François-Louis de Bourbon-Conti

François Louis de Bourbon, comte de la Marche, comte de Clermont, prince de La Roche-sur-Yon (titre offert par la Grande Mademoiselle[1]), puis 3e prince de Conti (1685), dit le Grand Conti, est né à Paris le et mort à Paris le 9 février (ou 22 février selon le Journal du marquis de Dangeau) 1709.

François-Louis de Bourbon-Conti
Le jeune François-Louis, alors prince de La Roche-sur-Yon

Titre

Prince de Conti


(23 ans et 3 mois)

Prédécesseur Louis Armand de Bourbon-Conti
Successeur Louis Armand II de Bourbon-Conti
Biographie
Titulature Prince de Conti
Prince du sang
Prince de La Roche-sur-Yon
Roi de Pologne (élu)
Dynastie Maison de Conti
Distinctions Grand maître de France
chevalier de l'ordre du Saint-Esprit
Autres fonctions Lieutenant général
Surnom « le Grand Conti »
Naissance
Paris,  Royaume de France
Décès
Paris,  Royaume de France
Père Armand de Bourbon-Conti
Mère Anne Marie Martinozzi
Conjoint Marie-Thérèse de Bourbon-Condé (1666-1732)
Enfants Mlle de Conti (1689-1720), Louis Armand II de Bourbon-Conti (1695-1727), Mlle de La Roche-sur-Yon (1696-1750)
Religion Catholicisme

Biographie

Famille et enfance

Fils d'Armand de Bourbon-Conti (1629-1666), premier prince de Conti, et de la princesse née Anne Marie Martinozzi, nièce de Mazarin, il est le frère cadet de Louis Armand Ier de Bourbon-Conti (1661-1685), 2e prince de Conti. Il est baptisé le jour de sa naissance en l'église Saint-Sulpice avec pour parrain son oncle, le Grand Condé, et pour marraine sa tante, la duchesse de Longueville.

Considéré comme un enfant intelligent, il reçoit une excellente éducation. Il se distingue à la fois par son indépendance d'esprit et par l'agrément de ses manières. Ces qualités, alliées à sa haute naissance, sont jugées dangereuses par Louis XIV, qui le tiendra toujours à distance.

Son père meurt en 1666 et sa mère en 1672, le confiant par testament, ainsi que son frère aîné, à la duchesse de Longueville et au prince de Condé désigné comme tuteur.

Prouesses militaires (1683-1694)

En 1683, il participe avec son frère aux sièges de Courtrai et de Dixmude et se distingue l'année suivante au siège de Luxembourg en montant à l'assaut d'un bastion à la tête de ses grenadiers.

En 1685 il se joint avec son frère aux troupes de l'empereur Léopold en Hongrie, contribuant à la défaite des Turcs à Gran.

De là, il écrit quelques lettres impertinentes à sa belle-sœur, la princesse de Conti, fille de Louis XIV et de la duchesse de la Vallière (dont on prétendait qu'il avait été le premier amant au lieu de son frère), qui lui répond sur le même ton. Ces lettres, dans lesquelles il se moque de Louis XIV en l'appelant « le roi du théâtre », sont interceptées et ce persiflage lui vaut, à son retour, d'être exilé à Chantilly. Il y est blessé par un cerf lors d'une chasse, le ; il en conservera une cicatrice entre l'œil et la tempe. C'est au cours de cet exil qu'il devient prince de Conti à la mort de son frère, le .

Le , sur les instances de son oncle, le Grand Condé, Louis XIV lui confère la qualité de chevalier de l'ordre du Saint-Esprit avec les autres princes du sang.

Le , au début de la guerre de la Ligue d'Augsbourg, Conti, n'ayant pas reçu de commandement du roi, part comme simple volontaire pour participer au siège de Philippsburg. En mai 1689, il suit son ami intime le maréchal de Luxembourg aux Pays-Bas et prend part à la victoire de Fleurus en 1690. En 1692, il participe aux siège de Mons et de Namur et est nommé lieutenant général le 3 mai. À Steinkerque le 3 août, il a deux chevaux tués sous lui. Il est blessé d'un coup de sabre, mais châtiera son agresseur à la bataille de Neerwinden en 1693.

Revenu à la cour, auréolé de prestige militaire, Conti s'insinue dans les bonnes grâces du Grand Dauphin, ce qui achève de lui aliéner le roi. Avec le dauphin, il fait la campagne de Flandre en 1694 puis revient à la Cour fin septembre.

Échecs politiques : Neuchâtel et la Pologne (1694-1697)

En 1694, à la mort de son cousin germain le duc de Longueville, Conti prétend, conformément au testament de ce dernier, recevoir la principauté de Neuchâtel en héritage, entrant en conflit avec la duchesse de Nemours, sœur du duc. Quoique les tribunaux lui donnent raison, il ne peut obtenir des Suisses l'assistance militaire qu'il sollicite et, par ordre du roi, doit renoncer à ses prétentions en 1699.

Restitution 3D de la façade sur jardin de l'hôtel de Conti vers 1700.
Distribution du premier étage de l'hôtel de Conti, à Paris, au temps du Grand Conti, vers 1690.
Restitution 3D de la façade sur jardin du Petit hôtel de Conti, vers 1710.

En 1697, Louis XIV envisage de le placer sur le trône de Pologne, vacant à la suite du décès de Jean Sobieski ; il est élu le grâce aux pots-de-vin distribués par l'abbé de Polignac, ambassadeur de France à Varsovie. Conti part sous la contrainte pour un royaume qu'il n'a pas souhaité, avec une escadre commandée par Jean Bart et une somme de 2 400 000 livres (et 100 000 livres pour ses frais d'équipage) remise par Louis XIV. L'escadre arrivée à Dantzig, les Français constatent que son rival, l'électeur de Saxe Auguste II le Fort s'est fait élire de son côté et est déjà installé sur le trône ; Conti donne à son escadre l'ordre de le ramener aussitôt en France où il arrive le 12 décembre et où le roi lui fait malgré tout bonne figure.

Une fin prématurée (1699-1709)

Conti vit pendant quelques années dans une quasi-oisiveté, se consacrant à agrandir et à embellir ses propriétés, notamment son château de L'Isle-Adam.

Les déboires rencontrés par les armées françaises au début de la Guerre de Succession d'Espagne poussent Louis XIV à nommer Conti à la tête des troupes en Italie. Mais le prince tombe gravement malade avant d'avoir pu rejoindre le front et meurt à Paris en février 1709.

Selon ses dernières volontés, il est inhumé auprès de sa mère dans l'Église Saint-André-des-Arts. Son oraison funèbre est prononcée par le père Jean-Baptiste Massillon, de la Congrégation de l'Oratoire.

Le monument funéraire du prince de Conti

Un monument de marbre blanc, sculpté par Nicolas Coustou, est construit le long du pilier droit du chœur, au-dessous du jambage de l'arc, supportant son épitaphe gravée en lettres d'or sur une plaque de marbre noir:

  • D.O.M | Franciscus Ludovicus Borbonius | regii sanguinis princeps | de Conti | Natus Lutetiæ Parsiorum pridie kalandas maii anno M DC LXIV | In Belgicarum urbium Cortraci, Dixmudæ | Lucemburgi obsidionibus posito tirocinio | in Hugariam adversus Turcas profectus | Lotharingiæ principi, duci veterano, juvenis admirationi fuit | Domum reversus, tradidit se in disciplinam patrui Condæ | qui, paulo post extinctus, in eo revixit | A prima usque pueritia Delphino unice dilectus | in Germania Philippoburgum, Manheimium, Aliasque urbes expugnanti, | in Flandria principis Arausicani impetus incredibili celeritate prævertenti | comes ubique adfuit et adjutor | Ludovico Magno Montes et Namurcam obsidenti | utilem operam navavit. | Ad Steenkercam, ad Nerwindam | laborantem et pene inclinatam aciem ita restituit, | ut Lucemburgius victor maximam ei partem gloriæ concederet. | In Poloniam boborum judicio et voluntate ad regnum vocatus | Contraria dissidentium civium factione desideranti patriæ redditus, | otium, minime iners, bonarum artium studiis, lectioni, erudis colloquiis impendit. | Ingenio magno et excellente, ita aptus ad omnia, ut quicquid ageret, ad id unum natus esse videretur | D familia, de Amicis, de humano genere optime meritus, | Gallorum amor et deliciæ, heu breves!| dignam Christiano principe | et pretiosam in conspectu Domini | Mortem obiit, Lutetiæ Parisiorum VIII kalandas | Martii, anno Christi M DCC IX, Ætatis XLV. | Ad sanctos plæ matris cineres, | uti ipse jusserat, | uxor mœrens posuit. - Requiescat in pace[2].

Pendant la Révolution, ce mausolée a été recueilli par Alexandre Lenoir et déposé aux Petits-Augustins avant d'être placé au Musée des Monuments français sous le no 206. Il est mentionné par Lenoir comme ayant été rendu aux églises : A St Séverin, mausolée de François Louis de Bourbon, mais on ignore ce qu'est devenu ce marbre[3].

Ascendance

Mariage et descendance

Avec la permission du roi et une dispense du Pape, en raison de la parenté proche, il épousa, le à Versailles, la petite-fille du Grand Condé, Marie-Thérèse de Bourbon-Condé (1666-1732), fille de son cousin Henri Jules de Bourbon-Condé (1643-1709), 5e prince de Condé et de la Princesse Palatine Anne de Bavière (1648-1723). Elle l'aima passionnément, mais lui, homosexuel notoire, s'intéressa fort peu à elle. Ils eurent néanmoins sept enfants :

Armoiries

« De France, à la bordure de gueules et au bâton de même péri en bande »

Notes et références

  1. « p. 101 », sur Mémoires de Mlle de Montpensier, tome VII, 1776
  2. Emile Raunié, Epitaphier du vieux Paris, Imprimerie nationale, Paris, 1890-1901, 3 vol. p. 10.
  3. « Connexion », sur www.connaissancesdeversailles.org (consulté le 21 mars 2015)

Voir aussi

Bibliographie

  • Jean-Baptiste Massillon, Oraison funebre de tres-haut, tres-puissant, tres-excellent prince François Louis de Bourbon, prince de Conty, Paris, 1709, consultable sur Gallica.
  • Comte L. de Bastard, Négociations de l'abbé de Polignac en Pologne concernant l'élection du prince de Conti comme Roi de Pologne (1696-1697), 1864, Auxerre, Gustave Perriquet, un vol. in 8°, VI+264 pp..
  • Emile Raunié, Epitaphier du vieux Paris, Imprimerie nationale, 1890-1901, 3 vol. p. 9-12.
  • Duc de La Force, « Le Grand Conti », Revue des deux mondes, tomes 62 et 63, Paris, 1921, consultable sur Gallica.
  • Conti, François-Louis de Bourbon, prince de. (2006). Encyclopædia Britannica. Retrieved January 29, 2006, from Encyclopædia Britannica Premium Service http://www.britannica.com/eb/article-9026044

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