Daoulas (Finistère)

Daoulas [daulas] est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France, connue surtout pour l'abbaye Notre-Dame de Daoulas.

Pour les articles homonymes, voir Daoulas.

Daoulas

Daoulas et son port à mi-marée.
Administration
Pays France
Région Bretagne
Département Finistère
Arrondissement Brest
Canton Pont-de-Buis-lès-Quimerch
Intercommunalité Communauté de communes du Pays de Landerneau-Daoulas
Maire
Mandat
Jean-Luc Le Saux
2019-
Code postal 29460
Code commune 29043
Démographie
Gentilé Daoulasiens
Population
municipale
1 786 hab. (2017 )
Densité 330 hab./km2
Population
aire urbaine
44 395 hab.
Géographie
Coordonnées 48° 21′ 42″ nord, 4° 15′ 29″ ouest
Superficie 5,42 km2
Localisation
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Daoulas
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Daoulas
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Daoulas
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Daoulas
Liens
Site web site officiel

    La population était de 1 767 habitants au recensement de 2012[1].

    Géographie

    Cette commune est située au confluent de deux rivières, la Mignonne et le Lézuzan. Plus en amont, le manoir de Kerdaoulas domine la vallée.

    Cette commune se situe au fond de la rade de Brest, en bordure de la ria de la rivière de Daoulas, en situation typique de fond d'estuaire, à la limite de la navigabilité et de la remontée de l'influence de la marée. La paroisse faisait partie de l'évêché de Cornouaille et les bretonnants y parlent traditionnellement le dialecte cornouaillais (à la différence de Plougastel-Daoulas où l'on parle le léonard). La région fait transition entre la Cornouaille, dont elle fait officiellement partie et le Léon : « Etre ar Faou ha Landerne, n'emaoc'h ket nag e Leon, nag e Kerne. Entre Le Faou et Landerneau, vous n'êtes ni en Léon, ni en Cornouaille » dit un proverbe breton[2].

    Le carrefour principal au centre du bourg.

    En 1889, Benjamin Girard décrit ainsi Daoulas :

    « Le bourg de Daoulas, chef-lieu de canton [...], a une population agglomérée de 700 habitants ; il est traversé par la route nationale n° 170[3] et desservi par le chemin de fer de Savenay à Landerneau, qui a une station sur le territoire d'Irvillac, à 1 km environ du bourg de Daoulas. [...] La rivière de Daoulas aboutit au bourg et au port du même nom, situé à 7,5 km de la pointe du Bindy ; la rivière est large et profonde jusque près de la pointe de Rosmellec, où elle fait un coude brusque ; au-delà, elle va en se rétrécissant et en diminuant de profondeur jusqu'à Daoulas où elle n'a plus que 50 mètres de largeur et 4,4 mètres de profondeur au-dessous des plus hautes marées et 1,5 mètre au-dessus des marées de morte-eau ; aussi ce port, dont le seul ouvrage consiste en un quai-débarcadère de 67 mètres de longueur, avec une cale de 19 mètres, n'est-il fréquenté que par des bateaux d'un faible tonnage, se livrant à peu près à la navigation batelière, qui donne lieu à un trafic assez important, que l'on évalue annuellement à 6 000 tonnes environ. Il existe à Daoulas une usine de porcelaine, de création récente, qui emploie une cinquantaine d'ouvriers. C'est dans les environs de Daoulas que se trouvent les célèbres carrières de pierre de Kersanton sur les bords du petit estuaire dit de l'Hôpital[4]. »

    Géologiquement, Daoulas se trouve dans un petit synclinal d'époque dévonienne dit de Daoulas-Sizun où le porphyre est prépondérant (mais la kersantite y est aussi présente), à la différence des synclinaux voisins de Logonna-Daoulas où dominent les roches éruptives et de celui du Faou où domine la kersantite[5]. Certains porphyres, en s'altérant sous l'action de l'humidité, ont donné le kaolin, ce qui permit un temps l'implantation d'une industrie de la porcelaine, qui disparut vers 1890 ; d'autres porphyres, moins altérés, donnent la célèbre pierre de Logonna.

    La revue Annales de Géographie publie en 1893 la description suivante du pays de Daoulas :

    « Le pays de Daoulas forme un plan triangulaire incliné du nord-ouest au sud-est. Il est adossé, au nord, à une longue crête rocheuse, formée de quartzites [...] qui se dressent en blocs nus, décharnés, dominant comme un mur la vallée de l'Élorn, tandis que, sur l'autre versant, ils s'abaissent insensiblement sur le plateau de Plougastel. À l'est, le pays de Daoulas a pour bornes les derniers bombements de l'Arrée. Au sud-ouest, il se termine sur la rade de Brest par des falaises élevées [...] semées à leurs pieds de galets et de débris ; de nombreuses déchirures, parallèles, étroites et allongées comme des fjords norvégiens, découpent ce côté maritime de la presqu'île en promontoires abrupts qui s'avancent comme des mâchoires mordant la baie : on dirait toute cette côte taillée à l'emporte-pièce.
    Le relief de la péninsule de Daoulas trahit une action géologique intense. Les feuillets schisteux, relevés verticalement, contournés, plissés, offrent l'apparence de violentes dislocations. On y voit se succéder alternativement des plissements et des déchirures, aboutissant aux promontoires et anses de la côte, et invariablement orientés du N-NE. au S-SW., c'est-à-dire dirigés comme les monts d'Arrée. Selon toute vraisemblance, ils sont contemporains du mouvement qui fit jaillir cette chaîne, et qui fut assez énergique pour déchirer les strates schisteuses qui recouvraient le grès silurien et porter ce dernier au jour à travers les déchirures des schistes[6]. »

    Pol de Courcy a écrit en 1869 : « Rien de plus varié, de plus fertile, de plus riant, que la route qui, longeant la rive gauche de la rivière, conduit au bourg de Logonna. [...] On chemine constamment au milieu de bosquets et de vergers, plantés d'arbres fruitiers de la végétation la plus vigoureuse, au travers desquels on aperçoit, de temps à autre, les nombreuses baies qui découpent ce coin de terre et le font ressembler à un jardin ». Émile Souvestre a aussi fait une description idyllique de la région de Daoulas vers 1840 : « Vous êtes en Arcadie, au milieu des ruisseaux gazouillants, des vergers ombrageant les fontaines, des ombrages où retentit le sureau des pâtres ». Louis Gallouédec précise que cette description est surtout vraie de la partie sud, formée de schistes argileux et d'altitude moindre, vers Le Faou et L'Hôpital-Camfrout, ajoutant : « Du Faou à Daoulas, toute la campagne est [...] couverte d'admirables vergers, et des branches chargées de fruits se penchent vers les eaux calmes. C'est là que Brest s'approvisionne de cerises, de prunes, de pommes. Les villages disparaissent dans la verdure ; les aiguilles des clochers, qui ailleurs se dressent si orgueilleusement sur la campagne prosternée, ici émergent à grand'peine du fouillis des arbres »[6].

    Urbanisme

    Logement

    En 2013, le nombre total de logements dans la commune était de 815.

    Parmi ces logements, 88,1 % étaient des résidences principales, 7,4 % des résidences secondaires et 4,4 % des logements vacants.

    La part des ménages propriétaires de leur résidence principale s’élevait à 84,3 %[7].

    Toponymie

    Les formes anciennes suivantes sont attestées : Doulas (XIe siècle) et Daougloas (XVIIe siècle)[réf. nécessaire]. La ville est traversée par la Mignonne et le Lézuzan. Dans les textes médiévaux, Daoulas est généralement retranscrit sous sa forme latine Daoulasium ou Douglasium[réf. nécessaire].

    Certains érudits[Qui ?] affirment que le nom de Daoulas est une réminiscence d'un Daoulas qui existe au pays de Galles, tout comme le nom de Landerneau serait une réminiscence de Llandyrnog[8][réf. nécessaire], gros village de la côte nord du pays de Galles, et que Dirinon est la Terre de sainte Nonne, y voyant des traces toponymiques de l'ancienne immigration galloise (plus précisément cambrienne) en Armorique aux alentours du VIe siècle[réf. nécessaire].

    Une étymologie populaire donne pour son nom l'explication suivante : Daoulas viendrait du breton daou signifiant deux et du mot laz signifiant meurtre, en mémoire de deux abbés, Tadec et Judulus, assassinés dans l'église de Daoulas par le seigneur du Faou, aux environs de l'an 502. Tudec. Selon la légende, Dieu se venge et le meurtrier se convertit par la puissance de saint Pol, évêque de Léon. En réparation de ses crimes, il fonde le monastère de Daoulas, en breton daou laz « les deux plaies, les deux douleurs ». En réalité, à Tréguier, autour de l'évêque Martin, se décèle l'existence d'un véritable atelier de production hagiographique où on soupçonne Guillaume le Breton d'avoir composé des Vitae de saints locaux pour le compte de la cour épiscopale de Léon et d'avoir procédé à une réfection étymologique de Daoulas composé du vieux-breton dou et glaz (lénifié en (h)laz) « les deux ruisseaux, les deux rivières »[9]. C'est d'ailleurs le nom originel d'un des deux cours d'eau, le nom de Mignonne étant une création du XXe siècle ; une rivière des Côtes-d'Armor porte d'ailleurs ce même nom.

    Histoire

    Les origines et la légende de saint Tadec et saint Judulus

    La légende, rapportée par Albert Le Grand dans la Vie de saint Jaoua et reprise ensuite par plusieurs auteurs[10] dit qu'un seigneur du Faou, encore païen, avait commis un double crime[11] dans l'église de Daoulas :

    « Ayant appris que les supérieurs des monastères de Cornouaille, dont saint Jaoua, s'étaient réunis non loin de ses terres pour conférer ensemble, ce seigneur [...] se fit accompagner d'une bande de soldats et enfonça les portes de l'église où se trouvaient les ennemis de l'ancienne religion. Saint Tadec (ou saint Tudec) fut massacré à l'autel[12] ; saint Judulus eut la tête tranchée au moment où il s'enfuyait vers Landévennec. Jaoua fut assez heureux de pouvoir regagner sain et sauf Brasparts. Cependant Dieu vengea ses serviteurs. Un dragon horrible ravagea le bourg du Faou et ses environs, le seigneur devint la proie du malin esprit, et il fallut toute la puissance de saint Pol, évêque de Léon, pour vaincre le monstre et guérir le meurtrier. Celui-ci, devenu chrétien, en réparation de son crime fonda le monastère de Daoulas, ou des deux plaies, des deux douleurs, au lieu même où saint Judulus avait été assassiné par lui[13]. »

    Saint Jaoua aurait été chargé de la construction du monastère et prouva qu'il était fort bon architecte.

    Antiquité

    Entre Le Faou et Landerneau, l'itinéraire antique, couramment appelé voie romaine, allant de Quimper à Landerneau se subdivise en deux tracés : l'un, direct, passait par Irvillac et Saint-Urbain, l'autre, en arc de cercle, par L'Hôpital-Camfrout, Daoulas et Dirinon[14].

    Au Moyen Âge, de la motte féodale à la ville

    La région de Daoulas - Le Faou - Châteauneuf-du-Faou formait au haut Moyen Âge le pagus en Fou, un pays historique, c'est-à-dire un pagus ; c'était une subdivision administrative de la Cornouaille[15].

    Au départ une simple motte féodale (VIe siècle) transformée plus tard en castrum (forteresse), la ville prend de l'importance avec la création de l'abbaye au XIIe siècle. La ville se développe alors autour de son port et de son moulin. Elle est connue pour ses exportations de boulets de canon en kersantite puis pour le commerce des toiles de lin de Daoulas (XVe siècle). Dans Henri IV, Shakespeare évoque les toiles de Dowlas, mais pour les dénigrer comme un tissu de mauvaise qualité[16].

    Les vicomtes de Léon installent dès le XIIe siècle une châtellenie à Daoulas (le castrum est attesté dès 1173 et est détruit par les Anglais en 1472)[17].

    En 1163, un vicomte du Faou, Ruelen, qui avait après un guet-apens fait enfermer dans la forteresse de Châteaulin Hervé II de Léon, vicomte de Léon, et son fils Guyomarch IV de Léon ; Hamon, évêque de Léon et second fils d'Hervé II de Léon, aidé du duc de Bretagne Conan IVil lui fit subir la loi du talion : il fut à son tour emprisonné dans le château de Daoulas (ainsi que son fils et son frère) où il périt misérablement, mort de faim[18].

    Daoulas réunissait, au Moyen Âge, toutes les conditions nécessaires pour constituer ce qu'on appelait une ville : alors une ville devait ce nom, moins au nombre de ses rues, de ses maisons, et au chiffre de sa population qu'à son importance civile et politique. [...] Résidence fréquente, sinon constante, de quelques membres de la maison de Rohan et du nombreux personnel attaché à une puissante famille féodale, siège d'une cour de justice desservie par des juges, des greffiers, des huissiers, des procureurs, des notaires, etc. [...] Daoulas devint assez tôt le centre d'une société choisie, qui venait s'y fixer à demeure, ou y passer chaque année quelques mois de villégiature[19].

    Deux documents datés du et du prolongent chacun pour quatre ans les droits établis sur les marchandises qui entrent dans le port de Daoulas, avec ordre aux receveurs d'en donner la moitié au vicomte de Daoulas[20].

    Époque moderne

    Un mandement de François Ier daté du permit l'installation dans le ressort de la châtellenie de Daoulas de huit notaires ou tabellions nommés par les vicomtes de Léon, ce qui a provoqué le développement d'un « usement de Daoulas »[21] différent de celui en vigueur dans le reste de la Cornouaille[22] et qui est une variante de l’usement de Rohan. Pour cette raison, les domaines congéables et les convenants étaient soumis à des usances spéciales dans la juridiction de Daoulas, qui différaient de celles qui étaient en usage dans le reste de la Cornouaille[23].

    En 1543, Ambroise Paré, qui accompagne René Ier de Rohan venu défendre la province, trouve « la population en armes, le tocsin sonnant de toutes parts » en raison de la menace d'un débarquement anglais finalement écarté. Il en profite pour décrire le jeu de la lutte bretonne alors déjà pratiquée[24].

    De fines toiles vendues par exemple à Morlaix en 1565 étaient dénommées daoulas « linceulx [draps] en toile dicte daoulas »)[25].

    Dans la deuxième moitié de l'année 1596, Guy Éder de La Fontenelle, soldat ligueur et brigand, séjourne un temps à Daoulas. Les seigneurs de Léon et les princes de Rohan, leurs successeurs, avaient à Daoulas une cour de justice, avec droit de haute justice. Un voyer, qui gardait également les personnes arrêtées et détenues, y exerçait également (il avait également en charge le four banal de la localité), qui, pour ses émoluments, disposait de nombreux droits dont certains assez curieux, comme « une pinte par barrique de vin entrant à Daoulas par voie de mer, un boisseau par muid de sel ». Il percevait aussi « un denier par charge de cheval passant sur les trois ponts de la ville » et des droits également lors des foires de Saint-Pierre, de la Toussaint et de Noël qui se tenaient à La Roche-Maurice ainsi qu'à celle de la Saint-Gilles à Daoulas, etc. La charge de voyer fut un temps héréditaire, détenue par la famille Guirault de Penhoat en Ploudiry, dont un représentant fut aussi abbé de l'abbaye Notre-Dame de Daoulas)[26].

    Portail du cimetière, ancien porche de l'église près de l'abbaye de Daoulas.

    Une tradition de Daoulas (mais des traditons analogues existaient dans de nombreuses communes du Léon) obligeait le voyer, le jour de l'an, à planter une quintaine face à une maison dénommée La maison du voyer située dans la rue du Guermeur et à fournir aux nouveaux mariés de l'année précédente des chevaux et une pièce de bois pour la courir ; en échange les nouveaux mariés devaient payer au voyer, à ses serviteurs et à ses chevaux la repeue, c'est-à-dire leur repas[27].

    En 1644 et à nouveau en 1660, Julien Maunoir, prédicateur célèbre, prêche une mission à Daoulas. Lors de l'une d'elles, il est réputé avoir accompli un miracle : « Pendant la mission de Daoulas, qui fut très fervente, le Père Maunoir composa un cantique breton en l'honneur de saint Corentin, premier évêque de Quimper, afin d'obtenir de la pluie. Après deux années de stérilité, il y avait apparence que la troisième aurait créé la famine dans toute la province, si Dieu ne s'était laissé fléchir par les prières du Père Maunoir. La sécheresse désolait toute la contrée, et il fallait un prompt secours pour soulager le peuple : le Père, qui avait coutume de faire le catéchisme, après avoir imploré l'assistance du Saint-Esprit, fit chanter par les enfants son nouveau cantique : à peine avaient-ils achevé le premier couplet que le ciel se couvrit contre toute apparence, et qu'il tomba incontinent une pluie douce qui dura plusieurs jours et qui répandit la fertilité dans toute la province[28]. »

    Cette commune est connue pour des faits liés à la Révolte des Bonnets rouges qui atteint la région de Daoulas et de Landerneau les 3 et .

    En raison du territoire exigu de la paroisse, l'activité liée au lin est peu importante à Daoulas : vers le milieu du XVIIIe siècle, 18 métiers à tisser seulement y sont recensés et quelques négociants tel Jean Hacbec, décédé en 1730 et dont l'inventaire après décès montre un stock de toiles diverses qui n'a rien à envier à ceux des marchands de Landerneau[29].

    Révolution française

    La paroisse de Daoulas, qui comprenait alors 103 feux, élit quatre délégués (Autret, Jean Liorzou, Joseph Bodénès, Yves Le Bris) , pour la représenter à l'assemblée du tiers-état de la sénéchaussée de Quimper au printemps 1789[30].

    Les habitants de Daoulas ont rédigé en 1789 un cahier de doléances qui a été conservé. Une demande insolite s'y trouve : « Que les biens dépendant des abbayes et régis par économat[31] soient vendus ou soumis à domaine congéable »[32]. Les paysans de Daoulas pensaient donc alors que les paysans soumis au système du domaine congéable avaient un sort enviable par rapport à ceux qui dépendaient directement de l'abbaye de Daoulas.

    Autret, Jean Liorzou, Joseph Bodénès et Yves Le Bris sont les 4 délégués représentant les 103 feux de Daoulas lors de l'élection des députés du tiers état de la sénéchaussée de Quimper aux États généraux de 1789[33].

    Le XIXe siècle

    Puits en pierre avec cloche à Daoulas en 1892 (photo de Lucien Roy).

    La décadence de Daoulas

    Selon Albert Le Grand, le port de Daoulas était aussi prospère que celui de Brest dans la première moitié du XVIIe siècle. L'union de l'abbaye avec le séminaire de Brest au profit des Jésuites en 1692 amena la dispersion des chanoines ; ce fut le début de la décadence de Daoulas, que la suppression de la justice seigneuriale en 1790 accentua, ce qui a donné du crédit à la « légende des Sept-Saints » (voir ci-après). P. Levot écrit en 1875 : « Aujourd'hui, Daoulas est presque une solitude. Son nom générique et officiel de commune permet de lui maintenir la qualification de ville, que d'impolis réalistes remplacent par celle de bourg. Si l'on en a fait un chef-lieu de canton, c'est en raison de sa situation centrale entre dix communes dont six lui sont supérieures en superficie et en population »[34].

    Cette décadence était nette dès la seconde moitié du XVIIIe siècle :

    « Cette décadence [de la juridiction de Daoulas] vient de trois causes auxquelles il est également difficile de remédier, savoir la diminution des affaires, l'impraticabilité des chemins pendant les trois-quarts de l'année et l'éloignement de tous les officiers de la ville de Daoulas ; d'ailleurs, elle se dépeuple de jour en jour faute de commerce et n'est plus qu'un amas de ruines ou de maisons inhabitées[35]. »

    En 1875, pour une superficie de 170 hectares, la répartition de l'usage des terres est la suivante : 100 ha de terres labourables, 25 ha de prés et pâtures, 5 ha de vignes et jardins, 1 ha de bois, 4 ha de landes et incultes. On ne comptait alors que 5 fermes et 122 maisons d'habitation dans toute la commune de Daoulas. On y recense alors trois moulins à eau. P. Levot écrit : « La seule industrie qu'on y exerce est celle de la fabrication d'une porcelaine de kaolin dont les gisements ont été découverts il y a quelques années sur divers points de la commune ». Il ajoute : « Les jours de foire se tiennent à Daoulas de deux mois en deux mois, le premier mercredi de janvier, mars, mai, juillet, septembre et novembre, jours où le bourg sort de sa torpeur habituelle »[34].

    Une belle frayeur en 1869

    Le Petit Journal du rapporte la savoureuse anecdote suivante :

    « Trois paysans qui avaient été à la foire de Landerneau s'en revenaient tranquillement, chacun avec sa voiture. En arrivant près de Daoulas (Finistère), où la route monte une pente assez forte, ils aperçurent tout à coup un objet qui descendait rapidement la route et arrivait sur eux.
    Il faisait beaucoup de vent et l'objet roulant était entouré d'un nuage de poussière ; les paysans ne purent distinguer exactement cet être mystérieux et rapide comme le vent ; ils eurent peur et fouettèrent leurs chevaux, qui partirent à fond de train.
    Une voiture de meunier arrivait derrière eux ; les chevaux, entraînés par l'exemple, s'emportèrent et manquèrent se précipiter dans un précipice.
    Enfin, l'épouvantail arriva ; on put le distinguer : c'était un vélocipède avec son cavalier.
    Les paysans avaient eu une belle frayeur. Jamais ils n'avaient vu une si étrange machine[36]. »

    Les autres faits du XIXe siècle

    Assiette avec comme légende Escorte villageoise de l'Empereur et de l'Impératrice à Daoulas, près de Landerneau (12 août 1858. Collection Musée départemental breton
    L'étang et le viaduc de Daoulas en 1893 (photo de Paul Lancrenon).

    Peu avant 1820, une école ouvrit à Daoulas[37].

    L'empereur Napoléon III et l'impératrice Eugénie de Montijo passent par Daoulas le .

    En 1861, le conseil général du Finistère approuve le rétablissement d'un marché hebdomadaire à Daoulas, chaque mercredi, qui existait autrefois[38].

    L'épidémie de choléra de 1865-1866 fait deux morts à Daoulas[39].

    Gustave Flaubert décrit ainsi son étape à Daoulas en 1886 :

    « Un pavé à pointes aiguës sonna sous nos pas, une rue sonna devant nous ; nous étions à Daoulas. Il faisait encore assez clair pour distinguer à l'une des maisons une enseigne carrée pendue à sa barre de fer scellée dans la muraille. Sans enseigne, d'ailleurs, nous aurions bien reconnu l'auberge, les maisons ainsi que les hommes ayant leur métier écrit sur la figure. [...]
    Après notre repas qui, outre l'inévitable omelette et le veau fatal, se composa en grande partie de fraises [...], nous montâmes dans nos appartements.
    L'escalier tournant, à marches de bois vermoulues, gémissait et craquait sous nos pas [...]. En haut se trouvait une chambre dont la porte, comme celle des granges, se fermait avec un crochet qu'on mettait du dehors. C'est là que nous gîtâmes. Le plâtre des murs, jadis peint en jaune, tombait en écailles ; les poutres du plafond ployaient sous le poids des tuiles de la toiture et, sur les carreaux de la fenêtre à guillotine, un enduit de crasse grisâtre adoucissait la lumière comme à travers des verres dépolis. Les lits, faits de quatre planches de noyer mal jointes, avaient de grands pieds ronds piqués de mites et tous fendus de sécheresse. Sur chacun d'eux étaient une paillasse et un matelas recouvert d'une couverture verte trouée par les morsures de souris et dont la frange était faite par les fils qui s'effilaient. Un morceau de miroir cassé dans son cadre déteint : à un clou, un carnier suspendu et, près de là, une vieille cravate de soie dont on reconnaissait le pli des nœuds, indiquaient que ce lit était habité par quelqu'un et, sans doute, qu'on y couchait tous les soirs.
    Sous l'un des oreillers de coton rouge, une chose hideuse se découvrait, à savoir un bonnet de la même couleur que la couverture des lits, mais dont un glacis gras empêchait de reconnaître la trame, usé, élargi, avachi, huileux, roide au toucher[40]. »

    Le viaduc de Daoulas en 1873.

    Au XIXe siècle, l'économie locale évolue avec la création d'une fabrique de porcelaine (arrêtée en 1897) et de conserveries ainsi qu'avec la création de la voie Brest-Quimper (1858) de la compagnie d'Orléans. Le viaduc de Daoulas construit sur la Mignonne est en granite de l'aber Ildut, acheminé par gabares jusqu'à Daoulas à la différence des autres viaducs de la même ligne ferroviaire entre Châteaulin et Landerneau qui sont en kersantite[41]. Ce viaduc, mis en service en 1871, long de 357 mètres et haut de 38 mètres, fut construit par M. Leturc[42]. La construction du viaduc fut endeuillée par plusieurs accidents mortels : l'un d'entre eux est relaté dans le Journal des débats : le , un enfant de 14 ans, employé comme aiguilleur sur le chantier, en fut victime, un wagon lui passant sur le corps et l'ensemble du train, un convoi de chantier chargé de matériaux de construction, basculant dans le vide[43].

    Le un déraillement se produisit entre Dirinon et Daoulas. « Le train a parcouru sur le ballast 150 mètres, puis la locomotive a roulé au bas de la voie. Plusieurs wagons sont tellement brisés qu'ils ne pourront plus servir. Le mécanicien a eu les deux jambes broyées [...] et est mort peu après [...] ; le chauffeur a été blessé assez grièvement »[44]. En 1904, un déraillement important se produisit à la sortie du viaduc.

    Le XXe siècle

    La Belle Époque

    En 1903 le maire de Daoulas estime qu'« en se servant le plus souvent dans nos communes de la langue bretonne, MM les curés et desservants (...) non seulement usent d'un droit absolu, mais encore ils remplissent un impérieux devoir »[45].

    Des petits gisements de kaolin furent exploités avant la Première Guerre mondiale à Tréflévénez, Irvillac et Daoulas pour le compte d'une usine de sulfate d'alumine située à Landerneau afin de fabriquer de la porcelaine[46].

    La récolte traditionnelle du goémon entraîne parfois des drames de la mer : par exemple en mars 1902, le Anna-Eugénie, bateau de Daoulas, coule avec un chargement de goémon face au port du Squiffiec (petit port de la presqu'île de Plougastel) : deux marins sont noyés, deux autres furent sauvés[47].

    Le , un incendie dans une ferme dans le village de Guilliec-Nevez en Daoulas fit trois morts, les trois enfants du couple de paysans, âgés de 5, 3 et 2 ans, laissés seuls dans la maison, malades de la rougeole, les parents, partis travailler, ayant fermé la porte à clef[48].

    En 1914, l'« affaire Cadiou » défraie la chronique : le , l'épouse de Louis Cadiou, ancien avoué à Morlaix, qui avait créé une usine de blanchiment de coton pour la fabrication du coton-poudre destiné aux poudreries, au moulin de la Grande-Palud en Landerneau, dépose plainte en raison de la disparition de son mari. Après de longues recherches, le corps de ce dernier est retrouvé à 400 mètres de l'usine et l'autopsie révèle qu'il a été tué d'une balle de revolver. L'ingénieur Pierre, ancien élève de l'École centrale et directeur de l'usine, qui habitait La Forest-Landerneau, est accusé du crime car il avait acheté en mai 1913 un revolver de calibre identique à la balle retrouvée dans le cadavre et qu'il était de notoriété publique que les rapports entre les deux hommes étaient tendus et que Pierre s'apprêtait à passer à la concurrence, projetant de devenir directeur d'une autre usine de blanchiment de coton en cours de création à Daoulas. Le procès devant la cour d'assises du Finistère n'eut lieu qu'en octobre 1919[49].

    La Première Guerre mondiale

    Le monument aux morts de Daoulas porte 77 noms de personnes mortes pour la France, dont 60 pendant la Première Guerre mondiale, 16 pendant la Seconde Guerre mondiale et un en A.F.N.[50].

    L'entre-deux-guerres

    En 1922, un instituteur de Daoulas, Cornec, qualifié de « révolutionnaire », fait l'objet de poursuites pour avoir lancé une campagne de fraternisation avec les Rifains alors soulevés contre la France dans le cadre de la guerre du Rif[51].

    Par décret du , la justice de paix de Daoulas est rattachée à celles de Ploudiry et de Landerneau, sous la juridiction du juge de paix de ce dernier canton[52]. Daoulas perd alors la dernière fonction judiciaire qui subsistait encore dans la commune.

    La Seconde Guerre mondiale

    Plaque commémorative à la mémoire d'Anne Corre, résistante.

    Le , des ménagères de Daoulas protestent contre la non-délivrance de la ration de beurre mensuelle[53].

    Début août 1944, une section du 3e régiment de chasseurs parachutistes (3e RCP), commandée par le lieutenant Edgard Tupët-Thomé, est parachutée au lieu-dit Runaher en la commune de Saint-Urbain (opération Derry 3). La section, composée de treize parachutistes de la France libre, est reçue chez l’amiral Pierre Bréart de Boisanger, maire, dans le château de Kerdaoulas en Saint-Urbain qui les accueille et fait prévenir les résistants du secteur.

    L'attaque du château de Kérisit

    Ces parachutistes du Special Air Service attaquent le dans l'après-midi la Kommandantur locale de Daoulas, installée dans le château de Kerisit, forte de 60 hommes. Accompagnés et guidés par des résistants, 12 parachutistes (l’un d’entre eux s’est blessé lors du parachutage) descendent vers Daoulas, sur km environ, en suivant le côté gauche de la Mignonne, par une chaude après-midi. Ils surprennent à 18 heures les Allemands postés au château qui s'apprêtaient à diner : 12 Allemands sont tués et 36 autres faits prisonniers. Un parachutiste originaire de Seine-Inférieure, André Briguet, 20 ans, est tué[54] lors de l’affrontement.

    Alertée par le bruit de la fusillade, une colonne allemande, en patrouille dans le secteur, investit les rues de Daoulas. Les parachutistes engagent alors le combat, détruisant deux camions et une automitrailleuse qui fait des morts et des blessés dans les rangs ennemis puis doivent se replier rapidement, en abandonnant leurs prisonniers. Deux hommes de Daoulas sont tués lors de l’arrivée des Allemands. Le groupe de parachutistes se dirige ensuite vers Sizun. Le résistant Paul Le Hir les conduit à la ferme de la famille Bouguennec (Le Trehou) où ils seront hébergés durant 48 heures environ (jusqu'à la libération de Landerneau)[55].

    Le contrôle de Daoulas fournissait d'excellentes positions d'artillerie au sud-est de Brest pour le général américain Troy Middleton qui y expédia tout un groupe d'artillerie du 8e corps d'armée américain qu'il commande, de façon à couvrir toutes les défenses de Brest et les positions ennemies sur la presqu'île de Crozon. Quatre FFI de cette section sont décédés pendant ces combats : Jean Cornec, Louis Le Quinquis, Guy Guichard et Louis Briguet[56]. La prise de Daoulas fut suivie de la libération de Landerneau[57]

    Les stèles commémoratives

    Une stèle se trouve à l'entrée du bourg qui porte l'inscription : « Ici sont morts courageusement pour la France lors des combats pour la libération de Daoulas » ; cette stèle évoque la mémoire de Louis Le Bot, 22 ans et François Rouzic, 23 ans, fusillés le . Deux jeunes de Daoulas, Anne Corre (20 ans, décédée en avril 1945 à Genshagen en Allemagne) et Jean Kernéis (25 ans, né le à Daoulas, décédé le à Lunebourg près de Wilhelmshaven en Allemagne) firent partie de la Résistance, furent déportés et trouvèrent la mort en déportation. Anne Corre, née le à Plougastel-Daoulas, mais vivant à Daoulas, adhéra dès octobre 1943 au mouvement de résistance Libération-Nord et dut prendre le maquis après que son groupe de résistance, le groupe Marceau, eut exécuté le à Quimper un milicien, Bernard Massotte, mais elle fut dénoncée et arrêtée à Brest, et après avoir été emprisonnée à Kérinou, Quimper puis à Rennes, fit partie du dernier convoi de déportés ayant quitté la France en août 1944 à destination du camp de concentration de Ravensbrück, d'où elle fut transférée à celui d'Orianenburg ; on la contraignit à aller travailler dans une usine d'avions ; les souffrances et les privations eurent raison de sa santé[58]. Jean Kernéis fut déporté en juillet 1944 de Compiègne au camp de concentration de Neuengamme avant d'être transféré à Wilhelmshaven, puis à Lunebourg. Le nom de Jean Kernéis a été donné à la salle municipale ("Espace Jean-Kernéis").

    Politique et administration

    Liste des maires successifs
    Période Identité Étiquette Qualité
    1792   Olivier Gourin    
    1795 1815 Christophe Autret    
    1815 1821 Fraçois-Bonaventure Palasme de Champeaux    
    1821 1826 Fraçois Le Bras    
    1826   Jean-Marie Thoby    
    1826 1832 Félix-Ange-Marie Autret    
    1832 1837 François-Claude Liorzou    
    1837 1870 Charles-Pierre-Marie Danguy des Déserts (père)   Nommé par le Roi, puis par l'Empereur
    1870 1880 Charles Danguy des Déserts (fils)   Nommé par le gouvernement pour ses premiers mandats,
    conseiller général entre 1896 et 1911, notaire
    1880 1882 Victor Marchais    
    1882 1911 Charles Danguy-des-Déserts (fils)   notaire
    1911 1944 Charles-Émile-Joseph-Marie Danguy des Déserts
    (petit-fils )
      Conseiller général du Finistère, notaire
    1965 1969 Edouard Danguy des Déserts    
    1971 1987 Joseph Bihan    
    1987 1989 Lucien Corre    
    1989 1995 Christian Maguet    
    1995 2019 Jean-Claude Le Tyrant PS puis LREM Retraité de l'aviation civile
    2019 En cours Jean-Luc Le Saux    
    Les données manquantes sont à compléter.

    Démographie

    L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[59]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[60].

    En 2017, la commune comptait 1 786 habitants[Note 1], en augmentation de 1,08 % par rapport à 2012 (Finistère : +0,86 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

    Évolution de la population  [modifier]
    1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
    573448487494459462501555601
    1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
    6186841 315743786837904823760
    1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
    7658008167959959709871 0971 012
    1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015
    1 1171 0221 0461 4011 6401 7941 7681 7821 771
    2017 - - - - - - - -
    1 786--------
    De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
    (Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[61] puis Insee à partir de 2006[62].)
    Histogramme de l'évolution démographique

    Commentaire : La population de Daoulas a été multipliée par trois en un peu plus de deux siècles, de 1793 à 2008. La petitesse de la superficie communale explique pour partie le nombre réduit des habitants en 1793, malgré les fonctions urbaines que la cité a détenu par le passé. Le nombre des habitants stagne dans le premier tiers du XIXe siècle, le minimum démographique étant atteint en 1800 avec 448 habitants. La population croît lentement (gagnant 324 habitants en 50 ans, soit +72 % par rapport à 1836) entre 1836 et 1886, date d'un premier pic démographique avec 904 habitants. Un fléchissement démographique se produit entre 1886 et la Première Guerre mondiale avant de croître lentement pendant l'entre-deux-guerres et l'immédiat après-guerre. À partir de 1975, la périurbanisation liée à la proximité brestoise provoque un essor démographique spectaculaire, Daoulas se transformant en cité-dortoir avec la prolifération des lotissements des migrants pendulaires. Entre 1968 et 1999, la commune gagne 772 habitants (+ 75,5 en 31 ans), le gain le plus rapide s'étant produit entre 1975 et 1982 (croissance annuelle moyenne de +4,2 % l'an). La première décennie du XXIe siècle se caractérise toutefois par un léger fléchissement démographique.

    L'analyse détaillée de l'évolution démographique récente montre que Daoulas s'est surtout accrue grâce à une immigration nette importante, toujours positive entre 1968 et 1999 (avec un record de +4,6 % l'an entre 1968 et 1975) alors que le solde naturel était faible et même souvent négatif (-0,4 % l'an par exemple entre 1968 et 1975). La première décennie du XXIe siècle montre une certaine dégradation des résultats : le solde naturel et le solde migratoire étant tous les deux légèrement négatifs entre 1999 et 2008, -0,2 % et -0,1 % l'an respectivement. La situation semble même s'aggraver : en 2009, Daoulas a enregistré 18 naissances, mais 31 décès. L'analyse de la structure par âges montre une population modérément jeune (26,4 % de 0 à 19 ans ; 18,4 % de 65 ans et plus) et qui commence à vieillir en raison du ralentissement récent de l'immigration nette[63].

    Le parc immobilier de Daoulas est principalement récent : en 2008, 54,6 % des logements étaient postérieurs à 1974 en raison de la prolifération des lotissements entre 1975 et 1989 principalement (228 nouveaux logements), même si le mouvement se poursuit, mais à un rythme ralenti (133 nouveaux logements entre 1990 et 2005). Il s'agit presque uniquement de maisons individuelles (93 % du parc immobilier total en 2008) et pour l'essentiel de résidences principales (89,1 % du parc immobilier total en 2008), même si la situation littorale de la commune explique la présence de quelques résidences secondaires (44 en 2008 pour un parc total de 786 logements)[64]

    Enseignement

    Établissements scolaires

    • L'école publique Josette-Cornec.
    • L'école publique du Champ-de-Foire.
    • L'école privée mixte primaire Notre-Dame-des-Fontaines.
    • Le collège de Coat-Mez (enseignement public)[65].

    Langue bretonne

    À la rentrée 2017, 23 élèves étaient scolarisés dans la filière bilingue publique (soit 9,9 % des enfants de la commune inscrits dans le primaire) [66].

    Économie

    Revenus de la population et fiscalité

    Le nombre de ménages fiscaux en 2013 était de 711 et la médiane du revenu disponible par unité de consommation de 22 824 [7].

    Emploi

    En 2014, le nombre total d’emploi au lieu de travail était de 701 .

    Le taux d’activité de la population âgée de 15 à 64 ans s'élevait à 75,9% contre un taux de chômage de 8,4% [7].

    Entreprises et commerces

    En 2015, le nombre d’établissements actifs était de cent soixante dont douze dans l’agriculture-sylviculture-pêche, neuf dans l'industrie, treize dans la construction, quatre-vingt-sept dans le commerce-transports-services divers et trent-neuf étaient relatifs au secteur administratif.

    Cette même année, quatorze entreprises ont été créées dont dix par des Auto-entrepreneurs[7].

    Monuments

    La fontaine de dévotion Notre-Dame-des-Fontaines en 1893 (photo de Paul Lancrenon).
    • L’abbaye Notre-Dame de Daoulas et ses jardins sont propriété du conseil général du Finistère.
      • La fontaine Notre-Dame-des-Fontaines[67] contient une Vierge à l'Enfant tenant une pomme dans la main, symbole du péché originel. Elle a probablement été édifiée à l'emplacement d'un ancien lieu de culte païen, en particulier druidique comme une très ancienne statue située à proximité semble l'illustrer. Les trois bassins de la fontaine rappellent la Sainte-Trinité. Le bassin de la fontaine forme un rectangle de 6 mètres sur 4 mètres et est surmonté d'une sorte de petite chapelle gothique en pierre de Kersanton, couverte de deux rampants aigus avec clochetons aux quatre angles. De style gothique, elle fut reconstruite en 1550 par l'abbé Olivier du Chastel. Cette fontaine fut par le passé l'objet d'une grande dévotion « qui n'est pas encore entièrement éteinte » écrivait le Ollivier, alors curé de Daoulas[68].

    « L'eau de cette fontaine passe pour assurer la fécondité aux femmes auxquelles il suffit, pour l'obtenir, de fixer une croix. Elle prédit aussi aux jeunes gens s'ils se marieront dans l'année ; ils mettent une épingle dans le creux de leur main qu'ils plongent dans la fontaine principale. Si l'épingle flotte et tombe dans l'un des bassins inférieurs, le mariage aura lieu ; dans le cas contraire, il faut attendre. Une petite source, qui sort de dessous la fontaine même, opère la guérison des yeux, et la Vierge celle des enfants atteints de la toque[69],