Government Pension Fund-Global

Le Government Pension Fund-Global (Statens pensjonsfond Utland en norvégien, Fonds de pension gouvernemental-Étranger en français), anciennement Government Petroleum Fund (Statens petroleumsfond en norvégien, Fonds gouvernemental pour le pétrole en français) et surnommé « fonds pétrolier » est, avec le Government Pension Fund-Norway (Statens pensjonsfond Norge en norvégien, Fonds de pension gouvernemental-Norvège) l'un des deux fonds souverains de la Norvège. En juillet 2014, c'est le premier fonds souverain au monde par montant de capitalisation, comprenant des actifs pour un montant estimé à 878 milliards de dollars[1]. Il reste le plus important au monde en 2016, atteignant 850 milliards d'euros à la fin de décembre ; il contrôle 1,3 % de la capitalisation boursière mondiale avec des participations dans près de 9 000 entreprises[2].

Origine

Le Government Pension Fund-Global date de 2006 et s'inscrit comme le successeur du Petroleum Fund (1990) créé pour gérer les excédents de réserves de change provenant de l'exportation du pétrole.

Ressources

Le fonds reçoit l'ensemble des profits de la Norvège liés au pétrole via les impôts, les permis d'exploitation de gisement, d'exploration et les participations dans les sociétés comme Statoil ou Norsk Hydro.

Gestion

Ce fonds est géré par la banque centrale norvégienne, mais une partie de cette gestion est déléguée à une cinquantaine de sociétés norvégiennes et étrangères. La politique de gestion est prudente avec un profil à la fois défensif et diversifié, limitant les participations à moins de 5 %. Le fonds obéit à des règles, formalisées en 2004, relativement strictes en termes d'éthique[3].

Composition du portefeuille

L'allocation d'actifs s'effectue à travers 60 % d'actions, 35 % d'obligataire et 5 % d'immobilier. Les investissements en Europe représentent la majorité des investissements.

La Banque de France juge « très vraisemblable » que les parts du CAC 40 détenues par la Norvège, passées de 0,9 % en 2008 à 1,7 % en 2012, le sont par le Government Pension Fund-Global[4]. Celui-ci est le premier actionnaire de deux tiers des entreprises de la cote parisienne, parmi lesquels Axa, Carrefour, Capgemini, Renault, Sanofi, Gemalto ou encore la Société générale[4].

Transparence et audit

Les performances du fonds font l'objet d'un rapport trimestriel et annuel. Le rapport annuel, publié en anglais et en norvégien, est public, contrairement au rapport trimestriel à usage interne. Ses comptes sont vérifiés par la branche audit de la banque centrale norvégienne elle-même.

Encours et participations

En 2013, l'encours géré représente environ 710 milliards de dollars américains.

Le fonds souverain norvégien « Government Pension Fund Global » atteint un nouveau record le mardi à 10 h 34 GMT et passe ainsi la barre symbolique des 1 000 milliards de dollars d'encours sous gestion, soit 2,7 fois le PIB de la Norvège[5].

Placements exclus par le fond

Le fond exclut de ses investissements un certain nombre d'entreprises du fait de leurs activités non-éthiques. La présente liste, non exhaustive, date le début de leurs exclusions. Les entreprises qui ne sont plus exclues ne sont pas présentes dans cette liste[6].

  • Impliquées dans des violations importantes ou systématiques des droits humains :
  • Impliquées dans des destructions environnementales :
  • Impliquées dans des violations des droits de l'homme durant des conflits militaires
    • Shikun U'Binui ou Housing & Construction Holding Company Limited (en)
    • Africa Israel Investments (en), depuis le
    • Danya Cebus (en), depuis le

Notes et références

  1. Sovereign wealth fund rankings sur le site du SWF Institute.
  2. Le Monde.fr avec AFP, « Le fonds souverain de la Norvège, plus gros du monde, a gagné 50 milliards d'euros en 2016 », sur Le Monde, (consulté le 8 août 2017).
  3. Toutefois, ce rigorisme peut vouloir cacher d'après certains, une origine peu éthique du capital :
    « Le changement de nom rappelle aussi que la moralisation des investissements du fond norvégien (par la méthode d'exclusion) s'inscrit dans une volonté de moralisation du fond lui-même qui n'existe que par les ressources pétrolières, c'est-à-dire des ressources énergétiques non durables et en soi non éthiques selon certains acteurs de l'investissement éthique et du développement durable. « Au pays du prix Nobel de la paix, la guerre se mène contre la tentation. Et en Norvège, la tentation a une odeur, celle du pétrole » »

     Cédric Paulin, chargé de recherche, « La stratégie d'investissement éthique du fond pétrolier norvégien et les entreprises d'armement » [PDF], Fondation pour la recherche stratégique, 16 février 2006.

    La citation « Au pays du prix Nobel de la paix, la guerre se mène contre la tentation. Et en Norvège, la tentation a une odeur, celle du pétrole » provient de Olivier Truc, « Henrik Syse, un rempart contre la tentation », Le Monde, 29 septembre 2005 (précision apportée par Cédric Paulin).
  4. Fabien Piliu et Denis Boulard, A qui appartient la France ?, EDI8, , 203 p. (lire en ligne).
  5. LaTribune.fr, « Norvège : le fonds souverain passe les 1 000 milliards de dollars, soit 2,7 fois le PIB », sur La Tribune, .
  6. Companies Excluded from the Investment Universe.

Voir aussi

Bibliographie

  • Investir no 1755, page 19.

Articles connexes

Liens externes

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