Institut dentaire George-Eastman (Paris)

L'Institut dentaire George-Eastman est un centre médical de soins dentaires situé au no 11, rue George-Eastman dans le 13e arrondissement de Paris, le long du parc de Choisy.

Pour l’article homonyme, voir Institut dentaire George Eastman (Bruxelles).
L'institut vu depuis le parc de Choisy.

Historique

Fondation

L'établissement a été créé au milieu des années 1930 sous le nom de Fondation George-Eastman en vue de surveiller l'hygiène dentaire des enfants parisiens, à partir d'une donation de l'industriel américain George Eastman, inventeur de la pellicule photographique et fondateur de Kodak. Le bâtiment en briques rouges à ossature métallique, conçu par l'architecte Édouard Crevel, architecte en chef de la préfecture de la Seine, est inauguré le .

Seconde Guerre mondiale et Libération

Pendant la Seconde Guerre mondiale et l’Occupation de Paris, il sert d'hôpital militaire pour les soldats allemands. Lors de la Libération de Paris, ce bâtiment est tenu par des FTP, souvent des résistants de la dernière heure (baptisé ironiquement FFS pour « Forces françaises de septembre »[1]) avec à leur tête le capitaine Bernard (René Sentuc) nommé par le colonel Fabien. Le bâtiment sert officiellement, lors de l'Épuration, de centre de répression contre les collaborateurs, mais devient officieusement un centre clandestin de séquestration et d'exécution, où plus de deux cents personnes (comme Jean-Pierre Abel et Madeleine Goa) sont incarcérées et torturées, souvent sur simple dénonciation, entre le et le [1] . Arrêtée par erreur, Madeleine Goa est fusillée dans l'enceinte de l'institut et son corps criblé de balles sera retrouvé abandonné dans la rue par la police ; et son mari fut jeté sous un char de la colonne Leclerc. Après enquête, il s'avère qu'ils avaient protégé des résistants et caché des Juifs. Trente-huit personnes détenues dans l'institut sont exécutées sur les bords de la Seine et leurs cadavres sont par la suite repêchés[2],[3].

Après guerre

Après la guerre, le bâtiment retrouve sa vocation et abrite un centre bucco-dentaire municipal et depuis 1991 deux laboratoires de la mairie de Paris (laboratoire d'hygiène de la ville de Paris et laboratoire d'étude des particules inhalées). Carlo Sarrabezolles en a conçu les décorations intérieures (cinq médaillons de bronze représentant l'enfant dans ses activités vitales : le sommeil, le repas, le jeu, l'étude et la musique) et extérieure (deux grands médaillons allégoriques, dont l'un représente l'Amérique offrant l'Institut dentaire à la France)[4].

Notes et références

  1. Nicolas Jacquard, « Les purges aveugles de la Libération », Le Parisien, (lire en ligne).
  2. Jean-Marc Berlière et Franck Liaigre, Ainsi finissent les salauds : Séquestrations et exécutions clandestines dans Paris libéré, Robert Laffont, (ISBN 978-2-221-11158-1), p. ???[réf. nécessaire].
  3. Dominique Richard, « Une balle dans la tête et une corde de soie au cou », Sud Ouest, (lire en ligne).
  4. Brochure de la Mairie de Paris sur la Fondation George-Eastman.

Articles connexes

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