Delphine Delamare

Delphine Delamare (1822–1848) fut une femme française dont le destin tragique a probablement inspiré Gustave Flaubert pour son roman Madame Bovary.

Delphine Delamare
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité

Biographie

Près de l'église de Ry.

Véronique Delphine Couturier est née à La Rue-Saint-Pierre en Seine-Maritime le .

Le à Blainville-Crevon, elle se marie avec l'officier de santé Eugène Delamare (Benoist-Eugène Delamare, né à Rouen le , ancien élève d'Achille Flaubert). De cette union naît une fille (Alice-Delphine) le .

Délaissée par ses deux amants et criblée de dettes, Delphine Delamare se suicide le à Ry par injection d'arsenic[1]. Son mari décède dans la même ville le 18 décembre de l'année suivante.

Rapprochements avec Madame Bovary

Rigolette cherchant à se distraire en l'absence de Germain, Joseph-Désiré Court (1844).

Le , l'écrivain et journaliste Georges Dubosc publie un article (« La véritable Madame Bovary ») dans Le Journal de Rouen dans lequel il est le premier à faire le rapprochement entre Delphine Delamare et Madame Bovary[2]. Depuis, elle est tenue pour le modèle probable de Gustave Flaubert, alors que celui-ci présentait son roman comme « une histoire totalement inventée », et son personnage comme « une pure invention »[1].

La mère du docteur Raoul Brunon, fondateur du musée Flaubert et d'histoire de la médecine et auteur d'un ouvrage intitulé « À propos de Madame Bovary » (Girieud, Rouen, 1907), croit la reconnaître dans Rigolette attendant le retour de Germain, un tableau du peintre Joseph-Désiré Court (portraitiste de la famille Flaubert)[2]. Depuis, ce tableau, qui illustre un épisode des Mystères de Paris d'Eugène Sue, est devenu l'icône de Madame Bovary[réf. nécessaire].

Raoul Brunon estime qu'il existe « un autre portrait de cette même jeune femme en costume de bal masqué », également de Joseph-Désiré Court, intitulé Vénitienne au bal masqué[2].

Dans Flaubert et Madame Bovary, les deux portraits sont représentés côte à côte avec une légende qui, sans émettre le moindre doute, affirme : « Deux portraits de jeune femme, par Court (Delphine Delamare, Mme Bovary) »[2]. De nombreuses demandes de photographies, à la conservation du musée des Beaux-Arts de Rouen, attestent de l'engouement pour ces rapprochements picturaux, en particulier pour Rigolette[2]. Fernand Guey, conservateur du musée des Beaux-Arts, évoque quant à lui une « fable concernant les tableaux de Court et Madame Bovary »[2]. Rigolette figure dans l'Album Flaubert de la collection la Pléiade (1972)[2]. La couverture d'une nouvelle parution de Madame Bovary, en janvier 1972, dans une édition de poche (« Folio »), contribue, par sa grande diffusion, à perpétuer cette tradition[2].

Notes et références

  1. Romane Ganneval, « Emma Bovary, du fait divers à l’œuvre littéraire », sur la-croix.com, (consulté le 27 décembre 2019).
  2. Centre Flaubert de l'Université de Rouen

Liens externes

  • Portail de la littérature française
Cet article est issu de Wikipedia. Le texte est sous licence Creative Commons - Attribution - Sharealike. Des conditions supplémentaires peuvent s'appliquer aux fichiers multimédias.