Guînes

Guînes (Giezene en flamand[1]) est une commune française située dans le département du Pas-de-Calais en région Hauts-de-France.

Pour les articles homonymes, voir Guines.

Guînes

Place des Tilleuls. Au fond : la Tour de l'Horloge au sommet de la motte féodale.

Blason
Administration
Pays France
Région Hauts-de-France
Département Pas-de-Calais
Arrondissement Calais
Canton Calais-2
Intercommunalité CC Pays d'Opale
Maire
Mandat
Éric Buy
2019-2020
Code postal 62340
Code commune 62397
Démographie
Gentilé Guinois
Population
municipale
5 626 hab. (2017 )
Densité 213 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 52′ 07″ nord, 1° 52′ 28″ est
Altitude Min. 0 m
Max. 166 m
Superficie 26,42 km2
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Pas-de-Calais
Guînes
Géolocalisation sur la carte : Pas-de-Calais
Guînes
Géolocalisation sur la carte : France
Guînes
Géolocalisation sur la carte : France
Guînes
Liens
Site web mairie-guines.fr

    Ses habitants sont appelés les Guinois.

    Géographie

    Accès et transports

    La commune est desservie par la ligne   6   du réseau Imag'in. Cette ligne relie Guînes à Calais.

    Géologie et reliefs

    Le risque lié au retrait-gonflement des argiles est contrasté sur la commune. Il est nul sur la partie sud du territoire communal, faible sur la majorité de la ville et fort au nord de celle-ci ainsi qu'au niveau d'une langue se prolongeant vers le sud-ouest de la ville[2].

    Le risque sismique est faible sur l'ensemble du territoire communal (zone 2 sur 5 du zonage mis en place en )[3], comme dans la majorité du Pas-de-Calais.

    Hydrographie

    Guînes est reliée à Calais par le canal de Guînes creusé en 1669, muni de deux chemins de halage, dont l'un, celui de la rive droite menant de Guînes à la Tournée d’Ardres sera mal entretenu et peu à peu occupé par des riverains. L'autre dit la Digue devient le seul utilisé. Le , une adjudication lance les travaux d'élargissement de ce canal de Guînes[4].

    Guînes est une zone de captage d'eau potable.

    C'est également une zone de marais (au nord de la commune), soumise à des inondations. La commune est reconnue en état de catastrophe naturelle suite aux inondations et coulées de boues du 1er au [5].

    Communes limitrophes

    Logements

    En 2008, Guînes compte 2 031 logements, dont 1 898 résidences principales. Le taux de logements sociaux est de 14,5 %[6].

    Environnement

    La commune abrite un riche patrimoine naturel et aquatique grâce au marais de Guînes, qui a en 2010 fait l'objet d'une étude concernant la valeur des services rendus par le marais et la biodiversité qu'il abrite[7].

    Toponymie

    Histoire

    Préhistoire

    Antiquité

    L'ancien village fut situé sur le trait de côte lors de la transgression marine Dunkerque II qui a immergé le bas pays des moëres puis toutes les terres des Flandres maritimes françaises et belges, repoussant les populations qui occupaient ces terres ou y produisaient du sel vers les collines périphériques.

    Moyen Âge

    La ville de Guînes fut la capitale d'un comté qui n'a pas été sans renom dans l'histoire. Un rôle particulier est sans doute lié à sa position géographique stratégique, sur la déclivité du plateau qui sépare le Boulonnais du Calaisis, au bord de la plaine marécageuse, aujourd'hui parfaitement assainie, qui s'étend jusqu'au rivage de la mer.

    Les origines de la ville de Guînes se perdent dans le Haut Moyen Âge. Après la colonisation romaine, puis la retraite des Romains et d'une partie des Gaulois romanisés face à la poussée des grandes invasions barbares, le territoire de Guînes devint, selon la légende - car nous ne possédons aucun document précis sur cette époque - la propriété d'Aigneric, maire du palais de Thibert II, roi des Burgondes.

    Lorsque Sifrid le Danois et ses Normands peut-être débarqués à Pitgam vinrent s'emparer, en 928, de l'endroit où s'élève aujourd'hui Guînes, ce n'était probablement qu'une bourgade sans défense. On pense qu'il y fit élever une motte qu'il entoura de haies vives et ceinte d'un double fossé pour s'y mettre à l'abri en cas d'attaque (cette motte existe encore aujourd'hui). C'est là l'origine du château fort de Guînes.

    Selon les historiens anciens de cette période, le comte de Flandre, Arnoul le Vieux, aurait renoncé à contre-attaquer et aurait livré au pirate normand sa fille Elstrude en mariage ; il investit Sifrid le Danois comte de Guînes, ce qui en faisait aussi un vassal du comte de Flandre.

    Sous les successeurs de Sifrid, Guînes et ses environs acquirent une importance considérable. Dès le commencement du XIIe siècle, le comte Manassés Ier de Guînes fonda dans les faubourgs de sa capitale, une abbaye de femmes de l'ordre de Saint-Benoît. Ce monastère fut placé sous le patronage de saint Léonard.

    À cette époque, la ville de Guînes renfermait à l'intérieur de ses murailles trois paroisses, dont les églises étaient consacrées à saint Bertin, saint Pierre et saint Médard. À l'extérieur, des remparts existaient également, outre l'abbaye de Saint-Léonard, l'église de Saint-Blaise du hameau de Melleke, et la léproserie de Saint-Quentin dans le hameau de Spelleke (au Tournepuits).

    À la fin du XIe siècle, Baudouin II fit construire en pierre de taille, sur le vieux donjon de Sifrid, un palais de forme circulaire auquel il donna une très grande élévation. En outre, il fit clore la ville de Guînes d'un mur de pierre, avec des tours de défense à chaque porte.

    Au XIIIe siècle, comme d'autres cités du comté, Guînes dispose d'une administration communale relativement autonome par rapport au comte de Guînes, (commune) ː en 1254, Arnould III de Guînes déclare devoir à ses échevins de Guînes, Ardres, Audervic (Audruicq), et du pays de Bredenarde la somme de 20 700 livres parisis qu'ils avaient payé pour sa rançon[8].

    Cinq ans après la prise de Calais, le [9], le château de Guînes fut livré par trahison aux Anglais, et en 1360, le traité de Brétigny abandonna complètement au roi d'Angleterre la ville et son comté.
    Le , à Guînes, au terme de longues négociations le cardinal diplomate Guy de Boulogne, envoyé par le pape Innocent VI, parvint à mettre d'accord les représentants du roi de France et d'Angleterre sur un projet de traité de paix, qui était censé être signé par la suite en Avignon et qui n'aboutit finalement pas[10].

    Époque moderne

    En se tient entre Ardres et Guînes le Camp du Drap d'Or. Le roi de France François Ier y rencontre le roi d'Angleterre Henri VIII. Guînes est alors anglaise, comme Calais. Cette dernière et donc Guînes sont reprises par les Français en 1558 et les Anglais de Guînes durent retourner en Angleterre. Puis le XVIIe siècle est marqué dans la région par la guerre franco-espagnole. Il faut attendre le traité d'Utrecht en 1713 pour que la frontière du Nord soit fixée.

    Époque contemporaine

    La ville fut desservie par le tramway de Calais de 1879 à 1940.

    Héraldique

    Les armes de la ville se blasonnent ainsi :

    Vairé d'azur et d'or; au chef d'azur chargé de trois fleurs de lys d'or.

    Politique et administration

    Guînes dans son canton et son arrondissement.

    Tendances politiques et résultats

    Liste des maires

    Liste des maires successifs
    Période Identité Étiquette Qualité
    Robert Lemaire SFIO Instituteur
    Michel Chevalier SE Industriel
    Paul Warnault SE Enseignant
    Hervé Poher PS Médecin généraliste
    Conseiller général du canton de Guînes (1994 → 2015)
    Président de la CC des Trois Pays (1997 → 2013)
    [11] [12]
    (démission)
    Marc Médine PS[13] puis DVG Responsable production maintenance
    Président de la CC des Trois Pays (2013 → 2017)
    puis de la CC Pays d'Opale (2017 →)
    Réélu pour le mandat 2014-2020[14]
    [15] en cours Éric Buy DVG Ancien adjoint à l’urbanisme
    Les données manquantes sont à compléter.

    Population et société

    Démographie

    Évolution démographique

    L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[16]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[17].

    En 2017, la commune comptait 5 626 habitants[Note 1], en diminution de 2,22 % par rapport à 2012 (Pas-de-Calais : +0,3 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

    Évolution de la population  [modifier]
    1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
    2 3422 5983 0163 2073 8593 7754 0974 6184 134
    1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
    4 4254 4464 5724 2474 3644 2904 3744 5024 270
    1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
    4 1574 4074 3584 2874 2704 2234 2734 3474 590
    1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
    4 7244 9845 0345 1745 1055 2215 2915 7875 657
    2017 - - - - - - - -
    5 626--------
    De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
    (Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[18] puis Insee à partir de 2006[19].)
    Histogramme de l'évolution démographique

    Pyramide des âges

    La population de la commune est relativement jeune. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (16,6 %) est en effet inférieur au taux national (21,6 %) et au taux départemental (19,8 %). À l'instar des répartitions nationale et départementale, la population féminine de la commune est supérieure à la population masculine. Le taux (51,7 %) est du même ordre de grandeur que le taux national (51,6 %).

    La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2007, la suivante :

    • 48,3 % d’hommes (0 à 14 ans = 23,3 %, 15 à 29 ans = 21,5 %, 30 à 44 ans = 22,6 %, 45 à 59 ans = 20 %, plus de 60 ans = 12,7 %) ;
    • 51,7 % de femmes (0 à 14 ans = 21,1 %, 15 à 29 ans = 17,8 %, 30 à 44 ans = 21,9 %, 45 à 59 ans = 18,9 %, plus de 60 ans = 20,3 %).
    Pyramide des âges à Guînes en 2007 en pourcentage[20]
    HommesClasse d’âgeFemmes
    0,2 
    90 ans ou +
    0,9 
    3,7 
    75 à 89 ans
    7,9 
    8,8 
    60 à 74 ans
    11,5 
    20,0 
    45 à 59 ans
    18,9 
    22,6 
    30 à 44 ans
    21,9 
    21,5 
    15 à 29 ans
    17,8 
    23,3 
    0 à 14 ans
    21,1 
    Pyramide des âges du département du Pas-de-Calais en 2007 en pourcentage[21]
    HommesClasse d’âgeFemmes
    0,2 
    90 ans ou +
    0,8 
    5,1 
    75 à 89 ans
    9,1 
    11,1 
    60 à 74 ans
    12,9 
    21,0 
    45 à 59 ans
    20,1 
    20,9 
    30 à 44 ans
    19,6 
    20,4 
    15 à 29 ans
    18,5 
    21,3 
    0 à 14 ans
    18,9 

    Enseignement

    • école maternelle du Centre ;
    • école maternelle et primaire André-Guilbert ;
    • école primaire Paul Warnault ;
    • collège les Quatre-Vents ;
    • Ensemble scolaire Jean-Bosco.

    Économie

    Revenus de la population et fiscalité

    En 2008, le revenu fiscal médian par ménage était de 13 623 , ce qui plaçait Guînes au 29 790e rang parmi les 31 604 communes de plus de 50 ménages en métropole[22].

    Emploi

    Entreprises et commerces

    Différents commerces et services (banques, écoles de conduite, ambulances...), ainsi que des entreprises agricoles et de la construction, sont implantés sur la commune. À noter, une société de captage, traitement et distribution d'eau (Eaux de Calais). Une offre touristique est également assurée (camping, restaurants...)[23].

    Culture locale et patrimoine

    Friedrich-Guînes 1942, roman de Frédéric Minnebo, a reçu le 1er prix littéraire lors du Salon du Livre de Wissant en . Le prix fut décerné par l'association littéraire « Signe d'Opale ». L'action se situe à Guînes sous l'Occupation.

    Lieux et monuments

    Monuments historiques

    La colonne.
    La plaque sur la colonne.

    La colonne Blanchard, dans la forêt domaniale (cad. C 25) : inscription par arrêté du [24].

    La colonne s'élève à l'endroit où se sont posés les premiers hommes ayant traversé la Manche par la voie des airs le .

    Elle est nommée d'après Jean-Pierre Blanchard.

    Monuments civils

    Le château de la Bien-Assise date du début du XIXe siècle.

    Plusieurs bâtiments industriels se distinguent par leur taille, comme l'ancien moulin ou le silo agricole.

    Personnalités liées à la commune

    Pour approfondir

    Bibliographie

    Articles connexes

    Liens externes

    Notes et références

    Notes

    1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

    Références

    1. Centre de Recherche généalogique Flandre-Artois
    2. « Zonage d'aléa retrait-gonflement des argiles », sur www.argiles.fr, BRGM (consulté le 16 avril 2012)
    3. « Zonage sismique en France au 1er mai 2011. », sur La Voix du Nord (consulté le 16 avril 2012)
    4. Éphémérides du Calaisis. Le Patriote
    5. « Intempéries de fin octobre : 30 premières communes en état de catastrophe naturelle », La Voix du Nord, (lire en ligne).
    6. Résultat de la population 2008, Guînes, Insee, consulté le 9 janvier 2012
    7. Exemple français avec le Marais de Guînes ; Étude Agence de l'eau Nord/Picardie/ECOWHAT – Étude de cas, Guînes, avril 2010
    8. Alphonse Wauters,Table chronologique des chartes et diplômes imprimés concernant l'histoire de la Belgique, 10 volumes en 11 tomes, Bruxelles, 1866 à 1904, Tome V, Année 1254.
    9. Chroniques de J. Froissart: 1346-1356 (Depuis le siège de Calais jusqu'à la prise de Breteuil et aux préliminaires de la bataille de Poitiers), par Jean Froissart, Siméon Luce, Gaston Raynaud, Léon Mirot, Société de l'histoire de France Publié par Mme Ve. J. Renouard, 1873
    10. L’invention de la guerre de Cent Ans
    11. Dominique Salomiez, « Guînes : Marc Médine réélu, Éric Houdayer obtient cinq sièges, Cédric Fasquelle deux », La Voix du Nord, (lire en ligne, consulté le 16 novembre 2014) :
      « Marc Médine avait été désigné en octobre 2007 pour prendre sa succession d’Hervé Poher à la tête de la mairie »
      .
    12. « Une soirée des voeux entre les projets 2019 et la démission de Marc Médine », Nord Littoral, (lire en ligne)
    13. Jean-Philippe Delattre, « Guînes : le maire sortant Marc Médine à la tête d’une liste « apolitique » », La Voix du Nord, (lire en ligne, consulté en 16livré novembre 2014).
    14. « Liste des communes et des maires » [xls], Préfecture du Pas-de-Calais, (consulté le 16 novembre 2014)
    15. « Éric Buy élu maire de Guînes », Nord Littoral, (lire en ligne)
    16. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
    17. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
    18. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
    19. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017.
    20. « Évolution et structure de la population à Guînes en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 16 août 2010)
    21. « Résultats du recensement de la population du Pas-de-Calais en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 16 août 2010)
    22. « CC-Résumé statistique/com,dep,zone empl », sur le site de l'Insee (consulté le 6 novembre 2010).
    23. « Sociétés de Guînes classées par activités », sur bilans.net (consulté le 31 mai 2012).
    24. Renseignements issus de : Bases de données Ministère de la culture
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