Françafrique

L’expression « Françafrique » est utilisée, en général de façon péjorative, pour désigner la relation spéciale, qualifiée de néo-coloniale par ses détracteurs, établie entre la France et ses anciennes colonies en Afrique subsaharienne. Les fondements de cette relation sont mis en place à la demande du général De Gaulle par Jacques Foccart, nommé secrétaire général de l'Élysée aux affaires africaines et malgaches de 1960 à 1974, et se caractérise par le rôle des réseaux extra-diplomatiques (services de renseignement, entreprises, "barbouzes", militaires etc.) et l'ingérence directe des autorités françaises dans les affaires intérieures des anciennes colonies.

Ne doit pas être confondu avec l'Afrique française, qui désigne l'ensemble des colonies africaines ayant appartenu à la France.
Pour les articles homonymes, voir Françafrique (homonymie).
Le Premier ministre congolais André Milongo et le président français Jacques Chirac.

Aujourd'hui, le terme « Françafrique », consacré du fait de son utilisation régulière par les médias, notamment Le Monde, Libération ou L'Express, est utilisé plus généralement pour dénoncer la politique étrangère de la France en Afrique, non seulement avec ses anciennes colonies mais aussi avec d'autres pays francophones (comme le Burundi, le Rwanda et la République démocratique du Congo), visant ses interventions militaires dans les pays en crise (Côte d'Ivoire, Mali, Centrafrique), son rôle prépondérant dans certains épisodes dramatiques de l'histoire africaine (soutien apporté aux Hutu responsables du génocide des Tutsi au Rwanda en 1994[1],[2],[3],[4],[5],[6],[7],[8],[9],[10],[11]) ou encore des scandales financiers (affaire Elf). À propos de la Françafrique, l'essayiste congolais Gaspard-Hubert Lonsi Koko a fait allusion aux « rayons de lumière qui [ramèneraient] à la surface un certain nombre d’affaires africaines – récentes mais efficaces – propres à la Mitterrandie à travers les réseaux d’origine foccardienne »[12].

Définition

Origine de l'expression

L'expression « France-Afrique » est employée, en 1955, par le président ivoirien Félix Houphouët-Boigny[13], pour définir le souhait d'un certain nombre de dirigeants africains de conserver des relations privilégiées avec la France après l'accession de leur pays, anciennes colonies françaises, à l'indépendance[14].

Le néologisme Françafrique, qui revêt, à l'origine, une connotation positive, est repris et popularisé dans son sens péjoratif actuel en 1998 par le livre La Françafrique, le plus long scandale de la République de François-Xavier Verschave[15] et par l'association Survie, dont ce dernier fut l'un des présidents historiques, de 1995 jusqu'à sa mort en 2005.

Dans son ouvrage, complété par Noir silence : qui arrêtera la Françafrique ? en 2000, Verschave décrit un système caractérisé par des pratiques de soutien aux dictatures, de coups d'État et d'assassinats politiques mais aussi de détournements de fonds et de financement illégal de partis politiques (d'où l'homophonie plusieurs fois soulignée par Verschave : France-Afrique, France-à-fric).

Le « système de la Françafrique » présente, à des degrés divers selon les pays concernés, les caractéristiques suivantes :

  • une politique étrangère française qui ne relève pas du ministère des Affaires étrangères mais est une politique discrétionnaire de la Présidence, notamment à travers la cellule africaine de l’Élysée et, dans une moindre mesure, le ministère de la Coopération, aujourd'hui disparu. Cette politique est en outre largement occulte ;
  • une présence très importante de fonctionnaires français ou, plus tard, d'attachés techniques (AT) dans les pays africains concernés ;
  • une ingérence, y compris militaire, dans les affaires intérieures des pays concernés (défense ou renversement d'un gouvernement) ;
  • des liens financiers occultes entre le régime du pays et les partis politiques français. Ces liens financiers concernent la corruption des élites politiques africaines par les classes dirigeantes françaises.

On ne peut parler de « Françafrique » que lorsque tous les éléments précédents sont réunis. En effet, par exemple, des rétrocommissions importantes alimentant la classe politique française viennent ou sont venues des pays du Golfe[16],[17] et de Taïwan[18]. De même, le laxisme des sociétés pétrolières quant à l'usage fait des royalties par les régimes autoritaires locaux n'est pas propre à la Françafrique. Toutes ces relations ne rentrent pas dans le cas d'un système, a fortiori du système que le terme Françafrique désigne. Le système de la Françafrique n'est pas un simple rapport de domination de la France sur ces anciennes colonies ; il recouvre des interactions plus complexes et spécifiques allant principalement de la France vers l'Afrique, faites de culture partagée, de connaissance mutuelle, parfois de connivence. Parfois, ce sont les régimes autoritaires africains qui manieront la corruption et le chantage pour parvenir à leurs fins auprès du régime autoritaire français.

Cette politique, dont Verschave dénonce la constance depuis les indépendances africaines des années 1960, a pour but de défendre les intérêts français sur le plan stratégique (bases militaires notamment) et économique (accès des multinationales françaises aux ressources naturelles et stratégiques : pétrole, uranium, etc.)[19],[20].

Historique et évolution de la relation « françafricaine »

Après son retour au pouvoir en 1958, le président de la république, Charles de Gaulle, se voit contraint par les mouvements anti-colonialistes et les pressions internationales d'accorder leur indépendance aux anciennes colonies africaines de la France, qui ont, jusqu'en 1960, le statut d'États membres de la Communauté française (l’Algérie, qui a jusqu'en 1962 un statut départemental, constituant un cas à part). Parallèlement, il charge un de ses proches, Jacques Foccart (également fondateur du SAC), de prendre des dispositions pour maintenir une forte présence de la France.

C'est ainsi que le premier chef d'État de la Côte d'Ivoire, Félix Houphouët-Boigny, confie la gestion administrative de sa présidence à d'anciens préfets et gouverneurs français. De même, des centaines de professeurs français enseignent dans les collèges et universités ivoiriens, au titre de la coopération ou de l'assistance technique de substitution[21]. En 1989, ce sont 5000 coopérants qui sont présents dans les systèmes éducatifs de l'Afrique subsaharienne, « soit vingt-cinq fois plus que la Grande-Bretagne, les États-Unis ou l'Union soviétique, cent fois plus que le Maroc »[21].

Officiellement, Jacques Foccart occupe le poste de secrétaire général aux affaires africaines de l'Élysée, un poste modeste qui n'a pas l'éclat d'un portefeuille ministériel. Cependant, pour réaliser ce projet, « son pouvoir est si immense qu'il n'existe aucun équivalent dans la République française », notamment grâce à son accès au chef de l’État qu'il voit tous les jours[22]. Foccart a ainsi la haute main sur tout ce qui touche à l'Afrique : les voyages officiels et officieux, les audiences, la nomination et révocation des ambassadeurs et enfin la supervision de l'action en Afrique des services de renseignement extérieurs, le SDECE.

Il reste à ce poste de 1960 à 1974. Il sera rappelé par le Premier ministre Jacques Chirac en 1986, et à nouveau après l'élection de ce dernier à la présidentielle en 1995.

La défense des intérêts français en Afrique, et notamment dans son fameux « pré-carré », a été portée par tous les présidents successifs comme un impératif absolu, François Mitterrand inclus, et s’est maintenue, sous différentes formes et malgré quelques évolutions, jusqu'à la présidence de Nicolas Sarkozy[23]. On peut même y inclure le président François Hollande, qui a notamment commandité l'intervention au Mali avec l'opération Serval (2013-2014) ainsi que celle en Centrafrique.

À l’origine, les raisons de la mise en place de ce système sont de trois ordres. L'aspect économique consiste à garantir l’accès aux matières premières stratégiques du continent (pétrole, uranium, etc.) et à essayer d'offrir des débouchés privilégiés aux multinationales françaises. En second lieu, l'aspect diplomatique et stratégique vise à maintenir le statut de puissance mondiale acquis par la France après la guerre, grâce à des pays alliés, notamment pour les votes au sein des institutions internationales, mais aussi pour contenir l’expansion « communiste » sur le continent africain ou « résister » à l'influence américaine grandissante en maintenant des bases militaires garantissant les capacités de projection internationale de l’armée française. Enfin, il permet d'organiser le financement occulte (mais longtemps légal) de partis politiques français par certains régimes africains.

Depuis la fin de la guerre froide d’une part, et la réglementation du financement des partis politiques en France d’autre part, les deux dernières dimensions de la Françafrique se sont progressivement effacées au profit de la première, la justification économique, qui reste plus que jamais une préoccupation majeure pour la France et ses multinationales (Total, Areva, Bouygues, Bolloré, etc.).

Sous la présidence de François Hollande (2012-2017), les autorités françaises se tiennent à distance des présidents congolais (RDC) Joseph Kabila, congolais Denis Sassou Nguesso et tchadien Idriss Déby, au pouvoir depuis plusieurs décennies ou réélus dans des conditions discutables. Elle s'en rapproche cependant un peu plus tard, notamment du fait de leur soutien à la guerre du Mali (commencée en 2012) et à l'opération Sangaris (2013-2016) en Centrafrique[24].

L'espace « françafricain »

  • Afrique francophone. Population de 363 millions en 2013[25]. Population prévue entre 785 millions[26] et 814 millions[25] en 2050[27],[28].
  • Pays considérés comme francophones
  • Pays non francophones mais membres ou Observateurs de l'OIF

Les pays considérés comme appartenant a priori à la « Françafrique » sont les anciennes colonies françaises en Afrique subsaharienne, à savoir :

Des pays comme la République démocratique du Congo, le Burundi et le Rwanda sont francophones mais sont d'anciennes colonies belges où l'influence de la France n'est pas prépondérante.

Les pays concernés le sont à des degrés divers. Ainsi, des États considérés par certains comme des dictatures pétrolières, tels que le Gabon ou la République du Congo, apparaissent comme des caricatures de la Françafrique tant les liens paraissent étroits entre leurs dirigeants et les autorités françaises et compte tenu de la place prépondérante qu'occupe Total (anciennement Elf) dans l'économie de ces pays. D'autres régimes autoritaires sont également concernés au premier chef comme le Togo, le Burkina Faso, le Cameroun, Djibouti, le Tchad, ou encore la République centrafricaine.

En revanche, certaines anciennes colonies françaises comme la Côte d'Ivoire, le Mali, la Guinée, le Burkina Faso, etc. ont eu dans le passé des périodes de relations difficiles voire conflictuelles avec la France.

Acteurs de la Françafrique

La cellule africaine de l'Élysée

Échappant largement au ministère des Affaires étrangères, la politique africaine « du pré carré » est historiquement élaborée à l’Élysée, et notamment au sein de la cellule africaine de l’Élysée[note 1].

La cellule africaine est indissociable de son fondateur, Jacques Foccart, nommé par le Général de Gaulle, qui reste en place sous la présidence de Georges Pompidou. Il sera le « mentor africain » de Jacques Chirac, lequel, au début de son mandat, aurait admis l’avoir eu tous les jours au téléphone.

Valéry Giscard d'Estaing maintient une cellule Afrique.

François Mitterrand, quant à lui, nomme un conseiller pour les affaires africaines. Entre 1981 et 1986, c'est Guy Penne ; entre 1988 et 1992, c'est le fils aîné du président, Jean-Christophe Mitterrand, ancien journaliste de l'AFP en Afrique, qui occupe ce poste, au cabinet de son père, ce qui lui vaut en Afrique le surnom de « Papamadi »[29].

Jacques Chirac, succédant à François Mitterrand, maintient lui aussi une cellule Afrique.

Le successeur de Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, supprime la cellule africaine, remplacée par un conseiller diplomatique Afrique sous l'autorité du conseiller diplomatique. Sous son mandat, le principal inspirateur de la politique africaine de la France est le secrétaire général de l'Élysée Claude Guéant, un très proche du président ; la Françafrique perdure sous une « forme décomplexée »[30].

Sous François Hollande, arrivé à la présidence de la République en 2012, une cellule africaine de l'Élysée puissante ne sera jamais reconstituée[note 2].

Les services de renseignement

Le SDECE (actuelle DGSE), joue un rôle important dans la Françafrique, tout particulièrement son chef du secteur Afrique, Maurice Robert, qui participe à l'organisation de nombre de coups de force, installant ou renversant les chefs d'États africains en fonction des intérêts de la France. Il encadre notamment plusieurs interventions du fameux mercenaire Bob Denard), avant d'être recruté directement chez Elf lorsqu'il est écarté du SDECE en 1973. En 1979, il est nommé, à la demande du président gabonais Omar Bongo, qu'il a contribué à installer au pouvoir, ambassadeur de France au Gabon. Il est remercié à l'arrivée au pouvoir de François Mitterrand en 1982 et termine sa carrière chez Elf[32].

Le ministère de la Coopération

Le réseau consulaire français est très dense en Afrique, bien qu'il soit dense dans le monde entier en général (2e réseau consulaire après les États-Unis).

Les intermédiaires officieux

Autour des représentations diplomatiques officielles de la France en Afrique, gravitent des acteurs qui se caractérisent par leur réseau de connaissances personnelles où se côtoient dirigeants politiques, hommes d'affaires, officiers de renseignement, militaires, mercenaires et membres des loges maçonniques[33],[34],[35].

Parmi les intermédiaires officieux les plus actifs de la Françafrique pendant le mandat de Nicolas Sarkozy, on peut citer l'avocat franco-libanais Robert Bourgi, proche de la famille Bongo et de nombreux autres chefs d'État africains et conseiller officieux de Nicolas Sarkozy. De son propre aveu, il aurait joué le rôle d'intermédiaire dans l'éviction du secrétaire d'État à la Coopération Jean-Marie Bockel, dont la volonté affichée de rupture avec la Françafrique avait déplu à un certain nombre de dictateurs historiques du continent[36],[37]. Il a également reconnu à demi-mot avoir obtenu le soutien de la France pour l'élection d'Ali Bongo[note 3], fils de l'ancien président Omar Bongo, à la tête du Gabon en 2009, permettant ainsi la continuation d'un véritable règne dynastique qui dure depuis plus de quarante ans dans ce pays[39]. Le député François Loncle joue un rôle auprès de Laurent Gbagbo, président de la Côte d'Ivoire, qu'il a soutenu pendant plusieurs années, malgré les soupçons de corruption. Les liens entre Laurent Gbagbo et François Loncle, notamment lorsqu'il est président de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, permettent d'occulter une partie de ces pratiques de corruption[40]. On peut également citer un ami proche de Nicolas Sarkozy, connu notamment pour son action d'émissaire officieux en Afrique, le député-maire de Levallois-Perret, Patrick Balkany[41].

L'aide au développement

L'aide française au développement en Afrique s'articule autour de deux organismes, l'AFD, qui gère les financements d'État à État, et sa filiale privée, la Proparco, qui finance le secteur privé des pays en développement.

La coopération militaire

Les accords militaires français : OTAN en bleu, autres (incluant des pays africains) en olive.

Des accords de défense[42], signés au moment des indépendances, donnent le cadre de la coopération militaire entre la France et divers pays africains. Ces mêmes accords empiètent parfois largement sur le terrain économique dans leurs annexes et sont souvent complétés par des accords spéciaux[42], tenus secrets.

Par exemple, l'Accord de Défense entre les Gouvernements de la République française, de la République de Côte d'Ivoire, de la République du Dahomey et de la République du Niger[43] du 24 avril 1961, établit l'installation de forces militaires françaises dans ces trois pays, leurs facilités de circulation et d'utilisation des infrastructures et évoque des « Accords spéciaux » aux termes desquels ces trois pays peuvent demander l'aide de la France en matière de défense. La deuxième annexe de cet accord de Défense, concernant les « matières premières et produits stratégiques » (hydrocarbures, uranium, lithium...), stipule que ces mêmes pays, « pour les besoins de la Défense, réservent par priorité leur vente à la République française après satisfaction des besoins de leur consommation intérieure, et s'approvisionnent par priorité auprès d'elle » et « lorsque les intérêts de la Défense l'exigent, elles limitent ou interdisent leur exportation à destination d'autres pays ».

En 2008, le président Nicolas Sarkozy décide de fermer les bases françaises situées en Afrique[44]. Le 43e BIMa, stationné à Port-Bouët, Abidjan est dissous en 2009, la base aérienne 160 Dakar-Ouakam est fermée en 2011, Les Forces françaises du Cap-Vert (FFCV) sont dissoutes et les Éléments français au Sénégal sont créés. Il reste alors deux bases militaires françaises dans des pays africains (forces prépositionnées) situées à Djibouti et Libreville en plus de celles situées sur les territoires français de Mayotte et de La Réunion. Néanmoins, la présence militaire française reste importante au Tchad (opération Épervier) et en Côte d'Ivoire (opération Licorne). La France apporte également un soutien à la FOMUC en Centrafrique (opération Boali) et maintient un contingent de deux cents soldats à Bangui[45]. La fermeture des bases ne modifie donc pas l'effectif et le coût des forces présentes en Afrique[46].

En 2011, le président français Nicolas Sarkozy engage la France dans l'intervention militaire en Libye avec l'opération Harmattan. Même s'il affirme la volonté d'« africaniser » les règlements des conflits internes au continent, son successeur, le président François Hollande s'implique à deux reprises dans des conflits africains, en janvier 2013 lors de la guerre du Mali (opération Serval) et en décembre 2013 dans la troisième guerre civile de Centrafrique (opération Sangaris)[47]. L'opération Barkhane, menée au Sahel par l'armée française est lancée le , et prend la suite des opérations Serval et Épervier.

En septembre 2014, le dispositif militaire au Gabon est allégé et les Éléments français au Gabon sont créés.

À la suite de l'évolution du contexte sécuritaire en Côte d'Ivoire, les accords de défense sont rénovés en 2012. Ils sont adoptés après vote de l'Assemblée nationale ivoirienne en 2014 : la force Licorne est remplacée le par les forces françaises en Côte d'Ivoire (FFCI)[48].

Au , la présence militaire française reste donc importante et elle est composée des forces françaises à Djibouti (2 000 hommes), des forces françaises en Côte d'Ivoire (450 hommes), des Éléments français au Gabon (900 hommes) et des Éléments français au Sénégal (300 hommes).

Aspects économiques

La France perd du terrain sur le plan économique : entre 2000 et 2011, les parts de marché de la France dans une Afrique subsaharienne en forte croissance ont chuté de 10,1 % à 4,7 %, tandis que la Chine s'y est imposée en une vingtaine d’années comme le principal partenaire économique avec une part de marché passée de moins de 2 % en 1990 à plus de 16 % en 2011. Néanmoins, bien que la France perde des parts de marché dans toutes les zones où elle était fortement implantée pour des raisons historiques et qu'elle n’en gagne presque pas ailleurs, cette baisse cache une très forte hausse des exportations françaises vers l’Afrique subsaharienne, ce qui signifie que la France bénéficie de la croissance africaine, les exportations françaises vers l’Afrique subsaharienne étant passées de 6,3 milliards de dollars en 1990, à 7,7 milliards en 2000 et à 17,5 milliards en 2011[49].

L'objectif du président François Hollande est de doubler les échanges entre la France et les pays africains et il mise sur le rapport sénatorial d'Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires Étrangères, pour rétablir le poids économique de la France en Afrique[50],[51].

Selon le baromètre du Conseil français des investisseurs en Afrique, l’Hexagone n’arrive qu’au septième rang des pays préférés des leaders d’opinion francophones du continent africain. Elle est tombée du sixième au septième rang de leurs pays préférés entre 2018 et 2019. C’est ce que révèle la nouvelle édition du baromètre CIAN Africaleads réalisée par l’institut Immar et rendue publique jeudi 6 février 2020. Pour la deuxième année consécutive, le rapport du Conseil français des investisseurs en Afrique (CIAN), dont les membres représentent 80 % du volume d’affaires réalisé sur le continent, s’alarme de ce nouveau recul, reléguant l’Hexagone derrière l’Allemagne, les Etats-Unis, le Canada, la Chine, le Royaume-Uni et le Japon.

Malgré une solide implantation sur le continent, avec 1 100 groupes et 2 109 filiales, et le troisième stock d’investissements le plus important après le Royaume-Uni et les Etats-Unis, la France semble encore plombée par « son passé colonial et la question mémorielle », analyse Etienne Giros, président du CIAN, qui plaide pour « décomplexer et dépassionner la relation, afin que le bénéfice pour l’Afrique du travail des entreprises françaises, bien réel, devienne enfin visible ».

Même si le résultat doit être nuancé par l’entrée dans le panel de quatre poids lourds anglophones du continent – Nigeria, Ethiopie, Kenya, Egypte – qui boostent mécaniquement la place des Etats-Unis, du Royaume-Uni et fait entrer le Canada au classement, le problème demeure. L’image de l’Hexagone reste prisonnière des passions qui ont consumé la France et ses anciennes colonies et façonné durablement leurs relations[50],[52].

AfricaFrance

Le , la France lance l'initiative « AfricaFrance », sous la forme d'une fondation dirigée par Lionel Zinsou et soutenue par le Quai d'Orsay et le Medef International pour relancer les relations économiques entre la France et l'Afrique[53].

Multinationales

Dans les années 1990, le groupe Bolloré profite des privatisations imposée aux pays africains par les institutions financières internationales pour s'étendre sur le continent. Il obtient ainsi, en 1995, la Société internationale de transport africain par rail (Sitarail), et en 1999 la Camrail, compagnie ferroviaire du Cameroun. En cinq ans, le groupe obtient la gestion de plusieurs terminaux à conteneurs mis en concession : Douala (Cameroun), Abidjan (Côte d’Ivoire), Cotonou (Bénin), Tema (Ghana), Tincan (Nigeria) et Pointe-Noire (Congo)[54].

Le directeur général du groupe, Gilles Alix, indique en 2008 au sujet des relations entre le groupe et les dirigeants africains que « Les ministres, on les connaît tous là-bas. Ce sont des amis. Alors, de temps en temps — je vais être clair —, on leur donne, quand ils ne sont plus ministres, la possibilité de devenir administrateurs d’une de nos filiales. C’est pour leur sauver la face. Et puis on sait qu’un jour ils peuvent redevenir ministres[54].

Des entreprises associées au groupe Bolloré ont été mises en cause par l'ONU pour leur « exploitation illégale » de ressources naturelles, dont en particulier le colombo-tantalite, dans certaines régions d'Afrique, dont le commerce nourrit le trafic d’armes. Dans un rapport d'avril 2001, l'ONU indique que SDV, filiale à 100 % du groupe Bolloré, figure « parmi les principaux maillons de ce réseau d’exploitation et de poursuite de la guerre. Des milliers de tonnes de colombo-tantalite ont ainsi été chargées à partir de Kigali ou ont transité par le port de mer de Dar es-Salaam. » Un rapport de 2002 place SDV sur la liste des entreprises qui « violent les principes directeurs de l’Organisation de coopération et de développement économiques [OCDE] à l’intention des entreprises multinationales »[54].

Le Franc CFA et le Franc comorien

Le 21 décembre 2019, Emmanuel Macron et Alassane Ouattara ont annoncé à Abidjan la disparition du Franc de la Communauté financière africaine.

«C’est en entendant votre jeunesse que j’ai voulu engager cette réforme. Le Franc CFA cristallise de nombreuses critiques et de nombreux débats sur la France en Afrique. J’ai entendu les critiques, je vois votre jeunesse qui nous reproche de continuer une relation qu’elle juge postcoloniale. Donc rompons les amarres » a déclaré Emmanuel Macron. A ses côtés, le chef de l’Etat ivoirien, Alassane Ouattara, a précisé que cette décision « historique » a été « prise en toute souveraineté. Elle prend en compte notre volonté de construire notre futur de manière responsable ».

Le président français, Emmanuel Macron a qualifié la colonisation, lors de la conférence de presse à Abidjan, de «faute de la République»[55].

Ces changements, négociés depuis plusieurs mois, concernent donc le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo mais pas, pour l'instant, les six autres pays d'Afrique centrale et les Comores qui utilisent aussi le Franc CFA et le Franc Comorien et que sont le Cameroun, le Tchad, la Guinée équatoriale, le Gabon, la République du Congo, et la République centrafricaine, et forment une zone monétaire distincte, toute fois une discussion sur la réforme aussi du franc CFA en Afrique centrale reste ouverte[54].

Le 6 janvier 2020 à Dakar, une cinquantaine d'intellectuels publient une déclaration demandant l'ouverture d'un débat « populaire et inclusif » sur la réforme en cours et rappelant que « la question de la monnaie est fondamentalement politique et que la réponse ne peut être principalement technique »[56].

Fin février 2020, l'agence de notation américaine S&P réalise une étude sur la concrétisation du projet de sortie du franc CFA, et se dit rassurée par le fait que l'eco reste arrimé à l'Euro et que la France continue à garantir sa convertibilité. Le lancement de la nouvelle monnaie n'auraient donc pas d'effets immédiats, et une dévaluation n'est à ce jour par prévue. L'étude rappelle de même que « les États membres de l'UEMOA ne seront plus tenus de conserver la moitié de leurs réserves de change sur un compte d'opération au Trésor français. Autrement dit, la banque centrale régionale, la BCEAO, pourra gérer ses réserves de changes comme elle le jugera approprié »[57].

Principales affaires politico-financières liées à la Françafrique

Affaire Elf

L'entreprise d'extraction et de distribution pétrolière Elf-Aquitaine est impliquée dans de nombreuses affaires médiatiques comme l'affaire des avions renifleurs au début des années 1980. Ce que l'on nomme l'« affaire Elf » est une vaste et longue affaire politico-financière qui éclate en 1994, à la suite d'une enquête de la commission des opérations boursières (aujourd'hui AMF) sur le financement de l'entreprise textile Bidermann par Elf entre 1989 et 1993. L'instruction du juge Eva Joly va rapidement mettre au jour un impressionnant réseau de corruption, mettant en cause des personnalités politiques et des grands patrons. L'entreprise, basée en France, est devenue au fil des fusions un géant du pétrole et aurait bénéficié de la bienveillance de l'exécutif français qui considère l'approvisionnement en pétrole comme un domaine stratégique.

Affaire des biens mal acquis

Les « biens mal acquis » concernent des activités délictuelles ou criminelles qui ont permis à des dirigeants africains un enrichissement que leurs revenus ne peuvent justifier. Ils sont le résultat de détournements de fonds, de vols ou de transferts illicites d’argent public entre les comptes nationaux et les comptes personnels des intéressés, de la corruption et de l’octroi de rétrocommissions. Les auteurs des infractions utilisent souvent les mécanismes d’évaporation des capitaux, garante d’impunité, grâce notamment aux paradis fiscaux et judiciaires et à la complicité de pays développés.

Une étude du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD), publiée en mars 2007[58], évalue entre 100 et 180 milliards de dollars les avoirs détournés par des dirigeants au cours des dernières décennies. Ainsi Mobutu, dirigeant du Zaïre de 1965 à 1997, avait une fortune personnelle estimée à sa mort en 1997 entre 5 et 6 milliards de dollars, et a laissé à l’État une dette publique de 13 milliards.

En France, après les mobilisations des associations Survie et Sherpa, soutenues par des organisations de la société civile congolaise et gabonaise, une plainte est déposée en décembre 2008 par l’ONG Transparency International[59]. Elle vise les conditions d’acquisition d’un important patrimoine immobilier et mobilier en France par trois chefs d’État africains, Denis Sassou Nguesso du Congo, Teodoro Obiang de Guinée équatoriale et le défunt chef d’État gabonais Omar Bongo, ainsi que par certains de leurs proches. D’après l’ONG, le patrimoine immobilier des trois chefs d’État en France s’élève à 160 millions d’euros. Le clan Bongo possèderait, à lui seul, une trentaine de luxueux appartements ou maisons.

Cette plainte est jugée irrecevable par la chambre d’instruction de la Cour d'Appel de Paris, bloquant par là l’enquête voulue par la doyenne des juges du pôle financier de Paris, Françoise Desset, estimant que le plaignant n’avait juridiquement pas d’intérêt à agir. Pour Transparency International, « il n’y a aucun doute sur le fait que ce patrimoine n’a pu être constitué grâce aux seuls salaires et émoluments de ces chefs d’État au sujet desquels il existe de sérieuses présomptions de détournements de fonds publics ».

Rivalités étrangères

Les États-Unis

La tournée africaine du président des États-Unis Bill Clinton en 1998 marque la volonté de la première puissance mondiale de prendre le relais de la France, gendarme régional du continent africain pendant la guerre froide[60]. Au début des années 2000, des câbles diplomatiques révélées par WikiLeaks, confirment que les États-Unis projettent d'étendre leur influence en Afrique, en prenant en quelque sorte la place privilégiée que la France avait avec ses anciennes colonies, si jamais celle-ci devait se retirer[61]. Les États-Unis veulent cependant conserver une forme de coopération avec la France en Afrique, sur le sujet du terrorisme notamment.

Le Royaume-Uni

La Chine

Le développement rapide de son économie oblige la Chine à sécuriser ses approvisionnements en matières premières[62]. On est donc passé d'une aide ciblée sur les « pays frères », susceptibles de passer dans le giron communiste, à une aide ciblée sur les pays à sous-sol prometteur. Elle est aidée en cela par une diaspora bien implantée dans la « petite économie » des pays africains[62]. La Chine est, en 2011, le troisième plus grand partenaire économique du continent, après les États-Unis et la France[62].

L'aide chinoise au développement a également une particularité. La Chine ne débloque pas de crédits pour la construction d'un bâtiment mais le bâtit elle-même. Elle fait venir la main-d'œuvre et le matériel de Chine et ses projets ne contribuent donc pas au développement local pendant leur phase de construction par l'apport de devises.

En 2013, les échanges commerciaux sino-africains ont pour la première fois dépassé les 200 milliards de dollars, confortant la Chine en tant que premier partenaire commercial de l'Afrique, une position qu'elle tient depuis 2009 au détriment des États-Unis et de l'Europe ; les investissements directs de la Chine en Afrique ont quant à eux augmenté de 44% en 2013 ; la Chine cherche ainsi à maîtriser ses approvisionnements en matières premières[63].

Critique de l'expression

L'anthropologue Jean-Pierre Dozon conteste l'expression Françafrique car elle réduit selon lui la relation entre la France et ses anciennes colonies africaines à « une sorte d'arrière-cour dans laquelle, certes, n'auraient cessé de tremper quantité de personnages de la Ve République, et [...] qui peut très certainement témoigner de la longue politique néo-coloniale de la France en Afrique, mais qui en étant précisément présentée ainsi, avec ses réseaux et ses hommes d'influence, ne permet pas véritablement de comprendre la place centrale qu'a occupée l'Afrique noire dans le fonctionnement de l'État français contemporain, spécialement depuis l'avènement de la Ve République[64]. »

Annexes

Bibliographie

  • Jean-Marc Aractingi, La Politique à mes trousses : du Liban au Centrafrique, des Comores à Haïti, Paris, L'Harmattan, , 105 p. (ISBN 978-2-296-00469-6).
  • Baadikko Mammadu, Françafrique : l'échec. L'Afrique postcoloniale en question, Paris, L'Harmattan, , 365 p. (ISBN 2-7475-0584-7).
  • Monsieur X et Patrick Pesnot, Les dessous de la Françafrique : les dossiers secrets de monsieur X, Paris, Nouveau monde, , 395 p. (ISBN 978-2-84736-385-2) — Compte rendu du livre : Chloé Maurel, « Les dessous de la Françafrique, de Patrick Pesnot », sur Livres du XXIe siècle.
  • Sayouba Traoré, Kangni Alem, Abdourahman A. Waberi et al., Dernières nouvelles de la Françafrique, La Roque d'Anthéron, Vents d'ailleurs, , 223 p. (ISBN 2-911412-25-7).
  • Antoine Glaser et Stephen Smith, Sarko en Afrique, Plon, 2008.
  • « France-Afrique. Les nouveaux réseaux » (dossier), Jeune Afrique, no 2576, 23 au 29 mai 2010, p. 24-35.
  • Jérémie Kroubo Dagnini, « Dictatures et protestantisme en Afrique noire depuis la décolonisation : le résultat d'une politique françafricaine et d'une influence américaine certaine », Historia Actual Online, no 17, , p. 113-128 (ISSN 1696-2060, lire en ligne).
  • Christophe Boisbouvier, Hollande l'Africain, La Découverte, .

Ouvrages historiques

  • Mamadou Koulibaly, Françafrique : Les servitudes du pacte colonial, Paris, N.E.I., , 223 p. (ISBN 978-2-84487-251-7 et 2-84487-251-4)
  • Jean-Pierre Bat et Pascal Airault, Françafrique. Opérations secrètes et derniers mystères, Paris, Tallandier, , 848 p. (ISBN 979-10-210-1877-8)
  • Jean-Pierre Bat, Le syndrome Foccart : La politique française en Afrique, de 1959 à nos jours, Paris, Folio, , 848 p. (ISBN 978-2-07-035675-1 et 2-07-035675-2)
  • Jean-Pierre Bat et Pascal Airault, Françafrique. Opérations secrètes et derniers mystères, Paris, Tallandier, , 848 p. (ISBN 979-10-210-1877-8)
  • Robert Bourgi, Le général De Gaulle et l'Afrique noire (1940-1969), LGDJ, , 515 p. (ISBN 2-275-01134-X)
  • Kako Nubukpo, Martial Ze Belinga, Bruno Tinel et Demba Moussa Dembélé, Sortir l'Afrique de la servitude monétaire : à qui profite le franc CFA ?, éditions La Dispute, 2016.
  • Jean-Pierre Bat, Olivier Forcade et Sylvain Mary, Jacques Foccart : archives ouvertes (1958-1974), PUPS, 2017.
  • Jean Pierre Bat, La fabrique des barbouzes. Histoire des réseaux Foccart en Afrique, Nouveau Monde éditions, 2017, 512 p.
  • Fanny Pigeaud, Ndongo Samba Sylla, L'arme invisible de la Françafrique : une histoire du franc CFA, La découverte,
  • L'argent fou de la Françafrique - L'affaire des biens mal-acquis (dessin), scénario de Xavier Harel, Glénat, 2018 (ISBN 978-2-344-01918-4)
  • L'Afrique libre, ou la mort, récit politique, édition Groupe CCEE, 2018, préfaces de Biram Dah Abeid, Alexandre Douguine, Élie Domota, Pedro Biscay, Djimon Hounsou, Ganiou Soglo (en) et Nicolas Anelka (ISBN 979-1091157292)
  • Kako Nubukpo, L’Urgence africaine. Changeons de modèle de croissance, Éditions Odile Jacob, 2019, 236 pages.

Témoignages

  • Maurice Robert et André Renault, "Ministre" de l'Afrique : Entretiens avec André Renault Broché, Paris, Folio, , 410 p. (ISBN 2-02-062976-3)
  • Jacques Foccart et Philippe Gaillard, Foccart parle, entretiens avec Philippe Gaillard, Paris, Fayard, , 500 p. (ISBN 2-213-59419-8)

Ouvrages et articles de l'association Survie

  • Agir Ici et Survie, Jacques Chirac et la Françafrique : retour à la case Foccart ?, Paris, L'Harmattan, , 111 p. (ISBN 2-7384-3702-8, lire en ligne).
  • Samuël Foutoyet, Nicolas Sarkozy ou la Françafrique décomplexée, Bruxelles, Tribord, , 153 p. (ISBN 978-2-930390-22-2).
  • Jean-Paul Gouteux, Un génocide sans importance : la Françafrique au Rwanda, Lyon, Éd. Tahin party, , 157 p. (ISBN 2-912631-04-1), p. 157.
  • François-Xavier Verschave, La Françafrique : le plus long scandale de la République, Paris, Stock, , 379 p. (ISBN 978-2-234-04948-2).
  • François-Xavier Verschave, Noir silence : qui arrêtera la Françafrique ?, Paris, Les Arènes, , 596 p. (ISBN 2-912485-15-0).
  • François-Xavier Verschave, De la Françafrique à la mafiafrique (retranscription par Judith Cypel de l'exposé-débat du 3 décembre 2003 à l'espace Renaudie d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) devant 200 éducateurs spécialisés et moniteurs éducateurs en session de formation), Bruxelles, Tribord, , 224 p. (ISBN 2-930390-10-7 et 2-7071-3753-7).
  • « De la Françafrique à la Mafiafrique », Mouvements, Paris, La Découverte, nos 21-22, mai-juin-juillet-août 2002

Filmographie

Fictions

Documentaires

  • Didier Mauro et Thuy-Tiën Ho, Fratricide au Burkina : Thomas Sankara et la françafrique, Paris, L'Harmattan vidéo, , [vidéo], 52'.
  • Patrick Benquet, Françafrique : 50 années sous le sceau du secret, Paris, Compagnie des Phares et Balises, , [vidéo], 2x80'.

Notes et références

Notes

  1. Sise au 2 rue de l’Élysée.
  2. Mais sa conseillère, Hélène le Gal[31], occupe les locaux historiques du 2 rue de l'Élysée.
  3. « Au Gabon, la France n'a pas de candidat, mais le candidat de Robert Bourgi, c'est Ali Bongo. Or je suis un ami très écouté de Nicolas Sarkozy. De façon subliminale, l'électeur le comprendra[38]. »

Références

  1. Mehdi Ba, Rwanda, un génocide français, L'Esprit Frappeur, , 111 p. (ISBN 978-2-84405-003-8)
  2. Jacques Morel, La France au cœur du génocide des Tutsi, Miélan/Paris, L'Esprit Frappeur, , 1501 p. (ISBN 978-2-84405-242-1 et 2-84405-242-8, lire en ligne)
  3. Rwanda : une intoxication française, documentaire de Catherine Lorsignol, avril 2013 : https://youtu.be/GDhYwVWMJ1g
  4. Jean-Paul Gouteux, La nuit rwandaise : l'implication française dans le dernier génocide du siècle, Paris, L'Esprit Frappeur, , 637 p. (ISBN 978-2-910019-75-4 et 2-910019-75-6)
  5. Jean-Paul Gouteux, Un génocide secret d'Etat : la France et le Rwanda, 1990-1997, Paris, L'Esprit Frappeur, 250 p. (ISBN 978-2-84405-238-4)
  6. François Graner, Le sabre et la machette : Officiers français et génocide tutsi, Mons (Belgique), Tribord, , 252 p. (ISBN 978-2-930390-38-3)
  7. Jean-François Dupaquier et Éric Gillet, Politiques, militaires et mercenaires français au Rwanda : chronique d'une désinformation, Paris, Karthala, , 478 p. (ISBN 978-2-8111-1125-0, lire en ligne)
  8. Benoît Collombat et David Servenay, « Au nom de la France » : guerres secrètes au Rwanda, Paris, La Découverte, , 309 p. (ISBN 978-2-7071-8243-2)
  9. Gabriel Periès et David Servenay, Une guerre noire : enquête sur les origines du génocide rwandais (1959-1994), Paris, La Découverte, , 414 p. (ISBN 978-2-7071-4914-5 et 2-7071-4914-4)
  10. Patrick de Saint-Exupéry, Complices de l'Inavouable : La France au Rwanda, Paris, Les Arènes, , 313 p. (ISBN 978-2-35204-083-5)
  11. Jean-Paul Gouteux, Un génocide sans importance : La France et le Vatican au Rwanda, Lyon, Tahin Party, 224 p. (ISBN 978-2-912631-15-2, lire en ligne)
  12. Gaspard-Hubert Lonsi Koko, Mitterrand l'Africain ?, L'Atelier de l'Égrégore, 2ème édition, Paris, 2017, p. 13
  13. Valérie Nivelon, « Une histoire de la Françafrique », Émission « La marche du monde », RFI,
  14. Thomas Deltombe, Manuel Domergue et Jacob Tatsitsa, Kamerun !, une guerre cachée aux origines de la Françafrique, 1948-1971, Paris, Éditions La Découverte, , 741 p. (ISBN 978-2-7071-5913-7), p. 133, note 14.
  15. François-Xavier Verschave, La Françafrique, le plus long scandale de la République, Stock, .
  16. Richard Werly, « Diplomatie française, l'obsession des contrats », Le Temps, (lire en ligne)
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  18. Jean-Marie Pontaut, « Frégates de Taïwan, un scandale d'État », L'Express, (lire en ligne)
  19. Fabrizio Calvi, Jean-Michel Meurice et Laurence Dequay, Elf, une Afrique sous influence, [vidéo] Disponible sur Vimeo (extrait).
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  49. Anne Cheyvialle et Marie-Amélie Lombard-Latune, « Védrine : "La France a cédé trop de terrain en Afrique" », Le Figaro, , p. 18.
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  53. (en) « After BusinessFrance, France launches AfricaFrance », sur namesorts.com, (consulté le 24 janvier 2017)
  54. Thomas Deltombe, « Les guerres africaines de Vincent Bolloré », Le Monde diplomatique, (lire en ligne, consulté le 27 avril 2018)
  55. Olivier Faye, « En Côte d’Ivoire, Emmanuel Macron cherche à se débarrasser des « oripeaux » de la Françafrique », Le Monde diplomatique, (lire en ligne, consulté le 14 janvier 2020)
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  58. « France - Afrique. Biens mals acquis… profitent trop souvent ! », sur ccfd.asso.fr
  59. « Biens mal acquis : les dates clefs pour comprendre », Transparency International France (consulté le 24 janvier 2017)
  60. Collectif, Histoire de France, Paris, Larousse, [source insuffisante]
  61. « WikiLeaks : la fin de la Françafrique réjouit Washington », Le JDD.fr, (lire en ligne).
  62. Aymeric Chauprade, Chronique du choc des civilisations, Paris, , p. 117.
  63. Chinafrique : les échanges commerciaux ont atteint un record en 2013, site de La Tribune consulté le 21 février 2014.
  64. Jean-Pierre Dozon, « L'état français contemporain et son double, l'état franco-africain », Cahiers du centre de recherches historiques, no 30, (lire en ligne)

Articles connexes

Liens externes

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