Giulia Andreani

Giulia Andreani, née à Venise le , est une artiste italienne[1]. Peintre et chercheuse, elle vit à Paris où elle travaille sur les archives et développe une peinture d'histoire[2].

Giulia Andreani
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Biographie

En 2008, Giulia Andreani obtient son diplôme à l'Académie des beaux-arts de Venise, en section peinture. Elle poursuit alors ses études à Paris en histoire de l'art. En 2010, elle obtient un master en histoire de l'art contemporain, à l'université Paris IV-Sorbonne.

Elle a été pensionnaire de la Villa Médicis, Académie de France à Rome[3], au sein de la promotion 2017-2018.

Depuis , elle est représentée par la galerie Max Hetzler[4].

Présentation de l'œuvre

Giulia Andreani développe une peinture d’histoire, genre pictural en voie de disparition. L’image d’archive est à la source de ses peintures. Un travail de recherche par lequel l’artiste exhume des photographies qui serviront de support à la construction de ses œuvres. Elle travaille à partir d’images d’époque qu'elle collecte dans les bibliothèques, les archives, les albums de famille : elles sont ensuite triées, recomposées et reproduites sur toile par le filtre subjectif de la peinture. Les œuvres de Giulia Andreani sont innervées de rencontres improbables et autres téléscopages, qui désamorcent les références initiales afin de les soumettre à des relectures qui nous incitent à interroger les liens entre images fixe ou en mouvement, et l’histoire[5].

En écho à Gerhard Richter qui disait « utiliser la photographie comme Rembrandt le dessin ou Vermeer la camera obscura, pour en faire un tableau[6] », les œuvres de Giulia Andreani s’éloignent de la simple restitution historique pour devenir aussi le récit d’autres histoires.

Elle n'utilise qu'une seule couleur, un gris-bleu appelé le gris de Payne[7], teinte un peu magnétique qui évoque le côté miroité des anciens daguerréotypes et des vieilles photographies.

Elle immortalise ainsi sur la toile des hommes d’église momifiés, des crânes de cardinaux, en s'inspirant des momies de Palerme. En 2012, elle s'inspire du cinéma italien et travaille sur l'histoire de l'Europe entre les années 1920 et 1960. Elle réalise aussi une série de dictateurs qu'elle choisit de représenter adolescents : « cette image très séduisante est ma manière d'inciter à se méfier de la prétendue objectivité de l'image[8]. »

Giulia Andreani travaille également sur la représentation des femmes dont le destin était de servir le pouvoir masculin. Pour traiter de la Première Guerre mondiale, elle choisit de représenter des femmes au travail, pompières ou cheminotes[9], qui remplaçaient les hommes partis au front.

En 2018, elle présente son nouveau projet Intermezzo[10], à travers lequel elle livre une série d’œuvres réalisée entre deux réalités différentes vécues lors de deux périodes de résidence, l’une dans un centre maternel et l’autre à la Villa Médicis, où les questions relatives à la maternité et à la notion d’archive sont abordées sans détours. Réalisée au sein même du centre maternel, la peinture intitulée Guérillères met en scène des femmes en uniforme marchant de façon déterminée : le titre de l’œuvre fait référence au roman féministe de Monique Wittig paru en 1969[11].

En parallèle, lors de sa résidence à la Villa Médicis, Giulia Andreani travaille sur son projet dédié aux premières femmes ayant eu accès au grand prix de Rome : Lucienne Heuvelmans (prix de sculpture en 1911), Lili Boulanger (prix de composition musicale en 1913) et Odette Pauvert (prix de Peinture en 1925), et sur les difficultés liées au statut même de femme-artiste à l'Académie de France à Rome.

Prix et distinctions

  • Pensionnaire de la Villa Médicis[12], Académie de France à Rome, promotion 2017-2018
  • Nominée au 17° Premio Cairo, Palazzo Reale, Milano, 2016
  • 3e prix de peinture, du 19e Prix Antoine Marin, Arcueil, 2015
  • Présentée par Julie Crenn au prix AICA, Palais de Tokyo, 2015
  • Nominée au prix Sciences-Po pour l'art contemporain, Paris, 2012
  • Lauréate du concours Paliss’art, département de l'Eure, Évreux, 2011

Expositions personnelles

  • La Cattiva, Musée des Beaux-Arts de Dole, 2019
  • Art Must Hang, Galerie Max Hetzler, 2019
  • Bacia la sposa / Brucia la strega [13], Labanque, Béthune, 2019
  • Correspondances, Villa Médicis, Rome, 2018
  • Intermezzo, VNH Gallery, Paris, 2018
  • Face au temps, Centre d'Art Nei Liicht de Dudelange, Luxembourg, 2017
  • Nous autres, La Conserverie, Metz, 2016
  • Tout geste est renversement, Galerie M. Muller, Paris, 2015
  • Vestem Muto, Lab Labanque Bethune, Richebourg, 2014
  • [non] si passa la frontiera, Bendana-Pinel Art Contemporain, Paris, 2013
  • Giulia Andreani, Galerie de l'Escale, Levallois, 2013
  • I shot him down, L’inlassable Galerie, Paris, 2012
  • Journal d’une iconophage, Galerie Premier Regard, Paris, 2012

Collections publiques

Notes et références

  1. « Giulia Andreani » (consulté le 17 juillet 2018).
  2. Lunettes Rouges, « Giulia Andreani, peintre d’histoire et de mort », Amateur d'art, (lire en ligne, consulté le 17 juillet 2018).
  3. « Giulia Andreani », Villa Medicis - Académie de France à Rome, (lire en ligne, consulté le 4 mai 2018).
  4. Site de la galerie.
  5. Erik Verhagen, « Requiem pour un jeune poète », Communiqué de presse, .
  6. Gerhard Richter, Textes, Les presses du réel, (ISBN 9782840666646, lire en ligne).
  7. Aude Lavigne, « Giulia Andreani, peintre italienne », France Culture, (lire en ligne, consulté le 29 mai 2018).
  8. Emmanuelle Lequeux, « Giulia Andreani : les visages de la mémoire », Le Quotidien de l'Art, (lire en ligne, consulté le 4 mai 2018).
  9. Julie Crenn, « PRIX AICA 2015 /// Giulia Andreani /// Palais de Tokyo », crennjulie, (lire en ligne, consulté le 4 mai 2018).
  10. VNH Gallery, « Giulia Andreani, "Intermezzo" », Communiqué de presse, .
  11. « Giulia Andreani – VNH Gallery », sur artpress.com, (consulté le 4 mai 2018).
  12. Voir sur villamedici.it.
  13. Guillaume Lasserre, « Giulia Andreani, le carnaval de l'humanité », sur Club de Mediapart (consulté le 31 août 2019)

Liens externes

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