Gustave Moreau

Gustave Moreau, né le à Paris et mort dans la même ville le , est un peintre, graveur, dessinateur et sculpteur français.

Pour les articles homonymes, voir Moreau.
Gustave Moreau
Gustave Moreau, Autoportrait, 1850,
huile sur toile, 41 × 32 cm,
Paris, musée Gustave-Moreau.
Naissance
Décès
(à 72 ans)
Paris
Sépulture
Nationalité
Activité
Formation
Maître
Lieux de travail
Mouvement
Mécène
Influencé par
A influencé
Père
Distinctions
médaille du Salon de 1864, 1865 et 1869
médaille d'or de la ville de Rouen 1869
Œuvres principales
Œdipe et le Sphinx, Orphée

Il est l'un des principaux représentants en peinture du courant symboliste, imprégné de mysticisme.

La plupart de ses œuvres sont exposées au musée Gustave-Moreau à Paris.

Biographie

Enfance

Gustave Moreau est né le à Paris[1], au 7, rue des Saints-Pères. Il est le fils de Louis Moreau, architecte de la Ville de Paris (1790-1862) et de Pauline Desmoutiers (1802-1884), fille du maire de Douai en 1795-1797 et 1815. Par sa mère, il est apparenté à de puissantes familles terriennes implantées en Flandre, les Brasme, les Le François, les des Rotours[2]. La famille Moreau s'installe en 1827 à Vesoul, Louis Moreau étant alors architecte du département de la Haute-Saône. Les Moreau retournent en 1830 à Paris, au 48, rue Saint-Nicolas d'Antin, puis au 16, rue des Trois-Frères[3].

De santé fragile, le jeune Gustave dessine depuis l'âge de six ans, encouragé par son père qui lui inculque une culture classique. Il entre au collège Rollin en 1837[2] où il reste interne pendant deux ans et remporte un prix de dessin le [4]. Sa sœur Camille (née en 1827) meurt en 1840[4]. Tous les espoirs des parents Moreau se reportent alors sur leur unique fils qui poursuit ses études à domicile[4].

Son père

Louis Moreau a étudié à l'École des Beaux-Arts à partir de 1810, il était élève de Charles Percier[4]. C'était un admirateur de l'architecture romaine ainsi que des Encyclopédistes du XVIIIe siècle[4]. Les réalisations architecturales dont il est l'auteur sont du plus pur goût néo-classique[4]. Constatant le manque de formation intellectuelle des artistes de son temps, il eut à cœur de donner une éducation poussée notamment en ce qui concerne les humanités[4]. Cela passe par une riche bibliothèque familiale dans laquelle on trouve tous les classiques tels Ovide, Dante ou Winckelmann[2]. En dépit de son goût prononcé pour le néo-classicisme, Louis Moreau n'a jamais imposé à son fils aucune de ses idées, il le laissait libre de ses choix[4].

Études et formation

Premier voyage en Italie

En 1841, alors âgé de 15 ans, il effectue un premier voyage en Italie avec sa mère, sa tante et son oncle[4]. Son père lui confie avant son départ un carnet de dessins qu'il remplit de paysages et de vues de paysans croqués sur le vif conservé au musée Gustave-Moreau[5],[4].

L'enseignement de François Édouard Picot

Après l'obtention de son baccalauréat, Gustave Moreau est autorisé par son père à suivre une formation de peintre[2]. Louis Moreau avait soumis un tableau de son fils (Phryné devant ses juges) à Pierre-Joseph Dedreux-Dorcy et c'est l'opinion favorable de ce dernier qui a décidé Louis Moreau à autoriser son fils à étudier la peinture[4]. En 1844, il devient élève du peintre néo-classique François-Édouard Picot[2]. L'enseignement de Picot est préparatoire au concours d'entrée à l'École des beaux-arts, il consiste à travailler d'après le modèle vivant le matin et à copier des œuvres du musée du Louvre l'après-midi[4].Grâce à ses enseignements, il intègre les Beaux-Arts en 1846[2]. Il échoue par deux fois au prix de Rome, si bien qu'il quitte cette institution en 1849[2].

Théodore Chassériau

Gustave Moreau, Les Filles de Thespius, 1853-1882, Paris, musée Gustave Moreau.

Après avoir quitté les Beaux-Arts suite à ses deux échecs successifs au Prix de Rome, Gutave Moreau est amené par son père devant les peintures de la Cour des comptes[6]. Au sein de cet édifice[grec 1], Chassériau a réalisé les peintures de l'escalier d'honneur de 1844 à 1848[7]. Ces peintures suscitent l'enthousiasme de Gustave Moreau qui dit à son père « Je rêve de créer un art épique qui ne soit pas un art d'école »[6]. C'est à partir de cette époque que Gustave Moreau se lance dans des compositions ambitieuses relevant de la peinture d'histoire qu'il retravaille souvent sans toutefois les achever[8]. On retrouve parmi ces grandes compositions inachevées Les Filles de Thespius commencée en 1853, agrandie en 1882 mais demeurée « En voie d'exécution »[9]. Cette toile porte d'ailleurs trace de l'influence de Chassériau, notamment pour la partie centrale qui s'inspire du Tepidarium présenté la même année (1853)[9]. Gustave Moreau se lie d'amitié avec Théodore Chassériau en 1850 et prend un atelier dans la même rue que lui[3],[10]. Il voit en Chassériau un véritable mentor et calque même son existence sur la sienne en devenant un jeune homme élégant fréquentant les salons de la Nouvelle Athènes et en assistant aux représentations d'Opéra[8]. Il est très probable que Chassériau ait aidé Moreau à se perfectionner en dessin, notamment en ce qui concerne les portraits[11]. La plupart des portraits dessinés par Moreau datent d'ailleurs des années 1852-1853 et Moreau possédait des dessins que Chassériau lui avait offert[12].

La rencontre d'Eugène Delacroix

Perdu après ses années d'études dont il trouvait l'enseignement insuffisant[13], Gustave Moreau est allé au domicile d'Eugène Delacroix pour solliciter son aide[4]. Celui-ci ne pouvait pas prendre de nouvel élève dans son atelier[4]. Cependant il comprit son désarroi et lui dit « Que voulez-vous qu'ils vous apprennent, ils ne savent rien[4] ». L'influence de Delacroix est décisive pour le travail du jeune peintre et se constate dès sa première toile au Salon de 1852[4]. On sait également que Delacroix appréciait Gustave Moreau[4].

Les débuts en tant qu'artiste

Gustave Moreau, Le Cantique des cantiques, 1853, huile sur toile, 300 × 319 cm, Dijon, musée des Beaux-Arts.

Depuis 1848, Moreau travaille sur une Pietà avec pour source d'inspiration la Pietà de Delacroix de Saint-Denys-du-Saint-Sacrement[2]. La Pietà de Moreau est achetée en 1851 par l'État grâce aux relations de son père mais pour la modique somme de 600 francs soit l'équivalent du prix d'une copie[4]. Il l'expose en 1852 au Salon où elle passe inaperçu, sauf pour Théophile Gautier qui s'étonne de voir une toile si proche de Delacroix chez un élève de Picot[4]. La même année, ses parents lui achètent une maison-atelier  devenue le musée Gustave-Moreau  au cœur de la Nouvelle Athènes où toute la famille Moreau s'installe[14]. Il présente au Salon de 1853 Darius après la bataille d'Arbelles ainsi que Le Cantique des cantiques, toutes deux fortement inspirées de Théodore Chassériau[15]. Il peint des sujets religieux ou tirés de l'Antiquité et de la mythologie, qui comme Moïse, en vue de la Terre Promise ôte ses sandales (1854), ou encore Les Athéniens livrés au Minotaure dans le labyrinthe de Crète (commandée par l'État) qui est exposée à l'Exposition universelle de 1855, sans rencontrer de succès, puis envoyée à Bourg-en-Bresse[4].

Mort de Chassériau

La mort de Chassériau survenue en 1856 est une véritable remise en cause pour Gustave Moreau et son art[16]. Il entreprend alors cette année-là la peinture Le Jeune Homme et la mort en hommage à son ami Chassériau[4]. Constatant les limites de son art et peinant à finir le tableau Hercule et Omphale commandé par Benoît Fould, il se décide à repartir en Italie. Pour financer ce Grand Tour, son père Louis Moreau fait louer les différents étages de la maison-atelier, dont l'atelier de Gustave qui est alors occupé par son ami Eugène Fromentin en son absence[2]. Son départ est assez précipité à cause d'une histoire sentimentale, ce qui fait qu'il part sans sa mère ni son ami Narcisse Berchère[2].

Second voyage en Italie

En septembre 1857, Gustave Moreau commence son voyage italien en compagnie d'Alexandre-Frédéric Charlot de Courcy (Rome, Florence, Milan, Pise, Sienne, Naples, Venise)[4]; un voyage qui dure deux ans[17].

Rome

Gustave Moreau, Putto d'après Raphaël, 1858, Paris, musée Gustave Moreau.

Gustave Moreau arrive à Rome le [18]. Il s'installe à proximité de la villa Médicis et s'inscrit au cours du soir dispensés dans ladite villa où il étudie le modèle vivant[19]. Cela le met au contact de pensionnaires comme Élie Delaunay et Henri Chapu mais aussi Léon Bonnat et Edgar Degas[20]. Sa vaste culture et son talent lui valent l'admiration de ses camarades d'étude qui font de lui un mentor[20]. Gustave Moreau est aussi à proximité de la villa Farnésine, de l'Académie de Saint-Luc et de la chapelle Sixtine, et il occupe ses journées à un travail très studieux de copiste[19]. Ce qui l'intéresse en premier lieu ce sont les grands maîtres du XVIe siècle et leurs immédiats successeurs (Michel-Ange, Raphaël, Le Corrège, Le Sodoma et Peruzzi)[21]. Sa démarche ne relève pas de la simple étude visuelle[22]. En copiant les œuvres des peintres qu'il admire, il entend se pénétrer expérimentalement de leur façon de peindre[22]. Son premier travail est une copie d'un fragment de la fresque des Noces d'Alexandre et de Roxane du Sodoma dans la villa Farnésine dont il retient le « ton mat et l'aspect doux de la fresque »[23]. Mais Gustave Moreau est un fervent admirateur de Michel-Ange, il se rend donc à la chapelle Sixtine où il copie pendant deux mois les fresques de Michel-Ange dont il retient « la coloration merveilleusement savante et harmonieuse de ces pendentifs[23] ». Il se rend ensuite à l'Académie de Saint-Luc et reproduit le Putto de Raphaël qu'il qualifie de « plus beau morceau de peinture[24] ». Cet intérêt exclusif pour l'art de la Renaissance italienne suscite un rappel à l'ordre de son père  passionné par la Rome antique  qui le somme de s'intéresser à l'art antique[21]. Il étudie ainsi les proportions des statues antiques en compagnie de Chapu[21].

Gustave Moreau retourne à Rome d'avril à juillet 1859[25]. Les troubles politiques liés à la guerre d'Italie de 1859 inquiètent Gustave Moreau qui n'est pas sûr de pouvoir se rendre à Naples[26]. Lors de ce second séjour, il réalise une copie de La Mort de Germanicus de Nicolas Poussin au Palais Barberini avec le souci de se rapprocher le plus possible de l'original jusque dans les dimensions du tableau[25],[27].

Florence

Gustave Moreau arrive à Florence vers le et retrouve là-bas Élie Delaunay[28]. Il réalise des études d'après des œuvres des Offices, du palais Pitti ou de Santa Maria Novella[22]. Aux Offices, Moreau se prend de passion pour une copie de La Bataille de Cadore qu'il prend pour une esquisse originale du Titien[28]. L'œuvre originale a été détruite dans l'incendie du palais des Doges de 1577[28]. Pour l'aider dans son travail de copie, le tableau est descendu et mis sur chevalet, à sa portée[28]. Moreau réalise aussi une copie de du Baptême du Christ de Verrochio mais ne reproduit que l'ange[29]. En effet, selon Vasari, cet ange est réalisé par Léonard de Vinci à un moment où il dépasse son maître[29]. À partir du mois d'août, il est rejoint par Degas et ensemble ils visitent les églises pour étudier Andrea del Sarto, Pontormo, Bronzino, Bellini[22].

En décembre 1858, Gustave Moreau réalise un second séjour florentin avec sa famille[30]. Degas, qui l'attendait depuis son précédent séjour tint à lui faire découvrir Botticelli[31]. Moreau fait à cette occasion une copie de La Naissance de Vénus[31]. Cette copie de l'ensemble du tableau montre déjà une dissociation entre le trait et la couleur qu'il reprendra dans ses œuvres ultérieures[30]. Moreau réalise aussi une copie du Portrait équestre de Charles Quint par Antoon Van Dyck et une autre du Portrait équestre de Philippe IV d'Espagne par Vélasquez[31]. Ici encore, bien qu'étant à Florence, Moreau ne manifeste pas plus d'intérêt pour les peintres florentins[31].

Milan

Gustave Moreau retrouve ses parents en août 1858 à Lugano et la famille se dirige vers Milan[32]. Durant le séjour à Milan, son père qui est passionné par Palladio le contraint à s'intéresser à l'architecture[32].

Venise

Le , la famille Moreau arrive à Venise[33]. Gustave Moreau en profite pour étudier Carpaccio qui ne peut s'étudier que dans cette ville[33]. Il avait probablement eu connaissance de ce peintre en raison d'une lettre que Degas lui avait adressée suite aux conseils d'un amateur d'art de passage[34]. Il entreprend donc de copier les œuvres de Carpaccio comme La Légende de sainte Ursule ou Saint Georges terrassant le dragon qu'il reproduit grandeur nature[32],[35].

Pise et Sienne

Moreau et Degas passent un court séjour à Pise et à Sienne pendant lequel Moreau réalise quelques esquisses et aquarelles d'après les fresques du Camposanto de Pise[25]. Il réalise notamment quelques copies à l'aquarelle du Triomphe de la mort du Camposanto[36].

Naples

Gustave Moreau, Achille et le Centaure Chiron, copie d'après une fresque antique, 1859, Paris, musée Gustave Moreau.

Moreau réussit finalement à gagner Naples le 13 juillet 1859[26]. Là-bas il s'intéresse enfin à l'art antique et fait un travail très prolifique de copie de fresques de Pompéi et Herculanum[37]. Il retrouve là son sujet de prédilection : la peinture d'histoire à sujet mythologique[26]. Parmi ses copies on compte Le Départ de Briséis, Achille et le Centaure Chiron et Jupiter couronné par la victoire[25].

L'attente du triomphe

Gustave Moreau n'a pas produit d'œuvres originales pendant son séjour italien, hormis Hésiode et la Muse qu'il réalise dès son premier séjour à Rome[38] ainsi qu'un Apollon et Marsyas resté très proche des modèles qu'il a pu admirer dans les musées[39]. De retour d'Italie, il reste fixé sur son ambition de devenir peintre d'histoire en faisant un « art épique qui ne soit pas un art d'école » et se consacre donc à des projets monumentaux qu'il ne finit pas comme les Filles de Thespius (évoquées précédemment) commencée en 1853, mais aussi Les Prétendants (commencée après 1858[grec 2],[40]), Les Rois Mages et Tyrtée chantant pendant le combat, toutes deux commencées en 1860[41]. Les compositions inachevées de Gustave Moreau sont consignées dès 1860 dans un carnet de notes offert par son ami Alexandre Destouches[42]. En fait, dès la première page, il fait une liste de 60 « compositions Antiques ou Bibliques » au sein de laquelle on retrouve les œuvres commencées avant le séjour italien ainsi que d'autres à venir[42]. La raison de sa lenteur à réaliser ces projets inachevés et fréquemment interrompus s'explique par le souci qu'il avait de faire des œuvres extrêmement documentées[37]. De plus il souhaitait toujours enrichir ses œuvres de sens nouveaux et allait même jusqu'à indiquer dans des notices des détails qui ne peuvent se représenter par la peinture comme des odeurs ou des sons[43]. C'est ainsi qu'il indique dans sa notice des Filles de Thespius « Au loin, des jardins odorants, des senteurs puissantes d'orangers, de citronniers, de myrtes, se répandent et enivrent »[43]. Toutes ces recherches ne menant à rien de véritablement achevé, Gustave Moreau n'expose aucune œuvre avant 1864[44]. Son père qui s'impatiente un peu lui écrit alors : « Certes je ne veux pas dire, et tu en es bien persuadé, que tu doives suspendre des études que tu fais avec tant de conscience; mais dans un an lorsqu'elles seront finies, donne-nous un de ces ouvrages qui portent tout d'un coup leur auteur dans les premiers rangs. Ne faut-il pas enfin que ton bon père jouisse du triomphe sur lequel il compte et qu'il attend ! »[45].

La rencontre d'Alexandrine Dureux

Entre 1859 et 1860, Gustave Moreau rencontre Alexandrine Dureux[46]. C'était une institutrice qui habitait à proximité de la maison de Gustave Moreau[47]. Sa liaison avec Alexandrine Dureux était très discrète et bien qu'ils furent très intimes, elle resta sa « meilleure et unique amie » car il ne souhaitait pas fonder de famille[48]. Il a dessiné plusieurs fois son portrait, lui a donné des cours de dessin et offert plusieurs de ses œuvres aujourd'hui conservées au musée Gustave Moreau[48]. Alexandrine Dureux meurt en 1890[48].

Gustave Moreau, Œdipe et le Sphinx, 1861, Paris, musée Gustave Moreau.

Mort de Louis Moreau

Le 17 février 1862, Louis Moreau s'éteint[49]. Il n'a donc pas connu le « triomphe sur lequel il compte et qu'il attend ! ». Ce triomphe pourtant est en préparation, c'est Œdipe et le Sphinx. Gustave Moreau travaille sur cette œuvre depuis 1860 mais son souci du perfectionnement allonge le temps nécessaire à la réalisation du tableau[50]. En octobre 1862 il confie à son ami Fromentin : « J'ai pris un carton grandeur d'exécution, achevé le plus possible d'après nature et, pour la millionième fois de ma vie, je me promets (mais soyez sûr qu'il n'en sera rien) de ne pas commencer avant que tout, jusqu'au moindre brin d'herbe, ne soit définitivement arrêté" »[51].

Le chemin de Croix de Decazeville

Gustave Moreau, Véronique essuie le visage de Jésus (Chemin de croix de Decazeville), 1862, huile sur toile, 100 × 80 cm, Decazeville, église Notre-Dame de Decazeville.

En 1862, Gustave Moreau reçoit la commande d'un chemin de croix par l'intermédiaire d'un de ses amis, le peintre Eugène Fromentin pour l'église Notre-Dame de Decazeville[52]. Il accepte cette commande sans grand enthousiasme car c'est un travail laissant peu de place à la créativité de l'artiste[52]. C'est en effet un type de commande que l'on confie habituellement à des artistes et ateliers spécialisé dans le mobilier d'église[52]. Léon Perrault, peintre spécialisé dans la peinture religieuse et élève de Picot tout comme lui a fait en cette même année 1862 un chemin de croix pour l'église Sainte-Radegonde de Poitiers, il est repris tel quel dans plusieurs églises, ce qui montre que l'originalité n'est pas de mise[52]. Moreau réalise ses différentes stations de juin 1862 à février 1863 dans le plus parfait anonymat et refuse de signer ses toiles pour ne pas être confondu avec les peintres de sujets religieux[53],[54]. il se rêve peintre d'histoire et il attend le Salon de 1864 pour signer de son nom une œuvre qui lui apportera cette notoriété[54]. Les toiles ont été très rapidement exécutées, entre trois et quatre jours pour chaque toile[55]. Ces stations sont marquées par une forte sobriété, ce qui contraste avec la tendance habituelle de Gustave Moreau à multiplier les détails[56]. Le chemin de croix marque une étape importante dans le travail de Moreau puisque c'est la première réalisation qu'il mène à son terme depuis son voyage en Italie. De plus elle est annonciatrice de son Œdipe et le Sphinx puisque sur la station 6, Véronique a la même attitude que le sphinx et le Christ, la même attitude que l'Œdipe[57]. Jusque dans les années 1960 les toiles ont longtemps été attribuées à l'un de ses élèves[grec 3],[58].

Les années Salons

Œdipe et le Sphinx

Amédée de Noé dit Cham, Le Sphinx de M. Gustave Moreau empêchant M. Courbet de dormir, 1864.
Œdipe et le Sphinx, 1864, New York, Metropolitan Museum of Art.

En 1864, Moreau accède à la notoriété lorsqu'il expose au Salon sa toile Œdipe et le Sphinx, qui est achetée 8 000 francs par le prince Jérôme Napoléon[59]. Avec Œdipe et le Sphinx, Moreau entend donner un nouveau souffle à la peinture d'histoire[60]. Car en effet, la peinture qui attire sur elle les admirations et les critiques du Salon de 1863, c'est la Naissance de Vénus de Cabanel[60],[61]. Mais, au le Salon des refusés c'est Manet qui triomphe avec son Déjeuner sur l'herbe et attire à lui les jeunes peintres naturalistes[60]. Pourtant, le Salon de 1864 montre que la mort annoncée de la peinture d'histoire était prématurée et Cham se plaît à montrer le sphinx de Moreau empêchant Courbet de dormir[62]. L'œuvre, saluée par la critique est qualifiée de « coup de tonnerre qui a éclaté en plein palais de l’Industrie »[63]. La critique remarque la ressemblance avec l'Œdipe explique l'énigme du sphinx d'Ingres[64] et pour cause, Moreau connaissait le tableau d'Ingres et s'en est inspiré pour l'apparence de son sphinx[59]. Cependant Moreau se distingue de l'œuvre d'Ingres par la façon irréaliste avec laquelle le sphinx s'agrippe à Œdipe[62]. En effet il y a là quelque chose de moral qui attire l'attention de la critique, ce qui fait dire à Théophile Gautier qu'il s'agit d'un « Hamlet grec »[65]. Gustave Moreau donne le message de l'œuvre dans cette citation[62] :

« Voyageur à l'heure sévère et mystérieuse de la vie, l'homme rencontre l'énigme éternelle qui le presse et le meurtrit. Mais l'âme forte défie les atteintes enivrantes et brutales de la matière et, l'œil fixé sur l'idéal, il marche confiant vers son but après l'avoir foulée aux pieds. »

Jason et Le Jeune Homme et la mort

Jason
Le Jeune Homme et la mort
Le Sodoma, Noces d'Alexandre et de Roxane, 1516-1517, villa Farnésine, Rome.

Au Salon de 1865, Manet créé à nouveau le scandale, cette fois-ci avec son Olympia dont la nudité, parce qu'elle ne se rapporte pas à la peinture d'histoire, choque[66]. Moreau présente deux tableaux à ce Salon : Jason et Le Jeune Homme et la mort, d'une facture minutieuse proche de l'Œdipe de l'année passée[67]. Mais justement, ces toiles ne surprennent plus après l'Œdipe et le succès est donc bien moindre[67].

Jason

Le sujet du tableau est tiré des Métamorphoses d'Ovide dont Moreau possédait une édition française de 1660[68]. On y voit Médée tenant le philtre enchanteur et la main qu'elle pose sur l'épaule de Jason s'inspire du fragment de fresque Noces d'Alexandre et de Roxane que Moreau avait copié à la villa Farnésine lors de son séjour romain[68]. Jason quant à lui est le symbole de la jeunesse chez Moreau et se retrouve dans des toiles ultérieures[68]. Alors qu'on sait que Moreau connaissait la Médée de Delacroix, il choisit de montrer ici un couple apaisé et victorieux[69]. Cependant, bien que Jason soit effectivement au premier plan, c'est bien Médée qui domine, par sa tête placée plus haut et son regard mystérieux et inquiétant[69],[70]. La critique émet des réserves et c'est ainsi que Maxime Du Camp lui conseille d'éviter « cette espèce d'orfèvrerie mignonne et gracieuse qui est plutôt de l'ornementation que de la peinture »[68].

Le Jeune Homme et la mort

Prométhée et le retrait de la vie publique

En 1869, Gustave Moreau expose au Salon son Prométhée et L'Enlèvement d'Europe[71]. Il obtient une médaille, mais il est sévèrement traité par la critique. Il cesse alors d'exposer jusqu'en 1876[71].

La chambre de Gustave Moreau dans sa maison de la rue de La Rochefoucauld à Paris.

En 1870, son tableau Naissance de Vénus annonce ses ébauches, dont certaines réalisées à partir de 1875 sont proches de ce qui sera la peinture abstraite[72]. Il reçoit les insignes de chevalier de la Légion d'honneur le [73], puis est promu officier du même ordre en 1883[74].

Six toiles et cinq aquarelles de l'artiste sont présentées à l'Exposition universelle de 1878. En 1879, il entame les illustrations des Fables de La Fontaine : une partie de ces 64 aquarelles est exposée à Paris en 1881 à la galerie Durand-Ruel, et l'ensemble, en 1886, dans la galerie Goupil grâce à Théo Van Gogh. C'est la seule exposition personnelle de Gustave Moreau de son vivant[75].

Élu à l'Académie des beaux-arts en 1888[76], Gustave Moreau est nommé professeur en 1892 à l'École des beaux-arts de Paris où il succède à son ami Jules-Élie Delaunay. Enseignant très apprécié, on compte parmi ses nombreux élèves : Adolphe Beaufrère, Auguste Brouet, Henri Matisse, Edgar Maxence, Raoul du Gardier, Albert Marquet, Léon Lehmann, Georges Rouault, Léon Printemps, Louis Valtat, Henri Manguin et Charles Camoin[77].

Gustave Moreau est inhumé à Paris au cimetière de Montmartre, (22e division)[78].

Le sculpteur

Gustave Moreau, à l'instar de peintres comme Nicolas Poussin[grec 4], Ernest Meissonnier ou Edgar Degas, a utilisé la sculpture dans son travail. Elle constitue surtout pour lui une aide à la peinture[80]. Une quinzaine de statuettes en cire a ainsi été découverte après sa mort à son domicile, constituant son seul apport à la sculpture[81]. Elles ont fait l'objet d'une exposition au musée Gustave-Moreau en 2010[82]. Cette exposition a permis de comprendre que la sculpture n'était pas pour Moreau seulement un outil de travail mais qu'elle pouvait constituer à ses yeux une œuvre à part entière[83] : il avait en effet songé à faire éditer en bronze ses sculptures de cire, mais ne mis jamais ce projet à exécution[83].

Postérité

Toute sa vie, Gustave Moreau a collectionné des dessins, des photographies et des livres illustrés, des moulages en plâtre qui ont servi de fonds iconographiques pour son inspiration picturale.

Dans son testament rédigé le [84] Moreau lègue à l'État français son atelier, situé dans l'hôtel particulier du 14, rue de La Rochefoucauld (9e arrondissement de Paris), contenant près de 850 peintures ou cartons, 350 aquarelles, plus de 13 000 dessins et calques, et 15 sculptures en cire[85]. L'atelier, transformé en musée fut officiellement ouvert au public le [86].

En 1912, André Breton visite ce musée et en ressort profondément bouleversé par les œuvres du peintre :

« La découverte du musée Gustave Moreau, quand j’avais seize ans, a conditionné pour toujours ma façon d’aimer. La beauté, l’amour, c’est là que j’en ai eu la révélation à travers quelques visages, quelques poses de femmes. Le “type” de ces femmes m’a probablement caché tous les autres : ç’a été l’envoûtement complet. Les mythes, ici réattisés comme nulle part ailleurs, ont dû jouer. Cette femme qui, presque sans changer d’aspect, est tour à tour Salomé, Hélène, Dalila, la Chimère, Sémélé, s’impose comme leur incarnation indistincte. Elle tire d’eux son prestige et fixe ainsi ses traits dans l’éternel. […] Ce musée, rien pour moi ne procède plus à la fois du temple tel qu’il devrait être et du “mauvais lieu” tel… qu’il pourrait être aussi. J’ai toujours rêvé d’y entrer la nuit par effraction, avec une lanterne. Surprendre ainsi la Fée au griffon dans l’ombre, capter les intersignes qui volettent des Prétendants à l’Apparition, à mi-distance de l’œil extérieur et de l’œil intérieur porté à l’incandescence[87]. »

Écrits

Gustave Moreau n'a que très peu écrit de manière officielle (discours de réception ou notices pour son musée) mais il existe de très nombreuses notes ainsi que des commentaires en marges de dessins[88].

Style

Gustave Moreau emprunte beaucoup aux maîtres de la Renaissance, introduit des ornements décoratifs jusqu'à saturer la toile (Les Filles de Thespius, 1853-1885 ; Les Prétendants, 1862-1898 ; Le Triomphe d'Alexandre le Grand, 1873-1890 ; Galatée, 1880) et intègre également des motifs exotiques et orientaux dans ses compositions picturales (Salomé tatouée, 1874 ; L'Apparition, 1876-1898 ; Jupiter et Sémélé, 1889-1895), qu'il retravaille et agrandit parfois ultérieurement.

Musée Gustave Moreau, Paris, Vue de détail d'une des deux salles de l'atelier.

Musée

Musée Gustave Moreau, Paris, Vue d'une des deux salles de l'atelier

Le musée, situé 14, rue de la Rochefoucauld, 9° arrondissement de Paris, est un immeuble qui contient les appartements privés de l'artiste, étagés sur plusieurs niveaux, contenant le mobilier d'époque et la collection de gravures, peintures, ... constituée par l'artiste. Au dessus se trouvent deux ateliers contenant une grande partie de son oeuvre.


Galerie

Œuvres dans les collections publiques

États-Unis
France
  • Bourg-en-Bresse, musée de Brou : Les Athéniens livrés au Minotaure dans le Labyrinthe, 1854.
  • Decazeville (Aveyron) : Le Chemin de Croix, 1862-1863.
  • Metz, musée de la Cour d'Or : Œdipe voyageur ou L'Égalité devant la mort, 1888, huile sur toile.
  • Paris :
    • musée Gustave-Moreau, environ 16 000 œuvres, dont :
      • Autoportrait, 1850 ;
      • Cantique des cantiques ou La Sulamite, 1852 ;
      • Darius après la bataille d'Arbelles entre 1852 et 1890, agrandi en 1882 ;
      • Les Filles de Thespius, 1853-1885 ;
      • Moïse, en vue de la Terre Promise ôte ses sandales, 1854 ;
      • Hercule et Omphale, 1856-1857 ;
      • Hésiode et les muses, 1860, agrandi en 1882 ;
      • Les Rois mages, 1860, dessin, encre ;
      • Les Prétendants, 1862-1898 ;
      • Orphée ou la fille portant la tête d'Orphée, 1865, huile sur bois ;
      • La Vie de l'Humanité, neuf panneaux, 1866 ;
      • Jupiter et Europe, 1868 ;
      • Prométhée, 1868 ;
      • Hercule et l'Hydre de Lerne, 1869-76, esquiss, huile sur toile
      • Décollation de saint Jean-Baptiste, 1873
      • Messaline, 1874, aquarelle
      • Salomé tatouée, 1874, huile sur toile
      • Le triomphe d'Alexandre le Grand, 1875-1890
      • L'Apparition, 1876-1898, huile sur toile ;
      • Salomé tatouée, 1878-85, aquarelle ;
      • Jupiter et Sémélé, 1889-1895, huile sur toile ;
      • Orphée sur la tombe d'Eurydice, 1890 ;
      • Poète mort porté par un centaure, 1890, aquarelle ;
      • Le Poète voyageur, 1890 ;
      • Jupiter et Sémélé, 1895, esquisse ;
      • Retour des Argonautes, 1897.
    • musée d'Orsay, vingt aquarelles (conservées au département des arts graphiques du musée du Louvre) et huit tableaux, dont :
      • L'Enfance de Sixte Quint, entre 1853 et 1854, huile sur toile ;
      • Jason et Médée, 1865, huile sur toile ;
      • Orphée, 1865, huile sur bois ;
      • Le Calvaire, 1867, huile sur bois ;
      • L'Enlèvement d'Europe, vers 1869, huile sur bois ;
      • L'Apparition, 1876, aquarelle ;
      • La Péri, vers 1878, aquarelle ;
      • Galatée, 1880, huile sur bois ;
      • Le Jeune Homme et la Mort, vers 1881, aquarelle ;
      • Cléopâtre, 1887, aquarelle ;
      • Hésiode et la muse, 1891, huile sur bois ;
      • Le Poète et la sirène, 1895, huile sur toile, carton de tapisserie ;
      • Œdipe et le Sphinx, aquarelle.
  • Rouen, musée des beaux-arts : Hercule et l'Hydre de Lerne, 1876.
  • Saint-Lô, musée des beaux-arts de Saint-Lô : La mort de Sapho, 1872.
Égypte
Royaume-Uni
Serbie

Collections particulières référencées

  • Suzanne et les vieillards, 1895, Collection David et Ezra Nahmad[89].

Élèves notables

Notes et références

Notes

  1. L'édifice est incendié en mai 1871 pendant la Commune de Paris, les peintures de Chassériau sont donc détruites.
  2. Le catalogue d'exposition Gustave Moreau 1826-1898 suggère de dater cette œuvre d'après 1858 et non de 1852 comme il est coutume de la dater car le prétendant blessé en bleu est inspiré d'un croquis fait d'après une statuette antique des Offices à Florence.
  3. Elles sont à présent inscrites aux monuments historiques.
  4. Poussin fabriquait des boîtes optiques où il disposait des figures de cire pour l'élaboration de ses compositions peintes[79].

Références

  1. Acte de naissance, sur le site de la base Léonore.
  2. Geneviève Lacambre, Gustave Moreau : Maître sorcier, Paris, Gallimard, (ISBN 978-2070533886).
  3. Jean Selz, Gustave Moreau, Flammarion, , p. 94.
  4. Pierre-Louis Mathieu, Gustave Moreau : L'assembleur de rêves, Courbevoie, ACR Édition, , 192 p. (ISBN 2-86770-115-5)
  5. (it) Gustave Moreau e l'Italia, Skira, , 227 p..
  6. Peltre 2001, p. 219.
  7. Peltre 2001, p. 156-158.
  8. Mathieu 1994, p. 22.
  9. « Les Filles de Thespius | Musée Gustave Moreau », sur musee-moreau.fr (consulté le 27 janvier 2020)
  10. Jean-Baptiste Nouvion, Chassériau, Correspondance oubliée, Paris, Les Amis de Chassériau, 2015.
  11. Mathieu 1994, p. 23.
  12. Mathieu 1994, p. 22-23.
  13. Mathieu 1994, p. 26.
  14. Dominique Camus, Le Guide des maisons d'artistes et d'écrivains en région parisienne, La Manufacture, , p. 78.
  15. Martinho Alves Da Costa Junior, « A presença de Chassériau em Moreau », Revista de história da arte e arqueologia, (ISSN 1413-0874, lire en ligne).
  16. Geneviève Lacambre, Peintures, cartons, aquarelles, etc. exposés dans les galeries du Musée Gustave Moreau, Paris, Réunion des Musées Nationaux, , 141 p. (ISBN 2-7118-2371-7).
  17. Lacambre et al. 1998, p. 44.
  18. Lacambre 1997, p. 27.
  19. Lacambre 1997, p. 27-28.
  20. Lacambre 1997, p. 28.
  21. Lacambre 1997, p. 30.
  22. Selz 1978, p. 27.
  23. Mathieu 1998, p. 46.
  24. Mathieu 1998, p. 49.
  25. Mathieu 1998, p. 55.
  26. Mathieu 1994, p. 68.
  27. Selz 1978, p. 31.
  28. Lacambre 1997, p. 31.
  29. Lacambre et al. 1998, p. 65.
  30. Lacambre 1997, p. 34.
  31. Mathieu 1994, p. 65.
  32. Mathieu 1998, p. 54.
  33. Lacambre 1997, p. 32.
  34. Mathieu 1994, p. 63.
  35. Notice de l'œuvre sur la base Joconde.
  36. Lacambre 1997, p. 35.
  37. Selz 1978, p. 34.
  38. Lacambre et al. 1998, p. 59.
  39. Lacambre 1997, p. 39.
  40. Lacambre et al. 1998, p. 67-68.
  41. Selz 1978, p. 34-36.
  42. Mathieu 1998, p. 60-62.
  43. Selz 1978, p. 36.
  44. Lacambre 1997, p. 42.
  45. Lacambre 1997, p. 42-43.
  46. Mathieu 1998, p. 58.
  47. Mathieu 1998, p. 59.
  48. Mathieu 1998, p. 56-59.
  49. Mathieu 1998, p. 64.
  50. Mathieu 1994, p. 73.
  51. Mathieu 1994, p. 74.
  52. Serra 2013, p. 11.
  53. Serra 2013, p. 12-13.
  54. Serra 2013, p. 27.
  55. Mathieu 1998, p. 66.
  56. Mathieu 1994, p. 81.
  57. Serra 2013, p. 44.
  58. Serra 2013, p. 15.
  59. Selz 1978, p. 39.
  60. Lacambre 1997, p. 44.
  61. « Musée d'Orsay: Alexandre Cabanel La naissance de Vénus », sur www.musee-orsay.fr (consulté le 27 janvier 2020)
  62. Lacambre 1997, p. 45.
  63. « Œdipe et le Sphinx | Musée Gustave Moreau », sur musee-moreau.fr (consulté le 27 janvier 2020)
  64. Mathieu 1998, p. 68.
  65. Mathieu 1994, p. 77.
  66. Mathieu 1998, p. 70.
  67. Mathieu 1994, p. 83.
  68. Lacambre et al. 1998, p. 86.
  69. Mathieu 1994, p. 88.
  70. Selz 1978, p. 45.
  71. « Biographie | Musée Gustave Moreau », sur musee-moreau.fr (consulté le 18 janvier 2020).
  72. Ébauches abstraites de Gustave Moreau au musée gustave Moreau, sur la base Joconde, site culture.gouv.fr.
  73. Brevet de chevalier de la Légion d'honneur, sur le site de la base Léonore.
  74. « Croix d'officier de la légion d'honneur de Gustave Moreau », sur le site de la RMN, consulté le .
  75. Jean-Jacques Lévêque, Jean de la Fontaine, ACR Édition, , p. 90.
  76. Fauteuil IX (cf. site de l'Académie des beaux-arts).
  77. Marie-Cécile Forest, Gustave Moreau. L'homme aux figures de cire, Somogy, , p. 149.
  78. Tombeau de Gustave Moreau, sur le site appl-lachaise.net, consulté le .
  79. Jacques Thuillier, Nicolas Poussin, Paris, Flammarion, (ISBN 2-08-012513-3, 978-2-08-012513-2 et 2-08-012440-4, OCLC 32469857, SUDOC 003408388, lire en ligne), pp. 73-74
  80. Valérie Duponchelle, « Gustave Moreau, un peintre peut cacher un sculpteur », Le Figaro, (lire en ligne)
  81. Wassili Joseph, « De la peinture à la sculpture », Dossier de l'art, no 225, janvier 2015, p. 26-27.
  82. Collectif, Gustave Moreau. L'homme aux figures de cire, Somogy, 2010 (ISBN 2757203231).
  83. « Gustave Moreau. L'Homme aux figures de cire | Musée Gustave Moreau », sur musee-moreau.fr (consulté le 21 janvier 2020).
  84. Extrait du testament de Gustave Moreau, du 10 septembre 1897, sur le site gallica.fnf.fr, consulté le .
  85. Exposition des sculptures au musée Gustave-Moreau.
  86. Geneviève Lacambre, « Gustave Moreau et son musée », sur le site mairie9.paris.fr, consulté le .
  87. André Breton, préface de Ragnar Von Holten, L'Art fantastique de Gustave Moreau, Paris, Pauvert, 1960.
  88. « Gustave Moreau en ses écrits », Dossier de l'art, no 225, janvier 2015, p. 26-27.
  89. 81,3 × 66 cm. Reproduction dans Connaissance des arts, no 717, juillet-août 2013, p. 52.


Annexes

Bibliographie

 : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Articles

Chapitres d'ouvrages

  • Mireille Dottin-Orsini, « Portrait de femme : Gustave Moreau et Gustav-Adolf Mossa », dans Christine Bard, Un siècle d'antiféminisme, Paris, Fayard, (ISBN 2-213-60285-9), pp. 119-132
  • Mireille Dottin-Orsini, « Femmes peintes, femmes (d)écrites : le cas Gustave Moreau », dans Andrée Mansau, Des femmes : images et écritures, Toulouse, Presses universitaires du Mirail, (ISBN 2-85816-697-8), pp. 121-132
  • Claude Jamain, « La tête coupée. L’Orphée de Gustave Moreau », dans Claude Jamain, Idée de la voix : Études sur le lyrisme occidental, Rennes, Presses universitaires de Rennes, (ISBN 9782753546493, lire en ligne), pp. 149-162
  • Geneviève Lacambre, « De l'usage de la sculpture par les peintres : Gustave Moreau regarde Canova », dans La Sculpture au XIXe siècle : Mélanges pour Anne Pingeot, Paris, Nicolas Chaudun, , p. 166-169
  • Marie-France de Palacio, « La correspondance d’Italie de Gustave Moreau : un voyage intérieur », dans Pierre-Jean Dufief, La lettre de voyage : Actes du colloque de Brest novembre 2004, Rennes, Presses universitaires de Rennes, (ISBN 9782753547483, lire en ligne), pp. 225-234
  • Jean-Roger Soubiran, « L’éphèbe malmené dans l’œuvre de Gustave Moreau, une image récurrente révélatrice des fantasmes de l’artiste », dans Frédéric Chauvaud, Corps saccagés, Rennes, Presses universitaires de Rennes, (ISBN 9782753566606, lire en ligne), pp. 121-137
  • Bijoy M. Trentin, « Gustave Moreau et les mythes : un regard Camp », dans Fabrice Flahutez et Thierry Dufrêne, Art et mythe, Nanterre, Presses universitaires de Paris Nanterre, (ISBN 9782821850811, lire en ligne), pp. 37-46

Colloque

  • « Centenaire de la mort de Gustave Moreau (1898) ; colloque du », Paris, Fondation Singer-Polignac et Société J.-K. Huysmans, 2001.

Monographies sur Gustave Moreau

  • Geneviève Lacambre, Gustave Moreau : Maître Sorcier, Paris, Gallimard et Réunion des musées nationaux, (ISBN 2-07-053388-3).
  • Pierre-Louis Mathieu, Gustave Moreau : L'assembleur de rêves, Courbevoie, ACR Édition, (ISBN 2-86770-115-5).
  • Pierre-Louis Mathieu, Gustave Moreau : monographie et nouveau catalogue de l'œuvre achevé, Paris, ACR Édition, 1998.
  • Pierre-Louis Mathieu, Gustave Moreau, Paris, Flammarion, , 308 p. (ISBN 2-08-011743-2).
  • Pierre-Louis Mathieu, Le Musée Gustave Moreau, Paris, Réunion des musées nationaux, 2005.
  • Pierre-Louis Mathieu et Geneviève Lacambre, Le Musée Gustave Moreau, Paris, Réunion des musées nationaux, .
  • Peter Cooke, Gustave Moreau et les arts jumeaux : peinture et littérature au dix-neuvième siècle, Berne, 2003.
  • Paul Flat, Le musée Gustave Moreau : l'artiste, son œuvre, son influence, Paris, Société d'édition artistique, (lire en ligne).
  • Paul Bittler et Pierre-Louis Mathieu, Musée Gustave Moreau. Catalogue des dessins de Gustave Moreau, Paris, 1983.
  • George Desvalliéres, L’Œuvre de Gustave Moreau, Paris, 1911.
  • Geneviève Lacambre, Peintures, cartons, aquarelles, etc. exposés dans les galeries du Musée Gustave Moreau, Paris, Réunion des musées nationaux, , 141 p..
  • Jean Selz, Gustave Moreau, Paris, Flammarion, .
  • Ary Renan, Gustave Moreau : 1826-1898, Paris, Gazette des beaux-arts, (lire en ligne).
  • Victor Segalen, Gustave Moreau, Maître imagier de l’Orphisme, Fontfroide, Bibliothèque Artistique & Littéraire,
  • Léon Thévenin, L'Esthétique de Gustave Moreau, Paris, Léon Vanier, (lire en ligne)

Monographies d'œuvres

  • Gilbert Bou, Gustave Moreau à Decazeville, Rodez, 2010 (ISBN 978-2-8126-0136-1).
  • Gustave Moreau, Écrits sur l'art, édition de Peter Cooke, Fontfroide, Bibliothèque artistique et littéraire, 2002.

Autres monographies

Catalogues d'exposition

  • Marie-Cécile Forest, Gustave Moreau. L'homme aux figures de cire, Somogy, (lire en ligne).
  • Marie-Cécile Forest et Daniel Marchesseau (dir.), Gustave Moreau - Mythes et chimères : aquarelles et dessins secrets du musée Gustave-Moreau, [catalogue d'exposition], Paris, musée de la Vie romantique, 2003.
  • Marie-Anne Sarda (éd.), Paysages de rêve de Gustave Moreau, Paris, 2004 (ISBN 2-85495-2189).
  • Geneviève Lacambre, Douglas W. Druick, Larry J. Feinberg et Susan Stein, Gustave Moreau 1826-1898, Tours, Réunion des musées nationaux, .
  • Sophie Serra, Gustave Moreau : Le chemin oublié, Rodez, Éditions au fil du temps, .
  • Anne Pingeot, Philippe Durey, Antoinette Le Normand-Romain et Isabelle Leroy-Jay Lemaistre, La Sculpture française au XIXe siècle, Paris, Réunion des musées nationaux, .
  • Maïthé Vallès-Bled, Collection David et Ezra Nahmad : impressionnisme et audaces du XIXe siècle, Rodez, Éditions au fil du temps, .

Ouvrages généraux

Dictionnaires et encyclopédies

Filmographie

  • Gustave Moreau, 1961, film documentaire de court-métrage, réalisé par Nelly Kaplan, avec la voix d'André Breton, 22 minutes.

Iconographie

  • Anonyme, Portrait en pieds, appuyé sur une canne, 1858, photographie, papier albuminé sur carton, 9 × 5,3 cm, Paris, musée Gustave Moreau.
  • Robert Jefferson Bingham, Portrait debout coupé à mi-jambes, derrière un fauteuil, après 1862, photographie sur papier albuminé, 8 × 5,7 cm, Paris, musée Gustave Moreau.

Liens externes

  • Portail de la peinture
  • Portail de la gravure et de l'estampe
  • Portail de la sculpture
  • Portail de l’histoire de l’art
  • Portail de la France
  • Portail de la France au XIXe siècle
Cet article est issu de Wikipedia. Le texte est sous licence Creative Commons - Attribution - Sharealike. Des conditions supplémentaires peuvent s'appliquer aux fichiers multimédias.