Gourde (monnaie)

La gourde est l'unité monétaire et la devise d'Haïti. Son code ISO 4217 est HTG. Elle est divisée en 100 centimes.

Gourde haïtienne
Unité monétaire moderne actuelle

Billet de 250 gourdes (2004) montrant Jean-Jacques Dessalines (recto).
Pays officiellement
utilisateurs
Haïti
Banque centrale Banque de la République d'Haïti
Appellation locale gourde
Symbole local G
Code ISO 4217 HTG
Sous-unité 100 centimes
Taux de change Cours en EUR
Monnaies alignées 1 $HTG = 5 HTG
Taux de conversion 1 USD = 94,50 HTG
Chronologie de la monnaie

Histoire

Le mot « gourde » est une corruption du mot espagnol gordo (gros, gras), un terme qui se référait au peso : le peso gordo, est la pièce de huit dite « colonnaire », la piastre forte, produite de 1732 à 1771, une monnaie de transaction acceptée dans les colonies françaises des Antilles, à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle, dont Saint-Domingue jusqu'en 1804, date de l'indépendance. Sous le régime colonial, des frappes monétaires existaient. Elles furent rares. Les prix courants s'y exprimaient dès 1750 en « gourdes, gourdins et escalins » et c'est la monnaie espagnole qui dominent les échanges monétaires, dans un contexte massif de thésaurisation ; aussi les moyens d'échange restent le tabac, le sucre, et les lettres de change[1]. Le réal espagnol y circule donc, et la pièce de huit réaux, appelée piastre espagnole, est poinçonnée en son centre en guise de contremarque pour éviter la contrefaçon, et ce, jusqu'en 1815. Sous le sceau de la République française, après 1792, on trouve une tentative de frappe, avec des pièces d'argent libellées en « escalin » ; 1 escalin pèse 24 g d'argent, ce qui correspond au module de la pièce de 5 francs germinal[2]. Cette parité livre coloniale / franc reste théorique, même quand le général Rochambeau émet un rapport en 1803 sur la question monétaire de Saint-Domingue[3].

La première utilisation de la gourde en tant que monnaie officielle remonte à 1813. Elle remplace alors la livre haïtienne, au taux de 1 gourde = 8 livres et 5 sous, livre qui équivalait à la livre coloniale française (basée sur la livre tournois, avec un pouvoir d'achat supérieur). Trois pièces d'argent sont alors frappées au nom de la République d'Haïti, sans doute dans un atelier monétaire local, certaines au profil de Jean-Pierre Boyer[4]. Sous la présidence d'Alexandre Pétion, le 8 mai 1813, est déci