Orléans. Elle se divise en trois salles, dont une circulaire, reliées par des galeries. La crypte peut encore accueillir quelques sépultures.

Crypte circulaire centrale

Entourée de galeries, la grande salle circulaire, la plus vaste, a été réaménagée dans les années 1950 et affectée par Henri d'Orléans (1908-1999), comte de Paris, aîné des Orléans et chef de maison (fils et successeur du duc de Guise, numéro 32 dans le déambulatoire), à la sépulture de ses descendants.

Face entrée crypte circulaire (au milieu de la galerie occidentale, sous la nef) :

43 - Tombeau moderne en pierre de Thibaut d'Orléans (1948-1983), comte de la Marche, fils d'Henri d'Orléans (1908-1999), comte de Paris[15] (numéro 50).

Située sous le transept, la crypte circulaire elle-même abrite douze tombeaux individuels modernes en marbre, disposés en cercle, dont sept libres. Dos à la galerie, de gauche à droite :

44, 45, 46, 47, 48 : inoccupés.

49 - François d'Orléans (1961-2017), dauphin de France, comte de Clermont, petit-fils aîné d'Henri d'Orléans (1908-1999), comte de Paris (qui suit).

50 - Henri d'Orléans (1908-1999), comte de Paris.

51 - François d'Orléans (1935-1960), duc d'Orléans, fils du précédent[16]. Mort pour la France.

52 - Isabelle d'Orléans-Bragance (1911-2003), comtesse de Paris, épouse d'Henri d'Orléans (1908-1999), comte de Paris (numéro 50).

53 - Henri d'Orléans (1933-2019), comte de Paris, duc de France, fils aîné de la précédente et d'Henri d'Orléans (1908-1999), comte de Paris (numéro 50).

54, 55 : inoccupés.

Petite crypte Nord

Au Nord de la galerie occidentale, cette petite salle se situe sous la chapelle Sainte-Adélaïde. Elle a d'abord été affectée, après leur exil, à la sépulture de membres de la famille d'Orléans-Bragance, branche cadette et brésilienne de la maison d'Orléans issue de Gaston d'Orléans (1842-1922), comte d'Eu devenu prince brésilien, époux de la princesse Isabelle du Brésil (1846-1921) et petit-fils de Louis-Philippe Ier. Les tombes sont sculptées sur le modèle de celles du déambulatoire. Depuis 1986, la crypte Nord abrite le cénotaphe du frère cadet du roi des Français.

56 - Au centre, sur un socle de marbre, cénotaphe d'Antoine d'Orléans (1775-1807), duc de Montpensier, frère de Louis-Philippe Ier. Exilé avec la Révolution, inhumé dans l'abbaye de Westminster pendant l'Empire. Copie par Trouchaud du gisant de Westmacott ramenée du château de Versailles pour être placée dans la chapelle en 1986[17].

57 - Antoine d'Orléans-Bragance (1881-1918), fils de l'ancienne princesse régente Isabelle du Brésil et de Gaston d'Orléans, comte d'Eu. Prince brésilien mort en exil en Europe, en servant dans l'armée anglaise.

58 et 59 - Dans un tombeau double :

  • Louis d'Orléans-Bragance (1878-1920), prince impérial de Brésil, fils de l'ancienne princesse régente Isabelle du Brésil et de Gaston d'Orléans, comte d'Eu. Mort en exil en Europe, comme son frère (qui précède). Gisant de Jean Magrou.
  • Marie-Pie de Bourbon-Siciles (1878-1973), princesse impériale de Brésil, son épouse. Pas de gisant, contrairement à son mari, auprès duquel une place lui avait été réservée.

60 - Louis Gaston d’Orléans-Bragance (1911-1931), petit-fils de l'ancienne princesse régente du Brésil et de Gaston d'Orléans, comte d'Eu. Ce prince brésilien repose auprès de ses parents (qui précèdent), en France.

61 - Petit tombeau moderne en marbre de Louis-Philippe d'Orléans (1979-1980), fils mort au berceau du comte de la Marche (numéro 43)[18].

Petite crypte Sud

Au Sud de la galerie occidentale, cette petite salle se situe sous la chapelle Saint-Arnould. Seuls deux défunts y reposent. Elle a d'abord été affectée à la sépulture de Charles-Philippe d'Orléans (1905-1970), duc de Nemours, dernier descendant mâle de la branche puînée de la maison d'Orléans issue de Ferdinand d'Orléans (1844-1910), duc d'Alençon, lui-même petit-fils de Louis-Philippe Ier. Depuis 1986, la crypte Sud abrite le cénotaphe du frère puîné du roi des Français.

62 - Au centre, sur un socle de marbre, cénotaphe de Louis-Charles d'Orléans (1779-1808), comte de Beaujolais, frère de Louis-Philippe Ier. Exilé avec la Révolution, mort à Malte et inhumé en la chapelle de Notre-Dame de Liesse pendant l'Empire, puis transféré en 1843 dans la chapelle de France de la Co-cathédrale Saint-Jean de La Valette. Gisant de Pradier (copie par lui-même) ramené du château de Versailles pour être placé dans la chapelle en 1986[19].

63 et 64 - Dans un tombeau double ancien (redisposé dans cette crypte et réemployé) :

  • Charles-Philippe d'Orléans (1905-1970), duc de Nemours, fils d'Emmanuel d'Orléans, duc de Vendôme (numéro 36 dans le déambulatoire). De son côté du tombeau sont sculptées les armoiries d'Orléans, mais pas de plaque indiquant son nom ni celui de son épouse.
  • Marguerite Watson (1899-1993), duchesse de Nemours, sa femme[20]. Sculptées à ses pieds, les armoiries impériales du Brésil ; en effet, ce sont Gaston d'Orléans (1842-1922), comte d'Eu devenu prince brésilien (petit-fils de Louis-Philippe Ier), et son épouse, la princesse régente Isabelle du Brésil (1846-1921), qui ont d'abord reposé dans le sarcophage (avant que leurs dépouilles soient rapatriées au Brésil[21]).

Sépultures des Bourbon-Penthièvre

Tombeau de la duchesse d'Orléans

Le tombeau de Marie-Adélaïde de Bourbon (gisant n° 7, dans la chapelle de la Vierge), fille du duc de Penthièvre et mère de Louis-Philippe Ier, contient aussi un reliquaire renfermant les restes mortels des Bourbon-Penthièvre, ses grands-parents, parents, ses frères et sa sœur :

Manquent les restes mortels de la belle-sœur de Marie-Adélaïde de Bourbon, la princesse de Lamballe, massacrée et mutilée par la foule parisienne en 1792, inhumée dans une fosse anonyme au cimetière des Enfants-Trouvés.

Caveau inférieur, sous la crypte principale (niveau -3)

Couloir d'entrée

Ici a été installée la sépulture de Louis François Joseph de Bourbon (1734-1814), dernier prince de Conti, beau-frère du duc de Penthièvre et grand-oncle de Louis-Philippe Ier. Veuf de Marie-Fortunée d'Este (grand-tante du roi des Français) ; fils de Louis-François de Bourbon, prince de Conti, et de Louise-Diane d'Orléans (elle-même fille du régent Philippe d'Orléans, dont le coeur est conservé dans le caveau inférieur de la chapelle royale), le prince de Conti est mort exilé à Barcelone pendant l'Empire. Sur ordre du roi Louis-Philippe, avant la démolition de l'église Saint-Michel où il avait été inhumé durant l'émigration, la sépulture de Conti est transférée à Dreux. C'est le consul de France, Ferdinand de Lesseps, qui a été chargé de faire procéder à l'exhumation du corps, ensuite embarqué sur le Lavoisier, transporté à Dreux et réinhumé le 2 avril 1844.

Caveau des reliques

Quatre niches contenant des urnes qui renferment les reliques suivantes :

  • le cœur de Philippe d'Orléans (1674-1723), duc d'Orléans, régent de France pendant la minorité du futur Louis XV et trisaïeul de Louis-Philippe Ier[22].

Ancien caveau Penthièvre

Cénotaphes de Louis-Jean-Marie de Bourbon (1725-1793), duc de Penthièvre (grand-père maternel de Louis-Philippe Ier), ainsi que des membres de sa famille, les Bourbon-Toulouse ou Bourbon-Penthièvre.

Couloir de sortie

À l'écart des autres tombes, la discrète sépulture de Jacques-Marie Rouzet (1743-1820), comte de Folmon. Inhumé à Dreux selon la volonté de sa maîtresse, la duchesse d'Orléans, née Bourbon-Penthièvre (mère de Louis-Philippe Ier).

Notes et références

Notes

  1. Les quatre cartons réinterprétés sont : saint Louis, saint Ferdinand de Castille, sainte Amélie reine de Hongrie, saint Philippe l'apôtre.
  2. Il s'agit de la seconde version de cette œuvre, réalisée en 1910. La première, sculptée par Barrias en 1904, aujourd'hui exposée au musée d'art et d'histoire de Dreux, a été jugée trop dramatique par son réalisme, Sophie-Charlotte en Bavière ayant été brûlée vive dans l'incendie du bazar de la Charité

Références

  1. « Domaine de la chapelle royale Saint-Louis », notice no PA00097097, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Édouard Lefèvre, Documents du comté et la ville de Dreux, p. 190.
  3. Contrairement à l'empereur Napoléon, puis à son neveu Napoléon III (qui d'ailleurs ne devaient ni l'un ni l'autre y reposer), Louis-Philippe ne songea pas à faire aménager un caveau destiné à recevoir sa sépulture dans l'ancienne nécropole royale, où Louis XVIII avait été le dernier souverain inhumé (au contraire de son frère Charles X, mort en exil, inhumé à l'étranger, avec les derniers Bourbons de la branche aînée).
  4. Eustache de Rotrou, Dreux, ses antiquités, chapelle Saint-Louis : abrégé historique de cette ville et de son comté, Dreux, Lacroix, , 127 p. p. (lire en ligne), à partir de la p. 93
  5. Arch. nat., 300 AP I 1563.
  6. « Orgue de tribune », notice no PM28000969, base Palissy, ministère français de la Culture.
  7. « Orgue de tribune : partie instrumentale de l'orgue », notice no PM28000296, base Palissy, ministère français de la Culture.
  8. Voir la plaque apposée à l'intérieur de la chapelle en souvenir de cet accident.
  9. Depuis l'extinction, en 1883 (avec la mort du comte de Chambord), de la branche aînée des Bourbons, les Orléans (branche cadette) revendiquent, non seulement l'héritage du roi des Français Louis-Philippe, mais encore la succession des Bourbons, rois de France et de Navarre du XVI au XVIIIème siècles puis de 1815 à 1830.
  10. Philippe Égalité a été guillotiné à Paris le 6 novembre 1793, son corps inhumé au cimetière de la Madeleine à Paris : le duc n'a pas de sépulture. À l'emplacement du cimetière a été bâtie, sous la Restauration, la Chapelle expiatoire, en souvenir du roi Louis XVI et de la reine Marie-Antoinette, décapités en 1793 et enterrés en ce même lieu (mais dont les dépouilles, retrouvées, sont aujourd'hui à la basilique Saint-Denis).
  11. Séparée de son époux, et morte sans descendance, la duchesse d'Orléans a été inhumée par sa famille, les Habsbourgs, dans la crypte de la chapelle du château d'Alcsút (hu), en Hongrie, où elle est décédée et où sa dépouille se trouve toujours.
  12. Depuis 1885, l’urne contenant le cœur du prince de Condé est placée dans la chapelle de la demeure héritée par son père des Condé, le château de Chantilly, aux côtés des coeurs des autres princes de ce nom.
  13. « Statue : gisant de la duchesse d'Alençon », notice no PM28000998, base Palissy, ministère français de la Culture
  14. http://www.noblesseetroyautes.com/deces-dhenryane-de-chaponay/
  15. Sa sépulture se situe donc non loin, mais en dehors de la crypte circulaire (dans une grande niche réaménagée dans la galerie occidentale), sur décision du comte de Paris qui considérait que, s'étant marié sans son consentement, son fils s'était exclu (ainsi que sa descendance) de la dynastie. Devenu chef de maison (après le décès de leur père), Henri d'Orléans (1933-2019), comte de Paris, duc de France, avait projeté de faire réinhumer son frère Thibaut dans ladite crypte circulaire. Le transfert de sépulture n'a pas été opéré.
  16. Selon leurs volontés, le comte de Paris et sa femme (qui suit) reposent de part et d'autre de la sépulture de leur fils François.
  17. J. Lelièvre, La chapelle royale de Dreux, SAEP édition, 1986. Une autre copie de ce gisant se trouve dans la nef de la chapelle néo-classique du château de Randan (1831), domaine auvergnat d'Adélaide d'Orléans (sœur du duc de Montpensier) de 1821 à 1847.
  18. Exclu, comme son père, de la crypte circulaire, sur la volonté de son grand-père Henri d'Orléans (1908-1999), comte de Paris, cet enfant repose auprès des Orléans-Bragance (famille de sa grand-mère), à quelques mètres de son père, le prince Thibaut. Devenu chef de maison (après le décès de leur père), Henri d'Orléans (1933-2019), comte de Paris, duc de France, avait projeté de faire réinhumer son frère Thibaut ainsi que son neveu Louis-Philippe dans ladite crypte circulaire. Ce transfert des sépultures n'a pas été opéré.
  19. J. Lelièvre, La chapelle royale de Dreux, SAEP édition, 1986. Une autre copie de ce gisant se trouve dans la nef de la chapelle néo-classique du château de Randan (1831), domaine auvergnat d'Adélaide d'Orléans (sœur du comte de Beaujolais) de 1821 à 1847.
  20. Cette union, restée stérile, n'avait pas reçu l'approbation du duc de Guise, alors prétendant au trône et chef de la famille d'Orléans.
  21. Installés en Normandie, au château d'Eu, pendant leur exil, le comte d'Eu et son épouse, l'ancienne princesse régente du Brésil, ont été enterrés en France. En 1953, leurs dépouilles devaient être transférées dans la cathédrale de Rio de Janeiro, puis enfin, en 1971, dans celle de Petrópolis, leur place définitive.
  22. Ce cœur, porté à la chapelle Sainte-Anne (ou « chapelle des cœurs », embaumés, des rois de France) de l'église du Val-de-Grâce a été sauvé de la profanation de 1793.

Voir aussi

Bibliographie

  • Chanoine Martin, Dreux. La Chapelle royale Saint-Louis, sépulture de la famille d'Orléans - son origine - son histoire - sa description, 1930
  • Jean Lelièvre, Dreux, la chapelle royale
  • Éphéméride de la Maison de France de 1589 à 1848
  • Stéphane Bern et Alexis Robin, Vallée royale de l'Eure, de Chartres à Rouen, éd. Sagamédias, 2017

Articles connexes

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