Horace Vernet

Horace Vernet, né le à Paris où il est mort le , est un peintre français, membre de l'Institut.

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Horace Vernet
Horace Vernet, Autoportrait (1835),
Saint-Pétersbourg, musée de l'Ermitage.
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
Émile Jean Horace Vernet
Nationalité
Activité
Formation
Maître
Élèves
Mouvement
Mécène
Influencé par
Père
Fratrie
Camille Françoise Joséphine Vernet (d)
Distinctions
Œuvres principales

Biographie

Fils de Carle Vernet, petit-fils de Claude Joseph Vernet et de Jean-Michel Moreau, il suivit les traces de son père dans la peinture militaire dont il fit sa spécialité et où il se révéla un peintre brillant, mais superficiel. On lui doit des scènes de batailles[1], de sport, et des sujets orientaux. Une de ses filles épousa le peintre Paul Delaroche, une autre, Henriette Edmée, fut l'épouse d'Adolphe Yvon.

Il intégra l'atelier du peintre François-André Vincent (1746-1816) à l'École des beaux-arts de Paris.

Peintre déjà célèbre en son temps, il fut directeur de l’Académie de France à Rome de 1829 à 1834. Il prit le premier daguerréotype du port de Marseille en 1839. Enrichi, il acquit en 1855 un domaine au lieu-dit « Les Bormettes », sur le territoire de la commune de La Londe-les-Maures, alors simple faubourg de Hyères, charmé par la beauté du site dont l’eau bleutée et les collines galbées lui rappelaient l’Algérie où il avait auparavant séjourné. Il s’y fit construire un vaste château médiéval composé de différents corps de bâtiments hétéroclites et de style divers.

En , Vernet fit un voyage en Orient en compagnie[2] de son neveu Charles Burton et d'un photographe ami et élève, Frédéric Goupil-Fesquet équipés de matériel produit par Lerebours[3]. Ils avaient été précédés en Egypte de quelques semaines par le franco-canadien Gaspard-Pierre-Gustave Joly de Lotbinière, qu'ils rencontrent en novembre. Les trois hommes rapportèrent leurs daguerréotypes qui donnèrent lieu à un livre, les Excursions daguerriennes publiées sous forme de lithographies par Lerebours en 1842.

« Il était un homme d’esprit, caractère aimable, une nature droite, honnête, loyale, vive et sensée », écrit Sainte-Beuve[4].

Il était le beau-père de Paul Delaroche, son cadet de 8 ans. En 1845, il perd sa fille Louise, alors âgée de 31 ans. Sa douleur lui inspirera son œuvre L'ange de la Mort.

À l’Exposition universelle de Paris de 1855, il occupa comme Ingres une salle entière et reçut la médaille d’honneur, ce qui le plaça en tête des peintres de son époque. Le peintre anglais Edwin Henry Landseer dit de lui : « Les tableaux de Vernet l’emportent sur ceux de tous ses rivaux car ils ne procèdent que de lui-même… » Au mois de décembre 1862, Napoléon III, apprenant la grave maladie de l’artiste, lui écrit : « Mon cher Monsieur Horace Vernet, je vous envoie la croix de Grand officier de la Légion d'honneur comme au grand peintre d'une grande époque… »[5]. Il est inhumé au cimetière de Montmartre à Paris, section 5.

Allégorie de la Pologne vaincue ou Le Prométhée polonais (pl), vers 1831, Bibliothèque polonaise de Paris[6].

Œuvres

Son œuvre gravé complet est vendu aux enchères en 1861.

Œuvres conservées :

Caricature

Horace Vernet a dessiné une caricature représentant le roi Louis XVIII venant de déféquer, avec à ses pieds un étron, à ses côtés, un personnage s’apprêtant à torcher le royal postérieur. Annoté de la main de l’artiste : Le porte coton du Roi Louis Dixhuit fait par Horace Vernet chez nous le . Le porte-coton était une fonction de laquais et désignait un employé au service des latrines. Ce dessin provenant de la collection du colonel Louis Bro, ami d’Horace Vernet, fut vendu aux enchères à Reims le , no 172 du catalogue où il est reproduit. Il a été offert à l’École nationale supérieure des beaux-arts, par une association[8].

Réception critique

Horace Vernet fut très sévèrement jugé par Charles Baudelaire dans sa critique des salons de 1845 et 1846 : « M. Horace Vernet est un militaire qui fait de la peinture. — Je hais cet art improvisé au roulement du tambour, ces toiles badigeonnées au galop, cette peinture fabriquée à coups de pistolet, comme je hais l'armée, la force armée, et tout ce qui traîne des armes bruyantes dans un lieu pacifique. Cette immense popularité, qui ne durera d'ailleurs pas plus longtemps que la guerre, et qui diminuera à mesure que les peuples se feront d'autres joies, — cette popularité, dis-je, cette vox populi, vox Dei, est pour moi une oppression. » Curiosités esthétiques, Salon de 1846, Paris, Michel Lévy, 1868, p. 159.

En revanche, il était grandement défendu par Théophile Gautier[9].

Galerie

Distinctions et hommages

Statue d'Horace Vernet par Eugène André Oudiné, façade de l'Hôtel de ville de Paris.

Élèves

Horace Vernet dans la littérature

  • Horace Vernet se retrouve transformé en personnage de fiction en 1887 lorsque Sir Arthur Conan Doyle, créant Sherlock Holmes, fait de son héros le petit-neveu du peintre. En effet dans L'interprète Grec de Sir Arthur Conan Doyle, Sherlock Holmes explique que sa grand-mère était la sœur du peintre Vernet.

Notes et références

  1. dont certaines figurent dans la Galerie des Batailles du château de Versailles.
  2. « Les sources françaises de l’histoire des premiers pas du daguerréotype en Egypte (1839) et à Malte (1840) »
  3. (en) Michèle Hannoosch, « Horace Vernet’s ‘Orient’: photography and the Eastern Mediterranean in 1839, a daguerrean excursion », The Burlington magazine, , p. 264-271 (lire en ligne)
  4. Sainte-Beuve, Causeries du lundi
  5. Ch. Lahure, Histoire populaire contemporaine de la France, Hachette, Paris, 1866, t. IV, p. 413.
  6. Jacques Foucart, « Enrichissements de la Bibliothèque Polonaise de Paris et célébration d’un chef d’œuvre allégorique de Horace Vernet », in La Tribune de l'Art, 21 septembre 2013.
  7. François Pouillon, La peinture monumentale en Algérie : un art pédagogique, Cahiers d'études africaines, Volume 36, n°141-142, p. 185, 1996
  8. Bibliographie, Revue du Louvre, 2006-4, p. 96.
  9. La promenade du critique influent - Anthologie de la critique d'art en France, 1850-1900", page 117
  10. Le Club Histoire

Annexes

Horace Vernet à la fin de sa vie, photographie d'Adrien Tournachon, 1858.

Bibliographie

  • Catalogue de l'exposition Horace Vernet (1789-1863) , Rome, Académie de France à Rome, Paris, École nationale supérieure des Beaux-Arts, mars-,
  • Lynne Thornton, Les Orientalistes Peintres voyageurs, ACR Édition Poche Couleur, Courbevoie, 1994, (ISBN 9782867700606).
  • Pierre Sanchez, Horace Vernet dessinateur lithographe 1816-1838 - Catalogue raisonné de l'œuvre lithographié, Dijon, L'Echelle de Jacob, 2016. (ISBN 9782359680737). Tirage limité à 100 exemplaires, tous numérotés. Toutes les lithographies d'H. Vernet sont décrites et reproduites dans cet ouvrage.

Iconographie

Liens externes

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