Ku Klux Klan

Le Ku Klux Klan, appelé souvent par son sigle KKK ou également le Klan, est une organisation terroriste suprémaciste blanche des États-Unis qui aurait été fondée le . Avec les lois Jim Crow il est un dispositif des états du Sud pour s'opposer par des moyens violents et à l'effectivité de plusieurs amendements : le Treizième amendement de la Constitution des États-Unis du 6 décembre 1865 abolissant l'esclavage, le Quatorzième amendement de la Constitution des États-Unis de 1868, accordant la citoyenneté à toute personne née ou naturalisée aux États-Unis et interdisant toute restriction à ce droit, et le Quinzième amendement de la Constitution des États-Unis, de 1870, garantissant le droit de vote à tous les citoyens des États-Unis et par conséquent aux anciens esclaves[1],[2]. Son influence diminuera au cours des années années 1960 avec la vague du mouvement des droits civiques et l'adoption de différentes lois fédérales comme le Civil Rights Act de 1964, le Voting Rights Act de 1965 et le Civil Rights Act of 1968 (en).

Pour les articles homonymes, voir KKK.
Ne doit pas être confondu avec Capirote.
Ku Klux Klan
Symbole du Ku Klux Klan, souvent cousu sur les costumes des membres du Klan.
Histoire
Fondation

Lewis (en)
Cadre
Type
Organisation terroriste, organisation politique
Pays
Organisation
Idéologie
Site web
(en) www.kkk.bz

Historique

Généralités

Le Ku Klux Klan classé à l'extrême droite sur l'échiquier politique américain, n'a jamais été un parti politique, mais une organisation de maintien des intérêts des "blancs" du Sud, racistes et nostalgiques de l'époque de l'esclavage par la pratique du terrorisme (assassinats, attentats, viols, tortures, incendies des écoles et des églises afro-américaines) pour entraver l'application des droits constitutionnels des Afro-Américains et légitiment leurs violence par les doctrines racistes de certains essayistes et anthropologues du XIXe siècle comme Arthur de Gobineau[3],[4],[5].

Étymologie

Le nom « Ku Klux Klan » vient du grec kuklos, qui signifie cercle[6],[7], et du clan écossais, en référence aux six membres fondateurs de l'organisation, qui ont reçu une bonne éducation (d'où leur connaissance du grec) et ont tous des ancêtres à l'origine de la colonisation écossaise des Amériques, l'un de ces membres John C. Lester ayant proposé de rajouter le mot clan. C'est également l'un des fondateurs, James R. Crowe, qui a l'idée de séparer le nom d'origine Kuklux Clan en deux, ce qui donne Ku Klux (en latin, lux signifie « lumière »), tandis que Lester fait remplacer le C par un K, de manière à uniformiser la première lettre des trois mots[8],[7].

Une hypothèse est que les fondateurs se soient inspirés pour le terme Kuklux, d'une célèbre fraternité de Caroline du Nord, Kuklos Adelphon (en), l'organisation suprémaciste qui est à l'origine un ordre fraternel empruntant ses rites à cette société[9],[10].

Débuts

Plaque commémorant les six fondateurs du Ku Klux Klan, apposée sur le bâtiment du juge Thomas Jones de la ville de Pulaski, en 1917, par les United Daughters of the Confederacy (en), au moment où le film Naissance d'une nation de D. W. Griffith marque la renaissance du KKK.

La création du Ku Klux Klan est une des conséquences de la défaite des troupes confédérées contre les unionistes à la fin de la guerre de Sécession et trouve son terreau pendant la période dite de la Reconstruction où des militaires nostalgiques refusant le nouvel ordre vont se rassembler pour s'organiser. C'est ainsi, que le Ku Klux Klan est fondé par six jeunes officiers sudistes désœuvrés (J. Calvin Jones, Frank O. McCord, Richard R. Reed, John B. Kennedy, John C. Lester, James R. Crowe) dans le bureau du juge Thomas Jones de la ville de Pulaski, dans le Tennessee[11],[12]. La date de fondation, dans la nuit du 24 au [13], demeure largement spéculative en raison des premiers manuscrits du KKK qui paraissent suspects[14].

En 1867, George Gordon rédige le Prescript[15], texte fondateur du premier Klan, avec John Calvin Brown, ainsi que son édition révisée en 1868[16]. Des tentatives sont faites pour créer une structure allant des groupes locaux dans les comtés jusqu'à une organisation nationale. Un questionnaire à soumettre aux nouveaux membres avant admission est conçu, afin de vérifier l'adéquation des idées du candidat avec celles du Klan, en particulier sur la supériorité des droits des Blancs sur ceux des Noirs. Cependant, les structures locales demeurent autonomes, et aucune structure intermédiaire au niveau des États ou des districts n'est mise en place.

L'association s'inspire à l'origine des fraternités d'étudiants, tradition américaine venue d'Europe et en particulier des universités britanniques et allemandes, d'où l'utilisation de termes grecs et d'un rituel parodique des loges maçonniques. Quelques auteurs spécialistes comme Walter Lynwood Fleming et Susan Lawrence Davis ont tenté de tracer un lien entre le Klan et la franc-maçonnerie[17]. En effet, le chef maçonnique Albert Pike aurait occupé un rang élevé au sein du KKK[18],[19].

Par ailleurs, le terme kadosh est emprunté au langage de l'ésotérisme, de l'occultisme des sociétés secrètes[20].

Premier Klan ou « Klan primitif »

Nathan Bedford Forrest, le premier Grand Sorcier du Ku Klux Klan.

Petit à petit, le Ku Klux Klan devient de plus en plus important et cherche à se structurer avec l'aide plus ou moins ouverte de notables civils ou militaires de l'ancienne confédération sudiste. Le Klan va se transformer en une armée secrète de résistance du Sud.

C'est ainsi que Nathan Bedford Forrest, un ancien général de cavalerie de l'armée confédérée, est choisi comme chef et organisateur en 1867[21],[22],[23]. Forrest prend alors le contrôle de l'organisation en proclamant une constitution, qui fixe les buts et le fonctionnement du Ku Klux Klan. Bien que se définissant comme une « institution chevaleresque, humanitaire, miséricordieuse et patriotique », il se fixe comme « but sacré » le « maintien de la suprématie de la race blanche dans cette république », et ce par des méthodes contredisant souvent ces valeurs. Un organigramme est créé, avec à sa tête le premier « Grand Sorcier du Ku Klux Klan »[24]. Ce rôle revient en 1867 à Forrest lui-même qui veut faire du KKK une force influente sur la scène politique.

La victoire des nordistes a plusieurs conséquences : le maintien des ex-États confédérés de 1860 dans l'Union, l'abolition de l'esclavage, l'économie rurale du Sud ruinée. Le Klan s'oppose aux récentes lois qui accordent aux Noirs des droits plus proches de ceux des Blancs qu'auparavant. La volonté de laisser aux habitants du sud une autonomie politique vis-à-vis de l'État fédéral est un levier important dont se sert le Klan. Le Ku Klux Klan souhaite avoir un impact sur le résultat des élections. Il va influer par toutes sortes de moyens : intimidation, chantage et corruption pour imposer ses candidats au sein du parti démocrate, puis pour faire triompher ceux-ci aux élections pour les institutions des États sécessionnistes. Par exemple, dans le comté de Columbia, à l'élection d', 1 222 personnes votèrent pour le candidat républicain au poste de gouverneur de Géorgie, mais seulement une seule pour le candidat Ulysses S. Grant à l'élection présidentielle de novembre.

Dessin paru dans le Harper's Magazine d' critiquant l'alliance de la White League et du Ku Klux Klan contre la reconstruction du Sud.

Pour cela, Forrest va sillonner le pays pour y tenir des réunions. Chacune de ses apparitions sera suivie d'une vague de violence contre les Noirs. Les membres du KKK font irruption dans leurs maisons pour les fouetter ou les assassiner en les pendant aux arbres. Certaines femmes enceintes sont éventrées et des hommes castrés. Les Blancs qui côtoient ou instruisent les Noirs sont également visés par le Ku Klux Klan ainsi que les carpetbaggers[25]. Il est décompté un minimum de 3 500 assassinats commis par le KKK entre 1865 et 1900[26] (le nombre exact est inconnu car souvent les autorités ont classé sans suite les affaires).

Anticipant une réaction officielle bien que tardive des autorités de Washington et dépassé par l'ampleur de sa création, Forrest dissout officiellement le Klan en 1869 qui devient l'« empire invisible des Chevaliers du Ku Klux Klan » selon sa dénomination interne[27].

À la suite de l'assassinat le , du sénateur républicain John W. Stephens en plein tribunal et à la violence croissante des klanistes, le gouvernement fédéral réagit officiellement contre cette organisation terroriste. Aussi le , la loi Ku Klux (The Klan Act) est votée au Congrès des États-Unis pour abolir le Ku Klux Klan[25]. Le Président des États-Unis de l'époque, le général Ulysses S. Grant, instigateur de la loi Ku Klux, déclare la loi martiale dans 9 comtés de Caroline du Sud[28]. Plusieurs milliers de membres du KKK sont arrêtés. La plupart sont libérés, faute de preuves. Mais le Ku Klux Klan en tant qu'organisation active disparaît rapidement. Il est officiellement interdit en 1877[29].

La plupart des institutions des anciens États confédérés sont alors déjà repassées sous le contrôle des sudistes. Le principe de la ségrégation raciale s'est imposé, y compris dans les États du Nord, confrontés à une émigration importante des anciens esclaves, désormais sans travail, vers les grands centres industriels.

D'autres organisations comme la White League ou Shot Gun (en) furent alors créées par d'anciens membres du Klan. Elles continuèrent de mener des campagnes de lynchage et de terreur, mais elles n'eurent pas l'importance et l'influence du Ku Klux Klan original.

Second Ku Klux Klan ou « Klan moderne »

William J. Simmons, fondateur du second Ku Klux Klan.
Une cérémonie du Ku Klux Klan en 1922, avec ses Klansmen revêtus de leurs longues robes blanches et de leurs capirotes, dressant des croix enflammées.

C'est le livre The Clansman (L'Homme du Clan) de Thomas F. Dixon Jr. paru en 1906, mais surtout son adaptation au cinéma par D. W. Griffith dans son film The Birth of a Nation (Naissance d'une nation) sortie en 1915, qui marque la renaissance du KKK. Celle-ci est principalement l'œuvre de William Joseph Simmons[30],[31]. Ce dernier se sert de la popularité du film et de son parti pris pour le Klan et les sudistes pour réunir quelques personnes et relancer le Klan. Il inaugurera la renaissance du Klan au sommet de la Stone Mountain, en Géorgie.

À cette époque et alors qu'ils s'engagent dans la Première Guerre mondiale sous la direction d'un président progressiste, Woodrow Wilson, mais sudiste et partisan de la reconnaissance de la libre détermination des peuples par le droit public international (thèse qui justifie la sécession a posteriori et condamne ainsi paradoxalement Abraham Lincoln et invalide l'arrêt de la Cour suprême sur la perpétuité de l'Union), les Américains blancs de tous les États ont la sensation pour la première fois de constituer une véritable nation centrée autour des valeurs des pères fondateurs : autodétermination, liberté d'entreprise, individualisme et respect absolu de la propriété.

Le second Ku Klux Klan sera donc très différent du premier, bien qu'il combatte également aussi pour la « suprématie de la race blanche ». Mais comme les Blancs ne se sentent plus menacés en ce sens, il rajoute désormais à cette problématique le rejet de la nouvelle immigration non « nord-européenne » et non protestante et la préservation des valeurs qu'il considère comme celles que les Pères fondateurs ont incarnées. Le nouveau Ku Klux Klan n'est plus uniquement une organisation née de la défaite sudiste : il est désormais parfaitement légal, ouvert à tous les Américains blancs, protestants et conservateurs ; il parvient à transcender les anciens clivages partisans et régionalistes et cherche à rassembler tous les Américains « authentiques » qui voient comme des influences permissives endogènes ou venues de l'étranger les nouvelles tendances de la société (communisme, syndicalisme révolutionnaire, socialisme, féminisme, athéisme, catholicisme, crime organisé, libéralisation des mœurs…). Certaines (rares) personnalités religieuses lui apportent une caution voire un soutien actif, comme la méthodiste Alma Bridwell White, par ailleurs première femme évêque aux États-Unis.

Discrètement patronné par Woodrow Wilson, puis par ses successeurs, le mouvement prend une ampleur considérable en quelques années et ne concerne plus uniquement le Vieux Sud. Il apparait comme une fraternité de masse, et en être membre est considéré comme une marque de patriotisme. Au milieu des années 1920, les membres du second Ku Klux Klan sont estimés à 3 millions alors qu'ils seraient environs 8 millions[32]. Rapidement, il devient une force politique influente avec laquelle les hommes politiques doivent compter. Le quartier général du second Ku Klux Klan s'installe à Washington. Plusieurs parades gigantesques sont même organisées dans la capitale.

Ses membres continuent de pourchasser les Noirs, les immigrants, les catholiques, les Juifs et tous ceux qui les côtoient et qui les aident. Certains sont marqués au fer des trois lettres du Ku Klux Klan, d'autres sont badigeonnés de goudron bouillant puis couverts de plumes tels des poulets et les campagnes de lynchage aux branches des arbres se poursuivent. Toutes ces actions violentes font perdre le soutien de certains responsables politiques. La Louisiane, sous l'impulsion du gouverneur Fuqua, vote une loi interdisant de se masquer le visage en dehors de certaines fêtes, comme le Mardi gras. D'autres États vont suivre l'action de la Louisiane. Le président Warren G. Harding agit contre les lynchages en autorisant le FBI à intervenir. Le Ku Klux Klan est officiellement interdit en 1928[29].

Membres du Ku Klux Klan défilant sur Pennsylvania Avenue à Washington DC en 1928.

Par ailleurs, un certain nombre d'affaires criminelles révèlent la corruption des dirigeants, petits ou grands, d'une organisation qui forte de son ancrage territorial se comporte comme la mafia des Wasp. Toutes ces raisons ainsi que la crise de 1929 affaiblissent l'organisation qui n'en contrôle pas moins un certain nombre de voix nécessaires à l'obtention de l'investiture démocrate. La même année fut créée une Commission des activités antiaméricaines de la Chambre des Représentants, afin de lutter contre le Klu Klux Klan.

Une section féminine existe même dans le Ku Klux Klan durant les années 1910-1920, le WKKK[33].

Des membres du Ku Klux Klan s'associent dans les années 1920 et 1930 à des milices patronales pour réprimer des grèves et agresser des syndicalistes[34].

Des dissensions au sein du Klan éclatent à l'approche de la guerre. La montée du nazisme en Allemagne attire la sympathie de certains membres. Quelques liens seront même créés, mais tout s'effondre après l'attaque de Pearl Harbor par l'aviation japonaise. De nombreux membres du Klan s'engagent pour partir en guerre contre le Japon. L'Allemagne nazie, alliée du Japon, est désignée comme un ennemi, les liens qu'ont tissés certains membres se brisent.

Le choix de Harry S. Truman, comme vice-président par Franklin Roosevelt en 1944 a souvent été interprété comme un appel du pied aux électeurs du sud. Bien que démocrate conservateur, Truman a cependant toujours été l'un des plus fermes soutiens de la politique sociale de Roosevelt en tant que représentant du Missouri, très fortement affecté par la crise économique. Il a même permis aux Afro-Américains de devenir officiers dans l'armée au cours de son deuxième mandat[35].

Le second Ku Klux Klan disparaît officiellement en 1944 après sa mise en liquidation judiciaire par Evans à la suite d'impôts impayés depuis 1920 qui s'élèvent à 685 000 dollars et réclamés par le Service des contributions directes.

Le troisième Ku Klux Klan, l'éclatement en groupuscules

Après la Seconde Guerre mondiale, de nombreuses personnes tenteront de faire renaître une troisième fois le Ku Klux Klan[36],[37]. Il arrivera de temps à autre un regain d'activité de certains groupuscules lors d'événements tels que la loi contre la ségrégation dans les années 1950 et 1960. Certains groupes s'essaieront même à l'anticommunisme, mais sans succès ; le Ku Klux Klan, tel qu'il était auparavant, n'existe plus. En 1978, on comptait environ 10 000 membres, mais les effectifs sont en forte diminution depuis cette date.

Le Ku Klux Klan est également associé avec d'autres mouvements de l'extrême-droite américaine, tels que Aryan Nations, WASP, The Order, ou Posse Comitatus (en), et canadienne, comme les Orangistes[38].

Le Ku Klux Klan existe aujourd'hui dans de nombreuses organisations toujours actives aux États-Unis (voir manifestation « Unite the Right » de 2017), réparties à travers divers États ou répondant à des doctrines particulières, certaines ne contiennent qu'une dizaine de membres tandis que d'autres en sont de véritables organisations.

Dans les années 1990, on estimait à 3 000 le nombre de membres d'un groupe se référant au Ku Klux Klan, mais un rapport national de l'Anti-Defamation League publié en [39] estime que ce nombre a augmenté depuis 2000. Il compterait actuellement 5 000 à 8 000 membres répartis dans 179 sections, et s'organise avec divers mouvements boneheads (skinheads nazis) dans des actions militantes (organisation de rassemblements, campagnes de recrutement, distributions de tracts et de pamphlets racistes)[40] ou encore la distribution de nourriture et de vêtements pour des Américains blancs démunis. Selon les sections, les objectifs divergent (allant de prôner le pouvoir aux seuls Blancs à une position de « fierté blanche »), certains ambitionnant de créer des forces paramilitaires pour défendre les Blancs face aux immigrants et à l'ultralibéralisme[27].

Au XXIe siècle, elle est surtout une nébuleuse d'organisations plus ou moins formelles et structurées, légales ou clandestines, souvent rivales entre elles. Bien qu'elle demeure un symbole fort, elle n'en est pas moins concurrencée aujourd'hui par des organisations à l'image moins archaïque, comme les groupes néonazis, plus ouvertement révolutionnaires, ou les milices privées d'autodéfense, plus communautaires et communalistes.

Au XXI° siècle, divers membres ou sympathisants du KKK s'illustrent par divers attentats[41] : la fusillade de Charlottesville[42], la fusillade de la synagogue de Pittsburgh[43], le massacre du magasin Walmart à El Paso[44]

Les plus importants groupuscules sont :

  • Bayou Knights of the Ku Klux Klan, agissant au Texas, en Oklahoma, en Louisiane et dans d'autres zones du sud des États-Unis ;
  • Church of the American Knights of the Ku Klux Klan[45] ;
  • Imperial Klans of America (en)[46],[47] ;
  • Knights of the White Camelia[48];
  • Knights of the Ku Klux Klan, fondé par David Duke, dirigé depuis 1989 Thomas Robb qui a le titre de directeur général, et basé à Zinc dans l'Arkansas. Considérée comme la plus grande organisation portant le nom Ku Klux Klan aux États-Unis, elle se considère elle-même comme la « sixième zone du Klan » et continue d'être un groupe raciste[49].

Au Canada

Bien que principalement présent aux États-Unis, le Ku Klux Klan s'est exporté au Canada, notamment en Saskatchewan. Il joue un rôle à la fin des années 1930, mais tout comme aux États-Unis, il devient anecdotique. D'autres organisations protestantes, en particulier l'Association loyale d'Orange du Canada, ont également entretenu des rapports étroits avec le Ku Klux Klan[50],[51],[38].

Culture

Tout un folklore est créé autour du Ku Klux Klan : les membres portent une capuche ou cagoule blanche pointue sur leur tête et une grande robe assortie sur le corps. Leur chevaux sont parfois même déguisés de cette façon. Leurs premières « chevauchées » ont pour but de terroriser les Noirs : ils font croire à ces derniers, alors majoritairement dénués d'instruction et très superstitieux, qu'ils sont les fantômes des soldats confédérés morts au combat et venus se venger. Ces costumes sont copiés des capirotes portés par les processionnaires espagnols. La célébrité du Klan étant devenue très supérieure à celle des processionnaires espagnols, les costumes de ces derniers sont parfois mal perçus.

Grade et hiérarchie

Une hiérarchie et les grades qui vont avec sont établis, avec lors des cérémonies des couleurs de robes différentes :

  • Klansman : simple membre du Ku Klux Klan (robe de couleur blanche traditionnelle)
  • Nighthawk : responsable de la sécurité (robe de couleur noire)
  • Chaplain : prêcheur (robe blanche avec une écharpe rouge)
  • Exalted Cyclops ou Klavern : responsable d'une ville (robe noire avec une écharpe rouge et quatre chevrons rouge sur les manches)
  • Klaliff : assistant des Exalted Cyclops ou leur second (robe de couleur Or)
  • Titan : responsable d'une large zone équivalent à un district (robe blanche et écharpe verte et quatre chevrons vert sur les manches)
  • Kludd : responsable au-delà d'un certain nombre de Klavern (robe blanche et écharpe couleur pourpre et quatre chevrons pourpre sur les manches)
  • Kleagle : directeur des relations publiques et chargé du recrutement des Chaplains et Cyclops (robe de couleur rouge)
  • Grand Dragon : responsable d'un État (équivalent à un gouverneur) (robe de couleur verte)
  • Imperial Wizard ou Grand Wizard : le rang le plus important du Ku Klux Klan (robe de couleur pourpre)[52][source insuffisante]

Analyse socio-historique

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Si l'organisation nationale se dissout volontairement, complètement discréditée après la guerre, mais les structures de base demeurent et elles connaîtront un regain dans les années 1950 lors du développement du mouvement des droits civiques puis déclineront progressivement lors de l'adoption de lois fédérales comme le Civil Rights Act de 1964, le Voting Rights Act de 1965 et le Civil Rights Act of 1968 (en), anéantissant leurs revendications.

Le Klan , même s'il entretient des liens avec des partis fascistes ou nazis, voire collabore avec eux comme pour la tuerie de Greensboro[53], les tendances socialisantes, centralistes et autocratiques de ces mouvements lui seraient même antagonistes par principe. En revanche, il est proche idéologiquement des milices, comités de vigilance, groupes anti-fédéralistes, anti-fiscalistes ou conspirationnistes.

Il est devenue une nébuleuse composée d'une multitude de cellules presque indépendantes les unes des autres, surtout depuis que les offensives du FBI dans les années 1960-1970 les ont démantelées. Elles ont été refoulées à la marge de la vie politique, poussées à la discrétion, le cloisonnement, la mise en sommeil « officielle », le recours aux petites structures informelles à recrutement restreint, bref à une sorte de retour aux origines et à la clandestinité, les structures officielles et les membres déclarés et répertoriés n'étant souvent qu'un paravent volontairement « bruyant » pour masquer des membres activistes silencieux. C'est ainsi que bien des actes terroristes répertoriés comme étant dans la mouvance suprémacistes sont difficilement attribuables au KKK, si n'est qu'au bout de longues enquêtes.

Le programme de ces diverses structures se résume dans la phrase prêtée au général Forrest : « Vous devez assurer la suprématie de la race blanche dans cette République ».

Lors de la campagne présidentielle américaine de 2016, des dirigeants du groupuscule les Knights of the Ku Klux Klan (5 à 6 000 adhérents)[54], notamment son ancien patron David Duke, prennent le parti de Donald Trump et le félicitent pour sa victoire, tentant de donner une légitimité politique à leur organisation, la faire sortir de l'ombre [55]. La réplique est cinglante Eric Trump réagit en déclarant que David Duke méritait « qu'on lui tire dessus », ajoutant à propos des membres du mouvement suprémaciste de David Duke : « Ce ne sont pas de bonnes personnes, ce sont même des personnes horribles »[56].

Notes et références

  1. (en) « American civil rights movement | Definition, Events, History, & Facts », sur Encyclopedia Britannica (consulté le 28 mars 2020)
  2. Encyclopædia Universalis, « KU KLUX KLAN », sur Encyclopædia Universalis (consulté le 28 mars 2020)
  3. (en) « White supremacy », sur Encyclopedia Britannica (consulté le 28 mars 2020)
  4. (en-US) « White Supremacy | Encyclopedia.com », sur www.encyclopedia.com (consulté le 28 mars 2020)
  5. (en) « White Nationalist », sur Southern Poverty Law Center (consulté le 28 mars 2020)
  6. (en-US) « Ku Klux Klan in the Reconstruction Era », sur New Georgia Encyclopedia (consulté le 28 mars 2020)
  7. (en) « Ku Klux Klan in the Reconstruction Era », sur New Georgia Encyclopedia (consulté le 28 mars 2020)
  8. (fr) Paul-Éric Blanrue, « Le Ku Klux Klan : un contre-pouvoir criminel », Historia (consulté le 25 août 2008).
  9. (en) Chester L. Quarles, The Ku Klux Klan and Related American Racialist and Antisemitic Organizations: A History and Analysis, McFarland, , p. 32.
  10. (en) Michael Newton, The Ku Klux Klan, McFarland & Company, , p. 37
  11. Une plaque commémorative en bronze, posée en mai 1917, rappelle cet acte fondateur dans le bureau au 209, West Madison Street (photographie de la plaque). Cette plaque devient l'objet d'un pèlerinage depuis l'instauration du Martin Luther King Day en 1986 (des membres du KKK retournent annuellement à Pulaski le 15 janvier pour protester contre cette fête), si bien que le propriétaire du bâtiment fait retourner la plaque en 1989, afin de « tourner le dos au racisme » (voir plaque vierge de dos, patinée). cf. (en) Thomas F. Gieryn, Truth-Spots. How Places Make People Believe, University of Chicago Press, , p. 133
  12. (en-US) « Encyclopedia of Arkansas », sur Encyclopedia of Arkansas (consulté le 28 mars 2020)
  13. (en) « Ku Klux Klan | Definition & History », sur Encyclopedia Britannica (consulté le 28 mars 2020)
  14. (en) Chester L. Quarles, The Ku Klux Klan and Related American Racialist and Antisemitic Organizations: A History and Analysis, McFarland, , p. 29
  15. Ku Klux Klan (1915- ), Prescript of the [order of the Ku-Klux klan], [Pulaski? Tenn., n.p.], (lire en ligne).
  16. (en) J. Michael Martinez, Carpetbaggers, Cavalry, and the Ku Klux Klan: Exposing the Invisible Empire During Reconstruction, Rowman & Littlefield Publishers, , 286 p. (ISBN 978-0-7425-5078-0).
  17. Voir Authentic History, Ku Klux Klan, 1865-1877, Susan Lawrence Davis, S. L. Davis, 1924.
  18. Voir page 27 in Ku Klux Klan: Its Origin, Growth and Disbandment, John C. Lester, Daniel Love Wilson et Walter Lynwood Fleming, Neale Publishing, 1905 qui soutient que « General Albert Pike, who stood high in the Masonic order, was the chief judicial officer of the Klan ».
  19. p. 20 in A Chronology and Glossary of Propaganda in the United States, Richard Alan Nelson, Greenwood Press, 1996 : « (…) Ku Klux Klan is founded in Nashville, Tennessee, by General Albert Pike and others as a secret society (…) ».
  20. Voir page 483-488 sur le titre 'kadosh' dans la franc-maçonnerie et autres sociétés in Le Grand Manuel de Franc-maçonnerie, Geoffray d'A, Éditions Initiatis, 2007, (ISBN 978-2-9529420-0-3)
  21. (en-US) Martin Gruberg, « Ku Klux Klan », sur www.mtsu.edu (consulté le 28 mars 2020)
  22. (en-US) « Ku Klux Klan | Encyclopedia.com », sur www.encyclopedia.com (consulté le 28 mars 2020)
  23. (en-US) Randal Rust, « Ku Klux Klan », sur Tennessee Encyclopedia (consulté le 28 mars 2020)
  24. (en) History com Editors, « Ku Klux Klan », sur HISTORY (consulté le 28 mars 2020)
  25. Jean-Michel Lacroix, Histoire des États-Unis, Paris, Presses universitaires de France, 2007 (2°éd.) (ISBN 978-2-13-056074-6), p. 261.
  26. (en) « The First KKK (article) | Reconstruction », sur Khan Academy (consulté le 28 mars 2020)
  27. Vegas Tenold, « Les âmes noires du Ku Klux Klan », Le Figaro Magazine, semaine du , pages 42-50.
  28. (en-US) « Ku Klux Klan in Alabama during the Reconstruction Era », sur Encyclopedia of Alabama (consulté le 28 mars 2020)
  29. Christian Delacampagne, Histoire de l'esclavage. De l'Antiquité à nos jours, Paris, Le livre de poche, (ISBN 2-253-90593-3), p. 254.
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  32. (en) « The Ku Klux Klan in the 1920s | American Experience | PBS », sur www.pbs.org (consulté le 28 mars 2020)
  33. Aude Lorriaux, « À la recherche des "feminazies", ces féministes vraiment nazies », slate.fr, 23 septembre 2015.
  34. Frank Browning, John Gerassi, Histoire criminelle des États-Unis, Nouveau monde, , p. 518
  35. Christian Delacampagne, Histoire de l'esclavage. De l'Antiquité à nos jours, Paris, Le livre de poche, (ISBN 2-253-90593-3), p. 259.
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  38. « Booze » : when whiskey ruled the West, Macmillan of Canada, 1972, de James H. Gray du Winnipeg Free Press.
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  42. (en-US) « Recounting a day of rage, hate, violence and death », Washington Post, (lire en ligne)
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  56. Jade Toussay, « Électeur de Donald Trump, David Duke, l'ex-patron du Ku Klux Klan, est ravi du résultat de l'élection présidentielle », huffingtsonpost.fr, .

Annexes

Bibliographie

Articles connexes

Liens externes

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