Larry Nassar

Lawrence Gerard Nassar (né le ) est un Américain reconnu coupable de pédophilie. De 1996 à 2014, il est un des médecins de l’équipe nationale américaine de gymnastique artistique féminine. Il exerçait aussi en tant qu'ostéopathe et kinésithérapeute à l’Université d’État du Michigan.

Larry Nassar
Biographie
Naissance
Nom dans la langue maternelle
Lawrence Gerard Nassar
Nom de naissance
Lawrence Gerard Nassar
Nationalité
Formation
Activités
Autres informations
Condamné pour
Lieux de détention
United States Penitentiary, Tucson (en) (), United States Penitentiary, Coleman (en) (depuis )

Les multiples agressions sexuelles commises par Nassar sont à l’origine du scandale des abus sexuels dans la fédération américaine de gymnastique, scandale dans lequel il fut accusé d’abus sexuel envers pas moins de 265 gymnastes américaines. La liste des victimes inclut plusieurs athlètes olympiques reconnues et les agressions remontent jusqu'à 1992[1]. Il a avoué au moins dix de ces accusations.

En , Nassar fut condamné à 60 ans de prison fédérale après avoir plaidé coupable pour des accusations de pédopornographie. Le , après un nouveau plaidoyer de culpabilité à propos de sept charges d’agressions sexuelles sur des mineurs, il se voit infliger une peine de 40 à 175 ans à purger dans une prison de l’état du Michigan[2],[3]. Le , une sentence supplémentaire de 40 à 125 ans lui est imposée, à la suite d’un troisième plaidoyer de culpabilité, ce dernier portant sur trois accusations supplémentaires d’agressions sexuelles[4]. Ses trois sentences doivent être purgées consécutivement. Il purge présentement sa sentence fédérale au Pénitencier des États-Unis situé à Tucson, en Arizona[3],[5].

Vie personnelle

Larry Nassar est né le à Farmington Hills. Il est le fils de Fred Nassar (1925–2000)[6] et Mary Nassar[7].  Suite aux recommandations de son frère aîné Mike qui est lui-même entraîneur à l’école secondaire North Farmington, il commence à travailler avec leur équipe de gymnastique féminine en 1978 à titre d’étudiant-entraîneur. Nassar obtient son diplôme de North Farmington en 1981[8],[9].

Il fait ses études en kinésiologie à l'Université du Michigan, où il obtient son diplôme en 1985[9]. Au cours de cette période, il travaille avec les équipes de football et d'athlétisme de l'université[10].

Il épouse Stephanie Lynn Anderson le , à l'église catholique St. John's de East Lansing[8], avec qui il a deux filles et un fils[8]. Stephanie Nassar obtient le divorce de son ex-mari en ainsi que la garde complète de leurs trois enfants[11],[12]. Au moment de son arrestation par des agents fédéraux en , Larry Nassar vit à Holt dans le Michigan[8].

Malgré les accusations de crimes sexuels pesant contre lui, et qui avaient été rendues publiques, Larry Nassar décide de poser sa candidature pour le conseil scolaire de Holt en 2016 et obtient 21 % des voix[10].

Carrière médicale

En 1986, Larry Nassar commence à travailler comme entraîneur sportif pour l'équipe américaine de gymnastique[10]. En 1993, il est diplômé de l'université d'État du Michigan College of Osteopathic Medicine en tant que doctorant en médecine ostéopathique. Il complète ensuite sa résidence en médecine générale à l'hôpital St. Lawrence. En 1997, Nassar termine un poste de chercheur en médecine du sport[10] et commence à travailler comme assistant professeur au département de médecine générale et communautaire du collège de la médecine de la MSU, lui assurant un salaire de 100 000 $ par année[13]. Larry Nassar est répertorié comme co-auteur d'au moins six articles de recherche sur le traitement des blessures chez les gymnastes[14].

Larry Nassar commence à travailler en tant que médecin d'équipe à l'école secondaire de Holt en 1996[10].

Carrière gymnique

En 1988, Larry Nassar commence à travailler avec l'entraîneur John Geddert au club Twistars[10].

De 1996 à 2014, il est le coordonnateur médical national pour USA Gymnastics[10].

Accusations et condamnations  d'agressions sexuelles

En 2015, USA Gymnastics coupe les liens avec Nassar « après avoir pris connaissance d'inquiétudes d'athlètes ». En , The Indianapolis Star révèle que deux anciennes gymnastes avaient par le passé accusé Nassar d'abus sexuels. L'État du Michigan le congédie le ; un mois plus tôt, il avait été réaffecté à ses tâches en clinique et en enseignement[15].

En , trois anciennes gymnastes — Jeanette Antolin (en), Jessica Howard et Jamie Dantzscher (en) — donnent une entrevue au magazine d'information de CBS 60 Minutes dans laquelle elles affirment avoir été abusées sexuellement par Nassar. Les gymnastes allèguent également que la violence psychologique lors des camps d'entraînement de l'équipe nationale (gérés par Béla et Márta Károlyi) au Ranch Karolyi près de Huntsville, au Texas, a donné à Nassar une occasion de profiter des gymnastes et de les empêcher de parler de ces abus[16]. Rachael Denhollander, l'une des premières femmes à accuser publiquement Nassar[17], affirmera au tribunal en que Nassar avait abusé d'elle à cinq reprises lors de visites médicales en 2000, alors qu'elle avait quinze ans[18].

La médaillée d'or olympique McKayla Maroney, à l'aide du hashtag #MeToo sur Twitter, a déclaré que Nassar l'avait agressée sexuellement à plusieurs reprises, et ce depuis ses treize ans jusqu'à son retrait de la compétition en 2016[19]. Maroney a par la suite déposé une poursuite contre Nassar, l'Université d'État du Michigan, le Comité Olympique américain et USA Gymnastics[20].

USA Gymnastics est accusé d'avoir couvert les abus sexuels en payant Maroney 1,25 millions de dollars pour signer un accord de non-divulgation. L'avocat de Maroney, John Manly, fit référence à Nassar comme un médecin pédophile[21].

Pendant une entrevue à 60 Minutes, la médaillée d'or olympique Aly Raisman a également déclaré que Nassar avait abusé d'elle[22].

Raisman a déclaré que Nassar avait abusé d'elle alors qu'elle était âgée de quinze ans[23]. Gabrielle Douglas a été critiquée par sa coéquipière olympique Simone Biles et plusieurs autres pour l'envoi d'un tweet interprété comme critiquant Raisman et blâmant les victimes[23]. Elle y indiquait que « l'habillement provocateur/de manière sexuelle incite à de mauvaises rencontres »[24]. Douglas s'est par la suite excusée pour le tweet[25], et a affirmé qu'elle aussi avait été victime des abus de Nassar[26].

L'ancienne membre de l'équipe nationale Maggie Nichols a accusé Nassar d'avoir abusé d'elle. Elle a documenté les moyens par lesquels il l'a « séduite » en communicant avec elle sur Facebook et en complimentant son apparence à de nombreuses reprises[27]. Selon les documents de la Cour et des entrevues, c'est Nichols et son coach, Sarah Jantzi, qui ont rapporté Nassar aux fonctionnaires de USA Gymnastics le , après que l'entraîneur ait entendu Maggie et une autre gymnaste parler du comportement de Nassar[28]. Simone Biles s'est avancée peu de temps après, expliquant qu'elle aussi avait été abusé sexuellement par Nassar[29], et Jordyn Wieber a fait une déclaration lors des plaidoyers du procès dans laquelle elle a accusé Nassar de l'avoir agressée sexuellement lorsqu'elle était membre de USA Gymnastics[30],[31].

En , Nassar a été inculpé pour agression sexuelle sur enfant entre 1998 à 2005 ; les crimes qui auraient été commis auraient commencé au moment où la victime était âgée de six ans[32]. Au final, il fût inculpé de 22 chefs d'accusation de premier degré de conduite sexuelle criminelle avec des mineurs : quinze dans le comté d'Ingham et sept dans le comté voisin d'Eaton.

Les allégations affirment que Nassar aurait molesté sept filles sous le prétexte de leur fournir un traitement médical légitime, à son domicile et en clinique sur le campus du MSU[33].

Nassar fût arrêté par le FBI en , après que des agents aient découvert plus de 37 000 images de pornographie infantile et une vidéo de Nassar agressant sexuellement des jeunes filles mineures[34]. Le , son permis de pratique médical fût révoqué pour trois ans[35].

Le , Nassar plaide coupable sur les chefs d'accusations de réception de pornographie infantile en 2004, possession d'images pornographiques d'enfants datant de 2004 à 2016, et falsification de preuves par destruction et dissimulation d'images. Le , la juge de District américaine Janet T. Neff condamne Nassar à 60 ans de prison fédérale[5]. S'il survit à cette peine, il sera en liberté surveillée pour le reste de sa vie[5].

Le , Nassar plaide coupable à la Cour de comté d'Ingham pour sept chefs d'accusation de premier degré pour conduite sexuelle criminelle avec des mineurs de moins de seize ans. Il a admis avoir abusé de sept filles, dont trois avaient moins de treize ans. Le , il plaide coupable de trois chefs d'accusation supplémentaires de premier degré pour conduite sexuelle criminelle dans le comté d'Eaton[36]. Au , 135 femmes l'avaient accusées d'agression sexuelle alors qu'il travaillait pour USA Gymnastics et la MSU[37]. Au cours de la semaine suivante, ce nombre atteint 150[38]. Dans un procès en , une femme a affirmé que Nassar l'avait agressée sexuellement alors qu'il était encore à l'école de médecine en 1992[1].

Références

  1. (en) Dan Murphy, « Four new complaints filed against Larry Nassar, including one dating to '92 », ESPN, (lire en ligne).
  2. (en-GB) « Larry Nassar: Disgraced US Olympics doctor jailed for 175 years », BBC News, (lire en ligne, consulté le 24 janvier 2018)
  3. (en) « Read Judge Rosemarie Aquilina's powerful statement to Larry Nassar », sur CNN.com (consulté le 25 janvier 2018).
  4. (en) « Larry Nassar apologizes, gets 40 to 125 years for decades of sexual abuse », sur CNN, (consulté le 30 avril 2018).
  5. (en) « Lawrence Gerard Nassar, 54, of Holt, Michigan... », sur United State Department of Justice, (consulté le 30 avril 2018).
  6. (en) « Fred Nassar, 93 », MyLife (consulté le 16 février 2018).
  7. (en) « Michael G. Nassar » [archive du ], sur MLive.com (consulté le 3 février 2018).
  8. (en) « How MSU doc became suspect in dozens of rapes », sur The Detroit News, (consulté le 30 avril 2018)
  9. (en) Mack, Julie and Lawler, Emily, « MSU doctor's alleged victims talked for 20 years. Was anyone listening? », MLive.com, (consulté le 19 janvier 2018).
  10. (en) « Dr. Larry Nassar: A history of preying on people », sur The Indianapolis Star (consulté le 30 avril 2018).
  11. (en) Mencarini, Matt, « State wants to terminate Larry Nassar's parental rights », Lansing State Journal, (consulté le 4 février 2018).
  12. (en) Adams, Dwight, « Here's how long Larry Nassar could spend behind bars », Indianapolis Star, (consulté le 4 février 2018).
  13. (en) « Dr Larry Nassar timeline (LSJ) », sur Lansing State Journal (consulté le 4 août 2018).
  14. (en) « Nassar L [Author] », sur www.ncbi.nlm.nih.gov.
  15. (en) « Dr. Larry Nassar, Accused of Abuse by Olympic Gymnast, Is Fired », NBC News, .
  16. (en) Brit McCandless, « On 60 Minutes, former gymnasts allege sexual abuse », CBS News, .
  17. (en) Scott Cacciola et Victor Mather, « Larry Nassar Sentencing: 'I Just Signed Your Death Warrant' », The New York Times, .
  18. (en) Steve Almasy et Anne Woolsey, « Doctor's accuser: 'I froze, because I knew it was sexual abuse' », CNN, (consulté le 4 décembre 2017).
  19. (en) Alice Park, « Who Is Larry Nassar, the Former USA Gymnastics Doctor McKayla Maroney Accused of Sexual Abuse? », Time, .
  20. (en) « McKayla Maroney accuses USOC and USA Gymnastics of covering up sexual abuse with secret settlement », LA Times, .
  21. (en) « USA Gymnastics struck deal with McKayla Maroney to keep Larry Nassar abuse quiet, lawyer says », ESPN, .
  22. (en) « Aly Raisman says she was sexually abused by U.S. national team doctor », CBS News, .
  23. (en) Nicole Chavez et Eric Levenson, « Ex-USA Gymnastics doctor pleads guilty to criminal sexual conduct », CNN, (consulté le 4 décembre 2017).
  24. (en) Guardian sport, « Gabby Douglas apologizes after Simone Biles calls out victim shaming tweet », The Guardian, (consulté le 4 décembre 2017).
  25. (en) Hannah Withiam, « Gabby Douglas opens up in Aly Raisman apology: I was abused, too », New York Post, (consulté le 4 décembre 2017).
  26. (en-US) Matt Stevens, « Gabby Douglas Says She Also Was Abused by Gymnastics Team Doctor », The New York Times, (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 22 novembre 2017).
  27. (en) « Gymnast Maggie Nichols writes in letter she was first to alert USAG to abuse by Larry Nassar », sur ESPN, (consulté le 30 avril 2018).
  28. (en) « U.S. Gymnast Maggie Nichols Says She Was Abused By Larry Nassar, Dissuaded From Coming Forward By USA Gymnastics », Sports Illustrated (consulté le 30 avril 2018).
  29. (en) Harriet Alexander, « Simone Biles says she too was sexually abused by US gymnast doctor Larry Nassar », sur telegraph.co.uk, .
  30. (en) « Olympian Aly Raisman tells Nassar in court: 'The tables have turned, Larry' », CNN (consulté le 30 avril 2018).
  31. (en) « Olympian Jordyn Wieber tells court: 'I am a victim of Larry Nassar' », ESPN (consulté le 30 avril 2018).
  32. (en) Saj Chowdhury, « USA Gymnastics: How the sport has become beset by allegations of sex abuse », BBC Sport, (lire en ligne, consulté le 25 janvier 2018).
  33. (en) Heather Tucker, « AP: Larry Nassar expected to plead guilty, faces at least 25 years in prison », USA Today, (consulté le 4 décembre 2017).
  34. (en) Alice Park, « Who Is Larry Nassar, the Former USA Gymnastics Doctor Aly Raisman Accuses of Sexual Abuse? », Time, (lire en ligne, consulté le 25 janvier 2018).
  35. (en) Matt Mencarini, « Nassar's medical license revoked for 3 years », sur Lansing State Journal, (consulté le 19 janvier 2018).
  36. (en) « Ex-gymnastics doctor Larry Nassar pleads guilty to 3 more criminal sex charges », sur NBC, (consulté le 30 avril 2018).
  37. (en) « Michigan judge dismisses complaints made by Larry Nassar about his sentencing hearing », sur ESPN, (consulté le 30 avril 2018).
  38. (en) « Larry Nassar sentenced to 40 to 175 years in prison; judge says 'I just signed your death warrant' », sur Chicago Tribune, (consulté le 30 avril 2018).
  • Portail de la médecine
  • Portail de la gymnastique
  • Portail de la criminologie
  • Portail des États-Unis
Cet article est issu de Wikipedia. Le texte est sous licence Creative Commons - Attribution - Sharealike. Des conditions supplémentaires peuvent s'appliquer aux fichiers multimédias.