Cote R

La cote de rendement au collégial, aussi appelée cote R, est une méthode statistique utilisée au Québec visant à mesurer la performance des étudiants de niveau collégial en vue de leur admission dans un programme contingenté à l'université.

Avant 1995, la cote Z était la mesure utilisée par les universités afin de départager les candidats dans les programmes universitaires contingentés. La cote R fut créée afin d'éliminer le désavantage qui existait à faire partie d'un groupe d'étudiants forts. Celle-ci consistait alors à ajuster la cote Z avec un indice de force du groupe. À l'automne 2017, la formule de la cote R fut modifiée[1] afin de tenir compte de l'homogénéité des étudiants d'un groupe à l'évaluation.

Le calcul de la cote R est conçu de manière à être le plus équitable possible entre les étudiants de la province. Contrairement à certaines croyances populaires, il n'existe aucune façon d'améliorer sa cote R en choisissant son Cégep ou son professeur.

La cote R se situe sur une échelle allant de 0 à 50. La plupart des cotes R se situent entre 15 et 35, des notes dans la moyenne méritant autour de 25.

Utilité de la cote R

La cote de rendement au collégial est un critère de sélection dans la plupart des programmes universitaires (qui sont contingentés) au Québec.

Généralement, les candidats sont admis en ordre décroissant de cote R. La cote R du dernier étudiant admis dans chaque programme contingenté est publiée par les universités chaque session, fournissant ainsi une indication de la cote R minimale à viser pour un étudiant désirant s'inscrire à l'un de ces programmes.

Certains programmes hautement contingentés, comme les doctorats en médecine et en pharmacie, sélectionnent également les étudiants sur d'autres critères en plus de la cote R.

Voici une liste de quelques programmes contingentés dans la plupart des universités québécoises les offrant.

Cote R du dernier étudiant admis dans les programmes les plus contingentés

Ces cotes R sont un indice des chances d’être admis dans les programmes. Les cotes R varient d’une année à l’autre en fonction du nombre de demandes et de places offertes. D’autres critères de sélection (tests, auditions, production médiatique, entrevues…) peuvent valoir autant que le dossier.

Par université

Université de Montréal

Programme 2017 2018
Année préparatoire au doctorat en médecine[2] 34,038 34,952
Baccalauréat en architecture[3] 29,513 30,547
Baccalauréat en criminologie[4] 29,498 30,011
Baccalauréat en droit[5] 31,319 32,126
Baccalauréat en ergothérapie[6] 31,170 32,276
Baccalauréat en neurosciences[7] 30,948 33,003
Baccalauréat en nutrition[8] 32,218 33,000
Baccalauréat en physiothérapie[9] 33,285 34,404
Baccalauréat en sciences biomédicales[10] 29,803 30,000
Doctorat de 1er cycle en médecine dentaire[11] 32,673 34,947
Doctorat de 1er cycle en médecine vétérinaire[12] 32,860 33,631
Doctorat de 1er cycle en optométrie[13] 33,106 34,441
Doctorat de 1er cycle en pharmacie[14] 33,156 34,852

Université du Québec à Montréal

Programme Hiver 2018 Automne 2018
Baccalauréat en communication (stratégies de production culturelle et médiatique)[15] - 28,00
Baccalauréat en droit[16] 29,60 31,20
Baccalauréat en relations internationales et droit international[17] - 30,00
Baccalauréat en travail social[18] - 28,15

Université Laval

Programme 2017 2018
Baccalauréat intégré en affaires publiques et relations internationales[19] 29,145 28,038
Baccalauréat en architecture[19] 28,320 30,015
Baccalauréat en criminologie[19] 28,013 28,015
Baccalauréat en droit[19] 30,008 29,714
Baccalauréat en ergothérapie[19] 31,416 33,909
Baccalauréat en nutrition[19] 32,501 33,628
Baccalauréat en physiothérapie[19] 30,500 30,500
Baccalauréat en sciences biomédicales[19] 31,062 32,364
Doctorat de 1er cycle en médecine[19] 33,321 34,935
Doctorat de 1er cycle en médecine dentaire[19] 32,500 32,276
Doctorat de 1er cycle en pharmacie[19] 33,322 34,193

Standards d'admission des universités québécoises

Pour connaître les standards d'admission officiels des universités québécoises, il faut visiter leur site indépendamment puisqu'il n'existe pas de ressource officielle centralisée.

Le site Web CoteR.ca est une source non officielle qui permet de comparer les standards d'admission des universités québécoises rapidement sous forme de tableau.

Méthode de calcul

La cote R (CRC) d'un élève est la somme des cotes R pondérées de chacun de ses cours, c'est-à-dire multipliées par leurs «unités» puis divisées par la somme des unités des cours de l'étudiant. La cote de rendement collégial est donc :

Cependant depuis octobre 2004, les cours dont la note est sous 60 % (échecs) sont sous-pondérés : leur poids est multiplié par 0,25 pour un échec à la première session et par 0,50 pour un échec aux autres sessions. Les reprises des cours de première session échoués se terminant également en échecs sont multipliés par 0,50.

La cote R pour cours se calcule de la façon suivante.

Lorsqu'on parle du groupe de l'étudiant pour un cours, cela signifie en réalité tous les groupes du même professeur pour le cours en question. La signification des expressions qui interviennent dans le calcul de la cote R est donnée ici:

  • Z est la cote Z, soit l'écart à la moyenne divisé par l'écart-type du groupe. Cette valeur est limitée à ±3;
  • IFGZ est l'indice de force du groupe, basé sur les résultats obtenus aux examens ministériels du secondaire par chaque individu du groupe. Il s'agit de la moyenne des cotes Z des étudiants du groupe pour les examens ministériels du secondaire. Un groupe fort aura généralement beaucoup d'étudiants dont les notes au secondaire étaient plus élevées que la moyenne provinciale et cela aura pour effet de créer un IFGZ positif. L'indice de force du groupe est le même pour tous les étudiants de la classe est est limité à ±2;
  • IDGZ est l'indice de dispersion du groupe. Il est calculé en prenant l'écart-type des cotes Z des étudiants du groupe aux examens ministériels du secondaire. Plus un groupe est homogène, plus l'indice de dispersion sera faible.

Note pour se situer parmi les étudiants admis à l'université: La cote R moyenne des diplômés du CEGEP est de 25 (posé par la définition mathématique) , et se situe essentiellement entre 15 et 40. Puisque les universités exercent une certaine sélection, et que tous les diplômés du CEGEP ne s'inscrivent pas à l'université, la cote R moyenne des étudiants admis dans un programme de baccalauréat à l'université est légèrement supérieure, environ 26. Selon cette distribution, on devrait dire que les étudiants « dans la moyenne » ont plutôt une cote R située entre 24 et 28.

Mythes et réalités de la cote R

Il existe de nombreuses zones floues autour de la cote R, autant pour les étudiants que pour ceux qui les conseillent. Certaines fausses croyances sont aussi parfois utilisées à des fin partisanes dans le but de vanter un programme ou un Cégep en particulier. Voici quelques questions fréquentes et leur réponses expliquées à l'aide de la formule de la cote R et d'un exemple hypothétique.

Les notes d'un étudiant au secondaire affectent-elles sa cote R?

Les notes d'un étudiant au secondaire ont une influence extrêmement petite sur sa cote R. Les notes au secondaire influencent le calcul des expressions IDGZ et IFGZ dans la formule de la cote R. Il est important de comprendre que pour calculer ces expressions, les notes de tous les étudiants du groupe (en réalité de tous les groupes d'un même professeur) sont utilisées. Ainsi, les notes d'un étudiant au secondaire ont autant d'influence sur sa cote R que sur celle des autres étudiants du groupe. C'est donc plutôt la force générale du groupe qui importe et non celle d'un étudiant en particulier.

À titre d'exemple, imaginons que Nicolas et Justine sont dans le même cours, mais que Justine ait obtenu une moyenne de 10% supérieure à ses examens du Ministère au secondaire. Si Nicolas et Justine ont la même note finale dans le cours, ils auront nécessairement la même cote R pour ce cours. Justine contribue à ce que l'IFGZ du groupe soit plus élevé, mais cela ne l'avantage pas plus que les autres étudiants de la classe.

Le choix du Cégep, du programme ou du professeur peut-il aider à améliorer ma cote R?

Est-il avantageux d'être dans un groupe plus fort? moins fort? avoir un professeur exigeant? L'objectif de la cote R est d'être équitable avec les étudiants dans toutes ces situations.

Imaginons que Julie vise d'entrer dans un programme universitaire contingenté et qu'elle hésite entre un Cégep A réputé plus fort et un Cégep B réputé moins fort. Dans les groupes plus forts du Cégep A, les notes de Julie se démarqueront moins de la moyenne (cote Z moins élevée). Par contre, l'indice de force des groupes du Cégep A devrait être plus élevé, ce qui augmentera la valeur de IFGZ. Dans le Cégep B, les notes de Julie se démarqueront plus de la moyenne (cote Z plus élevée), mais l'indice de force des groupes de ce Cégep sera plus faible.

Dans le nouveau calcul de la cote R (2019), l'introduction de l'expression IDGZ permet de bien équilibrer la cote Z et la force du groupe. Ainsi, il n'y a aucune façon de prédire ou de vérifier qu'un groupe ou un autre a un meilleur effet sur sa cote R. Les critères pour la sélection de son Cégep ne devraient donc pas reposer sur le calcul de la cote R, mais sur d'autres facteurs: la position géographique, les activités ou groupes parascolaires, un groupe d'ami ayant une influence positive...

Un site web peut-il aider à prédire ma cote R?

Il est impossible pour un site web de prédire la cote R d'un étudiant avec précision. La raison est que les valeurs de la force du groupe (IFGZ) et de la dispersion du groupe (IDGZ) peuvent seulement être calculés par le Ministère. Il est possible d'avoir une estimation en prenant des valeurs arbitraires pour IFGZ et IDGZ, mais celles-ci peuvent être loin de la réalité dans certains cas.

Est-il possible d'améliorer sa cote R après sa première session?

Il est souvent question du fait qu'il est difficile d'améliorer sa cote R suite à une première session au collégial. Ceci est en partie vrai, mais il est important de soulever certaines mesures mises en place afin de limiter cet effet. Il est aussi à noter que les demandes d'admission ayant lieu en milieu de session d'hiver, la cote R des cours de dernière session n'est pas considérée pour l'admission à l'université.

Imaginons que Laurence ait obtenu une cote R de 26,0 à sa première session sans échouer de cours. Cette cote R globale est calculée en effectuant une moyenne pondérée de la cote R de chacun de ses cours. Supposons que Laurence veut augmenter sa cote R à 28,0 afin d'être admise dans un programme contingenté. Afin d'avoir une cote R cumulative d'au moins 28,0 après sa deuxième session, Laurence devra obtenir une cote R de 30,0 en supposant que sa deuxième session comte le même nombre de crédits. Un passage de 26,0 à 30,0 est assez difficile à réaliser. Il est donc avantageux de connaître un bon départ au Cégep.

Il est important de comprendre que certaines règles diminuent la pondération des cours échoués. En première session, un cours échoué compte pour seulement 25% de son poids habituel dans la cote R. Ainsi, il peut être plus avantageux d'échouer un cours de première session et de bien le réussir à la deuxième occasion que de le réussir de justesse à la première occasion (du point de vue de la cote R, bien entendu).

Est-il désavantageux d'aider ses collègues de classe?

La cote R crée souvent des climats de classe compétitifs dans certains programmes préuniversitaires. Certains iront même jusqu'à ne pas aider leurs collègues pour, selon eux, améliorer leur cote R. Ce comportement est-il justifié?

Imaginons que Leia et Hermione sont deux étudiantes fortes qui veulent entrer dans un programme contingenté et que Leia refuse de travailler avec Hermione en raison d'une compétition au niveau de la cote R. Ce que Leia ne comprend pas, c'est que la note d'Hermione a très peu d'influence sur sa propre cote R: son résultat est seulement pris en compte pour le calcul de la moyenne et de l'écart-type du groupe. Si le groupe compte 40 étudiants, une augmentation de 5 points de la note d'Hermione ne fera augmenter la moyenne du groupe de que de 0,125 point et aura un effet minime sur la cote R de Leia. Imaginons maintenant que Leia étudie avec Hermione et augmente alors sa note de 1%. Cette augmentation aura un effet positif sur sa cote R qui compensera facilement la hausse de la moyenne. Le fait de compétitionner avec Hermione n'est donc pas justifié.

Bien entendu, si un étudiant aide plusieurs autres étudiants de la classe et que cela n'améliore pas son résultat, celui-ci sera désavantagé. Il serait par contre surprenant que l'aidant ne tire aucun bénéfice de l'aide apportée aux autres étudiants.

  • Portail du Québec
  • Portail de l’éducation

Références

  1. BCI, « CRC: modifications à compter du trimestre d’automne 2017 », sur http://www.bci-qc.ca/, (consulté le 28 février 2020)
  2. Université de Montréal, « Année préparatoire au doctorat en médecine - Université de Montréal », sur admission.umontreal.ca (consulté le 8 novembre 2018)
  3. Université de Montréal, « Baccalauréat en sciences - Architecture - Université de Montréal », sur admission.umontreal.ca (consulté le 8 novembre 2018)
  4. Université de Montréal, « Baccalauréat en criminologie - Université de Montréal », sur admission.umontreal.ca (consulté le 8 novembre 2018)
  5. Université de Montréal, « Baccalauréat en droit - Université de Montréal », sur admission.umontreal.ca (consulté le 8 novembre 2018)
  6. Université de Montréal, « Baccalauréat en ergothérapie - Université de Montréal », sur admission.umontreal.ca (consulté le 8 novembre 2018)
  7. Université de Montréal, « Baccalauréat en neurosciences - Université de Montréal », sur admission.umontreal.ca (consulté le 8 novembre 2018)
  8. Université de Montréal, « Baccalauréat en nutrition - Université de Montréal », sur admission.umontreal.ca (consulté le 8 novembre 2018)
  9. Université de Montréal, « Baccalauréat en physiothérapie - Université de Montréal », sur admission.umontreal.ca (consulté le 8 novembre 2018)
  10. Université de Montréal, « Baccalauréat en sciences biomédicales - Université de Montréal », sur admission.umontreal.ca (consulté le 8 novembre 2018)
  11. Université de Montréal, « Doctorat de 1er cycle en médecine dentaire - Université de Montréal », sur admission.umontreal.ca (consulté le 8 novembre 2018)
  12. Université de Montréal, « Doctorat de 1er cycle en médecine vétérinaire - Université de Montréal », sur admission.umontreal.ca (consulté le 8 novembre 2018)
  13. Université de Montréal, « Doctorat de 1er cycle en optométrie - Université de Montréal », sur admission.umontreal.ca (consulté le 8 novembre 2018)
  14. Université de Montréal, « Doctorat de 1er cycle en pharmacie - Université de Montréal », sur admission.umontreal.ca (consulté le 8 novembre 2018)
  15. « Baccalauréat en communication (stratégies de production culturelle et médiatique) (7234) | UQAM | Université du Québec à Montréal », sur etudier.uqam.ca (consulté le 8 novembre 2018)
  16. « Baccalauréat en droit (7308) | UQAM | Université du Québec à Montréal », sur etudier.uqam.ca (consulté le 8 novembre 2018)
  17. « Baccalauréat en relations internationales et droit international (7060) | UQAM | Université du Québec à Montréal », sur etudier.uqam.ca (consulté le 8 novembre 2018)
  18. « Baccalauréat en travail social (6998) | UQAM | Université du Québec à Montréal », sur etudier.uqam.ca (consulté le 8 novembre 2018)
  19. « Programmes contingentés en 2019-2020 », sur Université Laval (consulté le 8 novembre 2018)
Cet article est issu de Wikipedia. Le texte est sous licence Creative Commons - Attribution - Sharealike. Des conditions supplémentaires peuvent s'appliquer aux fichiers multimédias.