Les Dernières Cartouches

Le tableau intitulé Les Dernières Cartouches d’Alphonse de Neuville (1836-1885), peintre militaire, illustre un événement historique de la guerre franco-allemande de 1870. C’est l’œuvre la plus célèbre de ce peintre.

Les Dernières Cartouches
Les Dernières Cartouches (1873).
Artiste
Date
Type
peinture historique
Technique
Dimensions (H × L)
109 × 165 cm
Collection
Localisation

Un événement tragique

Le , pendant la Bataille de Bazeilles près de Sedan, les troupes de marine du commandant Lambert, retranchées dans une auberge, La Maison Bourgerie, tinrent tête à un régiment de Bavarois. Encerclés, les Français luttèrent jusqu'à la dernière cartouche. Sur la cinquantaine de marsouins retranchés, quinze seulement purent se rendre à l'ennemi. Le lendemain, Napoléon III capitulait à Sedan.

Le tableau

Alphonse de Neuville s’inspira de cet épisode malheureux pour composer une œuvre tragique qui exalte le courage des soldats français. Il nous montre le combat désespéré et héroïque d’une quinzaine de braves retranchés qui, sous les ordres du commandant Arsène Lambert blessé, défendirent la dernière maison du village de Bazeilles, dans les Ardennes, jusqu'à la dernière cartouche le .

Alphonse de Neuville justifia ainsi son œuvre dans une lettre au critique d’art Gustave Goestschy, en 1881 : « Je désire raconter nos défaites dans ce qu'elles ont eu d'honorable pour nous, et je crois donner ainsi un témoignage d'estime à nos soldats et à leurs chefs, un encouragement pour l'avenir. Quoi qu'on en dise, nous n'avons pas été vaincus sans gloire, et je crois qu'il est bon de le montrer[1]! »

Cette œuvre, l’une des plus populaires du XIXe siècle finissant et du XXe siècle débutant devint une icône de l’héroïsme patriotique. La France vaincue et humiliée retrouvait, en elle, sa fierté. Elle fut très souvent reproduite[2].

De Neuville en a été récompensé par la Légion d'honneur.

À la fin du XIXe siècle, le tableau fut vendu. Ce fut alors le tableau le plus cher du monde. Racheté en 1960, il est depuis conservé au musée de Bazeilles nommé pour l'occasion la « Maison de la dernière cartouche », l'ancienne auberge Bourgerie dans laquelle s'est déroulé cet événement tragique.

Postérité de l’œuvre

L’épisode des Dernières Cartouches, a été adaptée au cinéma en 1897 par Georges Méliès dans un court-métrage muet en noir et blanc intitulé Bombardement d'une maison, puis par les Frères Lumière[3], ce qui en fait le sujet d'un des premiers films de guerre de l'Histoire.

Liens internes

Notes et références

  1. François Robichon, « Le cimetière de Saint-Privat », sur Histoire par l'image
  2. « Alphonse de Neuville : Les dernières cartouches », Musée d'Orsay,
  3. Notice sur le film sur le site Catalogue-lumiere.com.


  • Portail de la peinture
  • Portail de la France au XIXe siècle
Cet article est issu de Wikipedia. Le texte est sous licence Creative Commons - Attribution - Sharealike. Des conditions supplémentaires peuvent s'appliquer aux fichiers multimédias.