Jean-François Berruyer

Jean François Berruyer, né le à Lyon[1] et mort le à Paris, est un général de division de la Révolution française.

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Jean-François Berruyer

Portrait de Berruyer par Jules Varnier, 1841.
Musée de l'Armée, Paris.

Naissance
Lyon
Décès  63 ans)
Paris
Origine Français
Allégeance Royaume de France
 Royaume de France
 République française
Arme Infanterie
Grade Général de division
Années de service 1753-1804
Conflits Guerre de Sept Ans
Guerres de la Révolution
Guerres napoléoniennes
Distinctions Chevalier de la Légion d'honneur
Hommages Nom gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile, 31e colonne.

Biographie

Famille

Originaire d'une famille de négociants honorables, il est le fils cadet de Louis Berruyer, marchand tireur d'or, et d'Anne Bréchet.

Carrière

Il s'enrôle comme volontaire dans le régiment Talaru-Infanterie (devenu plus tard Aumont-infanterie) le . Nommé sergent en 1756, il fait la campagne de Minorque, assiste au siège de Port-Mahon lors de la guerre de Sept Ans [2], et combat avec distinction en Allemagne pendant la guerre de Sept Ans à partir de 1757.

Il participe à la victoire d'Estrée à la bataille d'Hastenbeck le , puis à la capitulation des Anglo-Hollandais à la bataille de Kloster Zeven le , à la défaite de Soubise à la bataille de Rossbach le , à la bataille de Soest en au cours de laquelle il est blessé à sept reprises. L'une de ces blessures est si grave qu'il doit être trépané. Il est alors fait prisonnier. Libéré, il participe le à la victoire de Broglie à la bataille de Bergen, puis à la défaite de Louis Georges Erasme de Contades à la bataille de Minden le .

Il quitte le service le , mais y revient dix-huit mois plus tard, le avec le grade de « cornette » (sous-lieutenant porte drapeau) dans les volontaires de Soubise. Il retourne en Allemagne et y reçoit cinq blessures dans différents affrontements, participe aux batailles de Willingshausen le et de Wilhelmstal. Il se signale dans la retraite de la bataille de Ziegenheim, à la tête d'un détachement de soixante hommes, en arrêtant une colonne ennemie dans un défilé, où il reçut deux coups de sabre et un coup de feu. Il soutient un combat au corps à corps contre le général Bénevel, commandant l'avant-garde prussienne, reçoit quatre blessures de la main de cet officier général, le fait ensuite prisonnier, et mérite par ce nouvel exploit d’être élevé au grade de lieutenant de dragons le . Il est réformé le à la signature de la paix.

Devenu capitaine d'infanterie le , Berruyer fait les campagnes de 1768 et 1769 en Corse. À son retour, il entre aux dragons comme aide-major le , devient capitaine en second de chasseurs au régiment de Jarnac-Dragons le . Il est fait chevalier de Saint-Louis le . Il obtient successivement les grades de major le , lieutenant-colonel le .

À la Révolution, il devient colonel du régiment de Guyenne le alors qu'il est en garnison au Fort Louis du Rhin, colonel-général dans le 1er régiment de carabiniers le , maréchal de camp le . Il est alors muté le à l'armée du Centre. Le , il est promu lieutenant-général puis général en chef le suivant. Lorsque l'armée prussienne, victorieuse en Champagne, se dispose à marcher sur Paris, on confie à Berruyer le commandement des troupes rassemblées sous la capitale et le commandement en chef de l'armée de l'intérieur le . Il se montre digne de cette haute marque de confiance par un patriotisme à toute épreuve, et par la fermeté avec laquelle il réclame du gouvernement l'amélioration du sort de ses compagnons d’armes, qu'on ose laisser dans le plus honteux dénuement.

Le général Berruyer a la charge d'organiser le maintien de l'ordre lors du procès de Louis XVI et surtout le , jour de son exécution. Il est appelé le en Vendée, à Niort comme commandant de l'armée des côtes de La Rochelle. Il s'empare de Chemillé le en battant Charles de Bonchamps, il poursuit les royalistes jusqu'à Beaupréau, avant d'être défait à Cholet le et à Beaupréau le .

Malheureusement, le général Leigonyer, qui, avec une autre division, les a attaqués à la bataille de Vezins, bat en retraite. Dans une lettre à la Convention, Berruyer accuse de ce revers la lâcheté de quelques corps de volontaires, l'inexpérience de ceux qui les commandent, la famine et le dénuement absolu d'une armée obligée de combattre dans les taillis et les marécages. Des députés de Maine-et-Loire l'accusent alors d'avoir laissé prendre toute l'artillerie par sa lenteur et son refus de communiquer ses plans aux commissaires du département.

Berruyer reçoit l'ordre de se rendre aussitôt à Paris le , où la Convention le traduit à sa barre. Une autre accusation vient l'y frapper ; le député Chasles lui reproche sa tenue militaire, comme incompatible avec la simplicité qui doit distinguer les armes d'un républicain. Le député Goupilleau de Montaigu, représentant du peuple en mission à l'armée de l'Ouest, prend alors la défense du général en chef de l'armée de l'Ouest, puis Chaudieu, représentant du peuple près de l'armée de réserve qui se trouve à Angers vers le même temps, adresse à la Convention une lettre dans laquelle il fait justice de la ridicule attaque dont Berruyer a été l'objet, attaque qui, fort heureusement, n'a pas plus de succès que la dénonciation.

« Berruyer, [dit-il, en terminant cette lettre], a des formes trop républicaines pour des hommes qui ne sont pas encore nés à la liberté ; il professe des principes trop austères pour des hommes qui ne se doutent pas qu'on puisse aimer et servir la patrie pour elle-même [...]. Celui qui s'est élevé constamment contre les désorganisateurs, celui qui poursuit avec sévérité tous les genres de brigandages, celui qui veut que le soldat lui obéisse et se batte, doit compter autant d'ennemis qu'il y a de traîtres et de lâches : voilà les crimes de Berruyer et des généraux qui sont sous ses ordres ; nous en avons été les témoins ; et, s'ils sont coupables, nous sommes leurs complices. »

Renvoyé à son poste le , il est suspendu de ses fonctions le 1er juin. Berruyer combat à la prise de Saumur le , y est blessé, et revient à Paris sans emploi. Il est arrêté à Versailles le 1er août sur décision du Comité de salut public, puis remis en liberté le . Ce n'est que le qu'il est relevé de sa suspension et aussitôt mis à la retraite. Face à son insistance et grâce aux recommandations des généraux Kellermann et Menou, il est remis en activité le et le promu à l'armée de l'intérieur.

Lorsque, le 13 vendémiaire an IV (), la Convention appelle autour de son enceinte les troupes du camp des Sablons pour réprimer l'insurrection des royalistes qui ont arboré la bannière des sections, Berruyer a le commandement d'un corps formé spontanément en faveur de l'Assemblée, se distingue dans le combat qu'il livre aux ennemis du gouvernement, y a un cheval tué sous lui, et mérite les éloges de ceux pour lesquels il a combattu.

En récompense, Barras le nomme le , inspecteur général de la cavalerie de l'armée des Alpes et d'Italie. Dans un mémoire du , deux mois après les victoires de Rivoli et de Mantoue, il alerte le Directoire sur l'insigne faiblesse de la cavalerie et propose de profiter de la période de paix à venir (traité de Campo-Formio) pour rétablir la valeur de celle-ci.

Le , il est nommé commandant en chef de l'Hôtel National des Invalides. Il sert ensuite en Suisse en 1798, puis en Italie en 1799. En tant que commandant des Invalides, il joue un rôle important dans les évènements des 18 et 19 brumaire an VIII (9 et ). Il en est récompensé par un "sabre d'honneur" offert par Bonaparte lui-même. Il est promu en tant que général de division dans la nouvelle organisation du .

Après avoir été employé par le gouvernement directorial, Berruyer est nommé gouverneur des Invalides le . Il a été fait Chevalier de la Légion d'honneur par décret le 19 frimaire an XII (), mais ne reçoit jamais cette distinction car il meurt le , peu avant la toute première remise de décoration officielle de la Légion d'honneur qui a lieu le aux Invalides.

Il est inhumé dans le columbarium du caveau des gouverneurs, situé dans l'église Saint-Louis de l'Hôtel des Invalides.

Distinctions

Noms gravés sous l'arc de triomphe de l'Étoile : pilier Ouest, 31e et 32e colonnes.

Voir aussi

Sources

Notes et références

  1. Acte de baptême des archives municipales numérisées de Lyon no 0 de la page 138/201, cote du registre 1GG88. Baptisé le 26 octobre 1741, né "hyer".
  2. vial.jean.free.fr, « Expédition du maréchal de Richelieu contre Minorque en 1756 ».
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