Hôtel Coeurderoy

L'Hôtel Coeurderoy est un hôtel particulier de Dijon, sis Rue Vannerie, dans le secteur sauvegardé de la ville. Il fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques depuis 1950[1].

Hôtel Coeurderoy de Dijon

Hôtel Coeurderoy
Type Hôtel particulier
Fin construction XVIIIe siècle
Propriétaire actuel Privé
Protection  Inscrit MH (1950)
 Patrimoine mondial (2015, Climats du vignoble de Bourgogne)
Coordonnées 47° 19′ 27″ nord, 5° 02′ 45″ est
Pays France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Côte-d'Or
Commune Dijon
Géolocalisation sur la carte : Bourgogne
Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : Dijon

Histoire

Au XVe siècle, un hôtel est construit sur le site par Jehan de Mazilles, écuyer, capitaine-châtelain de Saulx et de Salives pour la famille de Saulx, puis, en outre, conseiller, panetier et échanson du duc Philippe le Bon, gruyer de Bourgogne aux bailliages de Dijon, d'Auxois et de Montagne, et sire de Marey.

Il en subsiste le cellier à voûte d'ogive de style gothique flamboyant.

au début du XVIe siècle, à la mort du dernier Mazilles, la famille de Saulx-Tavannes, rachètent l'hôtel et le conserve jusqu'en 1693, date à laquelle Gabrielle Joubert de Barrault, veuve de Noël de Saulx, marquis de Tavannes, le vend à un familier, Étienne Cœurderoy, président du parlement de Bourgogne.

En 1773, son fils, François (1700-1781), président aux Requêtes, vend l'hôtel à Jean Pérard, conseiller au parlement de Bourgogne. Mort sans hoirs, en 1781, l'hôtel passe à sa sœur Henriette Madeleine Pérard, qui, de retour de Fribourg[Laquelle ?] où elle avait émigré avec sa famille lors de la Terreur, le transmet à ses filles.

L'aînée décédant prématurément, l'hôtel revient intégralement à sa cadette, Clothilde Charpy de Jugny, puis à ses descendants, les comtes du Parc, qui le conservent jusqu'au milieu du XXe siècle[2].

L'hôtel, aujourd'hui géré par une société civile immobilière, fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques depuis 1950[1].

Architecture

L'hôtel qui s'offre aujourd'hui à nos yeux est celui du XVIIe siècle.

Il s'organise en U, autour d'une cour fermée par une imposante porte à pilastres à refends et claveaux de pierre.

Elle est surmontée d'une corniche munie d'un larmier et de cimaise, et comporte, en son centre, une agrafe sculptée avec des impostes en bois ornées de feuillages.

Le logis est construit sur trois étages, dont les ouvertures simples, sont pour celles de l'aile gauche, munies de grilles en fer forgé, et pour celles de la toiture, de frontons cintrés et triangulaires.

Le parc, cerné par le rempart Tivoli, dans lequel se trouvent plusieurs niches, est orné d'un escalier en forme de fer à cheval[2].

Liste des propriétaires

Les Cœurderoy

Bien que le nom soit connu dans la région dès le quatorzième siècle, la branche qui a laissé son nom à l'hôtel particulier semble bien venir de Normandie. On lit en effet sur la dalle funéraire de Pierre Cœurderoy, premier aïeul connue d'Etienne (conservée dans l'église paroissiale de Moutiers-Saint-Jean) qu'il était originaire de Rouen:

"Ci-gist très noble home maistre Pierre Coeurderoy iadix ecuyer yeur de Rovan lieutenant au baillage de Montiers Sainct Jehan qui deceda le dixieme jour d'octobre 1569 apres avoir vescu fort vertueusement. Prions Dieu pour luy"[3]. Il s'agit bien de la ville de Rouen, archidiocèse primat de Normandie.

Dans sa longue lignée de magistrats, cette famille compte notamment Michel Joseph de Cœurderoy, marquis d'Aulnois, conseiller au parlement de Bourgogne puis premier président de la cour souveraine de Lorraine.

Elle s’éteignit avec Claudine de Cœurderoy dont voici l'épitaphe qu'on peut lire sur une dalle funéraire de l'église Moutier-Saint-Jean.

"Ici repose très noble demoiselle Claudine de Cœurderoy. La solidité de sa religion éclatait par la perfection de ses bonnes œuvres; les larmes de ses amis attestent la bonté de son cœur, celles des pauvres, une infatigable charité; les chastes pensées de son âme s'exprimaient par un langage angélique et pur. Issue d'une famille recommandable dont la descendance mâle est éteinte, sa conduite retraçait la vertu et les mœurs sans tâche de l'antique magistrature aimée, respectée et regrettée de tous. Elle Mourut à Moutier-Saint-Jean le âgée de soixante-dix-neuf ans. Requiescat in pace".

En amont de l'émigration bourguignonne, une branche normande des Cœurderoy subsiste toujours.

Galerie

Armoiries de la famille Cœurderoy

Notes et références

  1. « Hôtel Coeurderoy », notice no PA00112292, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Hôtel Coeurderoy, sur le site Archipicture
  3. Vittenet, A, De Saint Jean de Reome (Ve siecle): a la Bienheureuse Catherine Laboure (XIXe siecle) ou Esquisse d'une Histoire de Moutier et lieux voisins.
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