José Antonio Manso de Velasco

José Antonio Manso de Velasco y Sánchez de Samaniego (né en 1688 – mort à Priego de Córdoba le ) est un général et gouverneur colonial espagnol qui servit la Couronne en tant que Gouverneur du Chili puis vice-roi du Pérou.

José Manso de Velasco

Huile de Francisco Mandiola (Bibliothèque nationale du Chili)
Fonctions
Vice-roi du Pérou
Monarque Ferdinand VI
Premier ministre Zenón de Somodevilla, marquis de la Ensenada
Prédécesseur José Antonio de Mendoza
Successeur Manuel de Amat y Juniet
Gouverneur du Chili
Prédécesseur Manuel Silvestre de Salamanca Cano
Successeur Francisco José de Ovando
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Torrecilla en Cameros
Date de décès (à 78 ou 79 ans)
Lieu de décès Priego de Córdoba
Nationalité Espagne
Père Tomás López Marín
Mère María González de Poveda
Enfants Diego Manso de Velasco
Profession Brigadier-général
Religion Catholicisme
Résidence Santiago

Vice-roi du Pérou

Gouverneur du Chili

Statue du gouverneur José Antonio Manso de Velasco à Rancagua.

Manso de Velasco servit comme gouverneur du Chili de à , exercice au cours duquel il s'illustra par la réussite de nombreux projets : son mandat vit la construction du premier marché de Santiago du Chili, le creusement des canaux d'irrigation depuis le Maipo et l'endiguement du Mapocho, la reconstruction de Valdivia (détruite par un tremblement de terre), et l’armistice avec les indiens Mapuche, signé au "Parlement de Tapihue".

En outre, il fonda plusieurs villes du Chili :

Son efficacité et sa loyauté le recommandaient à de plus hautes fonctions, et c'est à juste titre que le roi Ferdinand VI le choisit en 1745 comme vice-roi du Pérou, faisant de lui le premier gouverneur du Chili à recevoir cet honneur.

Portrait d’Antonio Manso de Velasco au Musée Historique National du Chili.

Vice-roi du Pérou

Manso de Velasco devint vice-roi du Pérou sous le règne de Ferdinand VI de la Maison de Bourbon, conservant cet office de 1745 au . Il succédait à José Antonio de Mendoza, 3e marquis de Villagarcía, et eut pour successeur Manuel de Amat y Juniet. Son gouvernement au cours de cette période est essentiellement marqué par le grand séisme de 1746.

Le séisme de Lima

Le , vers 22h30, un séisme meurtrier ravagea Lima et sa région, se soldant par le plus grand nombre de morts pour un tel événement dans la région. Les témoignages divergent quant à la durée de l’événement : entre 3 et 6 minutes. L'intensité de la secousse est estimée, selon les critères actuels, à 10 ou 11 sur l'échelle de Mercalli. Les répliques, qui se comptaient par centaines, se poursuivirent encore deux mois.

À Lima, les ravages étaient immenses. Des 60 000 habitants, 1141 were reported to have died. Seules 25 maisons restèrent debout. À Callao, un tsunami de près de 17 mètres de hauteur balaya les terres jusqu'à 5 kilomètres vers l'intérieur, n'épargnant que 200 victimes sur une population de 5 000 habitants. Le fait que le séisme ait frappé de nuit a probablement contribué à aggraver le bilan.

Conséquence de cette catastrophe, on adapta la technique de construction, en rejetant notamment l'utilisation de briques en terre crue au profit de la quincha, une ossature fait de fascines de roseaux liaisonnées au mortier, qui donne une structure plus flexible, et par là-même davantage résistante aux secousses sismiques.

Le , le nouveau vice-roi ordonnait la fondation de la ville de Bellavista. Le , il inaugurait le chantier de la cathédrale de Lima.

Derniers jours

Photographie de la tombe qui conserve les restes de Manso de Velasco, située dans l'église Saint-Pierre à Priego de Córdoba

Fatigué et âgé, Manso de Velasco sollicita de la Couronne son rappel en Espagne, et obtint l'accord du monarque en 1761. Mais son voyage de retour supposait une étape par le port de La Havane, chef-lieu de la Capitainerie générale de Cuba, et cela au moment même où la colonie était prise sous le feu des Anglais. Les attaquants avaient assiégé le port, et Manso de Velasco, en tant qu'officier de plus haut rang en poste, se retrouva bien malgré lui chef du conseil de guerre. C'est ainsi qu'à l'âge de 74 ans, il eut à organiser la défense de la cité. Or les troupes placées sous ses ordres, peu entraînées et pauvrement équipées, ne pouvaient permettre d'espérer une issue victorieuse ; il fallut rendre les armes après 67 jours de siège.

Photographie du panneau portant le nom de la rue Conde de Superunda à Priego de Córdoba, dédiée au comte homonyme.

Prisonnier des Anglais, il fut finalement remis aux autorités espagnoles de Cadix. En raison de sa position de "chef du conseil de guerre", il fut emprisonné à Madrid et jugé par une cour martiale présidée par le comte d'Aranda. Lui et d'autres chefs accusés furent tenus pour responsables de la honteuse défaite de Cuba par cette cour martiale. [1] Charles III, roi d'Espagne, ratifia les peines le , mettant ainsi fin au processus. Les peines ne furent pas indulgentes, Manso de Velasco fut condamné à 10 ans d’exil à 40 lieues de la Cour, à la saisie de biens et à la responsabilité conjointe de l’indemnisation des Havanais endommagés. [2]

Peu de temps après avoir été informé de la peine prononcée, Manso de Velasco partit pour son exil à Priego de Córdoba, où il arriva la même année. Moins de deux ans plus tard, le , il mourut dans la même ville, où ses restes se trouvent toujours dans l'église Saint-Pierre. [3]

Notes et références

  1. José Martínez Millán, Concepción Camarero Bullón et Marcelo Luzzi Traficante (Chapter written by J. L. Gómez Urdañez), La corte de los Borbones, crisis del modelo cortesano, Ediciones Polifemo, , 1003-1033 p. (ISBN 978-8496813816, lire en ligne), « Víctimas ilustradas del Despotismo. El conde de Superunda, culpable y reo, ante el conde de Aranda »
  2. Carmen Martínez Martín, « Linaje y nobleza del virrey don José Manso de Velasco, conde de Superunda », Revista Complutense de Historia de América, vol. 32, , p. 269-280 (lire en ligne, consulté le 6 avril 2019)
  3. « Abierta la tumba del Conde de Superunda con motivo de la restauración de San Pedro », ADARVE, vol. 372, , p. 16-17 (lire en ligne, consulté le 6 avril 2019)

Sources

  • (es) José Toribio Medina, Diccionario Biográfico Colonial de Chile, Santiago du Chili, Imprenta Elzeviriana, , 1006 p. (lire en ligne), p. 500–502
  • (es) José Pérez García et José Toribio Medina (dir.), Historia Natural, Militar, Civil y Sagrada del Reino de Chile, vol. XXII, Santiago du Chili, Imprenta Elzeviriana, coll. « Coleccion de historiadores de Chile y documentos relativos a la historia nacional », (lire en ligne)

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