Crésus

Crésus, (- 596 / - 546), en grec ancien Κροῖσος, né vers 596 av. J.-C. est le dernier roi de Lydie. Il est le fils d'Alyatte II, souverain qui appartient à la dynastie des Mermnades . Durant son règne, qui s’étend d'environ 561 à 547 ou 546 av. J.-C, il conquiert la Pamphylie, la Mysie et la Phrygie jusqu'à l'Halys.

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Crésus
Claude Vignon, Crésus, vers 1630, Bowes Museum.
Fonction
Roi de Lydie (d)
- av J-C
Biographie
Naissance
Vers
Décès
Vers
Sardes
Nom dans la langue maternelle
Κροῖσος
Activité
Famille
Père
Fratrie
Aryenis (en)
Enfant

Célèbre pour ses richesses, il partage son règne entre les plaisirs, la guerre et les arts. L’immense fortune, qu’il doit aux sables aurifères du fleuve Pactole est à l’origine de l'expression « être riche comme Crésus » utilisée pour désigner un homme extrêmement riche.


Biographie

Franck II Francken (manière de), Crésus montrant ses trésors à Solon, huile sur panneau de bois, XVIIe siècle, Avignon, Musée Calvet

Crésus est le fils d'Alyatte II et d'une mère carienne. Dès le début de son règne, il dut faire face au parti de son demi-frère Pantaléon (né d'une mère ionienne) qui revendiquait lui aussi le pouvoir[1]. Une fois sur le trône, il s'empara des cités grecques de la côte d'Asie mineure (Éphèse[2], les peuples d'Ionie et d'Éolie) et les incorpora dans son Empire[3]. Selon Hérodote, Solon (le législateur athénien) vint lui rendre visite : Crésus lui montra avec orgueil ses trésors et ses palais, croyant éblouir le philosophe et vantant son bonheur ; mais Solon attribua le premier prix du bonheur à Tellos d'Athènes, et en second, cita Cléobis et Biton, ajoutant, pour finir : « Avant qu'il soit mort, attendons, ne disons pas encore d'un homme qu'il est heureux, disons que la fortune lui sourit »[4]. En effet, Crésus ne jouit pas longtemps de son bonheur : selon la légende, un de ses deux fils, Atys, fut victime d'un accident de chasse, tué par la javeline du Phrygien Adraste[5].

Crésus aurait conclu différentes alliances, avec l'Égypte, Babylone et Sparte[6] pour contrer Cyrus II.

La légende prétend qu'avant d'entrer en guerre, il consulta l'oracle de Delphes qui lui prédit qu'en entrant en guerre, il détruirait un vaste empire. L'oracle n'avait pas dit qu'il s'agissait du sien[7].

Crésus partit en campagne contre Cyrus pour venger son beau-frère Astyage (roi des Mèdes) qui venait d'être déposé par Cyrus (vers 550) et pour agrandir son territoire vers l'Est. Après avoir franchi l'Halys[8], il fut vaincu à la bataille de Ptérie[9] par les troupes de Cyrus et se replia sur Sardes[10].

Crésus fut une nouvelle fois battu à la bataille de Thymbrée, puis assiégé dans Sardes. La ville fut prise d'assaut (vers 547), et Crésus fut fait prisonnier. Selon Hérodote, Crésus est mené sur un bûcher où il prie Apollon de le sauver, se repent de ses volontés guerrières, et après une tirade pacifiste, est finalement exaucé ; en effet, le dieu fait venir des nuages dont la pluie finit par éteindre le bûcher. Enfin, Cyrus le libère[11].

Crésus sur le bûcher, amphore à figures rouges, v. 500-490, musée du Louvre (G 197).
Le fleuve pactole, source de la légendaire fortune de Crésus

Les sables aurifères de la rivière Pactole lui assurèrent une fortune colossale, laquelle lui permit de bâtir sa légende par des offrandes généreuses aux temples grecs. Il fit en particulier reconstruire le temple d'Artémis à Éphèse, l'une des Sept Merveilles du monde antique. Il fit porter au sanctuaire de Delphes une quantité inimaginable d'offrandes : d'après Hérodote, il offrit trois mille têtes de bétail, des lits recouverts de lames d'or, des coupes d'or, des vêtements teints de pourpre, cent briques en or pur, deux grands bassins pour mélanger l'eau et le vin, en argent et en or, quarante barils d'argent, une statue de sa boulangère également en or, les bijoux de son épouse et enfin un lion tout en or. Ce lion fit longtemps l'admiration des visiteurs à Delphes. Lors d'un incendie, il perdit la moitié de son poids. Le reste encore respectable fut placé dans le Trésor des Lacédémoniens.

Le règne de Crésus termine la dynastie des Mermnades fondée par Gygès en 687 av. J.-C.

Monnaie en or de Crésus

Son nom est resté dans le langage courant avec l'expression « riche comme Crésus ».

Notes et références

  1. Hérodote, Histoires [détail des éditions] [lire en ligne], I, 92.
  2. Kevin Leloux, « The Campaign Of Croesus Against Ephesus: Historical & Archaeological Considerations », Polemos 21-2, , p. 47-63 (ISSN 1331-5595, lire en ligne)
  3. Hérodote, Histoires [détail des éditions] [lire en ligne], I, 26.
  4. Hérodote, Histoires [détail des éditions] [lire en ligne] I, 32.
  5. Hérodote, Histoires [détail des éditions] [lire en ligne], I, 34-44.
  6. Kevin Leloux, « L'alliance lydo-spartiate, Ktèma 39, 2014, p. 271-288. », Ktèma 39, , p. 271-288 (lire en ligne, consulté le 27 juillet 2017)
  7. Hérodote, Histoires [détail des éditions] [lire en ligne], I, 53.
  8. Kevin Leloux, « L'Halys chez Hérodote », Studia Hercynia 21-1, , p. 15-24 (lire en ligne)
  9. Kevin Leloux, « La bataille de (la) Ptérie. La Lydie face à la Perse (ca. 547 av. J.-C.) », Actes du 9e Congrès de l'Association des Cercles Francophones d'Histoire et d'Archéologie de Belgique (Liège, 23-26 août 2012), Tome II, Volume 3, Diversité des Mondes Anciens. De l'Antiquité à 1815, , p. 407-415 (lire en ligne)
  10. Hérodote, Histoires [détail des éditions] [lire en ligne], I, 73-77.
  11. HÉRODOTE Histoire -Ἡροδότου Μοῦσαι LIVRE I. CLIO - Ἱστοριῶν πρώτη ἐπιγραφόμενη (Κλειὼ) Trad.du grec par Larcher ; avec des notes de Bochard, Wesseling, Scaliger.. [et al.]   Paris : Charpentier, 1850. Pour le texte grec : ed.A. D. Godley. Cambridge 1920. lire en ligne

Voir aussi

Bibliographie

  • Kevin Leloux, « L'alliance lydo-spartiate », Ktèma, Civilisations de l'Orient, de la Grèce et de Rome antiques, Presses universitaires de Strasbourg, no 39, , p. 271-288 (lire en ligne)
  • Georges Radet, La Lydie et le monde grec aux temps des Mernades, Paris, Thorin et fils, 1893
  • (en) John Griffiths Pedley, Sardis in the Age of Croesus, Norman, University of Oklahoma Press, 1968
  • (de) Hans Schwabl (de), « Gygès und Kroisos bei Herodot (Zur “epischen” Technik von Ankündingung und Ausführung) », in Wiener Studien, 117 (2004), p. 31-67

Articles connexes

Liens externes

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