Liste des présidents de la République française

Cet article dresse la liste des présidents de la République française de 1848 à 1852, de 1871 à 1940 et depuis 1947. Elle nomme également les personnes ayant exercé la fonction de chef d'État de la France républicaine de 1792 à 1804 et de 1940 à 1947.

Première République (1792-1804)

Le , en pleine Révolution française, les députés de la Convention, réunis pour la première fois, décident à l'unanimité de l'abolition de la royauté[1]. Le , la décision est prise de dater les actes de l'an I de la République et le , la République est déclarée « une et indivisible »[2].

La Première République passe par trois formes de gouvernement mais aucune ne connait, à proprement parler, de « président de la République » :

La Première République prend fin lors de la proclamation de Napoléon Bonaparte comme « empereur des Français » le . Le mot « République » subsiste sur les pièces jusqu'en 1806 avant d'être remplacé par « Empire français ».

Directoire (ans républicains IV à VIII)

Les cinq directeurs sont les détenteurs du pouvoir exécutif sous le Directoire, régime qui gouverne la France entre 1795 et 1799. Ils sont désignés, selon la Constitution de l'an III, par le Conseil des Anciens dans une liste produite par le Conseil des Cinq-Cents, et restent cinq ans en fonction.

Les cinq premiers Directeurs sont Barras (seul à rester en fonction jusqu'à la fin du régime), La Révellière-Lépaux, Reubell, Carnot et Le Tourneur, les trois premiers formant rapidement un « triumvirat », leurs intérêts convergeant. Plusieurs autres Directeurs connaissent des carrières éphémères au gré des coups d’État suivant les différentes élections, certains comme Carnot et Barthélémy allant jusqu'à être proscrits. D'autres arrivés en cours de route connaissent une plus longue carrière au sein de l'exécutif, comme Merlin de Douai et Sieyès, ce dernier étant l'un des artisans du coup d’État mettant fin au régime. Il y a eu, au total, treize directeurs.

Consulat (ans républicains VIII à XII)

Le Consulat est un régime politique français issu du coup d'État du 18 Brumaire an VIII (), qui renverse le régime du Directoire (1795-1799). La constitution de l'an VIII établit alors un régime politique autoritaire dirigé par trois consuls et en réalité par le seul Premier consul Napoléon Bonaparte, qui deviendra consul à vie en 1802. Le Consulat a duré jusqu'au (28 floréal an XII), date de la fin de la Première République française et de la proclamation du Premier Empire.

Liste des présidents de la République française

Vingt-cinq personnes ont exercé ou exercent la fonction de président de la République française depuis 1848. Parmi les vingt-quatre dont le ou les mandats se sont achevés avant 2018, quatorze sont décédées ou ont démissionné, en droit ou en fait, en cours de mandat. C'est le cas en particulier de dix des quatorze présidents de la Troisième République.

Sous la Deuxième République (1848-1852)

Dans les premiers mois de la République, de février à , soit jusqu'à l'élection présidentielle, les fonctions de chef de l'État sont exercées dans les faits, successivement, par :

L'élection présidentielle de 1848, organisée pour désigner le président de la Deuxième République française, s'est tenue les 10 et .

No  Portrait Nom Début du mandat Fin du mandat Appartenance politique Notes
1Louis-Napoléon Bonaparte
(1808-1873)
Bonapartiste Le neveu de Napoléon Ier est largement élu premier président de la République lors de l'élection de 1848. Surnommé le « prince-président », son mandat est marqué par l'expédition de Rome et par le conflit avec l'Assemblée, conservatrice et anti-républicaine, qui culmine en 1851. Interdit de se représenter à la présidence par la Constitution, il provoque un coup d'État le 2 décembre 1851 et se fait proclamer empereur sous le nom de Napoléon III l'année suivante.

Sous la Troisième République (1871-1940)

Le , en pleine guerre franco-allemande, la République est proclamée, avec à sa tête :

No  Portrait Nom Début du mandat Fin du mandat Appartenance politique Notes
2Adolphe Thiers
(1797-1877)
OrléanisteAncien orléaniste et deux fois président du conseil sous la Monarchie de Juillet, il est nommé président à la suite de l'adoption de la loi Rivet. Il négocie le départ des troupes d'occupation allemandes terminé en . Fatigué par la discorde entre les légitimistes et les orléanistes, il se rallie à la République en cours de mandat et doit démissionner face à l'hostilité de l'Assemblée nationale, majoritairement favorable au retour de la monarchie.
3Patrice de Mac Mahon
(1808-1893)
Légitimiste Maréchal du Second Empire et monarchiste, le duc de Magenta est élu par l'Assemblée pour occuper la tête de l'État en attendant le retour de la royauté, mais ce projet de Troisième Restauration échoue. En , il veut imposer le duc de Broglie à la tête du gouvernement et, face à la résistance des Républicains menés par Gambetta, prononce la dissolution de la Chambre des députés. Isolé après la large victoire républicaine aux élections d'octobre, il démissionne.
Conformément aux Lois constitutionnelles, le gouvernement Dufaure V assure l'intérim.
4Jules Grévy
(1807-1891)
Républicain modéréÉlu au premier tour en 1879, il est le premier président à accomplir un mandat complet. Après les remous de la présidence Mac Mahon, il adopte un style plus discret et favorise un gouvernement d'assemblée qui perdurera et marquera le régime. Partisan de la paix, il échoue à freiner l'expansion coloniale défendue par Jules Ferry. À la mort de Victor Hugo, il rend au Panthéon son rôle de mausolée national.
Facilement réélu en décembre 1885, il est contraint à la démission lors du scandale des décorations dans lequel est impliqué son gendre.
Conformément aux Lois constitutionnelles, le gouvernement Rouvier assure l'intérim.
5Sadi Carnot
(1837-1894)
Républicain modéréDébutant en 1887, son mandat est marqué par l'agitation boulangiste (1887-1889) et le scandale de Panama (1892), ainsi que par l'alliance avec la Russie signée la même année. En pleine période d'attentats anarchistes et peu après le vote des premières « lois scélérates », il est assassiné à Lyon par l'un d'entre eux quelques mois avant la fin de son mandat. Il est enterré au Panthéon.
Conformément aux Lois constitutionnelles, le gouvernement Dupuy II assure l'intérim.
6Jean Casimir-Perier
(1847-1907)
Républicain modéréÉlu en 1894, il est vite frustré par la faiblesse des pouvoirs de sa fonction. Il démissionne après six mois et vingt jours, le mandat le plus court d'un président français, et quitte la politique.
Conformément aux Lois constitutionnelles, le gouvernement Dupuy III assure l'intérim.
7Félix Faure
(1841-1899)
Républicain modéréÉlu en 1895 face à Henri Brisson, il préside à l'expansion coloniale et au renforcement des liens avec la Russie, où il se rend en 1897. En 1898, c'est à lui qu'est adressée la lettre ouverte J'accuse…! d'Émile Zola qui relance l'affaire Dreyfus. La même année, la crise de Fachoda tend les relations avec le Royaume-Uni. Il meurt au palais de l'Élysée d'une congestion cérébrale survenue alors qu'il est en compagnie de sa maîtresse Marguerite Steinheil. Ses obsèques nationales ont lieu le .
Conformément aux Lois constitutionnelles, le gouvernement Dupuy IV assure l'intérim.
8Émile Loubet
(1838-1929)
ARD Sous son septennat, la loi de séparation des Églises et de l'État est adoptée et seuls quatre présidents du Conseil sont nommés. En 1904 est signée l'Entente cordiale avec le Royaume-Uni, puis en 1907 la convention anglo-russe met en place la Triple-Entente. En 1905 a lieu la crise de Tanger avec l'Allemagne. Il ne se représente pas à l'issue de son mandat.
9Armand Fallières
(1841-1931)
ARD, PRDDurant son mandat a lieu le coup d'Agadir, alors que les troupes françaises commencent à occuper le Maroc. Partisan de la Triple-Entente, il contribue à la renforcer. Tout comme son prédécesseur, il ne brigue pas sa réélection.
10Raymond Poincaré
(1860-1934)
PRD, ARDÉlu en 1913, il soutient la même année la loi des Trois ans qui augmente la durée du service militaire. Après l'attentat de Sarajevo, il se rend en Russie en où il pousse le tsar Nicolas II à la fermeté face à l'Allemagne, ce qui contribue au déclenchement de la Première Guerre mondiale. Il encourage rapidement l'Union sacrée et se rend plusieurs fois sur le front, parfois au péril de sa vie, entre 1914 et 1916. En 1917, il rappelle Clemenceau au gouvernement qui l'éloigne progressivement du devant de la scène et l'exclut des négociations de paix. Après son mandat, il est président du Conseil de 1922 à 1924 puis de 1926 à 1929.
11Paul Deschanel
(1855-1922)
ARD, PRDSHomme de lettres élu à l'Académie française, il devance le populaire Georges Clemenceau, à la surprise générale, lors de l'élection présidentielle de janvier 1920. Il est contraint de démissionner au bout de sept mois de mandat, en raison de problèmes de santé, après quoi il est élu sénateur.
Conformément aux Lois constitutionnelles, le gouvernement Millerand II assure l'intérim.
12Alexandre Millerand
(1859-1943)
Indépendant« Socialiste indépendant » de plus en plus orienté à droite, il démissionne au bout de quatre ans, à la suite de la victoire du Cartel des gauches aux élections législatives de 1924. Il est ensuite sénateur.
Conformément aux Lois constitutionnelles, le gouvernement François-Marsal assure l'intérim.
13Gaston Doumergue
(1863-1937)
RADPremier président protestant, il se déclare partisan d'une politique de fermeté vis-à-vis de l'Allemagne face au nationalisme renaissant. Son septennat est marqué par une forte instabilité ministérielle, la croissance économique et la guerre du Rif où il envoie Pétain. Il occupe par la suite la fonction de président du Conseil en 1934.
14Paul Doumer
(1857-1932)
IndépendantRadical ayant évolué à droite. Élu au second tour de scrutin, après avoir devancé au premier tour le candidat de gauche et pacifiste Aristide Briand. Assassiné à Paris par un déséquilibré soviétique, Paul Gorgulov. Des obsèques nationales sont organisées le .
Conformément aux Lois constitutionnelles, le gouvernement Tardieu III assure l'intérim.
15Albert Lebrun
(1871-1950)
ADÉlu en 1932, il est l'unique président de la IIIe République né sous ce régime. Son mandat est marqué par la montée du nazisme en Allemagne voisine, par la crise du 6 février 1934 et par la victoire du Front populaire aux élections de 1936, auquel il s'oppose et dont il accepte les réformes à contrecœur.
Réélu en 1939, son mandat se termine en principe en 1946. Devant l'offensive allemande victorieuse en 1940, il est partisan d'un repli du gouvernement en Afrique du Nord pour continuer la guerre ; après avoir appelé le maréchal Pétain au gouvernement et la signature de l'armistice, il refuse de démissionner, obligeant les assemblées à le contourner en votant les pleins pouvoirs à Pétain. Il se retire en Isère puis est captif en Allemagne en 1943-1944.

Pendant la Seconde Guerre mondiale (1940-1947)

Après l'invasion du pays par l'armée allemande, le président Albert Lebrun nomme à la présidence du Conseil le maréchal Pétain. Bien que n'ayant pas démissionné de son mandat, Albert Lebrun n'exerce plus aucun pouvoir, et la fonction présidentielle est officiellement considérée comme ayant été vacante après le vote des pleins pouvoirs constituants à Pétain[alpha 1].

Après la libération de Paris, en , le général de Gaulle, chef de la France libre en exil depuis l'armistice de 1940, exerce à son tour les fonctions de chef de l'État, cumulées avec celles de chef du gouvernement, en tant que président du Gouvernement provisoire de la République française (GPRF)[5]. En désaccord avec le projet de Constitution que proposent les ministres communistes, il démissionne en 1946. Lui succèdent Félix Gouin et Georges Bidault.

Après la promulgation de la Constitution de la Quatrième République, le , et jusqu'à ce que l'ensemble des organes de celle-ci soient mis en place, Vincent Auriol, président de l'Assemblée nationale, exerce les fonctions de chef de l'État. Le GPRF disparaît peu de temps après l'adoption de la Constitution de la Quatrième République[5].

Sous la Quatrième République (1947-1959)

No  Portrait Nom Début du mandat Fin du mandat Appartenance politique Notes
16Vincent Auriol
(1884-1966)
SFIOPremier président de la Quatrième République, son mandat est marqué par la guerre d'Indochine. Il ne se représente pas à l'issue de son septennat. À compter du , il est membre de droit du Conseil constitutionnel mais refuse d'y siéger à partir de 1960.
17René Coty
(1882-1962)
CNIPSon mandat est marqué par la guerre d'Algérie. Il fait appel au général de Gaulle pour résoudre la crise de mai 1958. Il démissionne trois mois après la promulgation de la Cinquième République, au bout de cinq ans de présidence. Il est, à compter du , membre de droit du Conseil constitutionnel.

Sous la Cinquième République (depuis 1959)

No  Portrait Nom Début du mandat Fin du mandat Appartenance politique Notes
18Charles de Gaulle
(1890-1970)
UNR, UNR-UDT, UD-Ve, UDR Il est nommé président du Conseil par René Coty en 1958 pour résoudre la crise algérienne. Il fait adopter par référendum une Constitution instaurant la Ve République, dont il est élu président par un collège électoral. En période de forte croissance économique, sa présidence est marquée par la décolonisation de l'Afrique, conclue par l'indépendance de l'Algérie en 1962. Il engage une politique d'« indépendance nationale » illustrée par l'obtention de l'arme atomique (1960), le traité d'amitié avec l'Allemagne (1963) ou encore les développements du nucléaire civil. En 1962, après une tentative d'assassinat, il fait adopter par référendum l'élection du président au suffrage universel.
Réélu au suffrage universel face à François Mitterrand, il affiche des divergences avec les États-Unis et retire la France du commandement intégré de l'OTAN. En 1967, il soutient le souverainisme québécois à Montréal. Ayant refusé de se retirer pendant la crise de Mai 68, il finit par démissionner à la suite de l'échec du référendum sur la réforme du Sénat et la régionalisation. Il reste dès lors en retrait de la vie politique, dont il demeurera une référence.
Conformément à la Constitution, le président du Sénat, Alain Poher, assure l'intérim.
19Georges Pompidou
(1911-1974)
UDR Premier ministre de Charles de Gaulle de 1962 à 1968, il est élu président face au centriste Alain Poher. Ancien directeur de la banque Rothschild et europhile, il donne une nouvelle dynamique à la CEE et fait adopter par référendum son élargissement en 1972. Il engage une politique de modernisation de l'économie et d'industrialisation au niveau national, notamment favorable à l'automobile. Il meurt de la maladie de Waldenström deux ans avant la fin de son mandat.
Conformément à la Constitution, le président du Sénat, Alain Poher, assure l'intérim.
20Valéry Giscard d'Estaing
(1926)
FNRI,
UDF-PR
Élu face à François Mitterrand, il engage des réformes sociétales comme l'abaissement de la majorité civile à 18 ans, la dépénalisation de l'avortement ou l’instauration du divorce par consentement mutuel. Confronté aux deux premiers chocs pétroliers, il mène une politique d’austérité et fait face aux divisions de sa majorité, qui remporte pourtant les élections législatives de 1978. Il lutte contre l’immigration et engage les troupes françaises en Mauritanie, au Tchad, au Zaïre et en Centrafrique. Longtemps donné réélu, il est finalement battu par François Mitterrand. Il est par la suite à nouveau parlementaire, président du conseil régional d'Auvergne ou encore président de la Convention sur l'avenir de l'Europe. Il siège au Conseil constitutionnel depuis 2004.
21François Mitterrand
(1916-1996)
PS

Victorieux après ses échecs en 1965 et 1974, François Mitterrand est le premier président de gauche de la Cinquième République. Il est à l’origine de l'abolition de la peine de mort et d'une nouvelle semaine de congés payés. Mais confronté à l'échec de sa politique économique, il opte pour le « tournant de la rigueur » en 1983. À la suite de la victoire de la droite aux élections législatives de 1986, il nomme Jacques Chirac comme Premier ministre, inaugurant ainsi la première cohabitation de la Cinquième République.

Il est réélu en 1988 face à Jacques Chirac. Le début de son second mandat est marqué par la chute du communisme à l'Est et par la réunification allemande, à laquelle il est réticent. Il engage la France dans la guerre du Golfe de 1991. L'année suivante, le traité de Maastricht est ratifié de justesse par référendum. Il achève sa présidence sur une nouvelle cohabitation, avec Édouard Balladur. Il est le président ayant exercé la plus longue présidence, toutes Républiques confondues. Il meurt quelques mois après son départ de l’Élysée, des suites d'un cancer diagnostiqué en 1981.
22Jacques Chirac
(1932-2019)
RPR, UMP Jacques Chirac est élu président de la République en 1995 face à Lionel Jospin, après deux échecs en 1981 et 1988. Il ordonne une dernière campagne d'essais nucléaires aux îles Tuamotu. Il tente de mettre en place des réformes économiques importantes, mais échoue à les imposer. En 1996, il suspend le service militaire. Après qu'il a dissout l'Assemblée nationale, la gauche remporte les législatives de 1997, ce qui le contraint à nommer Lionel Jospin à la tête du gouvernement. En 2000, le quinquennat présidentiel est approuvé par référendum.
En 2002, il est réélu face au nationaliste Jean-Marie Le Pen. Il engage la France dans la guerre d’Afghanistan mais s'oppose à une nouvelle guerre en Irak. En 2005, il se maintient au pouvoir malgré l'échec du référendum sur la Constitution européenne, un AVC et de violentes émeutes urbaines, contre lesquelles il instaure deux mois d'état d'urgence. Il ne brigue pas un troisième et siège un temps au Conseil constitutionnel après sa présidence, avant de se voir condamner dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris.
23Nicolas Sarkozy
(1955)
UMP Élu face à Ségolène Royal, il initie une politique extérieure atlantiste et europhile. Il affiche un activisme lors de la crise économique mondiale, qui s'étend au monde entier à l'automne 2008. À la suite d'une révision constitutionnelle, il est le premier président depuis Louis-Napoléon Bonaparte à s'exprimer devant le Congrès de Versailles. Il fait notamment voter une réforme des universités et des retraites. En 2011, il envoie les troupes françaises en Libye. Il est le premier président de la Ve République à n'avoir qu'un seul Premier ministre au cours de son mandat (François Fillon). Battu de justesse en 2012, il siège pendant quelques mois au Conseil constitutionnel, puis échoue à remporter la primaire de la droite en vue de l'élection présidentielle de 2017.

24François Hollande
(1954)
PS Élu face à Nicolas Sarkozy, il promulgue la loi sur le mariage homosexuel. Sa présidence est surtout marquée par plusieurs attentats d'une ampleur inédite, qui le poussent à déclarer l'état d'urgence. Il est partisan d'une politique économique social-libérale mise notamment en pratique par la loi Travail, qui suscite une forte contestation. Sous son mandat, l'armée intervient au Mali, en Irak et en Syrie, ainsi qu'en Centrafrique. Il participe à la signature de l'accord de Paris sur le climat. Confronté à une très forte impopularité et à des divisions au sein du Parti socialiste, il renonce à briguer un second mandat, une première sous la Cinquième République.
25Emmanuel Macron
(1977)
En cours LREM Élu en 2017 face à Marine Le Pen, il devient, à 39 ans, le plus jeune président de la République française. Il fait adopter une réforme du code du travail, une loi de moralisation de la vie politique et une loi anti-terroriste. À partir de 2018, il doit faire face au mouvement des Gilets jaunes, qui le conduit à organiser un grand débat national. L'année suivante, le projet de réforme des retraites du gouvernement provoque d'importants mouvements sociaux, notamment dans le secteur des transports.

Longévité de la présidence

Frise chronologique

Cinquième République (France)Quatrième République (France)Troisième République (France)Deuxième République (France)Emmanuel MacronFrançois HollandeNicolas SarkozyJacques ChiracFrançois MitterrandValéry Giscard d'EstaingGeorges PompidouCharles de GaulleRené CotyVincent AuriolAlbert LebrunPaul DoumerGaston DoumergueAlexandre MillerandPaul DeschanelRaymond PoincaréArmand FallièresÉmile LoubetFélix FaureJean Casimir-PerierSadi Carnot (homme politique)Jules GrévyPatrice de Mac MahonAdolphe ThiersLouis-Napoléon Bonaparte

Statistiques

Longévités des présidents de la République française (septembre 2019), la couleur bleue indique la période de leurs mandats, la couleur jaune, la période hors fonction présidentielle.

Classements

Popularité

À la question (à réponse unique) « Selon vous, quel a été le meilleur président de la Ve République ? », posée par les instituts CSA, BVA et Odoxa, les sondés se répartissent de la façon suivante :

Président 2001
(CSA)[9]
2006
(CSA)[9]
2014
(BVA)[10]
2018
(Odoxa)[11]
Charles de Gaulle32 %30 %36 %non testé
François Mitterrand30 %35 %27 %31 %
Jacques Chirac10 %12 %8 %26 %
Nicolas Sarkozy10 %14 %
Valéry Giscard d'Estaing5 %5 %8 %13 %
Emmanuel Macron10 %
Georges Pompidou7 %7 %7 %non testé
François Hollande0 %4 %
Ne se prononcent pas16 %11 %4 %2 %

À la question « Comment qualifieriez vous l'action de X en tant que président de la République ? », posée par l'institut BVA, les sondés répondent « bon » ou « très bon » selon la répartition suivante :

Président 2009[12] 2013[13] 2015[14]
Charles de Gaulle87 %89 %non testé
Georges Pompidou74 %83 %non testé
Jacques Chirac60 %58 %63 %
François Mitterrand67 %55 %61 %
Valéry Giscard d'Estaing54 %57 %57 %
Nicolas Sarkozy48 %39 %
François Hollande29 %21 %

À la question « Dans quelle mesure diriez-vous avoir une bonne ou mauvaise image de chacun des présidents de la République suivants ? », posée par l'institut YouGov, les sondés répondent :

Président 2018[15]
Charles de Gaulle65 %
Jacques Chirac48 %
Georges Pompidou47 %
François Mitterrand39 %
Valéry Giscard d'Estaing33 %
Nicolas Sarkozy29 %
Emmanuel Macron20 %
François Hollande16 %

Durée de mandat

RangNomEn joursEn annéesDatesCommentaire
1François Mitterrand510913 ans, 11 mois et 26 jours211981 – 1995Deux septennats complets. Il ne se représente pas.
2Jacques Chirac438211 ans, 11 mois et 29 jours221995 – 2007Un septennat puis un quinquennat complets. Il ne se représente pas.
3Charles de Gaulle376310 ans, 3 mois et 20 jours181959 – 1969Un septennat complet. Il est réélu, puis démissionne à la suite d'un référendum perdu.
4Jules Grévy32288 ans, 10 mois et 2 jours41879 – 1887Un septennat complet. Il est réélu, puis démissionne à la suite d'un scandale politique.
5Albert Lebrun29848 ans, 2 mois et 1 jour151932 – 1940Un septennat complet. Il est réélu, puis démis de ses fonctions par l'Assemblée nationale.
6Armand Fallières25577 ans91906 – 1913Un septennat complet. Il ne se représente pas.
6Vincent Auriol25577 ans161947 – 1954Un septennat complet. Il ne se représente pas.
8Émile Loubet25567 ans81899 – 1906Un septennat complet. Il ne se représente pas.
8Raymond Poincaré25567 ans101913 – 1920Un septennat complet. Il ne se représente pas.
8Gaston Doumergue25567 ans131924 – 1931Un septennat complet. Il ne se représente pas.
11Valéry Giscard d'Estaing25516 ans, 11 mois et 24 jours201974 – 1981Un septennat complet. Il se représente mais est battu à l'élection de 1981.
12Sadi Carnot23966 ans, 6 mois et 22 jours51887 – 1894Mort en fonction (assassinat).
13Patrice de Mac Mahon20775 ans, 8 mois et 6 jours31873 – 1879Il démissionne pour raisons politiques.
14Nicolas Sarkozy18264 ans, 11 mois et 29 jours232007 – 2012Un quinquennat complet. Il se représente mais est battu à l'élection de 2012.
15François Hollande18254 ans, 11 mois et 29 jours242012 – 2017Un quinquennat complet. Il ne se représente pas.
16René Coty18184 ans, 11 mois et 23 jours171954 – 1959Mandat interrompu par la nouvelle Constitution.
17Georges Pompidou17474 ans, 9 mois et 13 jours191969 – 1974Mort en fonction (causes naturelles).
18Félix Faure14914 ans et 30 jours71895 – 1899Mort en fonction (causes naturelles).
19Louis-Napoléon Bonaparte14433 ans, 11 mois et 12 jours11848 – 1852Un quadriennat complet. Il fait un coup d'État et devient empereur.
20Alexandre Millerand13573 ans, 8 mois et 19 jours121920 – 1924Il démissionne pour raisons politiques.
21Emmanuel Macron10512 ans, 10 mois et 16 jours 25depuis 2017Mandat en cours.
22Adolphe Thiers6321 an, 8 mois et 23 jours21871 – 1873Il démissionne pour raisons politiques.
23Paul Doumer32910 mois et 24 jours141931 – 1932Mort en fonction (assassinat).
24Paul Deschanel2167 mois et 3 jours111920Il démissionne pour raisons médicales.
25Jean Casimir-Perier2036 mois et 20 jours61894 – 1895Il démissionne pour raisons politiques.

Origine sociale

IIe République :

IIIe République :

IVe République :

Ve République :

Profession d'origine

Onze avocats
Cinq journalistes
Cinq hauts fonctionnaires
Deux industriels
Trois ingénieurs polytechniciens
Deux professeurs
Trois militaires

Activité au moment de l'élection

Président du Sénat
Président de l'Assemblée nationale
Président du Conseil
Ministre
Parlementaire
Autre

Membres de l'Académie française

Notes et références

Notes

  1. L'Assemblée nationale vote le 10 juillet 1940 les pleins pouvoirs constituants au maréchal Pétain. Par deux actes constitutionnels, Philippe Pétain abroge l'article 2 de la loi constitutionnelle du 25 février 1875 concernant l'élection du président de la République : il prend le 11 juillet 1940 le titre « chef de l'État français », qu'il conserve jusqu'au 20 août 1944[3]. Le projet constitutionnel de Vichy du 30 janvier 1944, qui, entre autres, prévoyait de conserver le titre de « président de la République » pour le chef de l'État, ne sera jamais promulgué[4].

Références

  1. Nicole Dockès, professeur émérite, agrégé des universités et Annie Héritier, maître de conférences à la faculté de droit de l’université de Corse, Genèse de la notion juridique de patrimoine culturel - 1750-1816, 2003, p. 70
  2. Nicole Dockès, professeur émérite, agrégé des universités et Annie Héritier, maître de conférences à la faculté de droit de l’université de Corse, Genèse de la notion juridique de patrimoine culturel - 1750-1816, 2003, p. 71
  3. « Acte constitutionnel no 1 du 11 juillet 1940 », sur le site de l'université de Perpignan, mjp.univ-perp.fr, consulté le 20 juin 2009.
  4. Projet de constitution du 30 janvier 1944 – Projet du maréchal Pétain, sur le site de l'université de Perpignan, mjp.univ-perp.fr
  5. « Vacance de la fonction présidentielle de 1940 à 1947 » sur le site officiel de la présidence de la République, elysee.fr, consulté le 2 février 2009.
  6. Thiers est âgé de 73 ans en février 1871 quand il accède au pouvoir, mais il occupe alors le poste de « chef du pouvoir exécutif », ne devenant « président de la République » qu'en août de la même année. Ne comptent pas : Philippe Pétain (84 ans en 1940), qui ne porte pas le titre de « président de la République » mais de « chef de l'État français » ; Jacques Charles Dupont de l'Eure (fête son 81e anniversaire quelques jours après son entrée en fonction en 1848), simple chef de l'État de facto et par intérim.
  7. « Qui sont les quatre chefs d'Etat en exercice plus jeunes qu'Emmanuel Macron ? », sur Franceinfo.fr, mis en ligne le 7 mai 2017 (consulté le 8 mai 2017)
  8. Anne-Aël Durand, Eléa Pommiers et Maxime Delrue, « Elu président à l’âge de 39 ans, Emmanuel Macron sera le plus jeune chef d’Etat en fonction dans une démocratie », Le Monde.fr, (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le 13 mai 2017).
  9. « Mitterrand meilleur président de la Ve République », sur L'Obs, (consulté le 16 novembre 2015)
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  12. « De Gaulle, président préféré des Français », sur Le Figaro, (consulté le 16 novembre 2015)
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  14. « Sondage : Chirac et Mitterrand en tête du palmarès des présidents », sur Le Parisien, (consulté le 16 novembre 2015)
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  17. Armand Fallières, président du Sénat en 1900 - www.senat.fr
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  22. Gérard Aubray, « Georges Pompidou: Un portrait », FeniXX, 148 pages.
  23. « Discours de Georges Pompidou - Voyages à Albi (1964 ET 1970) », Institut Georges-Pompidou, page 7.
  24. Centenaire de la naissance du président Georges Pompidou 1911-2011, Repères biographiques de Georges Pompidou (p. 18), Centre Pompidou, direction de la communication, dossier de presse.

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