Daniel Tauvry

Daniel Tauvry ([1], Laval[2][3], Paris) est un médecin et anatomiste français.

Daniel Tauvry
Biographie
Naissance
Décès
(à 31 ans)
Paris
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Biographie

Il est le fils d'Ambroise Tauvry[4], médecin à Laval, qui enseigna à son fils[5] les lettres et la logique, et le condusait à l'hôpital pour le former à l'observation et à la pratique de la médecine. Il fut son premier maître, et il lui fit faire des progrès si rapides dans les lettres et la philosophie, qu'avant l'âge de dix ans, il soutint des thèses de logique. Il lui enseigna ensuite les premiers éléments de l'art de guérir, en le conduisant au lit des malades.

À 13 ans, il est envoyé étudier à Paris par son père, où il suit quelque temps les cours de Joseph Guichard Duverney, anatomiste distingué. Ses succès précoces furent tels qu'il put prendre le grade de docteur par la faculté de médecine d'Angers à la fin de sa quinzième année. Il retourna à Paris, il étudia l'anatomie et publia son premier ouvrage à l'âge de 18 ans. Il se fit bientôt connaître par deux Traités, l'un d'anatomie et l'autre de matière médicale, après trois années d'études sur la thérapeutique.

En 1690, un ordre royal ayant privé du droit d'exercer à Paris les médecins qui n'avaient pas pris leurs grades dans la faculté de cette ville l'oblige à se faire recevoir aussitôt docteur. Il est médecin de la faculté de Paris en 1697. Il lie connaissance avec Fontenelle qui le fit admettre en qualité d'élève à l'Académie des sciences dont il devient associé-anatomiste en 1699. À la faveur d'un nouveau règlement, qui augmentait le nombre des académiciens, il devenait membre associé.

Fort de ses convictions et appuyé par Duverney, il soutint alors une dispute sur la circulation du sang dans le fœtus en apportant une opinion contraire à celle de Jean Méry, chirurgien en chef de l'Hôtel-Dieu et anatomiste. Il s'échauffa tellement par un travail opiniâtre, mit tant d'ardeur dans la lutte scientifique contre cet adversaire entier dans ses idées, que sa santé fut atteinte. La phthisie se déclara irrémédiable dès le commencement de l'année 1700 sans l'empêcher de publier un traité. Il meurt au mois de février 1701[6]. Suivant Fontenelle, qui prononça son Éloge à l'académie, il avait l'esprit extrêmement vif et pénétrant ; il joignait à la connaissance de l'anatomie le talent de conjecturer heureusement.

Un biographe a prétendu aussi qu'il laissa veuve Marie Delbec, morte elle-même le et inhumée au couvent des Jacobins. Nul autre biographe ne suppose que Tauvry fut marié.

Publications

  • Nouvelle anatomie raisonnée, ou les usages de la structure du corps de l'homme et des autres animaux, suivant les lois des méchaniques, Paris, 1699, in-12 ; avec des corrections et des additions, 1693, 1698 et 1720 in-12 ; traduit en latin, Ulm, 1694, in-8°[7] ;
  • Traité des médicaments et de la manière de s'en servir pour la guérison des maladies, avec des formules pour leur composition, Estienne Michallet, 1690, 1699, 1711, in-12, tome 1 et tome 2 (nouvelle édition revue, corrigée et augmentée, chez Claude Robustel, 1722), ;
  • Nouvelle pratique des maladies aiguës, et de toutes celles qui dépendent de la fermentation des liqueurs, ibid., 1698, in-8° ; 1706, 1720, in-12 ;
  • Traité de la génération et de la nourriture du fœtus, ibid., 1700, in-12 ;
  • Observations sur l'histoire du fœtus. Paris, 1699[8] ;
  • Observations sur la rage ou hydrophobie. Paris, 1699[8] ;
  • Pratique des maladies chroniques, ouvrage posthume publié en 1712.
  • Nouvelle anatomie raisonnée, ou l'on explique les Usages de la structure du corps de l'Homme et de quelques animaux suivant les loix des mécaniques, chez Barthélemy Girin, Paris, 3e édition 1698 (lire en ligne)
  • Traité de la génération et de la nourriture du fœtus, chez Barthélemy Girin, Paris, 1700 (lire en ligne)

Notes et références

  1. Il fut baptisé à la Trinité de Laval, le par Jérôme Freuslon, et nommé par Daniel Duchemin, sieur de Courgé, et par Renée Fréard, femme de Michel Nupied, apothicaire.
  2. La rue de Chapelle à Laval a porté en 1793 le nom de rue Tauvry, remplacé bientôt par celui de rue Guillaume-Tell.
  3. D'après les registres de la Faculté, et non le 9 février comme indiqué par certains biographes. Dans son éloge, Fontenelle indique qu'il est mort de phtisie en février 1701.
  4. Il est issu d'une branche titrée des Landes dont le premier ancêtre connu, Étienne Tauvry, mari d'Anne Duchemin, fit baptiser à Houssay deux enfants, 1590, 1594. Ce bisaïeul du docteur eut pour fils Daniel Tauvry, qui épousa Anne Cormerie, père d'Ambroise Tauvry, médecin à Laval en 1667, attaché à l'hôpital aux honoraires de 20# par an, 1684-1692, mort le , veuf depuis le d'Anne Nupied.
  5. Il eut quatre sœurs et deux frères, parmi lesquels Michel, qui né le , prit la tonsure en 1691, mais était docteur-médecin en 1702 quand il mourut, laissant une fille unique nommée Anne.
  6. Un de ses compatriotes - il signe L. D., - qui avait assisté à sa sépulture, en rend compte dans ses termes :
    « Aujourd'hui, neuvième jour de février 1701, mes amis de Laval et moi sommes allés rendre les derniers devoirs à notre jeune et savant compatriote Daniel Tauvry. Ses obsèques ont eu lieu à l'église Sainte-Geneviève, sa paroisse, au milieu d'un concours inouï d'amis et de personnes de qualité. La faculté, l'académie, le corps médical, y assistaient au grand complet. Un tel empressement de la part de cette foule d'élite témoignait plus éloquemment que tous les panégyriques du monde du mérite du jeune médecin... Daniel Tauvry n'avait que trente et un ans et pourtant il occupait déjà dans la société et dans la médecine une place distinguée... Quelle perte pour les sciences, pour ses amis, pour sa famille ! »
  7. Cet ouvrage, oublié depuis longtemps, ainsi que les autres productions de Tauvry, est accompagné de vingt et une planches copiées pour la plupart. En 12 ans, cet ouvrage a eu 6 éditions et une traduction latine.
  8. Publiés aussi dans les Mémoires de l'Académie des sciences, 1699, p. 31, 46.

Sources partielles

Annexes

Bibliographie

  • Fontenelle, Éloge de feu Monsieur Tauvry, dans Histoire de l'Académie royale des sciences. Année 1700, chez Gabriel Martin, Paris, 1761, p. 161-162 (lire en ligne)

Article connexe

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