Jean-Nicolas Gendarme

Jean-Nicolas Gendarme, né à Vrigne-aux-Bois le et décédé dans la même ville, le , est un maître de forges français.

Jean-Nicolas Gendarme
Portrait de Jean-Nicolas Gendarme.
Fonction
Maire de Vrigne-aux-Bois (d)
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Activités
Famille
Gendarme
Autres informations
Propriétaire de
Château de la Cassine, forge de Vrigne-aux-Bois, haut-fourneau de Vendresse, maison à Bar, Château de Vrigne-aux-Bois (d), Château du Faucon (d), Château de Flize (d)

Biographie

Fils de Barthélémy Gendarme et de sa seconde épouse Marie-Jeanne Camion, on sait peu de choses sur l'enfance et l'adolescence de Jean-Nicolas seul garçon d'une descendance qui comptait quatre autres filles. Il ne fréquente que l'école primaire. Son niveau d'études lui permettait néanmoins de tenir conversation et d'écrire. Autodidacte, ses connaissances techniques il les a apprises d'abord auprès de son père, un maître ferronnier et négociant de Vrigne-aux-Bois, puis de son gendre du nom d'Hannonet et de son neveu Potoine à qui il doit en grande partie sa réussite. Avec son neveu, J.-B. Potoine, et son gendre, Florent-Louis Evain (père du baron Jules Évain), il a bâti un premier groupe usinier qui dura dix ans (1817 - 1827).

Jean-Nicolas a fait de la vallée de la Meuse et de quelques affluents de Sedan à Revin de cités industrielles à dominante sidérurgique.

Il a accumulé une immense fortune qui témoigne d'un savoir-faire dans la gestion et l'administration de ses affaires : « Gendarme pouvait traverser le département des Ardennes d'Est en Ouest sans passer sur le terrain d'autrui en partant de son fief de Vrigne-aux-Bois ».

Jean-Nicolas Gendarme est mort en 1845, à l'âge de 76 ans. La production de ses « usines de fer » s'élevait à plus de 3 millions de francs (11e rang national). Il a laissé un patrimoine estimé entre 10 et 12 millions de francs qui lui valait le surnom de « marquis de Carabas des Ardennes ». Marié à sa cousine Marie Catherine Camion, il eut trois filles. Il est le grand-père du baron Jules Évain et le beau-père de Pierre Camion, maire de Sedan.

Ce pionnier de la métallurgie ardennaise était le dernier grand maître de forges de l'ancienne sidérurgie ardennaise.

Il a aussi été maire de Vrigne-aux-Bois de 1799 à 1845 et capitaine de la Garde nationale grâce aux impôts qu'il payait.

Jean-Nicolas Gendarme repose dans la Chapelle Évain-Gendarme située derrière le chœur de l'église paroissiale de Vrigne-aux-Bois[1].

Les Procédés

Forge Gendarme à Vrigne-aux-Bois en 2010.

À l'époque, l'eau était la principale force motrice utilisable. Un des grands principes de Jean-Nicolas était d'empêcher ses concurrents de s'installer sur les ruisseaux ardennais en les rachetant.

Entre 1809 et 1826, il achète de nombreux moulins (Vrigne-aux-Bois, Gespunsart, Rumel, Lumes, Maraucourt, Boulzicourt, Poix-Terron, Montigny-sur-Vence, Villers-le-Tilleul, Élan). Il achète tous les bois proches de ses installations (achat de la forêt de Mazarin de 3 500 ha) La possession de vastes superficies boisées lui permet de créer des pénuries à son avantage.

Les innovations techniques

Jean-Nicolas Gendarme innove cependant sur plusieurs points, et témoigne des expériences menées par ce grand maître des forges avec l'aide de ses gendres dans les Ardennes depuis la période impériale. À Vrignes-au-Bois, trois bâtiments sont alignés sous un grand étang fractionné pour fournir à chacun des ateliers une force spécifique : peut-être une application des recherches menées dans le domaine de l'hydraulique par les professeurs de l'école du Génie de Mézières à la fin du XVIIIe siècle.

La forge et la fonderie-laminoir ont été regroupées en seul corps, dans lequel feux et machines ont été répartis rationnellement : l'élément essentiel y était le four à puddler fonctionnant au coke au lieu du charbon de bois traditionnel, une adaptation partielle des méthodes développées en Angleterre dès 1709 et expérimentées au Creusot entre 1782 - 1787.

Les productions

  • Avant 1815 : Fabrication d'armes, de boulets à canons, munitions.
  • Après 1815 : Production de fers à repasser, taques, poteries et croix funéraires.

Principaux achats et constructions

  • 1806, forges des Mazures (Neuves forges) et de deux moulins sur la Faux.
  • 1809, Moulin de Saint-Bâle à Vrigne (La Rabatterie) et un haut fourneau.
  • 1811 - 1812, création de la fonderie Saint Nicolas. Production de boulets pour les armées de Napoléon I.
  • 1813, Bois de la Roche et du moulin du quartier (Vrigne) et fabrication d'un haut fourneau et d'une forge.
  • 1813 - 1826,terrains à Vrigne-aux-Bois, construction d'usines et d'habitations.
  • 1816 - 1820,forêt et du domaine de la Duchesse de Mazarin (dont le château de la Cassine et le haut fourneau de Vendresse)[2].
  • 1818, forges de la Grande Commune (Monthermé).
  • 1820, construction du château de Vrigne.
  • 1821, achat du domaine de Boutancourt (1 château, 2 hauts fourneaux, 3 forges, 1 fonderie, 3 platineries, des étangs, 3 moulins, des maisons).
  • 1823, achat du moulin de Maraucourt, création d'une fenderie et d'un laminoir.
  • 1827, vente des établissements du Nord des Ardennes. Achat du château Le Faucon (Donchery).
  • 1828, achat du château de Flize et du cours d'eau de Boutancourt.
  • 1830, création de l'usine Alger.
  • 1835, création d'une forge à Flize (fours à puddler).
  • 1836 - 1837, achat des bâtiments de la manufacture d'armes de Charleville, de Mohon, de Nouzon, La Cachette et du Moulin Leblanc.
  • 1843, achat du laminoir de Donchery.

Bibliographie

  • Jean Garand, Un notable ardennais : Jean-Nicolas Gendarme (1769-1845), Sopaic, 1988
  • Jean Garand, Jean Nicolas Gendarme (1769-1845): « Le Marquis de Carabas des Ardennes », 1988

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

  1. « Inauguration de la chapelle Evain-Gendarme », sur L'Union presse.fr, (consulté le 3 août 2014)
  2. « Le fourneau du «  marquis de Carabas » », sur L'Union.presse.fr, (consulté le 3 août 2014)
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