Hô-Chi-Minh-Ville

Hô-Chi-Minh-Ville[2] /oʃiminvil/[3] (en vietnamien Thành phố Hồ Chí Minh /tʰan˨˩ fo˧˥ ho˨˩ t͡ɕi˧˥ mɨn˧˧/[4] , en anglais Ho Chi Minh City), nommée couramment et usuellement Saïgon /saj.gɔ̃/[3] (en vietnamien Sài Gòn /ʂaːj˨˩ ɣɔŋ˨˩/[4] ), qui fut le nom officiel jusqu'en 1975, ou antérieurement Prey Nokor (en khmer ព្រៃនគរ) quand elle appartenait à l'Empire khmer, est la plus grande ville du Viêt Nam et son poumon économique, devant la capitale Hanoï.

« Saïgon » redirige ici. Pour les autres significations, voir Saigon.

Hô-Chi-Minh-Ville
Saïgon

Marché Bến Thành, L'Hôtel de ville, Cathédrale de Saïgon, Palais de la réunification, Opéra municipal, Centre ville
Administration
Pays Viêt Nam
Statut administratif Chef-lieu de province (Thị Xã)
Démographie
Population 8 224 400 hab. (2015[1])
Densité 3 926 hab./km2
Population de l'agglomération 13 648 914 hab.
Géographie
Coordonnées 10° 46′ 01″ nord, 106° 40′ 01″ est
Altitude 19 m
Superficie 209 500 ha = 2 095 km2
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Viêt Nam
Hô-Chi-Minh-Ville
Géolocalisation sur la carte : Viêt Nam
Hô-Chi-Minh-Ville
Liens
Site web http://www.hochiminhcity.gov.vn

    Hô-Chi-Minh-Ville, dont le statut correspond à celui d'une province vietnamienne, se divise en 19 arrondissements et 5 districts possédant une superficie de 2 090 km2 pour une population de 8 224 400 habitants[1] (2015).

    Elle se trouve sur les rives de la rivière de Saïgon. Située à proximité du delta du Mékong, cette ville est la métropole du Sud du pays. Elle n'était à l'origine qu'un village de pêcheurs khmer et devint à partir du XVIIe siècle une ville de peuplement vietnamien (et chinois) sous l'impulsion de la cour impériale des Nguyên à Hué. Pendant la colonisation française, elle fut d'abord la capitale de la colonie de Cochinchine, puis celle de l'Indochine française de 1887 à 1901. Après la partition du pays à la fin de la guerre d'Indochine, Saïgon devint la capitale de la République du Viêt Nam (dès 1954).

    Pendant la guerre du Viêt Nam, Saïgon était le siège du commandement américain ; son activité économique fut également dopée par la présence de centaines de milliers de soldats américains et son port était embouteillé par l'arrivée d'énormes importations de matériel. Sa prise par les communistes le (chute de Saïgon), marqua la fin du conflit, et les vainqueurs débaptisèrent la ville au profit du nom de leur « leader » historique, Hô Chi Minh, décédé plus de cinq ans auparavant.

    Néanmoins, de nombreux Vietnamiens continuent de désigner l'ensemble de la ville sous le nom de « Saïgon », même si, officiellement, cette dénomination ne correspond plus qu'au seul centre de Hô-Chi-Minh-Ville.

    Toponymie

    Les Khmers, premiers habitants des lieux, désignaient cette ville sous le nom de Prey Nokor (ព្រៃនគរ : la « ville de la forêt »[5]). Ce nom est toujours d'usage pour les Cambodgiens ainsi que pour la minorité Khmer Krom vivant dans le delta du Mékong.

    L’appellation Saigon désigne le quartier de Cholon (grand marché) tandis que les Mandarins utilisent diverses appellations, Dong Nai, Phan Yen, Gia Dinh et, par les commerçants locaux, Ben Nghe et Ben Thanh.

    Le mot Gia Dinh désigne la vieille ville de Saïgon avec sa citadelle construite par Olivier de Puymanel en 1790. 

    À l'arrivée des Viêts au XVIIe siècle, la ville prit le nom usuel de Sài Gòn, désignant à l'origine la rivière éponyme, tandis que le nom officiel, en usage jusqu'à la colonisation française, était Gia Định.

    Les Français, quant à eux, pérennisent le nom Sài Gòn, mais avec une orthographe francisée (qui se prononçait "Sa-ï-gon") jusque dans les années 1920. De 1931 à 1956, ce nom sera officiellement associé à celui de Cholon, la ville limitrophe à forte communauté chinoise, avec laquelle elle sera fusionnée : Saïgon-Cholon, avant de reprendre le seul nom de Saïgon.

    Enfin, le , les vainqueurs communistes imposent le nom actuel, Hô-Chi-Minh-Ville (Thành phố Hồ Chí Minh), déjà adopté par le premier gouvernement en 1945 de la république démocratique du Viêt Nam, en hommage à Hô Chi Minh.

    Histoire

    Durant la dynastie des rois Lê durant les périodes de 1428 à 1789 au Vietnam, la route des épices attire les premiers missionnaires et commerçants européens vers le XVIe siècle. Le pays était divisé et concurrencé par deux forces seigneuriales, les Trinh au nord du pays et les Nguyễn au sud. Les Occidentaux appelaient la basse Cochinchine la partie gouvernée par les Nguyễn, dont Saïgon devient la capitale[6].

    La première présence vietnamienne dans la ville de Ho Chi Minh date au début du XVIIe siècle lorsque le seigneur Nguyễn établit une station fiscale en 1623 et un officier des seigneurs Nguyễn établit un poste militaire à Tan My, dans la région actuelle de Saigon en 1679. Le gouverneur des nouvelles terres, le général Nguyen Huu Kinh, crée la préfecture de Gia Dinh en 1698. La région de Saigon devient le district de Tan Binh où se retrouve le siège social de l'administration et d’où l’autorité des Nguyen rayonne sur la Cochinchine.

    Le nom de Saïgon a été mentionné pour la première fois par le philosophe et encyclopédiste Le Quy Don en 1776 dans son œuvre Phủ Biên Tạp Lục (Chroniques de la frontière). Après la prise de la ville le par une flotte franco-espagnole sous le commandement de l'amiral Charles Rigault de Genouilly, les forces vietnamiennes de l'empereur Tự Đức assiègent Saïgon sans succès de à . Ga Dinh ou Saïgon est le chef-lieu d’une des trois provinces, avec celles de Mytho et de Biên Hòa, avec l’archipel de Côn Đảo, cédés au Français par l’empereur d’Annam Tự Đức, au traité de Saïgon en 1862.

    L’urbanisme est repensé, le plan de Saïgon[7] concernant les constructions nouvelles, en pierres, est celui d’une ville de colonisation, géométrique comme les villes romaines ou les villes américaines du Nouveau Monde. La ville moderne possède bientôt tous les bâtiments qui suivent les progrès scientifiques de l’époque, avec l’hôpital de la marine[8] dès 1873, la cathédrale Notre-Dame de Saïgon construite entre 1877 et 1880, la gare de Saigon en 1881 avec l'arrivée du premier train entre Mytho et Saïgon[9], un Hôtel des Postes en 1891, le théâtre municipal en 1900, l’Hôtel de ville en 1907. Les Français surnomment la ville la Perle de l’Extrême-Orient.

    Climat

    La saison des pluies, qui commence au mois de mai et s'achève au début du mois de septembre, est marquée par des pluies torrentielles. Il pleut pratiquement tous les jours. La saison sèche débute en novembre et se termine en avril. Le mois d'avril est souvent le plus chaud de l'année.

    Relevé météorologique de Hô-Chi-Minh-Ville
    Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
    Température minimale moyenne (°C) 21,1 22,5 24,4 25,8 25,2 24,6 24,3 24,3 24,4 23,9 22,8 21,4 23,7
    Température maximale moyenne (°C) 31,6 32,9 33,9 34,6 34 32,4 32 31,8 31,3 31,2 31 30,8 32,3
    Précipitations (mm) 13,8 4,1 10,5 50,4 218,4 311,7 293,7 269,8 327,1 266,7 116,5 48,3 1 931

    Subdivisions administratives

    Saïgon en panoramique.

    Saïgon est une municipalité ayant le même niveau qu'une province du Vietnam. La ville a été divisée en 24 divisions administratives depuis .
    Cinq de ces divisions (superficie : 1 601 km2) sont désignées comme rurales (huyện). Les districts ruraux sont Nhà Bè, Cân Gio, Hoc Mon, Cu Chi et Binh Chanh. Un district rural est composé de communes () et de cantons (Thị Trấn).
    Les 19 districts restants (superficie : 494 km2) sont désignés urbains ou suburbains (Quận). Cela comprend les districts numérotés de 1 à 12, ainsi que ceux de Go Vap, Tân Binh, Tan Phu, Bình Thạnh, Phú Nhuận, Thu Đức et Binh Tan. Chaque Quan est sous-divisée en quartiers (Phường).
    Depuis , la ville a 259 quartiers, 58 communes et 5 cantons (voir liste des unités administratives HCMV ci-dessous).

    Liste des arrondissements d'HCMV
    Nom d'arrondissement (depuis ) Subdivision (depuis ) Superficie (km2) (depuis ) Population au Population au milieu de l'année 2005 Population au milieu de l'année 2006 Population au milieu de l'année 2007 Population d'après le recensement du
    Arrondissement urbains :
    1er arrondissement10 quartiers7,73198 032199 899200 768203 214178 878
    2e arrondissement11 quartiers49,74125 136126 084130 189133 257145 981
    3e arrondissement14 quartiers4,92201 122199 297199 172201 515189 764
    4e arrondissement15 quartiers4,18180 548185 268189 948190 325179 640
    5e arrondissement15 quartiers4,27170 367192 157191 258195 841170 462
    6e arrondissement14 quartiers7,19241 379243 416248 820252 816251 912
    7e arrondissement10 quartiers35,69159 490163 608176 341198 958242 284
    8e arrondissement16 quartiers19,18360 722366 251373 086380 330404 976
    9e arrondissement13 quartiers114202 948207 696214 345221 314255 036
    10e arrondissement15 quartiers5,72235 231235 370238 799241 052227 226
    11e arrondissement16 quartiers5,14224 785225 908227 220229 616226 620
    12e arrondissement11 quartiers52,78290 129299 306306 922329 751401 894
    Arrondissement de Go Vap16 quartiers19,74452 083468 468496 905514 518515 954
    District de Tan Binh15 quartiers22,38397 569394 281387 681399 943412 796
    Arrondissement de Tan Phu11 quartiers16,06366 399372 519376 855386 573397 635
    District de Binh Thanh20 quartiers20,76423 896435 300449 943468 208451 526
    Arrondissement de Phú Nhuận15 quartiers4,88175 293175 716175 825180 511174 497
    Arrondissement de Thủ Đức12 quartiers47,76336 571346 329356 088368 032442 110
    Arrondissement de Binh Tan10 quartiers51,89398 712403 643447 173469 201572 796
    Total des districts intérieurs259 quartiers 494,015 140 4125 240 5165 387 3385 564 9755 841 987
    Arrondissement ruraux :
    District de Cu Chi20 communes et 1 canton434,50288 279296 032309 648321 663343 132
    Arrondissement de Hoc Mon11 communes et 1 canton109,18245 381251 812254 598271 506348 840
    Arrondissement de Binh Chanht15 communes et 1 canton252,69304 168311 702330 605347 278421 996
    Arrondissement de Nha Be6 communes et 1 canton100,4172 74073 43274 94576 98599 172
    Arrondissement de Can Gio6 communes et 1 canton704,2266 27266 44467 38568 53568 213
    Total des districts suburbains58 communes et 5 cantons1 601976 839999 4221 037 1811 085 9671 281 353
    Ville entière259 quartiers, 58 communes et 5 cantons2 095 016 117 2516 239 9386 424 5196 650 9427 123 340

    Espace urbain et monuments

    L'intérieur de la Grande Poste avec sa charpente métallique conçue par Gustave Eiffel.
    Une pagode de Hô-Chi-Minh-Ville.
    Immeubles de Hô-Chi-Minh-Ville.

    Avant de devenir vietnamienne, Saïgon était le plus important port du Cambodge, sous le nom de Prey Kor (ព្រៃគរ). Occupé par des Annamites dès le XVIIe siècle, le site est alors baptisé Saïgon, puis entouré de murailles au XVIIIe siècle, avant d'être conquis par les Français en 1859. Saïgon sera alors connu pendant des années comme le « Paris de l'Extrême-Orient », bénéficiant d'un urbanisme espacé à la française[Information douteuse]. La brochure Indo-Chine du Comité de tourisme colonial du Touring club de France note en 1910 :

    « Saigon se présente sous l'aspect d'un immense parc auquel la magnificence des plantes et le coloris de fleurs gigantesques contribuent à donner à cette cité, sur les autres villes d'Extrême-Orient, la supériorité de l'élégance. On peut passer agréablement une semaine à Saigon. »[11]

    Aujourd'hui, Hô-Chi-Minh-Ville a perdu l'essentiel de son patrimoine colonial en dehors des monuments et totalement perdu son caractère de « parc urbain ». Sa réputation est celle d'une ville sur-active et bruyante, qui a abandonné la palme du charme colonial à des villes telles que Phnom Penh, Vientiane ou surtout la beaucoup plus petite Luang Prabang.

    Parmi les monuments les plus connus de la ville, on compte :

    Sur la rue Đồng Khởi (ex-rue Catinat)
    • La cathédrale Notre-Dame, en brique rouge importée de Toulouse, sur le modèle de la cathédrale Notre-Dame de Paris mais de dimensions inférieures.
    • Sur le côté la grande poste centrale dont la charpente métallique fut conçue par Gustave Eiffel figurent deux cartes coloniales préservées à l'entrée.
    • L'hôtel Continental, construit en 1880 par Pierre Cazeau, l'écrivain André Malraux et sa femme y résidèrent entre 1924 et 1925[12].
    • L'hôtel Majestic, construit en 1925 pour la compagnie Huibon Hoa (créé par des associés originaires de Chine) dans le style colonial français[13].
    • L'opéra ou « théâtre municipal » construit sur le modèle du Petit Palais à Paris, en 1900.
    Sur le boulevard Nguyễn Huệ (ex-boulevard Charner) 
    Sur le boulevard Lê Duẩn (ex-boulevard Norodom) 
    Édifices religieux, à part la cathédrale Notre-Dame
    • Les nombreuses pagodes que compte la ville : la pagode de l'empereur de Jade, la pagode Giac Lam, la pagode Vinh Nghîem…
    • Le Temple de Mariamman, un temple hindou situé rue Trương Định (ex-rue Lareynière)
    • La mosquée indienne rue Đông Du (ex-rue de l'Amiral-Dupré)
    • L'église Saint-François-Xavier dans le quartier chinois de Cholon dont l'intérieur est un mélange de néogothique et de chinois. Le Christ est salué par des gongs.
    • Le temple dédié à la déesse Thien Hau, protectrice des navigateurs, situé également à Cholon (rue Nguyen Trai) et construit dans le style chinois.
    Lycée
    Marchés
    • Marché de Ben Thanh (le plus touristique de la ville mais non le plus grand)
    • Marché de Binh Tay dans le quartier chinois de Cholon (qui veut dire « grand marché » en vietnamien).
    Musées
    • Musée de Hô-Chi-Minh-Ville, situé dans les anciens locaux de la Compagnie des messageries maritimes, bâtiment en brique et plus ancien vestige français. En effet, Saïgon a été la tête de ligne asiatique du transport maritime de passagers et de fret, entre Marseille et l'Extrême-Orient pendant la période coloniale. Le musée est parfois appelé musée de la Révolution. Une panoplie d'avions, hélicoptères et autres véhicules sont exposés dans les jardins.
    Gratte-ciel

    La tour financière Bitexco, construite par l'agence AREP est depuis le plus haut gratte-ciel du Viêt Nam.

    Démographie

    Évolution démographique
    AnnéeHabitants
    19954 640 400
    19964 747 900
    19974 852 300
    19984 957 300
    19995 073 100
    20005 274 900
    20015 454 000
    20025 619 400
    20035 809 100
    20046 007 600
    20056 230 900
    20066 483 100
    20076 725 300
    20086 946 100
    20097 196 100
    20107 378 000
    20117 521 100
    20127 750 900
    Sources[14].

    Le recensement du a enregistré une population totale de 6 117 251 (dont 5 140 412 habitants pour les 19 districts intérieurs et 976 839 habitants pour les 5 communes de l'agglomération)[15]. En 2007 la population de la ville était de 6 650 942 (dont 5 564 975 pour les districts intérieurs et 1 085 967 pour les 5 communes de l'agglomération). Le recensement de 2009 a enregistré une population totale de 7 123 340 personnes, soit environ 8,3 % de la population totale du Viêt Nam. Ce qui en fait la plus grande agglomération du pays. Comme unité administrative, sa population est aussi la plus importante au niveau provincial. Comme premier centre économique et financier du Vietnam, Hô-Chi-Minh-Ville est la première destination pour les immigrants, ce qui explique la croissance dynamique de sa population. Ainsi, depuis 1999, la population de la ville croît de plus de 200 000 personnes par an.

    La majorité de la population est d'origine vietnamienne (Kinh) pour environ 90 %. Les minorités se répartissent entre les Chinois (Hoa) pour 8 % (la plus grande communauté chinoise au Viêt Nam), et les Khmers, Chams, Nungs et Rhades pour 2 %. Les habitants de Hô-Chi-Minh-Ville sont généralement connus sous le nom de « Saïgonnais » en français, Saigonese en anglais et Dân Sài Gòn en vietnamien. Il y aurait aussi environ 2 500 « Amérasiens », c'est-à-dire des Vietnamiens nés d'unions entre des soldats Américains, et de jeunes Vietnamiennes durant la guerre du Vietnam, entre 1961 et 1975, quand l'armée Américaine était bien présente à Saïgon, et au Sud-Vietnam. Ils seraient plusieurs milliers, ou dizaine de milliers au Vietnam, et généralement, ils ne parlent pas Anglais, mais Vietnamien. Jadis marginalisés, leur situation s'améliore depuis le début des années 2000.

    les Kinh parlent vietnamien avec différents accents régionaux : le sud (50 %), le nord (30 %) et le centre du Vietnam (20 %), tandis que les Hoa parlent également le cantonais, le teochew (Chaozhou), le hokkien, le hainanais et le hakka qui sont des dialectes chinois. Très peu parlent le mandarin. L'anglais est parlé principalement dans les activités du tourisme et du commerce, et par les plus jeunes (23 % de la population de la ville comprendrait ou parlerait l'anglais). 5 000 personnes environ auraient l'anglais en langue maternelle : ce sont surtout des enfants de migrants partis aux États-Unis après 1975 (ou avant), et qui reviennent au pays pour investir, ou ouvrir des commerces, ou entreprises. Jadis langue coloniale avant 1955, le français ne serait plus parlé ou compris que par environ 1 000 personnes, surtout des personnes âgées, ou des étudiants.

    Selon certains chercheurs la répartition des communautés religieuses est la suivante : les bouddhistes (dont le taoïsme et le confucianisme) pour 80 %, les catholiques pour 11 %, les protestants pour 2 %, les autres religions (caodaïsme, Hoa Hao, islam, hindouisme, foi Baha'ie) pour 2 %, sans religion pour 5 %.

    Migration rurale urbaine

    La population de la ville de Saigon a atteint 706 000 habitants parmi lesquels 244 717 d’entre eux vivent dans le milieu urbain de Saigon et dans le Chinatown de la ville, selon le recensement réalisé en 1916[réf. nécessaire].

    La population de l’agglomération Saigon-Cholon a progressé de 256 000 habitants en 1936-1939 à 492 000 en 1946 pour atteindre environ 1 600 000 en 1952, tandis qu’au cours de la même période les surfaces des rizières cultivées diminuaient de près de la moitié, rétrogradant de 2 300 000 ha (moyenne des années de l'Entre-deux-guerres) à 1 287 000 ha en 1951[16].

    En 1976, la population du grand territoire de Ho Chi Minh est de 3,5 millions d’habitants. La plus grande croissance a eu lieu durant la période de 1945 à 1975 en raison du déplacement des habitants ruraux vers la métropole. Cet exode est causé par la guerre indochinoise et américaine.

    Durant l’année 1976 à 1985, la population de la ville de Ho Chi Minh stagne à 3,5 millions à cause de l’exode de ses habitants vers les pays dans la région de l’Asie du Sud-Est, l’Australie ou soit en Occident comme les États-Unis, le Canada et l’Europe après la guerre avec le Vietnam. Le gouvernement communiste mobilise approximativement 840 000 personnes du milieu rural et les transfèrent à Ho Chi Minh[17].

    Le gouvernement tente de contrôler la croissance de la population dans la ville de Ho Chi Minh au moyen d’un système de registre sur les ménages qui a pour but de réglementer et de rendre difficile aux personnes sans permis de rester dans la ville légalement. Les permis sont octroyés aux gens employés par l’État, les entreprises locaux et aux épouses des résidents légaux.

    Le gouvernement offre une subvention alimentaire par l’entremise de coupons aux résidents légaux dans le cadre de son programme de contrôle de la population dans la ville. Cependant, les cadeaux et l’assistance monétaire envoyés par la diaspora vietnamienne à l’étranger rend le programme de subvention alimentaire insignifiant.

    Entre 1984 et 1989, l’influx net de la population vers Ho Chi Minh compte seulement 74 355 personnes. En 1989, la population selon les recensements officiels de l’État est de 3,9 millions d’habitants.

    En 1998, la population de Ho Chi Minh s’élève à 5,1 millions d’habitants, ce qui s’explique par les vagues de migrations massives des autres provinces à cause de la réforme économique « Đổi mới ». Cette politique permet à la ville de Ho Chi Minh d’être la force motrice économique du pays et attire la masse du milieu rural pour déboucher des occasions d’affaires dans la métropole.

    De 1999 à 2004, on estime qu’un peu plus d’un million d’habitants sont déménagés vers la métropole, ce qui représente une moyenne de 206 000 personnes par année. Par rapport aux chiffres des décennies précédentes, la période de 1999 à 2004 a vu tripler l’influx de migrant. Ces données démontrent que 30 pour cent de la population dans la ville de Ho Chi Minh sont des migrants ruraux.

    Migration à Hô-Chi-Minh ville durant la période de 1994-1999 

    Nombre de migrants à Ho Chi Minh Ville Nombre total de migrants des différentes provinces
    qui déménagent ailleurs au Vietnam sauf Ho Chi Minh Ville
    Moyenne %
    Haute terre du nord 16 053 331 315 4,8
    Delta du fleuve rouge 54 650 482 811 11,3
    Centre nord 48 199 319 913 15,1
    - Thanh Hóa 13 898 108 769 12,8
    - Thừa Thiên-Huế 12 994 36 033 36,1
    Côte sud centrale 71 916 225 364 31,9
    - Quảng Nam 11 992 41 385 29
    - Quảng Ngãi 17 039 45 490 37,5
    - Bình Định 11 825 46 872 25,2
    Haute montagne centrale 16 247 77 090 21,1
    Sud-Est 77 305 181 374 40,4
    - Tây Ninh 13 334 22 101 60,3
    - Bình Dương 11 127 23 270 47,8
    - Đồng Nai 33 590 92 592 36,3
    - Bà Rịa-Vũng Tàu 11 047 28 031 39,4
    Delta du Mékong 153 192 396 467 41,5
    - Long An 26 071 42 264 61,7
    - Đồng Tháp 11 419 35 798 31,9
    - An Giang 10 920 39 138 27,9
    - Tiền Giang 23 970 46 708 51,3
    - Vĩnh Long 12 166 30 246 40,2
    - Bến Tre 21 606 44 159 48,9
    - Cần Thơ 12 356 41 806 29,6

    Source : Steering committee of the population and housing census of Ho Chi Minh city, 2000, final Report. Census of population and housing on 1/4/1999. HCMC

    Économie

    Grands marchés de Ben Thanh.

    Transports

    Transports aériens

    Hô-Chi-Minh-Ville vue depuis un avion de VietJet Air en décollage, juillet 2013.

    Hô-Chi-Minh-Ville est actuellement desservie par l'aéroport international de Tân Sơn Nhất, situé à l'intérieur de la ville. Il devrait être complété au minimum en 2020 par l'aéroport international de Long Thành, qui recevra alors les vols internationaux, Tân Sơn Nhất conservant la desserte des lignes nationales.

    Transports ferroviaires

    Liaisons par bus

    Hô-Chi-Minh-Ville compte deux grandes gares routières : Ben Xe Mien Tay qui la relie au sud du Vietnam, et Ben Xe Mien Dong qui la relie au nord. De très nombreuses compagnies de bus existent, et assurent ainsi les liaisons quotidiennes vers les autres villes.

    Liaisons par route

    Depuis , une autoroute relie la ville à Trung Lương au sud. Une autre autoroute a été inauguré en , cette fois-ci vers le nord, et s'arrêtant pour l'instant à Long Thành. Elles s'inscrivent toutes deux dans le grand projet Autoroute Nord-Sud (Viêt Nam).

    Transports urbains

    Une rue d'Hô-Chi-Minh-Ville (2008).
    • Réseau de bus : il y a un grand nombre de bus à Hô-Chi-Minh-Ville avec de nombreux parcours. Cependant, dans certains quartiers, les arrêts de bus sont difficilement matérialisés, il faut donc faire attention aux inscriptions sur la route ou sur les poteaux le long des trottoirs qui indique leur présence, et il faut bien héler le bus pour qu'il s'arrête.
      Le ticket est acheté à bord et coûte entre 5 000 et 10 000 dongs (soit environ 20 à 50 centimes d'euros). Les tickets sont uniquement vendus à l'unité dans les véhicules par le contrôleur, les carnets étant en vente à la gare routière, près du marché Ben Thanh. Il faut noter que le réseau de bus s'arrête après environ 21 h.
    • Taxis : il y a de nombreuses compagnies de taxis dans cette ville, plus ou moins fiables en termes de prix. Ces véhicules peuvent transporter entre 4 et 7 personnes (sans compter le chauffeur), et sont les principaux moyens de transports à 4 roues qui circulent dans la ville, sachant que la population circule principalement en deux-roues.
    • Moto taxi (Xe Ôm) : à tous les coins de rue, on peut trouver des motos taxis qui, pour un prix négocié, emmènent à une destination voulue (une moto ne peut prendre qu'un seul passager à la fois). Il n'existe pas de compagnie de « Xe Ôm », les conducteurs travaillant pour leur propre compte.
    • Pousse-Pousse (Xich lo) : il existe encore des pousse-pousse et des cyclo-pousse, mais qui ne sont prisés que par les touristes. Ils servent aussi à transporter du matériel.
    • Métro (en projet)

    Coutumes de la ville

    Les fameux embouteillages de mobylettes à Hô-Chi-Minh-Ville (2003)
    Le Grand Hôtel, construit du temps de l'Indochine française

    Hô-Chi-Minh-Ville n'est pas une ville que l'on apprécie forcément pour son charme et ses monuments, mais plus pour son ambiance et sa vitalité :

    • Contrairement à ce que l'on pourrait croire, si ses habitants, les « Saïgonnais » continuent à utiliser la dénomination de « Saïgon », c'est essentiellement parce que l'ancienne ville chinoise de « Cholon » est encore perçue comme une entité différente au sein de la métropole de « Thanh Pho Hô Chi Minh ». L'appellation de « Saigon » est d'ailleurs utilisée par les bus par exemple et indique dans ce cas le centre historique de développement de la ville, le District 1.
    • Comme dans l'essentiel des villes du sud-est asiatique, il y a de nombreux vendeurs à la sauvette partout dans la ville. Ceux-ci sont en principe interdits d'activité, ce qui explique d'occasionnelles descentes policières dans les quartiers touristiques.
    • L'image la plus inoubliable de cette métropole est sans doute les embouteillages de cyclomoteurs. Avec en moyenne une mobylette par adulte, la densité de véhicules est extrêmement élevée et la pollution de l'air s'en ressent[18].
    • Le soir après une dure journée de travail, les habitants de la ville ont souvent la coutume de sortir dans la rue pour manger dans les restaurants, parler sur les places publiques afin de profiter de la fraîcheur du soir.
    • Il y a à Hô-Chi-Minh-Ville une petite minorité francophone (1 000 locuteurs) la langue parlée est comprise surtout par les personnes d'anciennes générations ; mais les jeunes d'aujourd'hui préfèrent l'anglais (15 % à 25 % des habitants de Saïgon parlent anglais en seconde langue, en fonction des quartiers) même si le français est enseigné dans certaines écoles de la ville. Le français, qui a formé des générations d'intellectuels vietnamiens, a commencé à disparaître dans les années 1970, les Américains n'accordant des subventions qu'avec usage obligatoire de l'anglais. L'anglais est désormais préférée pour sa portée commerciale universelle. L'allemand est quant à lui plus parlé, et plus dynamique économiquement, car il y eut entre 1960 et 1990 une forte communauté de Vietnamiens en RDA ( République Démocratique Allemande), et il y eut de nombreux retours à partir de 1990, quand le régime communiste chuta en RDA.
    • L'allemand reprend de la vigueur depuis le début des années 2000, et l'immigration vietnamienne en Allemagne a fortement repris. Il y a un Goethe Institut à Hô-Chi-Minh-Ville, où l'allemand est peut-être parlé par au moins 10 000 locuteurs (au moins 50 000 dans tout le Vietnam).

    Archevêché

    Hô-Chi-Minh-Ville dans les arts

    En littérature

    Quelques œuvres littéraires ayant Hô-Chi-Minh-Ville pour décor :

    en français :

    en anglais :

    en catalan :

    Au cinéma

    En musique

    Personnages célèbres

    Jumelages

    La ville de Hô-Chi-Minh-Ville est jumelée avec [19]:

    Galerie

    Notes et références

    1. (vi) « Tình hình kinh tế xã hội tháng 12 năm 2015 » (consulté le 4 septembre 2015)
    2. En français avec des traits d'union.
    3. Prononciation en français de France retranscrite selon la norme API.
    4. Prononciation en vietnamien d'Hô-Chi-Minh-Ville retranscrite selon la norme API.
    5. nokor, du sanskrit nagara; prey la forêt
    6. Nguyen Khac Vien, Etudes Vietnamiennes, Hanoi, Xunhasaba, , 207 p., p. 5-7.
    7. « L'Indochine Coloniale - Plan et Cartes ».
    8. « Les hôpitaux coloniaux »
    9. « Voie ferrée Mytho-Saïgon », sur Les chemins de fer de l'Indochine, La Jaune et la Rouge, .
    10. (en) « World Weather Information Service - Ho Chi Minh City » (consulté en février 2010).
    11. Brochure « Indo-Chine » du Comité de tourisme colonial du Touring club de France, 1910 (entièrement consultable).
    12. Olivier Todd, André Malraux : une vie, Paris : Gallimard, 2001. (ISBN 9782070749218), p. 63.
    13. William Warren et Jill Gocher, Asia's legendary hotels, Singapour: Periplus; Enfield: Publishers Group UK, 2007. (ISBN 9780794601744), p. 152.
    14. Dân số trung bình phân theo địa phương qua các năm, Theo Tổng cục thống kê Việt Nam.
    15. Statistical office in Ho Chi Minh City
    16. Hugues Tertraos, La piastre et le fusil : Le coût de la guerre d’Indochine. 1945-1954, Histoire économique et financière de la France, , 634 p. (ISBN 978-2110910554, lire en ligne), p. Chapitre VIII. L’éclatement de l’Indochine II. La balkanisation de la péninsule A. L'expérience de la guerre civile.
    17. (en) Hy V. Luong, Urbanization, Migration, and Poverty in a Vietnamese Metropolis, Singapore, National University of Singapore, , 442 p. (ISBN 978-9971-69-455-5), p. 31-37
    18. Benkhelifa F. (Institut des sciences et des techniques de l'équipement et de l'environnement pour le développement), 2006 : « Atmospheric pollution and sustainable transport in Ho Chi Minh City », Villes en développement : bulletin de la coopération française pour le développement urbain, l'habitat et l'aménagement spatial no 74 (December 2006) - p. 6-7
    19. Sister Cities

    Voir aussi

    Arrondissements

    Articles connexes

    Liens externes

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