Lele (peuple de la république démocratique du Congo)

Les Lele sont une population de langue bantoue d'Afrique centrale vivant en République démocratique du Congo, dans la province du Kasaï-Occidental, à l'ouest de la rivière Sankuru, au sud de la rivière Kasaï. Ils font partie du grand groupe des Kuba. Par la langue et la culture, ils sont également proches des Wongo[1]. Selon la tradition, les trois groupes sont issus d'un ancêtre commun, Woto[1].

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La polyandrie est l'une des caractéristiques de la société leele traditionnelle[2].

Ethnonymie

Selon les sources on observe les variantes suivantes : Bachilela, Bachilele, Bajilele, Bashileele, Bashilehle, Bashilele, Bashi-Lele, Bashilyeel, Batsilele, Bouxhilile, Hongo, Leele, Leles, Schilele, Shilele, Usilele, Wongo[3].

Histoire

Arme leele

Le roi actuel s'appelle Mishenge III, il a une fonction honorifique. Le trésor royal composé d'une enclume et de regalia est conservé dans son village d'origine et n'est montré que lors de rituels cérémonials.

Les Leele ont subi une action anti-sorcellaire appelée mupele en 1980. L'abbé Minengu, du diocèse d'Idiofa, a sillonné la région et a, par la force, interdit toute pratique liée à ce qu'il considérait comme de la sorcellerie. Les cultes traditionnels ont été vilipendés et quasiment éradiqués. Les rites traditionnels ont été interdits, les objets de divination « itumba » ont été confisqués ou brûlés sur des feux d'amour. Le traumatisme est encore présent dans les esprits des anciens, dont certains ont été menacés physiquement.

[réf. nécessaire]

Langue et population

Ils parlent le lele, une langue bantoue dont le nombre de locuteurs était estimé à 26 000 en 1971[4]. Une autre source[5] évalue la population lele à environ 20 000 personnes. Une troisième référence porte ce chiffre à 30 000[1].

Culture

Les Lélé ont produit des masques de forme aplatie, aux yeux souvent cernés de plusieurs lignes, ainsi que des objets de prestige[5], notamment des statuettes reconnaissables à leur coiffure en longues tresses[1].

  • femmes : culture du maïs et du manioc,
  • hommes : prétention à être des chasseurs intrépides, passion de tissage et couture de tissus de raphia (pour exportation hors du territoire, et comme monnaie en interne).

Notes et références

  1. « Lele (Bashilele) », in Jacques Kerchache, Jean-Louis Paudrat et Lucien Stéphan, L'art africain, Citadelles & Mazenod, Paris, 2008 (rééd.), p. 558 (ISBN 978-2-85088-441-2)
  2. (fr) Séraphin Ngondo A. Pitshandenge, La polyandrie chez les Bashilele du Kasaï occidental, Zaïre : fonctionnement et rôles, Centre français sur la population et le développement, Paris, 1996, 22 p.
  3. Source RAMEAU, BnF
  4. (en) Fiche langue[lel]dans la base de données linguistique Ethnologue.
  5. (fr) Jean-Baptiste Bacquart, L'Art tribal d'Afrique noire, Thames & Hudson, 2010, p. 172-175 (ISBN 978-2878113549)

Voir aussi

Bibliographie

  • (en) Mary Douglas, The Lele of the Kasai, Routledge, (1re éd. 1963), 286 p. (ISBN 0-415-29104-6 et 978-0-415-29104-0, lire en ligne)
  • (en) Mary Douglas, « Sorcery accusations unleashed : the Lele revisited, 1987 », in Africa (Londres), 69 (2) 1999, p. 177-192

Discographie

  • Anthologie de la musique congolaise – RDC, vol. 9 : Musique traditionnelle des Leele, collecteur R. Menard, Musée royal de l'Afrique centrale/Fonti musicali (CD + livret)

Articles connexes

Liens externes

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