Département de Santa Cruz

Le département de Santa Cruz est une des neuf subdivisions de la Bolivie. Sa capitale est la ville de Santa Cruz de la Sierra.

Département de Santa Cruz

Héraldique

Drapeau
Administration
Pays Bolivie
Capitale Santa Cruz de la Sierra
ISO 3166-2 BO-S
Démographie
Population 2 433 602 hab. (2005)
Densité 6,6 hab./km2
Géographie
Coordonnées 17° 20′ sud, 61° 30′ ouest
Superficie 37 062 100 ha = 370 621 km2
Localisation

    Avec une superficie de 370 621 km2, c'est le département le plus vaste de Bolivie (33,74 % du territoire national). Il est frontalier du Brésil et du Paraguay. Le département comptait 2 433 602 habitants en 2005.

    Géographie

    Situation

    Le département de Santa Cruz comprend toute la partie orientale de la Bolivie. Limité au nord par le Río Guaporé, important affluent de l'Amazone (via le Río Mamoré et le Madeira), au sud-est il a conservé deux ports sur le Río Paraguay : Puerto Suárez et Puerto Busch et ce dans la zone du Pantanal.

    Relief

    Le département est caractérisé par une riche variété de zones géographiques. Il a une altitude moyenne de 400 mètres et une composition orographique qui détermine trois zones :

    • à l'ouest, la faille subandine a une superficie de 29 301 km2 et représente les derniers plissements de la Cordillère des Andes ; la zone est composée de montagnes, vallées et collines à une température variant de 16 °C à 22 °C en moyenne annuelle ;
    • la plaine du Chaco a une étendue de 152 910 km2. Sa topographie est quasiment plane ou un peu ondulée et sa température moyenne annuelle est de l'ordre de 24 °C ;
    • enfin, le socle cristallin précambrien a une superficie de 188 410 km2 et se caractérise par un relief ondulé et des dépressions quasi planes très étendues ; sa température moyenne annuelle est de l'ordre de 25 °C.

    Notons enfin que l'importante bordure orientale du département fait partie de la riche région du Pantanal.

    Hydrologie

    Le problème de l'eau est très important dans le département, surtout dans sa moitié méridionale, le Chaco. Les précipitations annuelles dans le département atteignent une moyenne approximative de 1 200 mm, variant entre un maximum géographique de 2 500 mm (province d'Ichilo au nord-ouest) et un minimum de moyen de 800 mm (province de Cordillera).

    Mais l'évapotranspiration potentielle annuelle atteint une moyenne approximative de 1 180 mm, variant d'un maximum moyen de 1 480 mm (dans le nord) et un minimum moyen de 660 mm (en altitude dans les Andes).

    Selon des spécialistes en hydrologie :

    • 16 % du département de Santa Cruz a une disponibilité élevée en eau superficielle (plus de 0,4 litre par seconde et par hectare),
    • 30 % a une disponibilité moyenne (de 0,24 à 0,39 litre/s/ha),
    • 6 % a une disponibilité basse (0,10 à 0,23 litre/s/ha),
    • et 48 % du territoire a une disponibilité très basse (moins de 0,10 litre/s/ha).

    Ce qui signifie du point de vue agricole que seulement 16 % du territoire du département dispose d'eau superficielle pour une excellente productivité et 30 % pour une productivité moyenne. Pour le reste, 6 % pourront assurer un niveau dit d'autosuffisance, tandis que 48 % ne pourront assurer qu'un bas niveau aléatoire, dit niveau de subsistance.

    Villes principales

    Ville Habitants 2001
    (Recensement)
    Habitants 2005
    (Estimation)
    Santa Cruz de la Sierra 1 115 391 1 342 604
    La Guardia 49 921 (2007) 49 921 (2007)
    Montero 78 311 88 616
    Camiri 26 587 27 961
    San Ignacio de Velasco 19 402 23 569
    Warnes 17 999 22 036
    Cotoca 15 074 18 347
    Yapacaní 14 665 18 187
    Mineros 13 365 14 385
    Ascensión de Guarayos 12 355 14 429
    El Torno 12 000 15 543
    Puerto Suárez 11 564 12 253
    Portachuelo 10 911 11 485
    El Carmen 10 400 14 295

    Divisions administratives

    Le département de Santa Cruz est subdivisé en 15 provinces :

    Provinces Chef-lieu Superficie
    km²
    Population Carte des provinces
    Andrés Ibáñez Santa Cruz de la Sierra 4 821 1 549 849
    Carte des provinces du département de Sante Cruz
    Ángel Sandoval San Matías 37 442 14 362
    Caballero Comarapa 2 310 22 142
    Chiquitos San José de Chiquitos 31 429 70 319
    Cordillera Lagunillas 86 245 108 843
    Florida Samaipata 4 132 29 850
    Germán Busch Puerto Suárez 24 903 37 637
    Guarayos Ascensión de Guarayos 27 343 38 498
    Ichilo Buena Vista 14 232 82 952
    Ignacio Warnes Warnes 1 216 62 417
    José Miguel de Velasco San Ignacio de Velasco 65 425 64 517
    Ñuflo de Chávez Concepción 54 150 116 101
    Santistevan Montero 3 673 166 267
    Sara Portachuelo 6 886 42 157
    Vallegrande Vallegrande 6 414 27 691

    Économie

    Actuellement, l'activité de Santa Cruz représente environ 23 % de la population active de Bolivie. Ce département se caractérise avant tout par le traitement de la production agricole et forestière, surtout le soja, la canne à sucre, le coton, le cuir et le bois. Mais le secteur industriel est aussi fort présent. Les cultures de Santa Cruz représentent plus de 45 % de la production agricole du pays, voire beaucoup plus pour certains produits. Ainsi, sa contribution atteint 97 % pour les fibres, 95 % pour les oléagineux, 84 % pour le tabac et 78 % pour la canne à sucre.

    Les principaux produits d'exportation sont : les tourteaux de soja (farine dégraissée), les graines de soja, l'huile de soja, le coton, le sucre raffiné, l'or, le métal, le bois, les produits en bois, les sous-produits du tournesol et l'huile de palme. Il exporte aussi du café, du cacao, du fer, du manganèse et des gemmes comme la Bolivianite, et l'Améthyste.

    Hydrocarbures

    Dans le département de Santa Cruz, il y a peu de pétrole et les ressources en gaz naturel y sont modérées, l'essentiel de la production d'hydrocarbures de la Bolivie se situant dans le département de Tarija.

    Pétrole

    Le département de Santa Cruz ne possède que 10,6 % des réserves pétrolières du pays (qui se montaient en 2005 à 400 millions de barils, soit moins de 60 millions de tonnes). Ce qui fait plus ou moins 6 millions de tonnes de réserves pour le département, quantité peu importante (par exemple, en 2008, elle pourrait alimenter l'Allemagne pendant 17 jours seulement).

    Quant à la quantité extraite, en estimant que 15 % de l'extraction bolivienne (de 50 000 barils par jour) a lieu dans le département, on a 7 500 x 365 jours = 2 737 500 barils annuels soit 375 000 tonnes produites annuellement dans le département.

    Or celui-ci consomme plus de 30 % de la consommation totale du pays (se montant à 51 200 barils quotidiens, soit une consommation de 2 560 000 tonnes pour la Bolivie dont 770 000 tonnes pour le département). Comme on le voit le département de Santa Cruz accuse un déficit pétrolier de plus ou moins 400 000 tonnes de pétrole (chiffres de 2004 - en effet les chiffres de 2005 sont beaucoup plus mauvais, étant donné le climat d'insurrection qui a régné une partie de l'année. Nous les avons donc éliminés comme tendancieux).

    Gaz naturel

    En ce qui concerne le gaz naturel, le tableau est plus prometteur. Les unités utilisées sont plus compliquées (voir Conversion des unités, ainsi que (en) Cubic foot).

    Il faut 6 000 pieds cubes ou cu ft (1 cu ft = 28,316846592 litres) pour avoir l'équivalent énergétique d'un baril de brut soit 44 000 cu ft pour une TEP.

    Les estimations des réserves boliviennes (prouvées et probables) de gaz, font état de 50 TCF (ou trillions de pieds cubes). Sur ces 50 TCF, 15 % se trouvent dans le département de Santa Cruz, soit 7,5 TCF ou 170 millions de tonnes équivalent pétrole.

    Mais l'extraction totale en Bolivie n'est encore que de 0,2 TCF ou 200 BCF (milliards de pieds cubes). En estimant que le département de Santa Cruz en extrait 20 %, ce qui est plausible, l'extraction du Santa Cruz se monte à 40 BCF, ou 910 000 TEP de gaz naturel. D'ici quelques années, il serait logique de voir cette quantité s'accroître substantiellement, au moins jusqu'à produire annuellement 5 millions de TEP (ou 36 millions de barils). Et si les prix des produits pétroliers se maintiennent, on arriverait au milliard de dollars américains de production annuelle, pour un prix minimal de 30 dollars par baril.

    Le département de Santa Cruz a déjà un déficit important en production de pétrole et celui-ci est appelé à grossir sous l'effet de l'industrialisation qui s'annonce (sidérurgie) et de l'épuisement des réserves. Ce déficit devrait être comblé surtout par l'utilisation du gaz local, ce qui diminuera les revenus liés à l'exportation.

    source: (en) Site de l'EIA (Energy Information Administration)

    Fer et manganèse

    Dans le sud-est du Santa Cruz se trouve le site d'el Mutún. Il s'agit d'un gisement gigantesque de fer et de manganèse dont 100 000 tonnes sont exportées vers le Paraguay chaque année ; ce qui est peu en comparaison des réserves estimées qui sont de 40 milliards de tonnes de fer et 10 milliards de tonnes de manganèse. En mai 2006, Evo Morales discute avec le Venezuela de la création d'une société mixte pour l'exploitation et la mise en valeur de ces gisements[1].

    Voies de communication - Voies d'accès

    Les voies ferrées connectent le département au Brésil et à l'Argentine. La capitale du département est reliée à l'est au Brésil, via la ville de Puerto Suárez à la frontière. Vers le sud une deuxième ligne la relie avec l'Argentine, via la grosse ville frontalière de Yacuiba, après avoir traversé le département de Tarija.

    À noter qu'il n'y a pas de liaison ferroviaire avec La Paz, étant donné que la Bolivie a deux réseaux ferrés : le premier, occidental, centré sur La Paz, Oruro et Uyuni; l'autre, oriental, centré sur Santa Cruz de la Sierra.

    Par route, la capitale du Santa Cruz est notamment reliée à Cochabamba à l'ouest, à Yacuiba à la frontière Argentine au sud, et au Beni au nord.

    Par les airs: L'Aéroport international de Viru Viru dessert Santa Cruz de la Sierra.

    Projet ferroviaire

    Dans les cartons de l'IIRSA se trouve désormais le projet de voie ferrée « Aiquile-Santa Cruz ».

    Il s'agit de créer le chaînon manquant entre les deux réseaux et créer ainsi un réseau unique. Ce projet fait partie d'un ambiteux programme ayant pour but de relier São Paulo et les états du sud-est brésilien avec les ports chiliens et péruviens de l'océan Pacifique.

    La nouvelle voie ferrée bolivienne doit relier Santa Cruz de la Sierra et la ville d'Aiquile, un des culs-de-sac actuels du réseau ouest bolivien déjà relié à Cochabamba. On aurait ainsi une voie directe : Brésil - Puerto Suárez - Santa Cruz - Aiquile - Cochabamba - Oruro. De là, deux possibilités sont actuellement offertes :

    Coût estimé : 400 millions de dollars US

    source: Site de l'IIRSA (en anglais, espagnol ou portugais)

    Voir aussi

    Liens externes

    Sources


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