Henry Van de Velde

Henry Clement Van de Velde est un peintre, architecte, décorateur d'intérieur et enseignant belge, né le à Anvers (Belgique) et mort le à Oberägeri (Suisse)[1].

Pour les articles homonymes, voir Van de Velde.
Henry Van de Velde
Nicola Perscheid, Portrait d´Henry Van de Velde (1904),
Museum für Kunst und Gewerbe Hamburg.
Naissance
Décès
Nom dans la langue maternelle
Henry Clemens Van de Velde
Nationalité
Activité
Formation
Mouvement
Conjointe
Maria van de Velde (d)
Œuvres principales

Dès la fin du XIXe siècle, il est avec Victor Horta et Paul Hankar l'un des fondateurs de l'Art nouveau en Belgique et, plus généralement, est considéré comme l'un des acteurs majeurs du mouvement moderniste belge. Dans les premières années du XXe siècle, il joue un rôle déterminant dans le domaine de l'architecture et des arts décoratifs, en Allemagne essentiellement.

Biographie

En 1896, il est remarqué comme un précurseur de l'Art nouveau lors de l'exposition de Dresde et est invité à donner une série de conférences sur les fondements théoriques de ce courant dans les salons de Cornelia Richter à Berlin[2]. Lecteur enthousiaste de Nietzsche, il est engagé en 1901 par Elisabeth Förster-Nietzsche pour modifier la villa Silberblick à Weimar, dédiée à mettre en valeur les archives de Nietzsche. À cette fin, il développe le concept de « transcription ornementale » ou art programmatique appliqué à l'architecture, à l'ameublement et à la maquette des livres[3].

Après sa démission de l'Institut des arts décoratifs et industriels de Weimar, qu'il a fondé en 1901 à l'instigation d'Elisabeth Förster-Nietzsche[4] puis dirigé jusqu'en 1914, Henry Van de Velde fonde à Bruxelles, en 1926, l’Institut supérieur des arts décoratifs, plus connu sous le nom de La Cambre. Il en assume la direction jusqu'en 1936. Lui succéderont notamment le poète et dramaturge Herman Teirlinck (1936-1950), l’architecte Léon Stynen (1950-1964) et l’historien de l’art Robert-Louis Delevoy (1965-79).

Ce dernier résume ainsi l'apport caractéristique de cet établissement : « Au-delà des disciplines, au-delà des noms, au-delà de l’esprit du temps — car La Cambre aura été, dès l’origine, le reflet des grands courants de pensée et de création de son temps — c’est une attitude, un mode de fonctionnement qui caractérisent l’école : le grand brassage, le grand remue-ménage, les passages sous niveau et la vigueur des idéologies, la rigueur de la pensée, l’exigence de cohérence, la dimension du rêve et… tous les avatars de l’imaginaire[5]. »

Pour le journaliste Jean-Pierre Stroobants, « Adversaire de l'ornement excessif, Van de Velde ne fut pas le plus aimé des créateurs de son époque. L'œuvre qu'il a laissée indique combien l'histoire fut injuste avec lui[6] ».

Ventes publiques et expositions

Villa Esche à Chemnitz.
Tour des livres à Gand.
Plaque à Henry Van de Velde à La Cambre.

Le , une vente publique à la Salle de vente des Beaux-arts à Bruxelles voit l’adjudication d’une théière de Van de Velde pour un montant de 170 000 , soit onze fois le prix de départ. Il s’agit d’une théière avec brasero, pourvue d’une anse en bois, reposant sur une base ovale et réalisée en cuivre argenté[7].

En juin 2005, le musée du Cinquantenaire de Bruxelles prend part à la commémoration des 175 ans de la Belgique en organisant l'exposition « Art Nouveau et Design ». Des œuvres de Van de Velde y sont exposées parmi celles de Victor Horta, Paul Hankar, Philippe Wolfers et Gustave Serrurier-Bovy[8].

Du 13 septembre 2013 au 12 janvier 2014, l'exposition « Henry Van de Velde, Passion-Fonction-Beauté », à nouveau organisée par le musée du Cinquantenaire, cette fois à l'occasion du 150e anniversaire de la naissance de l'artiste, propose un ensemble de plus de 500 objets  meubles, peintures, reliures, céramiques, bijoux, pièces d’orfèvrerie, ...  qui reflètent les divers domaines auxquels il s'est consacré. Exposition majeure, elle est la plus grande rétrospective qui lui ait jamais été consacrée[9].

Œuvre

Architecture

Sigles

  • monogramme de la SNCB[13], utilisé de 1930 à nos jours

Ameublement

  • vers 1897 : écritoire de dame[14], au Musée d'Orsay à Paris.
  • sièges, appliques, quincaillerie et autres aménagements intérieurs du matériel voyageurs de la SNCB mis au point durant les années 1930 (voitures I1, K1, AM 1935...).

Peintures

Reconnaissance

L' œuvre architecturale d'Henry Van de Velde en Belgique est reprise depuis 2008 sur la liste indicative du patrimoine mondial de l'UNESCO sous le n° 5356[15].

Publications

  • Geschichte meines Lebens, édité et traduit de l'allemand par Hans Curjel, Munich, 1962.
  • Récit de ma vie, Bruxelles et Paris, édité par Anne Van Loo, 1992-1995 (ISBN 2-08-010907-3 et 2-08-010908-1).
  • Les mémoires inachevés d'un artiste européen. Édition critique, 2 vol., Bruxelles, Léon Ploegaerts, 1999.

Galerie

Notes et références

  1. « Henry van de Velde », sur Encyclopedia Britannica (consulté le 3 avril 2016)
  2. Fischer, p. 43.
  3. Fischer, p. 43-44.
  4. Roland Jaccard, « La sœur abusive de Zarathoustra », Le Monde des livres, 6 octobre 1978
  5. École Nationale Supérieure des Arts Visuels de La Cambre, Histoire de l'école.
  6. Van de Velde rentre en Belgique, Le Monde, 29 novembre 2013.
  7. Une théière de van de Velde est vendue 170k€ à la Salle de Vente des Beaux-Arts à Bruxelles, Kronobase.org.
  8. L'Art nouveau, ou l'ambition de refaire constamment la vie entière, Jean-Pierre Stroobants, Le Monde, 29 juin 2005.
  9. Henry van de Velde – Passion – Fonction – Beauté, Fondation Roi Baudoin, 25 avril 2013.
  10. (de)(en)(fr) Site internet de la « Villa Esche »
  11. Ixelles, maison Wolfers sur le site de la Région de Bruxelles capitale - Inventaire du patrimoine architectural
  12. « Les gares belges d'autrefois. Blankenberge. Guy Demeulder. », sur www.garesbelges.be (consulté le 20 mai 2019)
  13. « Van de Velde, le père du monogramme - Rixke Rail's Archives », sur rixke.tassignon.be (consulté le 20 mai 2019)
  14. Fiche technique et notice sur le site du musée d'Orsay
  15. http://whc.unesco.org/fr/listesindicatives/5356

Voir aussi

Livres et articles

  • (en) Ole W. Fischer, « The Nietzsche-Archive in Weimar: A Retroactive Studiolo of Henry van de Velde », Thresholds, MIT, no 32, , p. 42-46 (lire en ligne)
  • Léon Ploegaerts et Pierre Puttemans, L'œuvre architecturale de Henry van de Velde, Laval, 1987 (ISBN 2763771122) (aperçu en ligne).
  • Abraham Marie Hammacher, Le Monde de Henri Van de Velde, Anvers, édition du fonds Mercator et Paris, librairie Hachette, 1967.
  • Dominique Marechal, « Frank Brangwyn et la galerie L’Art nouveau », in Siegfried Bing & la Belgique / België, bulletin 1, Bruxelles, MRBAB, 2010 [Actes du colloque Siegfried Bing et la Belgique, Bruxelles, MRBAB, 11-12.V.2006], pp. 176-193. [au sujet du papier peint Dahlia].
  • Jean-Pierre Stroobants, « Van de Velde rentre en Belgique », Le Monde, , [article relatif à l'exposition du musée du Cinquantenaire à Bruxelles] (en ligne).

Liens externes

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