Khondaker Mostaq Ahmad

Khondaker Mostaq Ahmad (également épelé Khandakar Mushtaq Ahmed), né en 1918 à Daudkandi, dans le district de Comilla, dans la Présidence du Bengale, aux Indes Britanniques et décédé le , à Dacca, au Bangladesh, était un homme politique bangladais qui a été président du Bangladesh du au , après l'assassinat de Sheikh Mujibur Rahman.

Khondaker Mostaq Ahmad
Fonction
Président du Bangladesh
-
Abu Sadat Mohammad Sayem (en)
Biographie
Naissance
Décès
Nom dans la langue maternelle
খন্দকার মোশতাক আহমেদ
Nationalités
Formation
Activité
Autres informations
Religions
Parti politique

Contexte

Ahmad a obtenu son baccalauréat ès lettres à l'université de Dhaka et s'est engagé en politique en 1942. Il a été l'un des co-secrétaires fondateurs de la East Bengal Awami Muslim League[1].

Carrière politique

Ahmad a été élu membre de l'Assemblée provinciale du Pakistan oriental en 1954 comme candidat du Front uni (Pakistan oriental)[2]. Après la dissolution du Front uni par le gouvernement central du Pakistan, Ahmad a été emprisonné en 1954 avec d'autres dirigeants bengalis[3]. Il a été libéré en 1955 et élu chef du groupe parlementaire du Front uni[1]. Mais avec la promulgation de la loi martiale dans le pays en 1958, il fut arrêté par le régime d'Ayub Khan[4]. Au cours du Mouvement en six points, Ahmad fut à nouveau emprisonné en 1966[2]. Après sa libération, Ahmad a accompagné le cheikh Mujibur Rahman (alors le plus haut dirigeant de la Ligue Awami) à la conférence multipartite organisée par Ayub Khan à Rawalpindi en 1969[5]. Il a été élu membre de l'Assemblée nationale du Pakistan en 1970[2].

Gouvernment du Bangladesh en exil

Au début de la guerre d'indépendance du Bangladesh et de l'arrestation de Mujib, Ahmad et d'autres dirigeants de la Ligue Awami se sont réunis à Meherpur pour former le gouvernement du Bangladesh en exil. Syed Nazrul Islam a servi en tant que président par intérim tandis que Mujib a été déclaré président, Tajuddin Ahmad a servi comme Premier ministre et Ahmad a été nommé ministre des Affaires étrangères[6],[7]. À ce titre, Ahmad devait renforcer le soutien international à la cause de l'indépendance du Bangladesh. Mais son rôle en tant que Ministre des affaires étrangères est devenu controversé car il voulait une solution pacifique, restant au Pakistan conformément à la Charte en six points de son dirigeant, le cheikh Mujib. Zafrullah Chowdhury allègue qu'Ahmad n'a pas agi seul à cet égard et que les dirigeants de la Ligue Awami étaient impliqués[8].

Après la libération, Ahmad a été nommé ministre de l'énergie, de l'irrigation et de la lutte contre les inondations en 1972 dans le cadre du deuxième cabinet du cheikh Mujib. En 1973, il prend en charge le ministère du commerce au sein du troisième cabinet du cheikh Mujib. Il a été membre du comité exécutif de la Bangladesh Krishak Sramik Awami League (BAKSAL) créée en 1975[1].

Président du Bangladesh

Sheikh Mujib et tous les membres de sa famille (à l'exception de deux d'entre eux, ses filles, qui se trouvaient alors en Allemagne de l'Ouest et ont ainsi échappé au carnage) ont été assassinés dans une fusillade orchestrée par un groupe de militaires le [9].

Ahmad a immédiatement pris le contrôle du gouvernement, se proclamant président[10]. Le général de division Ziaur Rahman a été nommé chef d'état-major de l'armée bangladaise, en remplacement de Kazi Mohammed Shafiullah. Il a loué les assassins du cheikh Mujibur Rahman en les appelant Shurjo Shontan (fils du soleil)[11]. Ahmad a également ordonné l'emprisonnement des dirigeants Syed Nazrul Islam, Tajuddin Ahmad, Abul Hasnat Muhammad Kamaruzzaman et Muhammad Mansur Ali. Il a remplacé le slogan national de Joy Bangla par celui de Bangladesh Zindabad et a changé le nom de Bangladesh Betar en « Radio Bangladesh ». Il a proclamé l'Ordonnance de 1975 sur l'immunité, qui accorde l'immunité de poursuites aux assassins de Mujib[1]. Les filles de Mujib, Sheikh Hasina Wazed et Sheikh Rehana, ont été interdites de retour au Bangladesh de l'étranger. Les groupes politiques BAKSAL et pro-Mujib ont été dissous[12].

Le , à l'occasion de ce qu'il est convenu d'appeler tristement le Jail Killing Day[13], les quatre dirigeants emprisonnés, Tajuddin Ahmad, Syed Nazrul Islam, A. H. M. Qamaruzzaman et Muhammad Mansur Ali, qui avaient refusé de coopérer avec Mostaq[14], furent tués à la prison centrale de Dhaka par un groupe de militaires sur ordre du Président Khondaker Mostaq Ahmad[14] ont été tués à l'intérieur de la prison centrale de Dhaka par un groupe d'officiers de l'armée sur instruction du président Khondaker Mostaq Ahmad[15]. Toutefois, Ahmad a été chassé du pouvoir le lors d'un coup d'État dirigé par Khaled Mosharraf et Shafaat Jamil[5].

Références

  1. « Ahmad, Khondakar Mostaq - Banglapedia », sur en.banglapedia.org (consulté le 15 novembre 2019)
  2. (en) « Greatest Leaders of Bangladesh through History. », sur www.arcgis.com (consulté le 15 novembre 2019)
  3. (en) Robert C. Oberst, Yogendra K. Malik, Charles Kennedy et Ashok Kapur, Government and Politics in South Asia, Avalon Publishing, (ISBN 9780813348803, lire en ligne)
  4. Jitendra Mishra, « MILITARY REGIMES IN BANGLADESH AND PAKISTAN : STRATEGIES OF SUSTENANCE AND SURVIVAL », India Quarterly, vol. 37, no 4, , p. 522–546 (ISSN 0974-9284, DOI 10.2307/45071677, lire en ligne, consulté le 15 novembre 2019)
  5. (en-US) PeoplePill, « Khondaker Mostaq Ahmad: Bangladeshi politician who served as the President of Bangladesh from 15 August to 6 November 1975 (1918-1996) - Biography, Life, Family, Career, Facts, Information », sur peoplepill.com (consulté le 15 novembre 2019)
  6. Senior Correspondent et bdnews24.com, « PM pays homage to Bangabandhu to mark Mujibnagar Day », sur bdnews24.com (consulté le 15 novembre 2019)
  7. « Historic Mujibnagar Day being observed », sur Dhaka Tribune, (consulté le 15 novembre 2019)
  8. (en) Zafrullah Chowdhury, « Mujib Bahini didn’t fight liberation war. », New Age, (lire en ligne)
  9. (en) « Bangladesh mourns founder Mujib with heir in jail », Reuters, (lire en ligne, consulté le 15 novembre 2019)
  10. « Muhammad Ali In Bangladesh: 35 Years Ago The Champ Visited A New Nation In Turmoil », sur International Business Times, (consulté le 15 novembre 2019)
  11. « ‘Of course, we killed him ... he had to go’ », sur Dhaka Tribune, (consulté le 15 novembre 2019)
  12. Staff Correspondent et bdnews24.com, « Sheikh Hasina turns 72 on Saturday », sur bdnews24.com (consulté le 15 novembre 2019)
  13. (en) « Hasina extends deadline », The Hindu, (ISSN 0971-751X, lire en ligne, consulté le 15 novembre 2019)
  14. (en) Michael Newton, Famous Assassinations in World History: An Encyclopedia [2 volumes], ABC-CLIO, (ISBN 9781610692861, lire en ligne)
  15. Sukharanjan Dasgupta, Midnight Massacre in Dacca, New Delhi, Vikas, (ISBN 0-7069-0692-6), p. 77–78 :
    « Khondakar also knew that the situation was bound to be grave once Nazrul Islam, Tajuddin Ahmed, Kamaruzzaman and Mansur Ali were released ... Khondakar had had them arrested under various pretexts shortly after Mujib's assassination, and they were still rotting in Dacca Jail. So, Khondakar ... managed to allow the associates of the "killers" [the seven Majors who assassinated Sheikh Mujibur Rahman] inside the jail to brutally kill these four leaders. »
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