Charles Peignot

Charles Armand Peignot, né le à Paris (6e arrondissement)[1] et mort le dans la même ville, est un fondeur de caractères français, gérant, de 1952 à 1974, de la fonderie Deberny et Peignot créée par son père, fondateur de la revue Arts et métiers graphiques et de l'Association typographique internationale (ATypI).

Pour les articles homonymes, voir Peignot.
Charles Peignot
Biographie
Naissance
Décès
(à 86 ans)
Paris
Sépulture
Nationalité
Activités
Père
Mère
Suzanne Peignot (d)
Fratrie
Colette Peignot
Madeleine Peignot (d)
Geneviève Peignot (d)
Conjoints
Enfants

Biographie

Il est le fils de Georges Peignot (1872-1915), gérant de la fonderie G. Peignot et Fils, fleuron de la typographie française de l'époque, d'où sont issus de nombreux caractères en usage au début du XXe siècle et au-delà. Charles Peignot entre dans l'entreprise familiale en 1919, après la mort, en 1915, de son père.

En 1923, la société Deberny et Peignot est fondée à la suite de la fusion avec la société Girard et Cie qui détient les matrices de la société Deberny. Directeur artistique de 1923 à 1939, Charles Peignot en devient directeur général, de 1952 à 1974, où l'entreprise devra fermer ses portes. Il travaille avec Cassandre, auteur des polices Bifur (1928), Acier noir (1936) et Peignot (1936).

En 1952, il fait entrer dans l'entreprise Adrian Frutiger, concepteur de polices et directeur artistique. Il s'intéresse à l'évolution du métier, constate l'inéluctable disparition du plomb et se lance, dès 1954, dans le développement de la photocomposition. Escomptant surtout les possibilités qu'elle offre en termes de création, il achète les droits d'une photocomposeuse inventée par des ingénieurs français, la Lumitype, et tente de la fabriquer en série. Mais des difficultés financières l'en empêchent et la fonderie disparaît en 1974.

Charles Peignot était surtout intéressé par la revue Arts et métiers graphiques (AMG), qu'il avait créée en 1927 et qu'il édita jusqu'en 1939. En 1957, il est à l'origine de l'Association typographique internationale.

Sa sœur, Colette Peignot (1903-1938), est connue pour son œuvre littéraire douloureuse et fulgurante (sous le pseudonyme de Laure, que lui avaient donné Michel Leiris et Georges Bataille). La première épouse de Charles, Suzanne Peignot, cantatrice, égérie de Francis Poulenc, lui donna trois enfants (dont Jérôme Peignot, écrivain, poète, et spécialiste de la typographie). Il se remarie en 1936 avec l'actrice Emmy Lynn.

Il est décrit par Georges Bataille, dans La vie de Laure, comme un fêtard adepte « des orgies parisiennes (…) dont on m'avait parlé bien des fois ». Il semble qu'il se soit assagi après son second mariage : « Il est certain que mon ex-beau-père a organisé chez lui des parties carrées, mais seulement jusqu'en 1932 (sic). Cette année-là, il a épousé l'actrice Emmy Line (sic) qui lui a mis le grappin dessus parce qu'elle voulait s'embourgeoiser »[2].

Prix Charles-Peignot

Le prix Charles-Peignot for Excellence in Type Design est un prix international destiné à récompenser un créateur de caractères typographiques de moins de 35 ans pour son apport significatif à cette discipline. Depuis 1982, il est décerné tous les quatre ou cinq ans, par un jury de membres de l'Association typographique internationale (ATypI).

Sources

  • (fr) (en) (de) Friedrich Friedt, Nicolaus Ott et Bernard Stein, Typographie : quand, qui, comment ; Typographie : wann, wer, wie ; Typography : when, who, how, Cologne, Könemann, , 592 p. (ISBN 3-89508-473-5).
  • (fr) Alan Marshall (préf. Henri-Jean Martin), Du plomb à la lumière. La Lumitype-Photon et la naissance des industries graphiques modernes, Paris, éd. MSH, , 427 p. (ISBN 2-7351-1009-5, présentation en ligne).

Notes et références

  1. Archives numérisées de l'état civil de Paris, acte de naissance no 6/3175/1897, avec mention marginale du décès (consulté le 31 août 2012).
  2. Alicia Dujovne Ortiz, Dora Maar, prisonnière du regard, Grasset, , chapitre 1

Lien externe

  • Portail de l’écriture
  • Portail de l’édition
Cet article est issu de Wikipedia. Le texte est sous licence Creative Commons - Attribution - Sharealike. Des conditions supplémentaires peuvent s'appliquer aux fichiers multimédias.