John Douglas (marquis de Queensberry)

John Sholto Douglas, 9e marquis de Queensberry (en)[1], né le à Florence et mort le à Londres, est un aristocrate écossais connu pour avoir donné son nom aux « règles du Marquis de Queensberry » qui formèrent la base de la boxe anglaise moderne et pour son rôle dans la « chute » de l'auteur et dramaturge Oscar Wilde qu'il traite de somdomite (sic) et accuse d'homosexualité.

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John Douglas
Le marquis de Queensberry en 1896.
Fonction
Membre de la Chambre des lords
Titres de noblesse
Nobile (en)
Marquess of Queensberry (en)
Biographie
Naissance
Décès
(à 55 ans)
Londres
Nationalité
Formation
Activités
Père
Archibald Douglas (en)
Mère
Fratrie
Lord Francis Douglas
Lord Archibald Douglas (en)
Florence Dixie
Enfants
Alfred Bruce Douglas
Lord Sholto George Douglas (d)
Percy Douglas, 10th Marquess of Queensberry (en)
Francis Douglas, Viscount Drumlanrig (en)
Lady Edith Gertrude Douglas (d)

Biographie

Caricature du marquis de Queensberry dans Vanity Fair (1877).

Né à Florence en 1844, il est le fils aîné d'Archibald William Douglas Viscount Drumlanrig[2], 8e marquis de Queensberry, politicien conservateur et de son épouse Caroline Margaret Clayton, fille du Général Sir William Clayton[3],[4], 5e Baronnet de Harleyford (1786-1866).

Le couple aura au total six enfants :

  • Lady Gertrude Douglas (1843 - 1893) ;
  • John Sholto Douglas, 9th Marquess of Queensberry ( - ) ;
  • Lord Francis William Bouverie Douglas ( - ), décédé dans un accident d'alpinisme lors de la Première ascension du Cervin ;
  • Lord Archibald Edward Douglas ( - ), qui devint prêtre de l'Église catholique[5],[6] ;
  • Lord James Edward Sholto Douglas ( - ), épousa Martha Lucy Hennessy, fille de Frederick Hennessy and Julia Perkins
  • Lady Florence Caroline Douglas ( - 1905), plus connue sous le nom de Lady Florence Dixie, du nom de son époux, voyageuse, correspondante de guerre et militante féministe britannique.

En 1862 sa mère se convertit, ainsi que Florence et son jumeau James, ses deux plus jeunes sœurs et frères, au catholicisme, les amenant vivre pendant deux ans à Paris. Ce voyage amena les tuteurs des enfants à menacer Lady Queensberry de lui retirer la garde de ceux-ci, une possibilité réelle à un moment où les droits des femmes étaient très limitées.

John Sholto fut éduqué au Magdalene College, et à la Cambridge University.

Après une carrière militaire, il quitte la vie militaire avec le rang de Lieutenant attaché à la Royale Navy.

John Douglas, le 9e marquis de Queensberry, est resté célèbre pour sa contribution au noble art de la boxe. Les Règles du Marquis de Queensberry, rédigées en 1865 par John Graham Chambers et publiées en 1867, furent vivement promues par le jeune Queensberry, boxeur amateur enthousiaste, et furent dès lors associées à son nom.

Il devint le représentant de la Pairie d'Écosse durant les années 1872 à 1880.

Scandale Queensberry

En 1891, Oscar Wilde rencontre Lord Alfred Douglas de Queensberry, s'en éprend, commençant ainsi une relation intime. Tous deux menèrent alors une vie débridée en affichant en public leur homosexualité.

Le père d'Alfred, John Douglas, 9e marquis de Queensberry désapprouve cette relation ; Le marquis de Queensberry demanda à Oscar Wilde de s'éloigner de son plus jeune fils et provoque Wilde à plusieurs reprises. Cela entraînera le scandale Queensberry et un procès.

Au début de 1895, il remet au portier du Club Albermarle, l’un des clubs que fréquentait Oscar Wilde, sa carte de visite où il écrit : « For Oscar Wilde posing as Somdomite », « Pour Oscar Wilde, s’affichant comme Somdomite [sic]. » (l'orthographe fautive du mot sodomite créa en anglais le mot somdomite). Wilde assigna Queensberry en justice pour diffamation, une démarche malencontreuse qui amena finalement sa condamnation judiciaire et sa déchéance[7].

Mariages et descendance

John Sholto Douglas épousa le Sibyl Montgomery (décédée le ), fille d'Alfred Montgomery, fils du Colonel Sir Henry Conyngham, 1er baronnet Montgomery et de Sarah Mercer Grove ; et de l'Honorable Fanny Charlotte Wyndham, fille de George Wyndham, 1er baron Leconfield de Leconfield et de Mary Fanny Blunt.

De cette union naissent cinq enfants :

  • Lord Francis Archibald Douglas ( - ), nommé vicomte Drumlanrig et créé 1er baron Lelhead ;
  • Percy Sholto Douglas ( - ), qui devient au décès de son père, 10e marquis de Queensberry ;
  • Alfred Bruce Douglas ( - ), poète, ami d'Oscar Wilde ;
  • Lord Sholto George Douglas ( - ) ;
  • Lady Edith Gertrude Douglas ( - ).

Ils divorcèrent en 1887.

Il épousa en secondes noces, le , Ethel Weeden, fille de Edward Charles Weeden, et divorcèrent l’année suivante en 1894.

Un environnement familial difficile

Plusieurs membres de la famille des marquis de Queensberry souffrirent de désordres mentaux :

  • Il est fort probable que le 8e Marquis de Queensberry, le père de John Douglas, tué dans l'explosion accidentelle de son arme lors d'une chasse au lapin, se soit suicidé[8] ;
  • Son frère, Lord James Douglas, surnommé Jim par son entourage, était profondément attaché à sa jumelle Lady Florence et fut très affecté par son mariage ; En 1885, il essaya d'abuser d'une jeune fille et par la suite devint de plus en plus perturbé, en 1888, il épousa une femme riche Martha Lucy Hennessy, héritière des Cognacs Hennessy, mère d'un garçon de dix ans mais le mariage tourna au désastre[9]. Séparé de sa jumelle Florrie, James sombra dans la dépression[9] et en 1891 se suicida en se tranchant la gorge[6]
  • Le petit-fils de John Sholto Douglas, Raymond Douglas (1902-1964), enfant unique que son fils Lord Alfred Bruce Douglas eut avec la poétesse britannique Olive Custance, passa le plus clair de sa vie dans un hôpital psychiatrique[10].

Publication

The Spirit of the Matterhorn, publié en 1881 - Le Matterhorn est le nom du Cervin en Suisse allemand, montagne dans l'ascension de laquelle son frère perdit la vie.

Notes et références

  1. G.E. Cokayne, The Complete Peerage of England, Scotland, Ireland, Great Britain and the United Kingdom, Extant, Extinct or Dormant, new edition, Al Editions, 1910-1959 ; new edition, 2000, 13 volumes in 14 p., volume X, page 694
  2. Fox-Davies, Arthur Charles, Armorial families : a complete peerage, baronetage, and knightage, and a directory of some gentlemen of coat-armour, and being the first attempt to show which arms in use at the moment are borne by legal authority., Edinburgh, T.C. & E.C. Jack, Grange Publishing Works, , pp. 307–308.
  3. Portraits of Sir William Clayton at the National Portrait Gallery, London
  4. CLAYTON, William Robert (1786-1866), of The Cottage, Great Marlow, Bucks". History of Parliament Online. Retrieved 3 March 2018.
  5. G.E. Cokayne et al., eds., The Complete Peerage of England, Scotland, Ireland, Great Britain and the United Kingdom, Extant, Extinct or Dormant, nouvelle édition, 13 volumes in 14 (1910-1959 ; nouvelle édition, 2000), volume X, p. 694
  6. Lady Florence Dixie sur le site spartacus.schoolnet.co.uk (consulté le 8 mars 2008)
  7. Ellman, Richard, Oscar Wilde (Alfred A. Knopf, 1988, (ISBN 978-0-394-55484-6))
  8. Dorothy Middleton, Florence Caroline, Lady Dixie (1855–1905), Oxford, University Press
  9. (en) Douglas Murray, Bosie : a biography of Lord Alfred Douglas, New York, Hyperion, (lire en ligne)
  10. Fryer, Jonathan, Sheila Colman, nécrologie in The Independent datée du 27 novembre 2001 - disponible sur le site independent.co.uk, consulté le 15 juillet 2008

Liens externes

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