Commission Parent

La Commission royale d'enquête sur l'enseignement dans la province de Québec, mieux connue sous le nom de commission Parent, est une commission royale d'enquête qui a fait état de la situation de l'éducation au Québec dans les années 1960. Son rapport, le rapport Parent, est publié en 3 tomes, répartis sur 5 volumes[1], en 1963-1964. Il suggère diverses réformes du système d'éducation québécois en proposant notamment :

Historique

La commission Parent, du nom de son président Mgr Alphonse-Marie Parent, est formée le par le gouvernement Jean Lesage[2],[3]. La commission naît dans la foulée de la vision idéologique de « rattrapage » lors de la Révolution tranquille instaurée par le nouveau gouvernement libéral et Paul Gérin-Lajoie, qui deviendra le premier ministre de l'éducation[4].

Rapport

La commission souligne dans son rapport des problèmes rencontrés par le système d'éducation québécois et fournit des pistes de solutions pour régler ces problèmes.

Le rapport s'appuie principalement sur quelques postulats tels le droit à l'éducation, la portée sociale de l'éducation, l'idée qu'elle doit être complète et la nécessité d'avoir des éducateurs cultivés.

Le rapport conduit à la création du ministère et du conseil supérieur de l'éducation en 1964, de l'école polyvalente et des cégeps en 1967. Il entraîne également une réforme de l'école primaire ainsi que de l'enseignement professionnel et technique.

Dans le but d'assurer le financement de l'éducation, sa démocratisation et la permanence de ses structures, le rapport a recommandé la création d'un ministère de l'éducation, responsable devant les citoyens, de la conception et de la gestion des programmes de formation, du contrôle de la qualité de l'instruction et de la délivrance des titres et des diplômes. Le conseil supérieur de l'éducation doit pour sa part remplir une fonction de veille quant au développement de l'éducation au Québec et un rôle de conseil auprès du ministère de l'Éducation du Québec. Il donne son avis sur toute question qui lui est soumise par cet organisme. Il peut également mener des études sur tout sujet d'intérêt pour l'éducation dans la province.

Le rapport redéfinit les fondements pédagogiques et la structure organisationnelle de l'école primaire, qui devient publique et gratuite, et recommande l'expansion des classes d'éducation maternelle. Cette nouvelle école, comme l'ensemble du système éducatif, est prise en charge par l'État. Quant au principe du respect du stade de développement de l'enfant et de son rythme d'apprentissage, à la base de cette réforme, il est inspiré par la psychologique génétique, notamment dans sa version piagétienne.

On propose de remplacer les différents collèges fournissant la formation de la septième année de scolarité à la douzième, qui sont présents sous plusieurs formes : collège classique masculin ou féminin, école d'infirmière, par une seule école secondaire polyvalente, encloisonnant tous ces programmes en un seul établissement. Il devait être possible à la suite de la formation dans ces écoles polyvalentes, de pouvoir accéder tant à l'université qu'à la formation technique. En désirant l'accessibilité de cet échelon, on tente la démocratisation des collèges classiques.

On crée dans le rapport un nouvel échelon, que l'on appellera CÉGEP. Ceux-ci seront décrits comme des institutions et auront la tâche de terminer l'éducation à la culture seconde, pour les cours préuniversitaires, ainsi que de réaliser l'enseignement technique qui avait commencé avec l'introduction aux humanités dans le cadre de l'école secondaire. On note encore la volonté de créer une communauté éducative par la création d'un seul cheminement, dans un seul établissement.

Finalement, le rapport propose une réforme des universités permettant leur démocratisation. De plus, il recommande que celles-ci reçoivent suffisamment de fonds pour pouvoir soutenir et promouvoir l'évolution des sciences et des connaissances de la société. On recommande également qu'elles pourvoient à la création des éducateurs.

Le rapport propose que la gratuité scolaire soit étendue à l'université sur le long terme. Le gel des frais de scolarité était une mesure transitoire établie dans l'optique de l'élimination complète de ces frais.

Membres

Alphonse-Marie Parent (président)

Gérard Filion (vice-président)

Paul La Roque

David Munroe

Soeur Marie-Laurent de Rome

Jeanne Lapointe

John McIlhone

Guy Rocher

Arthur Tremblay (membre-adjoint)

Influences

L'influence de la commission et du rapport Parent ont été et sont encore commentés régulièrement par plusieurs intervenants.

Selon le sociologue et corédacteur du rapport Parent Guy Rocher, le rapport a eu un impact durable sur l'évolution sociale du Québec :

« Si le Rapport Parent demeure un essentiel référent de l'évolution sociale du Québec, c'est qu'il a incarné une double aspiration de son époque : celle de l'entrée du Québec dans la modernité et celle de la démocratisation de la société québécoise »

 Guy Rocher, Un bilan du Rapport Parent: vers la démocratisation[5]

Notes et références

Bibliographie

 : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Le rapport Parent, 5 tomes (1963-1964), sur Les classiques des sciences sociales
  • Yves Lenoir, « Le «rapport Parent», point de départ de l’ancrage de l’école québécoise dans la logique anglophone nord‐américaine », Canadian Journal of Education, vol. 28, no 4, , p. 638-668 (lire en ligne)
  • Guy Rocher, « Un bilan du Rapport Parent: vers la démocratisation », Bulletin d'Histoire politique, Montréal, L'Association québécoise d'histoire politique et Lux Éditeur (édition numérique : Les classiques des sciences sociales), vol. 12, no 2, , p. 117-128 (lire en ligne)

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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