Livre aux sept sceaux

Le Livre aux sept sceaux, ou Livre des sept sceaux, est un thème de l'iconographie chrétienne issu du livre de l'Apocalypse de saint Jean.

Église paroissiale de Saint Oswald, pupitre.
Johann Heinrich Rohr(1775), Agneau de l'Apocalypse
L'agneau prenant le livre, autel de l'église de Neufra
Apocalypse de Bamberg

Les Sept Sceaux

Sur la signification et les interprétations détaillées, voir Apocalypse.

Dans sa vision de l'Apocalypse, Jean raconte comment il voit dans la main droite de celui qui siège sur le trône un livre roulé, écrit devant et derrière (au recto et au verso) et scellé de sept sceaux. Puis il voit un agneau comme égorgé. Il s'en vint prendre le livre dans la main droite de celui qui siège sur le trône.

L'agneau ouvre successivement les sept sceaux, ce qui provoque chaque fois une nouvelle apparition :

  • le premier sceau fait apparaître le premier cavalier de l'Apocalypse, monté sur un cheval blanc qui représente la conquête
  • le deuxième sceau, le deuxième cavalier, montant un cheval rouge (ou roux) qui représente la guerre
  • le troisième sceau, le troisième cavalier, sur un cheval noir qui représente la famine
  • le quatrième sceau, le quatrième cavalier, sur un cheval verdâtre qui représente la mort par l'épée, la famine, ou la peste est une sorte de synthèse des autres cavaliers
  • le cinquième sceau fait apparaître les âmes des martyrs pour la Parole de Dieu ;
  • le sixième sceau annonce de grands cataclysmes : tremblement de terre, le soleil devient noir, la lune rouge, les étoiles tombent… ;
  • le septième sceau marque un grand silence, puis sept anges se tiennent devant Dieu, sept trompettes leur sont données, un autre ange vient, tenant un encensoir, il le remplit du feu de l'autel, et le jette sur la terre.

Représentations

Comparativement aux multiples thèmes iconographiques de l'Apocalypse (les Quatre Cavaliers, Les Sept Chandeliers, les Sept Trompettes, la Bête, etc.), le livre est omniprésent, associé ou non à l'agneau, mais il est rarement un thème isolé.

Le livre est représenté soit comme un livre actuel (codex) relié, soit comme le livre antique, tel que le décrit saint Jean, à savoir un rouleau de parchemin ou de papyrus (volumen). Les sept sceaux pendent sur des rubans disposés parallèlement, tout le long du rouleau ou de la tranche du livre. Le rouleau peut être à moitié déroulé, formant deux enroulements (Apocalypse de Bamberg).

Au-delà des considérations matérielles liées à l'époque, le choix du codex ou du volumen, en particulier à l'époque romane où ces deux formes de livre coexistent, n'est pas dépourvu de signification. Dans les innombrables enluminures illustrant l'Apocalypse, le volumen, ou rouleau, représente le cercle, il est fermé par essence, que ce soit avec ou sans les sceaux. Il est le symbole d'un monde qui reste scellé, indéchiffrable, incomplètement manifesté. Au contraire le codex, ramené à un carré parfait, presque abstrait dans la représentation, est le livre de la Révélation apportée aux hommes : on passe de la forme roulée, spiralée, à la forme carrée, déployée et en extension[1]. Même si le livre fermé est, à des époques plus tardives, représenté par un rouleau fermé par les sept sceaux, il est presque toujours représenté comme un codex ouvert après la rupture des sceaux.

L'agneau, représentant le Christ, est généralement représenté couché sur le livre. Le Christ Pantocrator, dans la sculpture romane consacrée à l'Apocalypse, tient dans sa main le livre avec ou sans les sept sceaux apparents (tympan de Saint-Pierre de Moissac). D'autres représentations montrent Celui qui siège sur le trône tenant le livre, l'agneau venant s'appuyer sur son genou pour prendre le livre.

Trois représentations de l’agneau couché sur le livre aux sept sceaux peuvent se voir à Valence (Drôme) : dans la cathédrale Saint-Apollinaire, un médaillon sculpté sur un devant d’autel, une peinture sur l’entablement du retable de la Céne (XVIIe s.) ; et dans la chapelle des Capucins, une peinture sur un devant d’autel à la Vierge Marie (XVIIe s.). Il est très probable que les auteurs des deux autels peints ne soient qu’une seule et même personne.

Notes

  1. Introduction au Monde des Symboles, p. 101

Voir aussi

Bibliographie

  • Gérard de Champeaux, dom Sébastien Steckx, Introduction au Monde des Symboles, éditions Zodiaque, 1972
  • Marc Thoumieu, Dictionnaire d'iconographie romane, éditions Zodiaque, 1996, (ISBN 2-7369-0225-4)
  • Gaston Duchet-Sucheaux, Michel Pastoureau, La Bible et les saints, guide iconographique, Paris, Flammarion, 1990
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