Giampiero Boniperti

Giampiero Boniperti (né le à Barengo, dans la province de Novare, au Piémont) est un footballeur international et dirigeant sportif italien.

Giampiero Boniperti

Boniperti avec la Juventus dans les années 1950
Biographie
Nationalité Italien
Naissance
Lieu Barengo (Italie)
Taille 1,75 m (5 9)
Poste Attaquant
Parcours professionnel1
AnnéesClub 0M.0(B.)
1946-1961 Juventus465 (182)
Sélections en équipe nationale2
AnnéesÉquipe 0M.0(B.)
1947-1960 Italie038 0(8)[1]
1 Compétitions officielles nationales et internationales.
2 Matchs officiels.

Il passe toute sa carrière dans un seul club, celui de la Juventus, dont il fut également président d'honneur, et qu'il dirigea, à la demande de la famille Agnelli, de 1971 à 1990.

Avec 182 buts toutes compétitions confondues (en 465 matchs), Boniperti fut le meilleur buteur de l'histoire de la Vieille Dame pendant plus de 40 ans[2], et fut nommé par Pelé parmi les 125 plus grands joueurs de l'histoire[3].

Il a également été député au Parlement européen.

Il est le grand-père de Filippo Boniperti[4], jeune espoir italien ayant joué dans l'équipe réserve de la Juventus.

Biographie

Carrière sportive

Carrière à la Juventus

« À la Juventus, gagner n'est pas important. C'est l'unique chose qui compte. »

 Giampiero Boniperti[5]

Enfant, il commence à jouer au football dans le club de sa ville à Barengo. C'est alors qu'un médecin de la Juventus, ex-camarade d'école de Giampiero, invita l'entraîneur bianconero de l'époque, Felice Borel (également ancienne légende du club), à venir superviser le jeune Boniperti. L'histoire raconte que Borel aurait été impressionné par le talent de Boniperti, au point de le faire tout de suite signer au club, à seulement 16 ans.

Boniperti en bianconero entre Muccinelli (gauche) et Hansen (droit) au début des années 1950.

Son nom a donc toujours été lié à l'équipe juventina, dans laquelle il a fait ses premiers pas en tant que footballeur après la Seconde Guerre mondiale, disputant son premier match dans le championnat de 1946-47 au poste d'attaquant (lors d'une défaite 2-1 contre le Milan le ). Il inscrit le premier but de sa carrière trois mois plus tard, contre la Sampdoria, et se montre immédiatement éclatant, inscrivant 5 buts en 6 matches durant sa première saison.

Il obtient tout de suite une place de titulaire, dispute tous les matches de son équipe l'année suivante et termine meilleur buteur de la saison à seulement 20 ans avec 27 buts, devançant le célèbre capitaine du Torino Valentino Mazzola.

Après le drame de Superga qui met fin aux victoires du grand Torino, Boniperti conquiert le scudetto 1949-50 (son premier trophée) avec la Juventus, continuant à inscrire un nombre de buts impressionnant : il parvient à franchir la barre des 100 buts en Serie A avant son vingt-quatrième anniversaire.

Durant les années 1950 (après le titre de champion de la Serie A 1951-1952), plus aucun titre ne sera conquis par le club, en raison de l'emprise de l'Inter de Skoglund et Lorenzi, du Milan AC et de la Fiorentina de Bernardini.

En 1954, il est nommé capitaine de l'équipe (succédant à Carlo Parola et devenant le 7e capitaine de l'histoire du club), et gardera le brassard jusqu'à la fin de sa carrière.

Boniperti en compagnie de Charles (entre) et Sivori (gauche), formant le célèbre « Trio magique » de la Juventus à la fin des années 1950.

Ce n'est qu'en 1957-58 que Boniperti (surnommé Boni[6] ou encore Marisa par ses adversaires, pour ses boucles blondes[7]) remporte un nouveau titre dans un nouveau rôle de milieu offensif lui permettant de mettre pleinement à profit ses qualités techniques et sa vision du jeu, formant ainsi un trio exceptionnel avec le gallois John Charles et l'argentin Omar Sivori, tous deux fraichement arrivés au club (dans une attaque surnommée le « Trio magique »[8]). Ce Trio Magico s'impose rapidement dans le paysage du football italien, et parvient à prendre le relais du trio milanais du début de la décennie des suédois du « Gre-No-Li ». Le (lors d'une défaite en Serie A 5-4 contre le Milan AC), il dépasse Felice Borel et ses 163 buts en bianconero et devient alors le meilleur buteur de l'histoire du club (avant d'être à son tour dépassé par Alessandro Del Piero un peu moins de quarante-huit ans plus tard)[9]. Le 16 décembre de la même année, Boniperti se retrouve parmi les meilleurs d'Europe et termine à la 25e place du classement final au Ballon d'or 1958 avec un vote[10]. C'est également en 1958 que Boniperti publie son livre, « La Mia Juventus »[11].

Suivront rapidement le troisième et le quatrième titre avec l'image d'une équipe exceptionnelle, parmi les plus fortes de tous les temps. Le (lors d'un match nul en Serie A 1-1 contre l'Udinese), il dépasse Giovanni Varglien et ses 410 matchs en bianconero et devient alors le joueur le plus capé de l'histoire du club (avant d'être à son tour dépassé par Giuseppe Furino un peu moins de vingt-deux ans plus tard)[12]. Le , il devient le premier joueur juventino à atteindre la barre des 450 matchs disputés sous les couleurs du club (lors d'un match nul 2-2 contre l'Atalanta). Après ces succès, en 1961, Boniperti dit adieu à contrecœur au monde du foot : même s'il aurait voulu continuer, son statut de titulaire indiscutable n'est plus garanti, ce qui l'amène à se retirer à seulement 33 ans.

Il disputa son dernier match contre l'Inter, soldé par une victoire 9-1 de la Juventus : en signe de protestation, le président intériste Angelo Moratti avait aligné l'équipe junior.

Carrière en équipe nationale

Boniperti tendue par Marche dans le match amical entre l'Italie et la France (4-1), Genoa, 3 juin 1951.

Après seulement 14 matchs joués en Serie A, il joue pour la première fois sous le maillot italien le , remplaçant le milieu offensif Guglielmo Gabetto lors de la défaite italienne 5-1 face à l'Autriche. En 1949, il signe son premier but en équipe nationale lors de sa deuxième apparition une nouvelle fois contre les autrichiens.

Il ne connut jamais de grands succès avec la Nazionale, participant à l'aventure malchanceuse du Mondial de football 1954, inscrivant un but à la 44e minute contre la Suisse alors que l'Italie ne parvient pas à se qualifier pour la phase finale de la Coupe du monde 1958.

Il comptabilise finalement 38 apparences en équipe nationale et inscrit 8 buts, sans pour autant bénéficier d'une place de titulaire indiscutable.

Carrière de dirigeant

Peu après sa retraite, il est tout d'abord sollicité par la famille Agnelli pour occuper un rôle de superviseur technique au sein du club pour quelque temps, assisté notamment par Ercole Rabitti[13].

Il devient ensuite le nouveau président du club, rôle qu'il assuma pendant près de 20 ans, assisté pendant de nombreuses années par son bras droit et comptable du club Sergio Secco (père d'Alessio Secco). il occupe aujourd'hui le poste de président d'honneur[14].

Durant sa période de présidence (entre 1971 et 1990), Boniperti, adepte du « Style Juventus » (discretion, labeur et humilité) et de l'efficacité, n'hésitait pas à diminuer les salaires de ses joueurs s'ils ne remportaient pas le scudetto à la fin de la saison[15]. En 1982, il parvient à faire venir le joueur polonais Zbigniew Boniek, conseillé, selon ses propres dires, par le pape Jean-Paul II lui-même, également polonais[16],[17].

Carrière politique

Aux élections européennes de 1994, il est candidat du parti Forza Italia et est élu député européen. Il occupera ce rôle jusqu'en 1999.

Le , le président de la République italienne le nomme grand officier de l'Ordre du Mérite de la République italienne[18].

Palmarès

Club

Juventus

En , le magazine So Foot l'a classé premier du classement des 50 joueurs ayant écrit l'histoire de la Juventus.[19].

Sélection

Statistiques

Statistiques individuelles[20]
Performances générales en club[21]
Club Saison Championnat Coupe Coupe d'Europe Total
Comp. Matchs Buts Matchs Buts Comp. Matchs Buts Matchs Buts
Juventus
( Italie)
1946-1947A65 65
1947-1948A4027 4027
1948-1949A3215 3215
1949-1950A3521 3521
1950-1951A3722 3722
1951-1952A3319CL23 3522
1952-1953A297 297
1953-1954A3014 3014
1954-1955A279 279
1955-1956A316 316
1956-1957A244 244
1957-1958A34861 409
1958-1959A26830C1 + CA2 + 20 + 0 338
1959-1960A31730CA20 367
1960-1961A28610C110 306
Total carrière44317813193465182

Annexes

Bibliographie

Articles connexes

Notes et références

  1. (it) National team statistics
  2. Avant que son record ne soit dépassé par Alessandro Del Piero (qui fut lui-même recruté par Boniperti en 1993) le . Del Piero dépassa également son record du nombre de matchs joués en championnat le , lorsqu'il disputa son 445e match de Serie A.
  3. (en) BBC SPORT — FIFA 100
  4. (it) « Juve, Boniperti Jr: «Quante emozioni con la prima squadra» », Tuttosport, (lire en ligne)
  5. Phrase en italien : Alla Juventus, vincere non è importante. È l'unica cosa che conta.
    Cfr. Tuttojuve
  6. (it) I SOPRANNOMI DEI GIOCATORI — Juworld.net
  7. (en) « Giampiero Boniperti », ilpalloneracconta.blogspot.com, (consulté le 12 septembre 2011)
  8. (it) « Nasce il trio Boniperti-Charles-Sivori », La Gazzetta dello Sport, (lire en ligne, consulté le 26 septembre 2008)
  9. (it) Giampiero Boniperti — Gol Segnati: Totale
  10. (en) Ballon d'or 1958 — rsssf.com
  11. Juventus de Turin - Boniperti
  12. (it) Giampiero Boniperti — Partite Disputate: Totale
  13. (it) STAGIONE 1969-1970 IL CALENDARIO COMPLETO DELLA JUVENTUS PARTITE UFFICIALI, AMICHEVOLI E TORNEI MINORI
  14. (it) « Buon compleanno Boniperti, 81 anni bianconeri », Tuttosport, (lire en ligne)
  15. SO FOOT N°70 : Spécial Juventus - So Foot, décembre 2009.
  16. (it) Per quale squadra tifa il Papa? Storia (santa e profana) del pallone — Tempi.it
  17. (it) Boniperti: Giovanni Paolo II mi raccomandò Boniek - Intervisti agli sportivi — pontifex.roma.it
  18. (it) « Boniperti Geom. Giampiero - Grande Ufficiale Ordine al Merito della Repubblica Italiana », Quirinale.it, (lire en ligne, consulté le 2 septembre 2012)
  19. « Boniperti, c'est la Juventus », sur SOFOOT.com (consulté le 25 juin 2017)
  20. (en) « Fiche de Giampiero Boniperti », sur national-football-teams.com
  21. (it) Giampiero Boniperti — Myjuve.it

Liens externes

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