Lac Baïkal

Le lac Baïkal (en russe Озеро Байкал, Ozero Baïkal) est un lac situé dans le sud de la Sibérie, en Russie orientale. Il constitue la plus grande réserve d'eau douce liquide à la surface de la Terre. La transparence de ses eaux permet une visibilité parfaite jusqu'à 40 mètres de profondeur. Il est parfois surnommé la « Perle de Sibérie ». Pour ses premiers habitants, les différents peuples turcs et mongols, le lac était une mer sacrée, Baïkal provenant du turc Bay Köl (« lac riche/sacré »)[1]

Pour les articles homonymes, voir Baikal.

Lac Baïkal

Carte du lac Baïkal.
Administration
Pays Russie
Subdivision Bouriatie et Irkoutsk
Statut Patrimoine mondial
Géographie
Coordonnées 53° 30′ 00″ nord, 108° 00′ 00″ est
Type Lac d'eau douce
Origine Lac de rift (en)
Superficie 31 722 km2
Longueur 636 km
Largeur 79 km
Périmètre 2 125 km
Altitude 455,5 m
Profondeur
 · Maximale
 · Moyenne

1 642 m
744,4 m
Volume 23 615,39 km3
Hydrographie
Bassin versant 560 000 km2
Alimentation Selenga, Snejnaïa, Bargouzine, Angara supérieure
Tributaires Selenga, Tyïa, Goloustnaya (d), Snejnaïa, Bargouzine, Tourka, Angara Supérieure, Khara-Mourin, Outoulik et Bougouldeïka
Émissaire(s) Angara
Îles
Nombre d’îles 22
Île(s) principale(s) Olkhon
Géolocalisation sur la carte : Bouriatie
Géolocalisation sur la carte : Oblast d'Irkoutsk
Géolocalisation sur la carte : Russie
Modèle numérique de terrain (MNT) du lac Baïkal (zone bleue au centre de l'image) et des régions avoisinantes. La ligne noire est-ouest est la frontière entre la Mongolie et la Russie.

Géographie

Dimensions

Orienté du SSO au NNE, il s'étend sur une longueur de 636 km avec une largeur variant de 24 km à 79 km et une superficie de 31 722 km2[2], ce qui en fait le 6e lac au monde[3]. C'est également le lac le plus profond (jusqu'à 1 642 m de colonne d'eau[2], reposant sur 7 000 mètres de sédiments). Son volume d'eau (23 600 km3)[2] représente environ 260 fois celui du lac Léman, soit autant que la mer Baltique ou que les cinq grands lacs nord-américains (lac Supérieur, lac Michigan, lac Huron, lac Érié, lac Ontario) réunis[3] et approximativement 20 % du volume mondial d'eau douce retenue dans les lacs et les rivières[2]. Si le lac était vidé, une année entière ne suffirait pas à remplir son bassin en détournant l'ensemble des rivières du monde[4].

Localisation

Enserré par les monts Iablonovy et Bargouzine à l'est et les monts Baïkal à l'ouest, il se trouve à une altitude de 455 mètres. Près de son extrémité sud-ouest se trouve la principale ville de la région, Irkoutsk, tandis qu'Oulan-Oude est la capitale de la république de Bouriatie. Il possède une grande île de 730 km2, l'île d'Olkhon, et une presqu'île, Sviatoï Nos, littéralement le « Saint-Nez » (sur la rive est, réserve et parc naturel).

Hydrologie

Le lac reçoit l'apport de 336 rivières et ruisseaux permanents[3]  dont la Selenga issue de Mongolie  et se déverse dans l'Ienisseï par l'intermédiaire de l'Angara près d'Irkoutsk. Ses dimensions font qu'il est soumis à un système de vagues parfois importantes (jusqu'à m) et qu'il est parcouru par des courants réguliers.

Glace du lac Baïkal. Janvier 2016.

La quantité de précipitations varie de 200 à 500 mm par an (au sud, elle peut osciller entre 500 et 900 mm). Le lac n'est navigable que de juin à septembre. Le reste de l'année, il est couvert de glace, dont l'épaisseur, vers la fin de l'hiver, peut atteindre m, voire 1,5 à m à certains endroits, permettant la circulation des hommes et des véhicules.

En mai-juin et en octobre-novembre, lorsque la température des eaux du lac avoisine +4 °C (température à laquelle la densité de l'eau est maximale), de grands mouvements de brassage naturel de l'eau par convection se mettent en place, permettant une oxygénation des eaux jusqu'à 200 ou 300 m de profondeur favorable à la faune et la flore du lac[5].

Principaux tributaires

Trois cent trente-six rivières et ruisseaux se jettent dans le Baïkal, parmi lesquels :

Climat

L'inertie thermique des immenses quantités d'eau contenues dans le lac tempère le climat de cette région de la Sibérie, très continental par ailleurs. La température moyenne hivernale est de −15 °C au lieu de −26 °C en janvier, et la température moyenne estivale de +13 °C au lieu de +19 °C en juillet[5]. La région du Baïkal est sèche et le total des précipitations annuelles sur l'île d'Olkhon, au milieu du lac, est inférieure à 200 mm.

Chaque année, la région connaît les effets de l'anticyclone de Sibérie, le plus important de l'hémisphère Nord pendant l'hiver. Son centre se situe généralement près du lac à la surface duquel, de novembre à mars, la pression est le plus souvent au-dessus de 1 030 hPa[6].

Histoire

Origine géologique

Le lac Baïkal est d'origine tectonique ; ce lac d'effondrement est en subsidence. Le socle ancien sur lequel le lac repose, en contact d'une part avec la plateforme sibérienne, d'autre part avec les monts de l'Asie centrale, présente un réseau de failles de direction générale NNE-SSO. Ces failles ont été actives dès le tertiaire, ce qui fait du lac Baïkal le plus ancien lac existant (vingt-cinq millions d'années[7]). Ces failles ont été actives au cours du quaternaire jusqu'à nos jours (plus de trente séismes suffisamment puissants pour être ressentis par les populations ont été enregistrés au XXe siècle). Les mouvements tectoniques ont conduit à un enfoncement du fond du lac[4], sur lequel s'est accumulée une grande épaisseur de sédiments, et un léger sur-élèvement des bordures montagneuses à plusieurs reprises (ce qui est visible au nord-est du lac, où des terrasses lacustres anciennes, témoins du niveau de l'eau dans le passé, s'élèvent jusqu'à 300 m d'altitude)[5].

Le réseau de failles délimite trois compartiments plus ou moins effondrés qui se succèdent le long du lac[5],[3] :

  • le plus septentrional est le moins profond ; la zone la plus profonde de ce compartiment se trouve à 890 m sous le niveau de l'eau et se situe entre les caps Elokhine et Pokoïniki ;
  • le plus méridional atteint 1 432 m de profondeur dans une zone située entre les zones d'affluence des rivières Pereïemnaïa et Michikha ;
  • le compartiment central est le plus profond, avec une zone située à l'est de l'île d'Olkhon, entre les caps Ijimeï et Khara-Khouchoune, atteignant une profondeur de 1 642 m.

Histoire humaine

La population autochtone était autrefois notamment constituée de « Burättes » (= Bouriates) plus ou moins nomades.

Depuis toujours, les lacs ont été des espaces naturels ayant une forte signification spirituelle pour les peuples turcs et mongols. Grandes étendu d'eau, les lacs représentent à la fois le reflet du ciel sur terre (Tengri le Dieu Ciel étant la divinité suprême du tengriism), et à la fois l'accumulation de l'eau en un point. L'accumulation étant définition de puissance pour les turcs et les mongols, de même que les forêts, accumulation d'arbres, sont souvent considérées comme des lieux sacrés. Il était de coutume que chaque tribu, chaque peuple ait son propre lac sacré. De ce fait le lac Baïkal est cité de nombreuses fois dans les divers textes laissés par les Turcs (stèles de l'Orkhon) et les Mongols (l'Histoire secrète des Mongols)[1]. Au XVIIe siècle, la région est habitée par les Mongols et les Bouriates, et le lac est parfois dénommé « Mer baïcale », ou plus simplement « la mer » par les populations locales, ou encore « Dulaï Nor » pour les Bouriates, ou « Dalai » pour les Tunguses. La région et le lac sont explorés par le naturaliste allemand Pallas, parti de la ville de Selenginsk en . Il note notamment entre le Lac des Oies et le lac Baïkal la présence remarquable dans le paysage de nombreux buissons épineux bas se couvrant de fleurs jaunes soufre au printemps (espèce « qui n'étoit point encore connue des botanistes », qu'il nomme robinier féroce (Robinia ferox, Pallas, . Tome H., qu'il décrit comme de grands buissons, à-peu-près de la hauteur d'un homme, qui étendent, à fleur de terre, jusqu'au-delà d'une toise en diamètre, leurs branches touffues & garnies d'épines fort serrées. Ce genre d'épine siliqueuse mériteroit bien, surtout à cause de son utilité économique, d'être multipliée dans les jardins d'Europe. On en formeroit, vû leurs longues pointes, & vû la propriété qu'a ce buisson, de s'étendre le long du fol en branches aussi touffues, les haïes les plus formidables, qu'il seroit également impossible aux hommes & au gros bétail, de pénétrer ; ses pointes encore tendres, & ses feuilles, procureraient un fourrage très agréable aux moutons, & leurs siliques, qui sont extraordinairement abondantes, feroient tout au moins d'une utilité analogue à celle des vesses[8].

Peter Simon Pallas signale aussi un lac salé et des salines. Il emprunte la vallée du Selenga, dont il précise qu'au-dessous d'Udinsk, elle abrite quelques petits villages, dans « une vallée de peu de largeur », qui se resserre plus bas en un passage très étroit avant de s'élargir ensuite près d'Iliinskoi vers une « vaste Steppe très fertile ; aussi ce canton, qui est un des plus peuplés qui soit en-delà du Baïkal, fait-il vivre 8 à 900 familles de paysans & deux Monastères[8]. Après quoi l'on entre au-delà de Kabanskoi Ostrog dans une Steppe élevée & aride, qu'on traverse pour parvenir au Baïkal, dont on suit le rivage couvert de gravier & de cailloux , pour se rendre enfin au monastère de Posolski. Dans toute la plaine, qui s'étend le long du lac, la Couche végétale couvre un lit de cailloux ou pierres roulées, qui prouve clairement qu'autrefois les eaux du Baïkal étaient beaucoup plus élevées, & couvraient peut-être toute la plaine, actuellement habitée, qui environne l'embouchure du Selenga ».

Palas décrit une longue période de brouillard dense qui couvre le lac durant plus d'une semaine en plein juillet, dont on lui dit qu'il s'agit d'un phénomène fréquent[8]. Il décrit aussi de fortes pluies d'été et d'automne qui ont suivi un printemps extraordinairement sec, ainsi que des « ouragans vraiment curieux » car soudain quand le vent vient des montagnes. Les lacs de cette région peuvent être venteux (vents d'ouest dominant pour le Baïkal) et développer de fortes vagues. On traversait alors le Baïkal sur une unique Galiote impériale faisant office de paquebot, dénommée Boris & Gleb (l'autre galiote ayant été dépecée après s'être échouée en 1770 près de l'embouchure du Selenga)[8].

Les marchands utilisaient aussi des Dostcheniks (ou dostchtseniki), embarcations en forme de nacelles ne supportant que le vent arrière à la voile et sinon menées à la rame. Palas décrit le lac comme d'une « profondeur très considérable » avec un seul haut-fond, et en partie '« tellement profond, qu'il est arrivé souvent qu'en y employant plusieurs sondes, on n'a jamais pû en atteindre le fond »'. Le naturaliste note « un nombre incroyable de peaux d'Aselles, ou cloportes aquatiques Oniscus trachurus, Pallas excoriées (exuvies), qui surnageoient tout le long du rivage »[8].

Il signale aussi le Polypode odoriférant (Polypodium fragrans) très apprécié des populations locales qui en font notamment un usage médicinal contre les rhumatismes et le scorbut[8].

Pallas collecte et décrit l'éponge du Baïkal (Spongia baicalensis Pallasii) très abondante dans la Bolschaja Guba & près de Lístweniíchnoi Sihi sur les pierres du fond du lac, à trois ou quatre toises de profondeur et rejetée en grande quantité par les flots sur le rivage ; d'un verd de pré foncé très-agréable, & exhalent la même-odeur de poisson, que répandent les éponges de rivière. Leurs ouvertures étoilées font fort dilatées au fond de l'eau, mais elles ne manifestent aucun mouvement animal. Tout le tissu de l'éponge est rempli d'une moelle verte, qui forme sur la superficie des branches une manière de peau lisse & compacte, & qui, du moment que l'éponge est morte, en dégoutte sous la forme d'une glaire verte fluide ; de sorte que cette éponge, une fois sur le rivage, se putrifie aussitôt, soit par l'eau, soit par la pluie, soit par l'air et se blanchit entièrement. Selon Johann Gottlieb Georgi (autre savant explorteur du Baïkal) « on l'employe uniquement à frotter des ustensiles de cuivre, & particulièrement les cadres des images des Saints, qui en reçoivent un poli aussì brillant, que si l'on les eu passé sous la meule »[8] Georgi signale notamment outre les chiens de mer (phoques) d'importantes colonies de mouettes et de martinets nicheurs et d'hirondelles de cheminées, la présence de cormorans (« en nombre prodigieux » selon Georgi) et de hérons, et des sources et une source chaude que les habitants fréquentaient autrefois.

Au XVIIIe siècle le lac était encore très poissonneux et la pêche au filet (de chanvre) était autorisée pour sa subsistance pour les populations locales « idolâtres » et louée (baux de quatre ans) par les monastères par zone, au plus offrant. De petits groupes de pêcheurs se rassemblaient en « compagnies » qui pouvaient pêcher jusqu'à 8 tonnes d'Esturgeon sibériens (Acipenser baeriiesturgeon) dans l'année, alors que d'autres n'en trouvaient pas. Le brochet et l'Omul (ou Omoul) étaient aussi très appréciés[8]. Le poisson était salé puis vendu ou il était (par millions chaque année selon Georgi) enfoui dans la neige pour être vendu toute l'année à Irkoutz. Des nasses et claies étaient utilisés sur les cours d'eau abouchant dans le lac[8]. La chasse au phoque de Sibérie (Pusa sibirica, autrefois improprement identifié comme phoque commun (Phoca vitulina) était également attribuée par adjudication, aux compagnies de pêcheurs puis à des chasseurs qui le traquaient sur la glace, cachés derrière un panneau de tissus blanc de mars à fin avril à l'arquebuse ou à la javeline.

Selon Géorgi ils étaient écorchés sur place, dépouillés de leur lard dont on tirait de l'huile (et de leur peau pour les jeunes phoque, peau dont la fourrure était appréciée des commerçants chinois) ; le reste du phoque tué était laissé aux corbeaux ou aux Bouriates auchtones (Bouriates)[8]. Jusqu'à 2000 jeunes phoques étaient tués en quelques mois, rien que pour leur fourrure. Georgi signale que le Castor était autrefois présent sur les bords d'un grand nombre de rivières de la région, mais que « l'on n'en trouve plus aujourd'hui que dans les environs du Baunt ». L'écureuil petit-gris était abondamment présent et chassé (plus d'un milliers de fourrures par chasseur et par an dans certains cas) et l'écureuil volant était présent mais plus rare[8].

Tourisme

Le lac Baïkal est un arrêt apprécié des voyageurs par le chemin de fer transsibérien. Le lac lui-même est situé à la frontière de l'oblast d'Irkoutsk et de la République de Bouriatie. Les deux parties ont quelque chose à offrir aux voyageurs : Lystvyanka, l’île d’Olkhon, le sentier du Grand Baïkal, le chemin de fer Circum-Baïkal – du côté d’Irkoutsk ; la baie de Bargouzine et la presqu'île Sviatoï Nos sur le côté bouriate du Baïkal[9]. Cependant, la nature et la côte sont plus diversifiées dans la région d’Orkastk.

Le lac Baïkal et l'humain

Économie

Cinquante mille personnes vivent près du lac dans des conditions difficiles. Les sols sont pauvres. Poissons et pommes de terre servent de base à la nourriture quotidienne. Un afflux de population a été provoqué par la construction de la voie ferrée Baïkal Amour Magistral.

La pêche se pratique tout au long de l'année, même en hiver après avoir foré un trou dans la glace. Les eaux du lac, fortement oxygénées, sont riches. L'omoul est très prisé pour sa chair savoureuse et l'esturgeon pour son caviar.

Le lac constitue, de par sa forme allongée, une excellente voie navigable dans cette région montagneuse et difficile d'accès, mais prise par les glaces près de la moitié de l'année[5]. En hiver, après l'embâcle (prise en glace) qui a lieu en octobre-novembre, tous les bateaux de pêche, d'exploration scientifique ou de tourisme sont paralysés par le froid dans les ports établis sur le Baïkal. Le trafic reprend avec la débâcle, en mai-juin. En outre, la navigation sur cette mer intérieure est rendue dangereuse par des vents parfois violents qui soufflent en rafales.

Patrimoine mondial de l'UNESCO

Lac Baïkal *

Panorama sur le cap Bourkhan et la Petite Mer.
Pays Russie
Subdivision Oblast d'Irkoutsk
République de Bouriatie
Type Naturel
Critères (vii) (viii) (ix) (x)
Superficie 88 000 km2
Numéro
d’identification
754
Zone géographique Europe et Amérique du Nord **
Année d’inscription 1996 (20e session)
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO

Inscrits par l'Unesco en 1996 au patrimoine mondial pour sa richesse écologique, ces « Galápagos de la Russie » ont produit une des faunes d'eau douce les plus riches et originales de la planète, qui présente une valeur exceptionnelle pour la science de l'évolution. On y recense 1 550 espèces animales et plus de 600 espèces végétales ; près de la moitié des espèces du lac sont endémiques[5], comme le coméphore baïkal (golomianka).

On a trouvé plus de 250 espèces de crevettes d'eau douce dans le lac Baïkal, ce qui représente le tiers de toutes les espèces de crevettes connues.[réf. nécessaire]

Le lac accueille aussi une des rares espèces de phoque vivant exclusivement en eau douce : le phoque du lac Baïkal ou nerpa, qui représente le superprédateur de l'écosystème du lac.

Réserves naturelles et parcs nationaux

De nombreuses aires protégées ont été créées à partir de 1969 sur le pourtour du lac. La plus importante est la réserve naturelle Baïkal-Léna (6 600 km2 au nord d'Irkoutsk) créée en 1986 ; en Bouriatie au sud la réserve naturelle du Baïkal (1 657 km2) créée en 1969, à l'est la réserve naturelle de Bargouzine (3 740 km2) créée en 1916 pour protéger les zibelines, et au nord-est la réserve naturelle de Djerguine (en) (2 380 km2) créée en 1992[10]. À ces réserves s'ajoutent les parcs nationaux du Zabaïkal, du Pribaïkal et de la Tounka.

Autres activités

Le lac Baïkal est menacé de pollution industrielle par une usine de pâte à papier, à Baïkalsk, qui fournissait, à l'époque de la guerre froide, la cellulose pour les pneus d'avion de l'Armée soviétique. L'usine a été fermée en [11] mais a cependant repris ses activités en février 2010 sans que les problèmes de pollution aient été résolus[12].

Le lac accueille également dans ses eaux un observatoire de neutrinos, installé depuis 1998 à 1 200 m de profondeur[13].

Une expédition organisée par le scientifique russe Arthur Tchilingarov a tenté, à partir du , d'établir un record mondial de plongée en eau douce dans le Baïkal[14]. Mais les deux submersibles de l'expédition, Mir-1 et Mir-2, ne sont descendus dans un premier temps qu'à 1 580 m et 1 592 m[15]. Les plongées se poursuivent actuellement, après la réparation de Mir-2 qui a été endommagé[15],[16]. Politicien russe et scientifique, Arthur Tchilingarov, a participé aux 60 plongées. Ces submersibles sont connus pour avoir servi à d'autres missions, notamment sur l'épave du Titanic et au pôle Nord.

Le , Vladimir Poutine, alors Premier ministre, a également plongé à bord du Mir-1[17].

En 2006, un projet de pipeline transsibérien devait initialement passer à moins d'un kilomètre du lac avant qu'une alternative de route hors du bassin versant du Baïkal ne soit décidée par Vladimir Poutine, sous la pression des écologistes[18]. Ce tracé reste à confirmer.

Le lac Baïkal sert aussi de lac réservoir pour les centrales hydroélectriques qui jalonnent le cours de l'Angara[5].

Au vu des menaces environnementales pesant sur le lac Baïkal, celui-ci pourrait être inscrit sur la liste du patrimoine mondial en péril[19].

Depuis 2004 se tient chaque année au début du printemps le Baikal Ice Marathon[20]. Destiné à promouvoir la préservation des eaux pures du Baïkal, cette course sur le lac gelé est considérée comme l'une des plus difficiles au monde et rassemble près de 200 participants chaque année. Le parcours se situe à la pointe sud du lac entre Tanhoy et Listvianka. En 2016, le record est de 3 heures 55 minutes et 51 secondes pour le marathon (42,2 km). La course se décline également en semi-marathon (21 km)[21].

Galerie

Première glace sur le lac. Vue depuis l’île d'Olkhon qui montre la zone la plus profonde. Janvier 2016.

Notes et références

  1. Jean-Paul Roux, La religion des Turcs et des Mongols, Payot, coll. « Bibliothèque historique », , 323 p. (ISBN 9782228134309).
  2. (en) « A new bathymetric map of Lake Baikal – Morphometric Data », Université de Gand (consulté le 9 juillet 2009).
  3. (en) Irkutsk State University, « Baïkal, general background », baikal.ru, (consulté le 15 décembre 2008)
  4. Colin Thubron (trad. de l'anglais par K. Holmes), En Sibérie, Paris, Gallimard, , 471 p. (ISBN 978-2-07-044616-2), chap. 6 (« Le grand lac »), p. 268.
  5. Collectif, Dictionnaire illustré des merveilles naturelles du monde, Reader's Digest, 1982, p. 66
  6. (en) « Siberian High »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogle • Que faire ?), Glossary of Meteorology, American Meteorological Society, (consulté le 26 juillet 2009)
  7. Cycle eau : des stocks restreints
  8. Peter S. Pallas, Voyages en Sibérie : extraits des journaux de divers savans voyageurs, t. II, Berne, Société typographique, , 591 p. (lire en ligne).
  9. (en) Nastya Kuchenova, « A Guide to Lake Baikal by Locals : Landmarks, Prices, and Accommodations », sur irkutskbaikal.info (consulté le 23 juin 2019).
  10. Touchart 1998, p. 107-111
  11. Marie Jégo, « Enfin propre, un combinat ferme après quarante ans de pollution du lac Baïkal », Le Monde, (lire en ligne, consulté le 2 février 2020).
  12. « La réouverture d'une usine de cellulose près du lac Baïkal suscite l'inquiétude », Le Monde (consulté le 15 février 2010)
  13. Site officiel du télescope à neutrinos Baïkal.
  14. (en) PA News, « Submarines to plumb deepest lake », Channel 4 News,
  15. (en) « Russians in landmark Baikal dive », BBC News, (consulté le 4 avril 2010)
  16. DivingAlmanac.com
  17. « Poutine sur le fond du Baïkal », Ria Novosti, (consulté le 1er juin 2013)
  18. « Le lac Baïkal échappe à l’oléoduc », sur novethic.fr, (consulté le 17 juillet 2008)
  19. « Décision 36COM 7B.22 », UNESCO (consulté le 19 décembre 2012)
  20. Baikal Ice Marathon
  21. « Absolute Siberia | Baikal Ice Marathon », sur www.absolute-siberia.com (consulté le 15 mars 2016)

Annexes

Sources et bibliographie

Articles connexes

Liens externes

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