Impôt linguistique

L'impôt linguistique est une idée de taxe compensatoire proposée pour compenser l'avantage économique des pays avec une langue répandue, qu'ils reçoivent grâce à l'enseignement de leur langue dans l'étranger, et en économisant sur les propres frais d'enseignement.

Contexte

Les pays dont la langue n'est pas utilisée à l'échelle internationale doivent investir des sommes considérables pour enseigner des langues étrangères à leurs citoyens. S'ils veluent vendre leurs biens à l'étranger, ils doivent utiliser d'autres langues. S'ils veulent créer des relations culturelles ou des relations scientifiques ou des relations politiques, ils doivent utiliser des langues étrangères. Mais ceux dont les langues sont largement utilisées à l'étranger ne doivent pas investir autant d'argent dans l'enseignement des langues étrangères et n'ont pas besoin d'utiliser d'autres langues pour les échanges scientifiques, politiques ou culturels. Si leurs langues sont parlées dans le monde entier, ils peuvent attirer des scientifiques, des étudiants et des touristes. Ils acquièrent de grands avantages avec la force de leurs langues[1].

Economie linguistique

L'assiette d'un tel impôt pourrait être le nombre d'élèves qui apprennent la langue en question.

Actuellement, un tel impôt n'existe pas. Il a été proposé par des économistes comme François Grin[2] et Philippe Van Parijs[3]. En comparant la France et le Royaume-Uni, Grin a calculé pour le dernier un avantage annuel d'environ six milliards d'euros à cause de la position hégémonique de sa langue. Roger Bowers, vice-directeur du British Council, a déclaré que « l'or vrai de la Grande-Bretagne n'est pas le pétrole de la mer du Nord mais la langue anglaise[4] »

Critique

Aurélien Portuese, juriste anglais, a critiqué l'idée d'un impôt linguistique pour imposition de l'anglais pour l'impossibilité de sa mise en place et pour son inefficacité. Par l'application du théorème de Coase[5] au multilinguisme européen[6], une solution à la fois Pareto-optimale et réaliste est atteinte[7].

Bibliographie

(en) Philippe Van Parijs, Linguistic Justice, Politics, Philosophy & Economics, 1:1, 59-74 (2002) lire en ligne ou dans Language Rights and Political Theory, Will Kymlicka et A. Patten eds., Oxford University Press, 2003, 153–168.

(en) Fidrmuc, Jan; Ginsburgh, Victor (2007). “Languages in the European Union: The quest for equality and its cost”. European Economic Review 51, p. 1351–1369.

Voir aussi

Equité linguistique

Politique linguistique

Ethique linguistique

Impérialisme linguistique

Rapport Grin

Liens externes

L'enseignement des langues étrangères comme politique publique (le "Rapport Grin", 2005)

(en) Europe's three language problems (Van Parijs)

L’impôt linguistique au service de nos banlieues

Références

  1. Humphrey Tonkin, Language equality in international relations, 2004, University of Hartford.
  2. François Grin, L'enseignement des langues étrangères comme politique publique
  3. Philippe Van Parijs, Europe's three language problems
  4. The Times, 24 octobre 1989, p. 14
  5. Adaptation des travaux de Parisi et du prix Nobel Ronald Coase.
  6. (en) Portuese, Aurélien, Law and Economics of the European Multilingualism (le 28 juillet 2009). European Journal of Law and Economics, 2010, SSRN.
  7. http://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=1517424
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